Pour un ministre de la Culture qui affichait sa « discrétion » en ligne de conduite, cette sortie a de quoi étonner… D’autant plus que la nouvelle locataire de la rue de Valois ne s’arrête pas là. Après avoir attaqué cette commission d’enquête qui, rappelons-le, est menée par des députés élus, Catherine Pégard s’en prend à CNews. Alors que les journalistes de France Inter l’interrogent sur des propos tenus à l’antenne de la chaîne du groupe Bolloré à propos du nouveau maire de Saint-Denis, l’ancienne conseillère d’Emmanuel Macron dénonce : « Ce sont des attaques ignobles, inadmissibles. C’est assez intolérable qu’on puisse soutenir de tels propos contre quelqu’un qui vient d’être élu. » Elle refuse, toutefois, de qualifier CNews de « chaîne d’extrême droite » et assure pourvoir accepter des invitations « d’autres médias ».
Le même jour, sur RTL, c'est Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, qui dénonce également « des attaques ignobles » contre le maire de Saint-Denis à l'antenne de CNews. Il se dit « très choqué par ces propos, des dérapages inacceptables ». CNews, de son côté, « conteste formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus [sur son antenne] ». « Les extraits largement relayés sur les réseaux sociaux et dans certains médias ont été tronqués et sortis de leur contexte », rappelle la chaîne.
Un ministre qui « fait la leçon »
Cette première interview aurait pu passer inaperçue si le ministre n’avait pas surfé sur la vague anti-CNews et anti-Alloncle. Car à peine a-t-elle quitté le studio de France Inter que Sarah Knafo décide de l’interpeller sur ses réseaux sociaux. « Qu'elle semble lointaine, l'époque où le ministre de la Culture avait pour mission de "rendre accessibles les œuvres capitales de l'humanité, et d'abord de la France, au plus grand nombre possible de Français". […] Vous en êtes loin », écrit la députée Reconquête au Parlement européen, sur son compte X. « Oui, pendant que des trésors disparaissent de nos musées, vous comptez les téléspectateurs de CNews. Malraux a créé votre ministère pour élever le peuple. Vous l'utilisez pour lui faire la leçon », conclut-elle. En quelques heures, sa publication est vue des dizaines de milliers de fois. Éric Zemmour abonde : « Pour sa première interview, la ministre de la Culture avait deux options : soit défendre une effigie de Jeanne d’Arc combattante brandie par des supporters français, soit faire de la petite politique politicienne anti-Bolloré en attaquant CNews, la première chaîne d’information. Devinez ce qu’elle a choisi. »
Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, profite, quant à lui, de la séquence pour rappeler le curriculum de ce nouveau ministre de la Culture, encore inconnu du grand public : « Selon la Cour des comptes, Catherine Pégard, sans aucune compétence particulière, avait été maintenue à la tête du château de Versailles par Macron dans "une forme de détournement de pouvoir". C’est aussi elle qui a autorisé l’ignoble "vagin de la reine" dans les jardins. »
En effet, après une longue carrière dans le journalisme, Catherine Pégard a franchi le pas de la politique. D’abord conseillère de Nicolas Sarkozy, elle obtient en 2011 le poste très convoité de présidente du château de Versailles. À l’époque, alors qu’elle n’a, semble-t-il aucune compétence en la matière, sa nomination fait grincer des dents. Emmanuel Macron la prolongera à Versailles malgré le dépassement de la limite d’âge des mandats d’établissement public. En septembre 2025, elle devient la conseillère culture du président de la République avant de prendre la suite de Rachida Dati, rue de Valois. Un parcours dans l'ombre du pouvoir.