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Londres : Tommy Robinson rassemble des dizaines de milliers de personnes pour « Unite the Kingdom »

Londres vit ce samedi 16 mai l’une de ses journées les plus tendues de l’année. La marche « Unite the Kingdom » organisée par le militant anti-immigration britannique Tommy Robinson devrait rassembler au moins 50 000 personnes en plein centre de la capitale, tandis qu’une marche pro-palestinienne se déroule simultanément sur un autre itinéraire. Avec, en arrière-plan, la finale de la Coupe d’Angleterre à Wembley. Quatre mille policiers ont été mobilisés pour un dispositif jamais vu depuis des années.

La manifestation en live ci-dessous :

Une démonstration de force pour Tommy Robinson

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Huit mois après une mobilisation surprise — quelque 150 000 personnes selon les chiffres officiels avaient afflué à Westminster en septembre 2025 —, le militant et dissident Tommy Robinson, remet le couvert. Ce samedi 16 mai 2026, sa marche « Unite the Kingdom » s’élance depuis Kingsway, dans le centre de Londres, pour rejoindre Parliament Square en passant par Aldwych, le Strand, Trafalgar Square et Whitehall. Les premiers participants se sont massés sur place dès 11 heures du matin, le cortège s’étant mis en marche dans le début de l’après-midi.

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La police métropolitaine de Londres anticipe une participation supérieure à 50 000 personnes, sans exclure que les chiffres soient nettement plus élevés — la précédente marche, en septembre dernier, avait considérablement dépassé les estimations initiales. Robinson, lui, veut faire de cette journée une démonstration de force et une vitrine internationale pour son combat contre l’immigration de masse et l’islamisation supposée du Royaume-Uni.

Le slogan de la mobilisation, mis en avant sur les supports promotionnels, fait référence aux « quatre nations » du Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles, Irlande du Nord) réunies sous une même bannière, avec une connotation explicitement chrétienne. La rhétorique du rassemblement s’inscrit dans une ambition élargie d’« unir l’Occident » face à ce que les organisateurs présentent comme une menace civilisationnelle.

Une dimension transatlantique assumée

Tommy Robinson a connu une trajectoire singulière ces derniers mois. Auparavant interdit de territoire américain en raison de ses antécédents judiciaires, il a effectué en février un déplacement à Washington au cours duquel il a rencontré une douzaine d’élus républicains et a été reçu par le département d’État. Cette tournée s’est accompagnée d’interventions dans plusieurs podcasts conservateurs influents et d’une prise de parole à l’université de Floride.

Parmi les orateurs annoncés au rassemblement londonien figure l’Américain Glenn Beck, ancienne figure de Fox News devenue commentateur indépendant après son départ de la chaîne. Onze personnalités étrangères ont en revanche été interdites d’entrée sur le sol britannique par le gouvernement travailliste de Keir Starmer pour les empêcher de prendre part à l’événement. Parmi elles, la commentatrice américano-colombienne Valentina Gomez, l’eurodéputé nationaliste polonais Dominik Tarczynski, le député régional flamand du Vlaams Belang Filip Dewinter, ou encore le militant canadien Ezra Levant, soutien historique de Robinson.

Une marche pro-palestinienne sur un itinéraire séparé

Quelques kilomètres plus à l’ouest, une marche dite « Nakba 78 » s’est élancée à midi depuis Exhibition Road, à Kensington, pour rejoindre Pall Mall via Knightsbridge et Piccadilly. Elle commémore les 78 ans de la « Nakba », terme arabe désignant l’exode de quelque 700 000 à 760 000 Palestiniens lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Les organisateurs, parmi lesquels la Palestine Solidarity Campaign, ont également présenté ce rassemblement comme une réponse directe à la marche de Tommy Robinson.

La police s’attend à une participation comprise entre 15 000 et 40 000 personnes. Plusieurs incidents ont déjà émaillé le début de la mobilisation : une femme a notamment été arrêtée pour avoir refusé d’ôter un masque en tissu, conformément à de nouvelles consignes policières interdisant la dissimulation du visage. La police a aussi annoncé son intention d’interpeller toute personne reprenant des slogans comme « Mort à Tsahal » ou « Mondialisons l’intifada ».

Le contexte britannique pèse lourdement sur cette mobilisation. Début mai, le niveau de menace terroriste a été relevé d’un cran à « sévère » après une attaque au couteau contre deux hommes juifs, et une série d’incendies à caractère antisémite. La communauté juive du Royaume-Uni dit se sentir en insécurité, comme l’a souligné Keir Starmer lui-même dans une tribune publiée vendredi.

