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[ÉDITO] Et une pétition de plus contre « l’extrême droite » ! Vent de panique à gauche ?

@ Wikimedia Commons

En 1965, Pierre Dac fonda le MOU. Aujourd'hui des intellectuels fondent le Cracs contre l'extrême droite...

Décidément, la saison est aux pétitions et autres tribunes collectives. Après l’appel de 600 artistes à boycotter Bolloré puis, dans un autre genre, celui des cinq cents élus « de terrain » réclamant que Gabriel Attal fasse don de sa personne à la France, voici que mille (et plus) « artistes et intellectuels » battent le rappel contre le Rassemblement national. Car il y a urgence.

Le CRACS : ça claque plutôt bien

Évidemment, cette tribune est publiée dans les colonnes de Libé. Évidemment, l’écriture inclusive est de rigueur : « chacun·e », « smicardisé·es », « enseignant·es », « Insécurisé·es », « employé·es », « ouvrier·es », « racisé·es », « intellectuel.les ». Franchement, entre nous, c’est vraiment pénible à lire. Mille « intellectuel.les » (et plus), donc, qui en appellent à une « coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques » : le CRACS. Ça claque plutôt bien, c’est court et donc facile à retenir. Un peu comme le MOU. Vous savez, le Mouvement Ondulatoire Unifié, ce parti que le fantaisiste Pierre Dac avait lancé en février 1965, dix mois avant la première élection présidentielle au suffrage universel. Son slogan : « Les temps sont durs, votez MOU ! » Du reste, plus que jamais, aujourd’hui, les temps sont durs, nous dit le CRACS.

Mais qui sont donc ces cracks ?

Sur ces mille résistants des temps modernes, 529 signatures appartiennent à l’Université. On y compte 265 sociologues, 81 anthropologues, 35 enseignants à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), 7 poètes et 2 chanteurs, dont Michel Fugain qui n’a jamais caché son engagement à gauche. Autres célébrités : les écrivains Annie Ernaux et Patrick Chamoiseau, l’historien Benjamin Stora, l’économiste Thomas Piketty, Monique Pinçot-Charlot (la sociologue qui fait la bise aux comtesses). Vous aurez compris qu’on est ici à gauche. On vous laisse découvrir la liste des signataires, des fois que vous y trouviez votre voisin.e du dessus.se.

Tous les poncifs de gauche

Et si le courage vous prend même de lire cette tribune, vous verrez que tous les poncifs de gauche et d’extrême gauche ont été convoqués dans une sorte de vaste monôme : « violences policières impunies », « discrimination à l’embauche », « inégalités permanentes envers les racisé.es », « obsessions sur le voile », « médias d’ultra-droite décomplexée » qui « activent les haines et l’équation islamophobe : insécurité = immigration = musulman », « offensive masculiniste », etc. Bref, la France est un véritable enfer et si, demain, par malheur, le Rassemblement national venait à accéder au pouvoir, ça serait pire que l’enfer. Évidemment, encore, on découvre dans cette tribune que l’immigration est une chance pour la France et que « ce n’est pas l’immigration qui remplit les prisons, c’est en réalité la pauvreté. L’immigration, au contraire, nous enrichit, culturellement, économiquement. »

Et donc ?

Et donc, il faut s’organiser. D’ailleurs, le 30 mai, si l’envie vous en prend, vous pourrez vous rendre à l’assemblée fondatrice du CRACS qui se tiendra à la mairie de Montreuil, mise gentiment à disposition par le maire communiste. Sans doute un hasard.

Et donc, encore ? L’on voit, une fois encore, la capacité mobilisatrice de la gauche, plus forte que celle de la droite. L’on voit, aussi, que ses incantations tournent comme des moulins à prière dans un petit monde de l’entre-soi. Qui, effectivement, lit Libé, à part ceux qui sont déjà convaincus et les masos comme vos serviteurs de BV qui doivent bien se dévouer pour faire le job ? La conclusion de cette tribune est intéressante, nous vous la livrons : « Sans mobilisation générale de chacune, de chacun, et dès maintenant, l’extrême droite va gagner. Nous en serons plus ou moins responsables. » Si « l’extrême droite » gagne, c’est peut-être aussi parce qu’une majorité de Français en auront décidé ainsi, non ?

Georges Michel

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