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… Et allez, 4 000 enseignants en moins !

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On aurait pu se dire, tiens, avec la baisse démographique de l’année prochaine, c’est une opportunité de diminuer ces classes surpeuplées de 35 élèves ? Impossible ! Le budget de l’éducation nationale ex premier, est devenu le second derrière la Défense. Macron, trop occupé à réarmer le pays, d’envoyer de l’argent à fonds perdus en Ukraine, ne peut pas continuer à donner une éducation… Correct ? Alors, parlons-en de cette éducation.

Une mutation. À la base, l’école était là pour former les esprits à penser, à douter, à comprendre et à questionner. Ce creuset déjà vers les années 60 a commencé à muter pour former les têtes à la performance, à l’employabilité. Lorsqu’on lit l’essai de Jean-Paul Brighelli, "La fabrique du crétin", c’est le néolibéralisme appliqué à l’École : par École, cela entend, tous les canaux du système de transmission intellectuel du pays. La vraie question étant : comment former des esprits forts, créatifs dans un contexte d’abaissement des exigences, de bienveillance bisounours, de pédagogie dite « moderne » au nom de l’égalité et de la laïcité ? L’animation a remplacé la transmission et le ressentir, par le comprendre. À croire que les cerveaux ont été déconnectés : le reptilien, le limbique n’étant là que pour faire le taf - moteur et émotionnel, quant au néocortex celui qui permet de cogiter, d’être créatif et surtout de penser avant d’agir, lui est parti en récré. Reste plus que le limbique, animé de ses émotions, de ses pulsions qui obstruent toute pensée rationnelle et qui fait faire n’importe quoi. Si en plus, l’état est gouverné par des crétins, il ne faut pas s’étonner des Epstein files et autres scandales scabreux qui participent à l’abaissement moral, d’une morale déjà morte. Nous sommes en fin d’un cycle telle la chute de l’empire romain. Saluant te qui morituri sunt…

Rentrée 2025-2026 – il manquait au 3 septembre 2 500 professeurs. Encore l’année d’avant, c’était au moins un professeur absent dans 56% des collèges et des lycées. Chaque année, il y a pénurie, due à une crise du recrutement, mais aussi au manque de remplaçants. Quant à la motivation… D’ailleurs, qui est assez fou, pour se retrouver devant des classes de 30 à 35 élèves, avec une charge de travail toujours plus importante, comme du secrétariat, des réunions, des projets pédagogiques, pour certains des préparations de sorties ou de voyages. Ajouter à tout cela les taches inhérentes, comme construire les cours, corriger les copies, participer aux examens, tout cela seul, car il ne faut pas trop compter sur la hiérarchie, et ne pas oublier venant de l’extérieur les relations avec les parents d’élèves… Quant aux élèves dit « apprenants » ? Bercés au biberon de l’enfant roi, pour eux c’est « j’ai le droit ! », l’autorité et le savoir pour la plupart sont des trucs de vieux, de l’autre siècle, impossible à caser dans un IPhone, sur des apps comme TikTok, OnlyFans. Si en plus il faut accepter de gagner moins de 2 000 euros pour un Bac +5 et de réussir un concours du CAPES très difficile, qui les cinq premières années vous expédieront à l’autre bout de la France dans des zones d’éducation prioritaire, et bien, cela va bien au-delà du sacerdoce ! Quant aux fameuses vacances… Bien souvent fauché, on reste entre ses quatre murs à voir les autres, cadres, BAC+5 plus fortunés partir au ski, à la mer ou à l’étranger. Pourtant combien de parents nous traitent de fainéants, de favorisés, et cela, devant leurs progénitures, qui se trouvent être nos élèves… C’est vraiment scier la branche sur laquelle nous sommes juchés. Pourtant, notre mission d’instruction de plus en plus se transforme en actes d’éducation, cherchez l’erreur ? Si j’écris tout cela, c’est que je suis moi-même un ancien professeur, et pourrais remplir des pages entières sur ce que j’ai vécu… Mais là, n’est pas le sujet.

