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culture et histoire - Page 1344

  • Il y a eu quatre cents ans en janvier, naissait le surintendant Nicolas Fouquet….

    Il y eu, dans l'Histoire, des hommes qui semblaient n'être nés et n'avoir vécu que pour laisser aux générations futures un exemple à ne pas suivre. Le surintendant Nicolas Fouquet, né le 27 janvier 1615 - il y a eu quatre cents ans ! - fut assurément de ceux-là.

    Quo non ascendet ?

    Il était issu d'une riche famille de marchands de drap angevins, qui s'était peu à peu agrégée au monde de l'office et de la robe avant de se tourner vers le service du roi, tout en gardant une dévotion très marquée dans l'esprit de la Contre-Réforme catholique et de la compagnie du Saint-Sacrement. François, le père de Nicolas, maître des requêtes, avait ajouté aux armes explicites de ses ancêtres - le fouquet est un écureuil en patois de l'ouest - la fière devise (Jusqu'où ne montera-t-il pas ?) qui traduisait bien l'impatiente ambition de la famille. Nicolas était le second des quinze enfants de François Fouquet et de Marie de Maupeou. Intelligent et travailleur, et quelque peu charmeur, il ne tarda pas à s'affirmer comme le plus apte à prendre la tête du clan.

    D'abord avocat, puis maître des requêtes, intendant à l'armée du Nord, dans le Dauphiné et en Catalogne, Nicolas fut promu à la généralité de Paris. En novembre 1650 il acheta, avec le soutien de Mazarin, la charge de procureur général du Parlement, poste qui faisait de lui l'homme du roi au sein de la turbulente assemblée. Durant la Fronde il s'acquitta de ses fonctions avec habileté, servant souvent d'intermédiaire entre les partis. Marié à une riche héritière, Louise Fourché, il épousa, à la mort de celle-ci, Marie-Madeleine de Castille, cousine du maréchal de Villeroy, gouverneur du jeune Louis XIV.

    Déjà propriétaire du domaine de Vaux-le-Vicomte, qu'il allait agrandir par des acquisitions successives pendant quinze ans, il était alors un homme d'influence bien introduit dans les milieux des traitants et des financiers, si bien que le cardinal Mazarin, à la mort du surintendant La Vieuville (1653), choisit Nicolas pour succéder à celui-ci. L'état des finances royales était alors dramatique ; la poursuite des campagnes militaires, les désordres politiques de la Fronde n'avaient it qu'aggraver le mal. Même les expédients coûteux et les taux usuraires ne suffisaient plus. La pénurie des espèces due aux faibles arrivages des cargaisons d’Amérique engendrait le resserrement pu crédit, le ralentissement du commerce, la contraction de l'économie. Or Fouquet, tel un magicien, réussit à renflouer les caisses de l'État et à restaurer la confiance. Menant rondement, habilement ses affaires, risquant sa fortune personnelle, prélevant sur les biens de sa femme, il parvint à obtenir des concours qui eussent été refusés au roi lui-même.

    Jongleries aventureuses ? Avec l’argent public

    Jean-Christian Petitfils, dans son Louis XIV(1), a, semble-t-il, bien cerné la personnalité de notre homme : « Tout ceci générait des abus, abus inhérents au système fisco-financier de l'époque. Fouquet qui n'agissait pas seulement comme responsable politique mais comme financier privé considérait qu'il rendait service au roi. Il était donc naturel qu'il y trouvât son compte ». Ces pratiques, en l'absence de banque centrale et d'unité budgétaire, étaient alors si courantes que tout le monde, au sein du groupe dirigeant, en profitait, même le cardinal Mazarin ! « Fouquet, poursuit Jean-Christian Petitfils, en arrivait à des jongleries aventureuses, des pratiques acrobatiques où se confondaient son propre argent et celui de l'État. »

    Le tort de Fouquet fut de croire que sa surintendance était une marche vers le pouvoir. Alors il joua au "Magnifique". À Saint-Mandé, sa résidence de prédilection, il s'entoura, d'une riche collection de tableaux et d'une immense bibliothèque. Il menait un train de vie fastueux qui ne pouvait pas ne pas lui attirer des jalousies et des calomnies, dont les plus cruelles furent celles de Colbert. Sûr d'être le seul homme capable de succéder à Mazarin, mort le 9 mars 1661, il semblait ne craindre personne. Or le jeune Louis XIV, vingt-trois ans, tout récemment marié à Marie-Thérèse, infante d'Espagne, archiduchesse d'Autriche, entendait faire savoir qu'il exercerait lui-même le pouvoir, affirmant son autorité face à sa mère, Anne d'Autriche, et aux amis du cardinal. Il voyait parfaitement que, si le pouvoir royal, triomphant de la Fronde, avait abaissé les puissances féodales, celles-ci risquaient bel et bien d'être remplacées par les puissances d'argent, encore plus dangereuses car elles pourraient alors séduire les gens de lettres et façonner l'opinion...

