« Les histoires d’amour finissent mal en général » chantaient les Rita Mitsouko en 1986. Fripounette en apporte une confirmation éclatante. Son idylle avec les Africains tourne au vinaigre.
Macron, c’est Tintin au Congo
Incontrôlable et immature à son habitude, le dictateur français a fait son gros caprice lors d’un voyage officiel au Kenya. À l’occasion d’une discussion ouverte à l’université de Nairobi où il avait été convié, frustré et furieux que tous ces Nègres lui aient volé la vedette en s’exprimant en toute liberté, il les a remis dans le droit chemin. Silence et respect, écoutez humblement le bwana quand il vient dispenser sa science chez les sauvages !
Hélas, trois fois hélas, l’adolescent arriéré de cinquante ans qui se voyait acclamé comme Tintin, roi des Babaoro’m, n’a occupé que brièvement le trône des toilettes. Dans une de ses pulsions d’autoritarisme et alors que la bienséance recommande aux invités la courtoisie envers leurs hôtes, il s’est brusquement emporté. N’ayant pas Jean-Brichel du Trognon Macreux sous la main pour le recadrer d’une baffe bien ajustée, il a donné dans la pire vulgarité des voyous de Brooklyn.
Ayant lu dans l’avion « Griffes de velours », un polar de Ellery Queen où une grosse chatte fait la couverture, il s’est mis à parler comme un mafieux ricain pour s’adresser aux universitaires de Nairobi. « Hey you guys, shut the fuck up ! ». Pour les monoglottes, je traduis « Eh les mecs, bouclez-la ! ». Même les cireurs de pompes patentés et le grand chambellan de l’Élysée qui accompagnent partout Macronescu étaient mal dans leurs baskets.
Un tel verbiage est incompatible avec la dignité d’un Président de ripoublique islamique, a fait observer le mollah Chon, expert en sérénades. Le damoiseau Gabinette Attal en a avalé de travers un petit four. N’osant rappeler à son mentor que l’usage diplomatique en pareille circonstance voulait qu’il chante avec les Kenyans « Olélé Olélé maliba makasi ». Une rengaine de piroguiers adaptée à un égaré qui ne cesse de ramer.
En France, la dépitée de « Le Foutoir Insensé », Danièle Bonobo, a dénoncé cette odieuse résurgence du colonialisme. « C’est plus fort que lui, dès qu’il met le pied en Afrique, il ne peut pas s’empêcher de se comporter en gouverneur colonial ». Et comme Fripounette se rend très souvent en Afrique, pas toujours en voyage officiel et pas toujours comme il voudrait là où les indigènes nous ont foutus dehors, cette pittoresque saillie à Nairobi a aggravé son cas. Mais il n’en a cure. Prisonnier de son aveuglement entre schizophrénie et mégalomanie.
L’Afrique à fric, dix ans d’amours contrariées
C’est à Nairobi que Paris souhaitait acter un tournant décisif dans ses relations avec l’autre Afrique, celle anglophone, puisque la plupart des pays francophones en ont soupé de ce roitelet fantasque et inconsistant. Pour de multiples raisons. Celle qui les résume toutes est que, sur ce continent, la coutume et une pratique immémoriale veulent qu’on ne respecte que les grands chefs.
Déjà ses frasques dans les bars mal famés et les night clubs gays qu’il visitait dès sa descente d’avion, avant même de serrer la paluche de son homologue local, étaient perçues comme une forme de mépris pour les Noirs qu’il venait voir comme un touriste reluque les fauves dans un zoo.
Les milliards volés aux Français pour être distribués à tire-larigot à des potentats en boubou ne suffisent pas à restaurer le prestige de notre pays. Surtout quand on le filmait, rond comme une queue de pelle, divaguant sur l’asphalte ou dans la brousse en compagnie de folles peinturlurées. Encore plus factices que Brichelle.
Avant de s’établir d’État à État, les relations de respect mutuel se nouent d’homme à homme, dans une dynamique quasi féodale compatible avec les hiérarchies de l’empire français défunt. On s’associe à de vrais hommes dotés de charisme, porteurs de grands projets et à qui on peut accorder sa confiance. Or le paltoquet français est tout sauf ça.
