
Le régime de la pensée unique franchit une nouvelle étape en Allemagne. Le ministère de la Construction, dirigé par la sociale-démocrate Verena Hubertz, a soumis au Parlement un projet de loi qui permettrait aux communes d’exercer un droit de préemption sur des biens immobiliers pour empêcher leur acquisition par des personnes jugées « ennemies de la Constitution ». Une mesure discrètement enfouie dans un document de 174 pages, et soigneusement absente du communiqué de presse officiel.
Ce que prévoit le texte
Le projet de loi, présenté comme une modernisation du droit de l’urbanisme, contient une disposition particulièrement explosive : les communes pourraient se substituer à un acheteur privé si celui-ci est soupçonné de nourrir des « visées anticonstitutionnelles ». Pour vérifier les opinions du candidat à l’achat, les municipalités seraient autorisées à solliciter des informations auprès du Verfassungsschutz — le service de renseignement intérieur allemand, directement placé sous l’autorité politique du gouvernement — ainsi qu’auprès de l’Office fédéral de la police criminelle.
Le texte précise explicitement que les activités en question n’ont pas besoin d’être illégales pour déclencher la procédure. Il suffit qu’elles soient « objectivement susceptibles de produire des effets politiques à court ou long terme ». Autrement dit : pas besoin d’avoir commis le moindre délit. Un simple soupçon, étayé par une note des services de renseignement, peut suffire à priver un citoyen du droit d’acquérir un bien immobilier.
La cible réelle : l’opposition de droite
Le terme « ennemi de la Constitution » possède en Allemagne une cible bien identifiée. Il est systématiquement appliqué par les médias dominants et les partis au pouvoir à l’Alternative für Deutschland (AfD), premier parti d’opposition du pays, qui avait recueilli près de 21 % des voix aux élections législatives de 2025 et crédité aujourd’hui de 26 % dans les sondages — devant le CDU au pouvoir.
Le SPD a d’ailleurs tenté à plusieurs reprises d’obtenir l’interdiction pure et simple de l’AfD au motif d’anticonstitutionnalité. Cette nouvelle loi s’inscrit dans la même logique : utiliser l’appareil d’État pour marginaliser politiquement et désormais économiquement des millions de citoyens dont le seul tort est de voter pour le mauvais parti.
Marc Bernhard, porte-parole parlementaire de l’AfD pour les questions de construction, a qualifié le projet d’« extrémisme anticonstitutionnel du SPD ». Le commentateur Alexander Kissler, lui, n’a pas mâché ses mots : « Ce projet de loi dans son ensemble est insupportable. S’il passe, la démocratie libérale n’aura plus grand-chose à dire. » Et d’ajouter : « L’État de surveillance fait malheureusement des progrès. »
Un précédent qui ne rassure pas
Ce projet ne surgit pas de nulle part. En Allemagne, le Verfassungsschutz a déjà fourni par le passé des évaluations individuelles à la demande des autorités pour des conséquences bien concrètes : un candidat AfD à une élection municipale avait été exclu du scrutin après qu’une commission électorale avait sollicité une appréciation du renseignement intérieur sur sa personne. Un autre élu du même parti s’était vu refuser le renouvellement de son permis de port d’arme sur la base d’un rapport similaire. Dans les deux cas, les services concernés dépendaient de ministères de l’Intérieur dirigés par le SPD.
Le Verfassungsschutz n’est pas un organe indépendant : il est soumis à la tutelle politique du gouvernement en place. Lui confier le pouvoir de certifier la « constitutionnalité » des acheteurs immobiliers, c’est ouvrir la voie à une instrumentalisation massive contre toute forme d’opposition.
Le totalitarisme avance masqué
Ce qui se dessine ici est d’une clarté troublante : l’État allemand envisage de subordonner l’exercice d’un droit fondamental — celui de la propriété privée, pourtant garanti par la Loi fondamentale — à un test idéologique. Non pas sur la base d’actes illégaux commis, mais sur celle d’opinions supposées ou de sympathies politiques jugées indésirables par le pouvoir en place.
C’est précisément la définition d’un régime totalitaire : celui où les droits civils ne sont plus universels mais conditionnels à l’allégeance à la pensée officielle. L’Allemagne, qui se drape volontiers dans la mémoire de ses heures les plus sombres pour donner des leçons au reste de l’Europe, est en train de renouer avec ses plus mauvais réflexes — par une autre voie, avec d’autres mots, mais avec la même logique d’exclusion de l’adversaire politique de la vie sociale et économique.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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