    Or Fouquet disposait d'une immense fortune qu'il s'était appropriée aux dépens des finances publiques. Mazarin lui-même n'avait pas été exempt de ce péché, mais au moins s'était-il racheté par les services rendus à la nation. Fouquet avait réuni autour de lui toute une cour de protégés, d'administrateurs, d'artistes et de gens du monde. Ses moyens étaient tels qu'il s'était aménagé, en acquérant la terre et le marquisat de Belle-Ile une véritable place forte, laquelle, s'ajoutant à son duché de Penthièvre et au port de Concarneau, lui faisait entrevoir la possibilité de faire main basse sur toute la flotte de la Manche. En tout cas, ces possessions lui serviraient éventuellement à se retrancher si son sort venait à prendre mauvaise tournure ! Du moins le croyait-il..

    Ce mondain délicat était dévoré par le goût du luxe, du faste et la passion du beau mais surtout la quête du pouvoir. Or, étant un parvenu qui n'avait jamais beaucoup lutté pour arriver, puisqu'il avait toujours été protégé par son père, puis par la reine mère Anne d'Autriche, il ne semble pas qu'il eût pu mesurer le danger qui le menaçait. Il tomba en toute naïveté dans tous les pièges que lui tendirent Colbert puis le roi, le recevant dans des audiences inutiles mais qui flattaient son amour propre.

    Bien plus qu’une affaire de jalousie

    On dit souvent que, s'étant fait bâtir le magnifique château de Vaux-le-Vicomte par les plus grands architectes et artistes du temps (Le Vau, Lebrun, Le Nôtre) et y ayant attiré les plus grands écrivains de son temps comme Jean de La Fontaine, Charles Perrault, Molière..., Fouquet s'était attiré la jalousie du souverain en organisant pour lui en ces lieux le 17 août 1661 une fête éblouissante. Il s'agissait dans ce cas de bien autre chose que de jalousie !

    Louis XIV ne pouvait tolérer qu'un homme d'argent prétendît devenir une force politique et s'ériger en arbitre souverain de l'Etat. Déjà il songeait à se débarrasser de lui et, d'abord, à lui arracher la surintendance. Mais Colbert, telle une couleuvre jalouse, faisait recueillir des informations par quelques espions sur les fortifications de la citadelle de Belle-Île, qui devenait une puissante base navale pour commercer avec les îles d'Amérique. Colbert rédigea un rapport très détaillé. Preuve était faite qu'aux malversations financières s'ajoutait le crime de lèse-majesté ! Trois semaines après la fête tapageuse de Vaux, le 5 septembre, l'opulent surintendant tut arrêté à Nantes, au cours d'une réunion des États de Bretagne à laquelle assistait le roi, par une compagnie de mousquetaires du roi commandée par le capitaine Charles de Batz-Castelmore dit sieur d’Artagnan, pour être déféré devant une cour d'exception. Après trois années de procès, les juges se prononcèrent pour la confiscation des biens de l'accusé et son bannissement. Or Louis XIV, qui ne souhaitait pas le voir intriguer de l'étranger ou divulguer certains secrets d'État, transforma la sentence en détention perpétuelle.

    Ainsi l'ancien ministre fut-il accompagné par une escorte de cent mousquetaires à la forteresse de Pignerol, dans les Alpes savoyardes, où il resta enfermé jusqu'à sa mort le 23 mars 1680.

