
15/02/2026
Selon nos informations, entre cinq et six participants à ce lynchage auraient été identifiés par les enquêteurs. Plusieurs faisaient l’objet d’une fiche « S » antérieure, en raison de leur appartenance au mouvement dissout de la Jeune Garde.
Selon une vidéo consultée par Le Parisien et réalisée par un témoin qui surplombait les lieux de l’agression, à l’angle des rues Victor-Lagrange et Camille-Desmoulins (Lyon, VIIe art.), trois personnes passent à côté de Quentin dans les derniers instants du lynchage. L’une d’entre elles, casquette claire, veste kaki et petite sacoche en bandoulière, lui donne un ultime coup de pied à la tête avant de s’éclipser. Dans son sillage, un autre agresseur semble l’imiter. Allongé au sol sur le dos, vêtu d’un pantalon et d’un blouson noir, Quentin Deranque, 23 ans, reste inerte, incapable de réagir. Il est 18 heures ce jeudi 12 février.
Selon des témoins que nous avons pu rencontrer, Quentin reprend ensuite connaissance. Aidé par des riverains et soutenu par l’un de ses amis, Max (le prénom a été changé), 22 ans, touché moins gravement que lui dans ce lynchage, il s’assoit sur un muret. On lui essuie son visage ensanglanté. Mais au lieu d’appeler les secours, les deux jeunes hommes préfèrent quitter la rue Victor-Lagrange à pied, bras dessus bras dessous, dans le but de trouver refuge dans l’appartement de Quentin, situé à proximité du quartier du Vieux-Lyon.
D’après le récit livré par Max aux enquêteurs, dont nous avons pris connaissance grâce à l’un de ses proches, leur parcours d’environ 1,5 km est un long chemin de croix. Ils empruntent le pont Gallieni qui enjambe le Rhône, traversent la Presqu’île puis le pont Kitchener-Marchand qui surplombe la Saône. L’état de Quentin D., probablement victime d’une hémorragie cérébrale, ne cesse d’empirer. Le duo progresse très lentement. Toujours selon ses explications, Max finit par porter son copain à bout de bras.
Arrivés sur le quai Fulchiron, non loin du domicile de Quentin, les deux militants nationalistes sont arrêtés par un joggeur qui comprend la gravité de la situation et insiste pour appeler les pompiers. Max suit son conseil. Il est 19h30. Une heure et demie s’est écoulée depuis le lynchage de la rue Victor-Lagrange.
Hospitalisé dans un état très grave, Quentin D., 23 ans, « étudiant en mathématiques » selon sa famille et stagiaire en entreprise ces dernières semaines, est déclaré dès le lendemain dans un état de mort cérébrale. Son décès est confirmé samedi dans l’après-midi. (…)