Les anciens colonisés qui sont en train civiliser la France le tiennent pour un bouffon. Moins doué que les kòròdugaw Bambaras animateurs et médiateurs sociaux capables d’intrusions dans la vie quotidienne comme dans les cérémonies rituelles pour les réguler et les orienter. Contournant l’islam intrusif par un syncrétisme pragmatique. Il est possible qu’une traduction hâtive attribue des origines nobles au sens européen au Soninké Bally Ballot qui ne va pas dire le contraire.
Mais comme partout en Afrique où se mêlent le statut social, le métier, l’aire géo-ethnique avec la possession de la terre, les croyances et pratiques magiques et la valeur attribuée aux ancêtres mythiques, la différence entre Bambaras et Soninkés n’est pas toujours évidente. Les Bambaras sont les plus nombreux, les Soninkés ont capté le pouvoir, mais la plupart parlent la même langue. Et on les rattache au groupe ethnique des Mandingues. En moins tragique, ça ressemble au clivage Tutsi/Hutus du Rwanda.
La drôle de guerre contre l’islam conquérant en pays déjà conquis
Macronescu définitivement déconsidéré a aggravé son cas lorsqu’il a promis d’aider à combattre les djihadistes locaux. Une palabre de crocodile édenté, comme on dit au Wakanda Zulu. La méfiance a alors succédé au mépris. Comme il était difficile de croire que la glorieuse armée française avec ses avions, ses hélicos et ses blindés se faisait damer le pion par des pouilleux en mobylette façon mollah Omar, et des énergumènes juchés sur des 4×4 customisés à la Mad Max, un doute terrible s’est insinué. Un soupçon de noirs desseins.
Et si la France faisait semblant de traquer des bandes de malfaiteurs se disant islamistes pour rassurer ses partenaires africains afin que ses grandes compagnies continuent à exploiter leurs mines et leur pétrole, en prenant garde de ne pas contrarier ses clients arabes ?
Ceux qui achètent nos avions par dizaines et nos bidets à robinets en or massif par centaines pour leurs harems. Et qui, à côté de ces amusettes, ont acquis plus de la moitié du patrimoine national, banques, usines, immeubles de luxe, musées et supermarchés, casinos et bordels, stades et équipes de foot.
Ses calculs illusoires reportés sur l’Afrique anglophone ne sauveront pas Manolita d’un cuisant désastre, comme dans toutes ses entreprises.
Il voit cette autre Afrique comme un substitut de sa politique calamiteuse depuis le début de son premier mandat, mais cette partie du continent n’a pas de liens historiques ni linguistiques avec Paris. Fripounette se leurre s’il s’imagine que la France est attendue à Nairobi ou à Abuja au Nigeria. Sans doute sera-t-il possible de passer des accords commerciaux désavantageux pour nous comme d’habitude, mais on ne reconstruit pas en quelques mois un édifice pluricentenaire. D’autant que les Russes et les Chinois ne sont pas inactifs dans la région.
En outre, il s’est fait mal voir dès sa première intervention. Il ignore et n’a sûrement pas cherché à savoir que les anciens sujets de l’empire britannique ont perpétué les coutumes des anciens colonisateurs en les remplaçant. Bière, whisky, hockey, cricket, golf, lancers de nains, bureaucratie et justice perruquée… Tandis que les lettrés formés dans les meilleures public schools ont adopté un mode de pensée et des comportements proches des Anglais.
Le Royaume-Uni, en évitant une humiliante repentance tout en manifestant de la considération aux élites autochtones a entretenu une forme de liens affectifs que le psychopathe pervers de l’Élysée sera bien en peine d’égaler. Ni même seulement d’approcher. Il s’est grillé par une intransigeance hautaine en exigeant (de quel droit ?) que ceux qui n’avaient pas envie de se taire débarrassent le plancher. Puis en refusant, avec son arrogance compulsive, de prendre la parole tant que le silence ne serait pas total pour écouter religieusement le toubab, guru cosmo-planétaire.
Les Africains ont posé à juste titre cette question rhétorique qui hypothèque un avenir à peine esquissé : « Aurait-il agi de même dans une salle animée aux États-Unis ou en Allemagne ? »
Christian Navis
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