    Fouquet servit-il de bouc émissaire ? Sa personnalité flamboyante, charmeuse et arrogante à la fois, faisait de lui la cible idéale. François Bluche écrit dans son magistral Louis XIV(2) : « Le surintendant s'est fait, avec les "richesses d'iniquité" autant d'ennemis que d'amis. Son ambitions en contrariait d'autres et pas seulement M. Colbert. Au reste l'immolation périodique de victimes propitiatoires est un rite immémorial qui rassure les peuples. » Cela ne saurait prouver l'innocence de Fouquet, mais Simone Bertière, étudiant Le Procès Fouquet(3), a raison d'écrire que Louis XIV « eut la chance du double retour de la paix intérieure puis enfin extérieure [qui supprima] provisoirement la principale cause du dérèglement des finances, les dépenses dues à la guerre », et que le procès Fouquet n'est qu'un épisode du combat séculaire que la monarchie mena pour s'affranchir de l'emprise des manieurs d'argent qui allaient finir pour l'engloutir en 1789. Tant il est vrai que, comme allait le dire sous la Restauration le baron Louis, il faut une « bonne politique » pour avoir de « bonnes finances »...

    La sévérité inflexible du roi dans l'affaire Fouquet était à la mesure de la gravité de la situation. Il fallait frapper fort pour que, comme écrit Jacques Bainville dans son Histoire de France(4), chacun sût que désormais « nul n'aurait licence de s'enrichir à la faveur du désordre et aux frais de l'État. » Le roi, loin des soucis électoralistes des politiciens d'aujourd'hui, n'avait nul besoin de ménager les puissances d'argent...

    La république a toujours plus de mal à s'en dépêtrer, on le voit presque tous les jours...

    Michel Fromentoux Rivarol du 9 juillet 2015

    1) Jean-Christian Petitfils : Louis XIV, Perrin, 2001

    2) François Bluche Louis XIV, fayard, 1986

    3) Simone Bertière : Le procès de Fouquet, Fallois, 2013

     

    4) jacques Bainville : Histoire de France, Fayard, 1959

  • Le Renouveau Français : Précision pour les personnes qui hésitent à venir à l’UDT

    Vous ne connaissez personne ? Ce n’est pas une raison pour ne pas venir à l’Université d’été nationaliste ! Au contraire ! 1° L’ambiance y est chaleureuse et chacun est rapidement à l’aise, avec des organisateurs efficaces et sympathiques. 2° C’est le bon endroit pour découvrir des camarades, nouer des contacts voire se faire des amis !
    Informations et inscriptions ici

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    http://www.voxnr.com/cc/di_antiamerique/EuFlyFlFkVtvxwTzFw.shtml

  • Un groupe de rock "identitaire" invité surprise à Fréjus

    Un groupe lié à la mouvance du rock identitaire proche de l'extrême droite, In Memoriam, s'est produit vendredi soir en première partie du groupe punk La Souris Déglinguée aux Arènes de Fréjus, a révélé Nice-Matin

    Jusqu'au dernier moment, cet invité surprise n'avait pas été annoncé sur les affiches éditées pour l'occasion par la société "La Patrouille de l'Evénementiel", organisatrice du concert.

    Joint par l'AFP, Julien Laszkiewitz, membre du cabinet du sénateur-maire (FN) David Rachline, a indiqué que ce dernier, "fidèle à l'esprit Charlie", est avant tout un défenseur de "la liberté d'expression artistique, quelle qu'elle soit".

    De nombreuses voix se sont élevées sur les réseaux sociaux contre cette programmation, rapporte Nice-Matin, qui fait état de bagarres en marge du concert, dont on ignore l'origine.

    De Belgrade à Fréjus 

    Sur sa page Facebook, le groupe de rock In Memoriam, né en 1994, retrace ses faits d'armes, et notamment des concerts donnés à Belgrade les 25 et 26 avril 1999 durant l'opération Allied Force pour soutenir les Serbes alors "victimes des bombardements américains". Il indique avoir repris du service à Rome en 2012, dix ans après sa séparation, à l'invitation du mouvement social italien Casapound, proche de l'extrême droite.

    Dans le refrain de l'un de ses titres, "Quand j'entends le mot culture", le groupe In Memoriam chante notamment : "Y en a assez des Bergé, des Glucksmann, (...), des Boujenah, des Corbusier, des Lelouch et de leurs compères, assez des donneurs de leçons, des moralistes et des bouffons, des intellectuels de salon, destructeurs de nos traditions".

    La société La Patrouille de l'Evénementiel n'a pu être jointe par l'AFP. Cette société est titulaire d'une délégation de service public pour organiser des concerts et des spectacles aux Arènes de Fréjus, équipement municipal.