Un dispositif policier d’une ampleur inédite

Pour encadrer ces deux cortèges, et alors que près de 90 000 spectateurs sont attendus en parallèle à Wembley pour la finale de la Coupe d’Angleterre entre Chelsea et Manchester City, Scotland Yard a mobilisé 4 000 policiers, dont 660 venus de l’extérieur de Londres. L’opération, chiffrée à 4,5 millions de livres sterling, comprend le déploiement de véhicules blindés, d’hélicoptères, de drones, d’unités cynophiles, de policiers à cheval et d’unités armées maintenues en alerte.

Une innovation marque cette journée : la police métropolitaine utilise pour la première fois, dans le cadre d’une manifestation, des caméras de reconnaissance faciale en temps réel. Ce dispositif, déployé dans le quartier de Camden, vise à identifier des personnes inscrites sur une liste de suspects susceptibles de rejoindre les rassemblements.

Les forces de l’ordre disposent par ailleurs de pouvoirs élargis : elles peuvent procéder à des fouilles sans suspicion préalable, et appliquer pour la première fois un cadre juridique rendant les organisateurs personnellement responsables des propos haineux tenus par les orateurs qu’ils invitent. Une mesure dont l’un des organisateurs de la marche pro-palestinienne, John Rees, a dénoncé le caractère liberticide.

À la mi-journée, la police annonçait onze interpellations pour des motifs divers. Parmi les premières arrestations, deux hommes appréhendés à proximité de la gare d’Euston, soupçonnés de coups et blessures graves dans une affaire survenue à Birmingham au cours de laquelle un homme avait été renversé en voiture.

Le gouvernement travailliste sur la défensive

Le premier ministre Keir Starmer a multiplié les sorties tonitruantes contre le rassemblement de Tommy Robinson, qu’il a qualifié, dans une vidéo publiée sur X, de mobilisation organisée par des individus aux antécédents de violence et d’extrémisme. Le ministre de la Justice David Lammy a, pour sa part, dénoncé sur le même réseau des organisateurs propageant « la haine et la division ».

Ces dénonciations gouvernementales s’inscrivent dans un contexte politique de plus en plus défavorable au pouvoir travailliste. Reform UK, le parti d’opposition de droite mené par Nigel Farage, a remporté plus de 1 450 sièges lors des élections locales de la semaine précédente, et caracole en tête des sondages pour les législatives prévues en 2029. Le parti, sans lien officiel avec la mobilisation de ce samedi, capitalise sur les mêmes thématiques — immigration, sécurité, identité — que celles portées par Tommy Robinson.

Selon un sondage réalisé par l’association anti-fasciste Hope Not Hate auprès de 45 000 personnes, et publié par son directeur Nick Lowles, 17 % des Britanniques disent apprécier la personne de Tommy Robinson. Ce chiffre grimpe à 34 % chez les hommes âgés de 25 à 34 ans. Plus de 80 % des sondés disent par ailleurs le connaître. Une notoriété et un capital de sympathie qu’aucun autre militant britannique de sa génération ne peut revendiquer, fût-il par ailleurs largement détesté par la majorité de l’opinion.

Une polarisation qui se durcit

Au-delà du face-à-face spectaculaire de ce samedi, ce qui se joue à Londres dépasse largement le périmètre des deux cortèges. Le Royaume-Uni connaît, comme une grande partie de l’Europe occidentale, une fragmentation accélérée de son corps politique. D’un côté, un gouvernement travailliste en difficulté, accusé par ses critiques de doubler le ban sur les questions d’immigration tout en peinant à répondre aux inquiétudes concrètes d’une partie croissante de l’opinion. De l’autre, des mouvements protestataires de toutes obédiences qui occupent simultanément le pavé : populistes anti-immigration d’un côté, militants pro-palestiniens et anti-fascistes de l’autre, avec des forces de l’ordre prises en sandwich.

La crainte des autorités est claire : que la coïncidence de ces rassemblements avec la finale de la FA Cup attire à Londres une frange de supporters de football habituée à la violence, et que des affrontements éclatent comme en septembre 2025. Il faudra attendre la soirée pour savoir si la prophétie s’est réalisée — ou si Londres a, cette fois, su contenir la pression.

Photo d’illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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