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[SATIRE A VUE] L’avocat de Jack Lang habite à France Inter

P Cohen France Inter
capture X FranceInter
Dans un plaidoyer vibrant, Patrick Cohen, sur France Inter, rappelle les grands moments du passage de Jack Lang au ministère de la Culture.

Au fronton du Panthéon de France Inter brille une étoile que nul Epstein ne saurait éteindre : Jack Lang. Le grand Jacquot qui sortit la France de l'ornière culturelle dans laquelle elle somnolait. Patrick Cohen s'est fixé pour mission de nettoyer l'image quelque peu racornie du phare de la gauche. Détergents, éponges, Javel... tout l'arsenal du technicien de surface a été déposé sur la table du studio. Le journaliste ne va pas travailler à l'économie. « Faut que ça brille ! », a ordonné la nouvelle directrice de l'antenne.

L'animatrice de l'émission accompagne son lancement du geste auguste de la semeuse dans un champ de mines. Patrick Cohen sera grandiose. La Fête de la musique, l'Opéra Bastille, le prix unique du livre, son héroïsme à Verdun... Heu... « c'était pas lui ? » Peu importe. L'énumération des actes de bravoure de l'ex-grimpeur de la roche de Solutré sera exhaustive. Ah, ses ascensions, parlons-en ! Pantalon de velours finement côtelé, pull jacquard tricoté main, piolet Balenciaga. 45 ans plus tard, c'est le drame : « Jack Lang passe brutalement de la lumière à l'ombre dans un torrent d'opprobres aussi unanime qu'excessif. » Non, il n'est pas question de l'excuser, précise le journaliste... « Jack Lang a eu le grand tort de profiter des largesses d'un richissime affairiste et ainsi de se compromettre avec un prédateur sexuel que la première condamnation aurait dû rendre infréquentable. »

« Ombres et lumières »

À quelques minutes de l'entrée du bijou dans l'écrin de la postérité, il convient de revenir encore et toujours sur ce qui marqua son passage dans la galaxie républicaine. Patrick Cohen actionne le turbo : « Il fut le plus grand ministre de la Culture de la Ve République, le plus ardent, audacieux, créatif, avec un bilan inégalé dans tous les secteurs de la vie culturelle. » Vainqueur du Tour en 85 sur un ancêtre du Vélib', sauveteur du cinéma, constructeur d'opéra façon mobilhome, journées du patrimoine, l'arche de la Défense, le Mont-Blanc, la pyramide du Louvre, l'Acropole : « Aucun autre ministre n'a autant imprimé sa marque dans notre vie de tous les jours. »

Revers de la médaille d'or qu'il méritait : « Aucun autre n'a été vilipendé ou calomnié avec une telle hargne. » Il n'avait pas pris une ride, pas un cheveu blanc. Le voilà froissé, sali par « des meutes qui n'ont d'yeux que pour leur proie ». Un coup de griffe, en passant, à l'actuel ministre de la Culture dont le renvoi en correctionnelle ne suscite pas l'indignation de ceux-là mêmes qui s'acharnent sur Jack Lang, et la cour est pleine.

À 8 heures sonnantes, l'atelier tatouage de France Inter déborde de demandes. On le veut sur l'épaule avec deux ailes sur le dos. Le coup de chiffon passé par le maître de maison a ravivé les couleurs du mis en cause. Le risque qu'il soit condamné pour excès de brillance n'est pas écarté. Son avocat est prêt au combat.

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Jany Leroy

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