    Cette semaine, la municipalité de Fréjus a par ailleurs demandé à la quinzaine d'artistes et d'artisans d'art qu'elle héberge dans des locaux municipaux moyennant un loyer modéré, de participer bénévolement, lors de la prochaine rentrée, à l'accueil des enfants des écoles primaires de Fréjus dans le cadre de l'aménagement des rythmes scolaires.

    source : Culturebox (avec AFP) :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dep_varia/EuFlulZZAEgWbyvzZk.shtml

  • David Duke - Le génocide des français

    http://www.aldebaranvideo.tv/index.php?post/David-Duke-Le-genocide-des-francais

  • Barrès et Jaurès

    Il y a bien des murs qui s’écroulent en ce moment, et pas seulement le mur de Berlin ; bien des frontières qui se défont, et pas seulement celles de la Yougoslavie. Dans tous les domaines, on assiste aujourd’hui à l’effondrement des anciens clivages, à la disparition des points de repère. Dans le domaine des idées, le divorce des familles intellectuelles et des familles politiques est désormais consommé : quel est l’intellectuel digne de ce nom qui peut aujourd’hui se reconnaître dans une pratique de parti ? Quant aux partis eux mêmes, engagés dans une course au recentrage qui ne cesse de s’accélérer, il est clair qu’ils ne s’affrontent plus que sur le choix des moyens et que leurs objectifs sont les mêmes. Tandis qu’on sent poindre la crise de régime, les uns se mettent aux Verts, les autres louchent sur les mâles cohortes du lepénisme, d’autres rêvent d’un grand centre mou consacrant l’apothéose des valeurs bourgeoises. Les ex-gauchistes se sont depuis belle lurette recyclés dans l’humanisme et la voiture avec chauffeur. L’État-PS en est à infecter les hémophiles (quel symbole !). Et le pitoyable débat sur l’immigration s’enferme dans les petites phrases et les mauvais calembours, comme s’il n’y avait plus à choisir qu’entre l’idéologie du bunker et celle des cosmopotes. On en est même maintenant à l’échange des faits divers (“crimes maghrébins” contre “crimes racistes”) ! Degré zéro de la réflexion. Pendant ce temps, hors des frontières de l’Hexagone, l’histoire fait retour. Tant pis pour ceux qui avaient un peu vite annoncé sa mort ! Définitif ou non, l’effondrement communiste à l’Est a des effets inattendus. Il apporte d’abord un démenti cinglant aux fines analyses des soviétologues libéraux qui, depuis des décennies, nous expliquaient doctement que l’URSS, étant un “État totalitaire”, ne pouvait pas se réformer d’elle-même et ne succomberait qu’à des pressions extérieures dans des circonstances catastrophiques. Manque de chance : la perestroïka est venue d’en haut, et même du cœur du système, du KGB. Mais cet effondrement donne à voir aussi un spectacle d’une rare impudeur : ceux-là mêmes qui se prosternaient hier devant la statue de saint Marx se bousculant devant les caméras pour affirmer que “tout communiste est un chien” ! Ceux-là mêmes qui ont suivi toutes les modes sans jamais rater un virage, staliniens dans les années cinquante, gauchistes dans les années soixante, socialistes dans les années soixante-dix, sociaux-démocrates ou libéraux dans les années quatre-vingts, venant se faire gloire de leurs reniements, communiant dans l’anticommunisme primaire et jouant des pieds et des mains pour se faire prendre en photo devant le cadavre !

    Ils déchanteront vite ceux qui croient que le libéralisme triomphe aujourd’hui sans partage. La vérité est au contraire que la société occidentale libérale-marchande a perdu son repoussoir. Elle ne pourra plus désormais gloser sur le goulag pour masquer ses propres échecs et faire oublier la misère qu’elle fait naître. Elle a perdu le diable qui lui permettait de faire croire à son dieu. Elle sera maintenant jugée pour ce qu’elle est. L’aliénation même.

    Dans cette situation nouvelle, il n’y a évidemment plus ni droite ni gauche. Il n’y a plus désormais qu’une seule frontière. D’un côté, ceux qui acceptent cette société de spectacle et de consommation, ceux qui se bornent à vouloir en réformer les contours sans la mettre en question. Et de l’autre, ceux qui tout simplement ne la supportent plus. Qui ne supportent plus cet univers où règnent le non-sens, l’indifférence à l’autre, la solitude de masse, le conformisme, le nouvel ordre moral, le déracinement, la loi de la jungle. Ceux qui ne croient ni à la rédemption par le marché ni à la promotion par le fric. Ceux pour qui la vie ne se ramène pas aux valeurs comptables, à la performance individuelle, à la compétition marchande. Ceux qui en ont assez d’un monde sans gratuité, sans désintéressement, sans générosité, où rien n’a plus de valeur mais où tout a un prix. Ceux qui ne veulent pas seulement des moyens d’existence, mais aussi des raisons de vivre. Le nouveau clivage de cette fin de millénaire est là, et nulle part ailleurs. C’est le clivage entre le centre et la périphérie. Et tout ce qui est dans la périphérie est solidaire.

