Sur X, le député d’extrême gauche Thomas Portes s’est félicité de cette « victoire ». « Kiabi décide de retirer ses publicités de la chaîne raciste et islamophobe CNews. Il faut maintenir la pression et amplifier les mobilisations contre ces officines de haine d’extrême droite », a-t-il tweeté, alors que son parti est empêtré jusqu’au cou dans une affaire de meurtre.
Mais ce jeudi 19 février, la direction de Kiabi a rétropédalé et indiqué que l’annonce faite sur les réseaux sociaux était « une initiative individuelle », réalisée « sans consultation ni accord de la direction ». « Il ne s’agit en aucun cas d’une décision stratégique de l’entreprise. Kiabi ne fait aucune discrimination dans sa politique de communication et communique dans tous les médias autorisés par la loi et l’Arcom », a ajouté l’enseigne française. A la bonne heure.
Une censure qui ne passe plus
Désavoués, les « Géants endormis » ont d’abord contesté « la thèse avancée par Kiabi (déclaration individuelle ne reflétant pas un choix stratégique) » avant de finalement reconnaitre leur défaite. « Nous déplorons bien entendu la méthode employée », ont-ils néanmoins ajouté.
Parlons-en, justement, de la « méthode employée » par les Sleeping Giants. Elle repose sur un écosystème mêlant sanctions administratives, propagande médiatique et intimidation publique. La technique est parfaitement rodée : des militants de gauche signalent en masse à l’Arcom une séquence télé qui leur déplait, l’autorité de gauche la condamne, des médias de gauche relaient ladite condamnation, un lobby de gauche s’en empare et la brandit sous le nez des annonceurs de la chaine dans une opération de « name and shame » à l’efficacité éprouvée. Sous le feu des critiques, accusés de collaborer à un média étiqueté « raciste », certaines marques cèdent et retirent leurs publicités. C’est en général CNews qui subit ces campagnes, mais tout média dissident peut en faire les frais. Boulevard Voltaire n’y a pas échappé par le passé. Plus récemment, ce sont nos confrères de Frontières qui y ont été confrontés. Les Sleeping Giants avaient épinglé Leroy Merlin en septembre 2025, lui intimant de stopper toute collaboration avec un magazine « obnubilé par l’immigration ». Une campagne couronnée de succès, puisque l’entreprise pointée du doigt avait mis moins de quatre heures pour se coucher à plat ventre : « Votre alerte a bien été prise en compte. Le site mentionné a été immédiatement ajouté à notre liste de blocage publicitaire, avait répondu le compte X de Leroy Merlin. Nous ne cautionnons en aucun cas les propos tenus sur cette plate-forme, ni les messages qu’on a pu y voir relayés. »
Immédiatement après cet acte de soumission, de nombreuses voix s’étaient élevées à droite pour appeler au boycott du boycotteur. « Leroy Merlin ayant choisi de céder aux injonctions idéologiques de l’extrême gauche, l’appel au boycott, pour raison politique, est tout à fait justifié », avait lancé le député RN Matthias Renault, sur X. « Je n’irai plus jamais chez eux ! », avait averti, de son côté, le lanceur d’alerte Damien Rieu. L’enseigne n’était pas revenue sur sa décision, mais le bad buzz avait été massif. De quoi faire passer l’envie à d’autres annonceurs de se soumettre aux diktats de l’extrême gauche ?