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La vraie menace contre l’Europe ne vient ni de la Russie, ni de la Chine, ni de l’Iran, mais des États-Unis

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Les guerres en cours sont trompeuses (trumpeuses ?) dans leur déroulé mais significatives dans la profondeur qu’elles cachent.

Déjà la guerre contre l’Ukraine avait été enclenchée, certes suite à un coup d’État organisé par les USA et l’UE, mais au terme d’un accord entre l’Allemagne et la Russie sur des approvisionnements en gaz via le gazoduc Nordstream, ce qui aurait placé l’Europe dans une situation concurrentielle vis-à-vis des USA extrêmement favorable. L’Union européenne s’est elle-même embourbée dans un conflit qui en définitive n’a nui qu’à elle-même, faisant de la Russie une puissance internationale majeure. Mais la Russie n’avait rien a priori contre l’Europe, au contraire puisqu’elle était prête à favoriser son développement économique via son gaz bon marché.

La guerre en Iran, déclenchée par les USA et Israël, n’avait aucune justification réelle, sinon un changement hypothétique de régime rendant l’accès à son pétrole ouvert pour les USA et permettant la faillite économique, politique et sociale de l’Iran. Le résultat est aujourd’hui le blocage du détroit d’Ormuz qui risque d’être complet après les échecs annoncés d’une négociation fantôme suite à un ultimatum délirant.

Les USA ont voulu impliquer l’Europe dans sa sale guerre pour le déblocage, par les Européens, du détroit d’Ormuz, c’est-à-dire des opérations suicides qui n’auraient qu’empiré la situation, provoquant une escalade périlleuse.

Le refus des Européens, puis la critique par certains pays de la guerre, suivie de celle du Pape lui-même, ont déclenché la fureur du Président des USA. Il a menacé l’Espagne de blocus et offensé par le Pape des images où il apparaît lui-même comme le Christ. Outre la défense du Pape par le Président iranien, la cheffe du gouvernement italien a vertement répondu à ces attaques.

Au-delà de ces invectives, nous savons que le Président des USA est actuellement capable du pire. Enlèvement de Président en fonction, menaces d’occupation et d’annexion de pays limitrophes ou appartenant au continent américain, assassinat et attaques de structures étatiques majeures ou de dirigeants d’État, rien ne lui est interdit.

Envisager le pire et dans le pire l’inattendu absolu n’entre pas dans le cadre normal de la réflexion, pourtant l’histoire montre que celui-ci peut arriver sans signe précurseur. En l’occurrence, les signaux précurseurs existent à qui veut les voir.

Le comportement erratique de Trump, son incapacité à respecter ses adversaires même en cours de négociation, et sa capacité à surprendre même ses alliés constitue un signal qui devrait être pris au sérieux.

Si la moindre critique, le moindre refus d’être entraîné dans des aventures aux issues fatales, constitue un affront pour Trump et que celui-ci est capable du pire, comment ne pas envisager qu’un mouvement d’humeur, une contradiction fondamentale entre un ou plusieurs pays européens et les États-Unis ne puisse pas déboucher soit sur un blocus ou des sanctions mettant en cause l’économie de ce ou ces pays, une tentative de coup d’État, un assassinat ou enlèvement de dirigeant, voire une guerres entre les USA et un ou plusieurs pays de l’Europe, si celle-ci ose une opposition affirmée ?

Déjà, le blocage du détroit d’Ormuz, qui risque d’être accentué par les USA eux-mêmes, constitue un risque majeur pour l’Europe au moment de son refus de la moindre ouverture à la Russie en raison de son obstination, fatale pour elle-même, contre celle-ci.

L’effondrement économique de l’Europe constitue une opportunité majeure pour les USA et peut être poursuivi par tous les moyens. La compréhension de Maga, Make America Great Again, s’il est compris chez nous comme un retour des USA sur eux-mêmes peut être également interprété comme AUA ou America über alles, dans une furie de destruction emportant le monde dans un chaos dont nous connaissons le précédent.

Dans ce cas et paradoxalement, comme dans le cas du Pape, ce sont nos ennemis supposés qui pourraient se retrouver non pas nos amis, du moins pour l’instant, mais nos alliés objectifs contre un empire devenu fou dirigé par un dément entouré de conseillers déboussolés.

 Jean-Paul Foscarvel 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-vraie-menace-contre-l-europe-ne-268317

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