4 000 postes de profs supprimés à la rentrée. Les syndicats d'enseignants prévoient une hécatombe à la rentrée 2026-2027. Déjà cette année, malgré les pénuries, il y a eu 470 suppressions de moyens éducatifs tombés à la trappe. Ainsi, pour l’an prochain, ce sera, dix fois plus de suppressions de postes qu'en 2025.[i] Ce « management » rappelle très fortement les fermetures de lit durant l’épidémie de Covid… D’une main, on n’arrive pas à mettre un enseignant devant chaque classe, et de l’autre, on diminue les effectifs.[ii] C’est à se demander ce qui se passe au ministère de l’éducation et dans les rectorats ? Il est vrai que l’ère macron a vu un défilé de pas moins de huit ministres,[iii] tous ou presque aussi efficace que Bruno Lemaire aux finances… De l’esbroufe, de l’esbroufe et vogue la galère. Donc, 2 200 suppressions de postes dans le primaire et 1 800 dans le secondaire disparaitront.[iv] C’est bien une politique de « j’enlève de la poche de Jacques, pour en remettre dans la poche de Paul ». Les armés et les forces de l’ordre elles, voient leurs budgets en net augmentions, avec une tendance aux recrutements massifs.

La grande muette. L'actualisation de la LPM, (loi de programmation militaire) qui prévoit 413 milliards d'euros pour les armées entre 2024 et 2030, est rendue nécessaire par une rallonge budgétaire supplémentaire souhaitée par le président Macron de 3,5 milliards d'euros en 2026 et d'une autre de 3 milliards en 2027. Le projet de budget pour 2026, s'élève à 57,1 milliards, en hausse de 13%.[v] L’argent coule à flots pour l'armement et les usines de canons augmentent la cadence.[vi] L’armée reçoit cette année un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque et 242 véhicules blindés en plus de lots de munitions. Ce n'est pas tout. 40.000 recrutements sont prévus par le Ministère en 2026, soit, 10 fois plus que de postes de profs supprimés ! Autre secteur qui bénéficie d'une rallonge budgétaire : les forces de l’ordre. Le ministère de l'Intérieur obtient une rallonge de 371 millions d’euros pour une enveloppe totale de 17,69 milliards, hors retraites des agents. Le budget de la mission « Sécurité », qui regroupe la police, la gendarmerie et les sécurités civile et routière est, avec l'armée, le seul qui monte. Moins d’enseignants, plus de militaires et de flics : c’est un choix de société. Le gouvernement ne diminue pas ses dépenses, il les réoriente au détriment de l'argent public, des dépenses sociales et éducatives, vers le secteur guerrier et répressif. Cette course vers l’abîme nous est imposée par des 49,3, sans le moindre débat.

Pour l’anecdote, ce gouvernement à ses priorités : le président de la République, a donné le 21 décembre le coup d’envoi de la construction du futur porte-avions français destiné à remplacer le « Charles de Gaulle » et qui doit entrer en service en 2038…[vii] On aimerait tellement des projets sur le long terme comme celui-ci, pour l’éducation, la santé et le bien-être général de la population française. Pas de chance, nous avons un « président » en guerre qui annonce tout fiérot : « Ce nouveau porte-avions sera l’illustration de la puissance de notre nation, puissance de l’industrie, de la technique, puissance au service de la liberté sur les mers et dans les remous du temps.  » Du vent, du vent, on aimerait plutôt des enfants sachant lire, écrire et compter… Et penser par eux-mêmes.

Vie d’un petit jeune : Thales va recruter 3 300 ingénieurs ou ouvriers en France, en grande partie dans le secteur de la défense. Il faut dire que le secteur est en plein essor, avec les tensions géopolitiques et l’augmentation des budgets militaires. Arthur Mariau, 22 ans, qui ne pensait pas décrocher un CDI aussi rapidement. À la fin de son alternance, il y a six mois, Arthur est embauché directement sur un site de production de véhicules blindés. Il témoigne, apparemment très heureux : « Aujourd'hui, l'industrie de la défense est une industrie qui a de l'avenir. Je pense qu'on est assez sûrs de pouvoir avoir une activité sur le long terme. », observe très cyniquement ce salarié d’Arquus.[viii] Pour dire, on en est là, la culture guerrière se distille chaque jour dans l’esprit des travailleurs, la guerre, un mot devenu commun, une « météo ». Cette industrie va faire vivre des ingénieurs, des ouvriers, des communes, en oubliant que chaque blindés, chaque cartouche est là pour tuer, supprimer des vies, comme à Gaza par exemple…

Aujourd'hui, la France est le deuxième plus gros exportateur d'armement au monde derrière les États-Unis. L'industrie de défense fait vivre plus de 200 000 personnes dans tout le pays.[ix] Pendant ce temps, les bâtiments d’enseignement tombent en ruine, les hôpitaux, les tribunaux, les postes de commissariat, les administrations glissent doucement vers le tiers-mondisme, quant aux générations qui viennent ? Seront-elles capables de faire vivre leur pays au vue de la formation au rabais reçue aujourd’hui ?

Georges ZETER/février 2026

Vidéo : Lecornu s’apprête à supprimer 4000 postes d’enseignants, il faut censurer ce gouvernement !

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