    Cause du peuple ? Oui, sans doute. Mais du peuple dans sa globalité. Le prolétariat est déjà une vieille lune et “l’union du peuple de France”, un mot d’ordre lassallien beaucoup plus que marxiste. Cause du peuple, mais aussi et surtout cause des peuples. Cause de tous ceux qui, dans le monde, refusent l’universalisation des pseudo-valeurs occidentales, l’impérialisme du “développement” et la main-mise américaine sur les façons particulières de penser et de vivre ensemble.

    On est loin alors, en effet, très loin des vieux clivages. Barrès et Jaurès réconciliés pour estoquer Bernard Tapis. Beau sujet d’allégorie pour un artiste de l’avenir.

    ► Alain de Benoist, L’idiot International n°70, octobre 1991.

    http://www.archiveseroe.eu/recent/18

  • CAHIER D'HISTOIRE DU NATIONALISME N°6 : TIXIER-VIGNANCOUR, UN FRANC-TIREUR DU XXE SIÈCLE…

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    Roland Hélie

    Editorial du n°6 des Cahiers d’Histoire du nationalisme

    Me Jean-Louis Tixier-Vignancour (1907-1989) fut sans doute l’une des figures les plus marquantes de la droite nationale française du XXe siècle.

    Avocat talentueux, réputé pour sa voix de bronze, il défendit avec courage et témérité tous ceux qui, aux yeux du Système, étaient indéfendables. Qu’il s’agisse des réprouvés de « l’épuration », des simples lampistes aux plus illustres comme Louis-Ferdinand Céline, ou des combattants l’Algérie française, comme le général Salan, beaucoup d’entre eux trouvèrent en lui un redoutable défenseur qui leur permit d’échapper à un sort peu enviable.

    Homme politique audacieux et parfois paradoxal, il participa de près ou de loin à tous les grands combats de la droite nationale des années 20 jusqu’à la fin des années 70. Il fut, en 1965, le premier candidat national à une élection présidentielle au suffrage universel sous la Ve République, ce qui lui donna une notoriété personnelle inégalée à l’époque. Il faut dire que Tixier-Vignancour était très motivé par le mépris que lui inspirait le général De Gaulle, son plus fidèle ennemi.

    C’est donc à ce personnage incontournable de l’Histoire du nationalisme français que nous consacrons cette sixième livraison de nos Cahiers.

    Afin de retracer la vie tumultueuse de Jean-Louis Tixier-Vignancour, nous nous sommes grandement inspirés de la remarquable biographie que lui a consacré, il y a une quinzaine d’années, l’avocat bordelais Thierry Bouclier. Celui-ci a eu la gentillesse de mettre à notre disposition son abondante documentation. Nous avons aussi rencontré des grands témoins de sa carrière politique comme Jean-Pierre Reveau et, le plus célèbre d’entre eux, Jean-Marie Le Pen qui nous a accordé un entretien dans lequel il revient sur la campagne et nous fait part de ses regrets de n’avoir pas été lui-même candidat..

    Une évolution contrastée

    De ses débuts, comme étudiant d’Action française, donc peu porté sur le débat démocratique, jusqu’à sa dernière campagne électorale, en 1979, comme tête de liste de l’Eurodroite présentée par le Parti des Forces nouvelles (cf. le n°4 desCahiers d’Histoire du nationalisme) lors des premières élections européennes qui se tinrent, elles aussi, au suffrage universel, Tixier-Vignancour eut un parcours intéressant. Si les revirements conjoncturels furent nombreux, le socle resta toujours le même.

    Certains lecteurs seront peut-être étonnés, voir agacés à juste titre, par les prises de position controversées de Tixier-Vignancour. Il convient cependant, pour bien les comprendre, de les replacer dans le contexte politique et géopolitique qui était celui de l’époque.

    Une présidentielle prometteuse aux conséquences dramatiques

    Nous avons attaché une importance particulière à la campagne présidentielle de 1965 car celle-ci constitue, à elle seule, le fait d’armes politique le plus important de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le fait d’armes judiciaire étant bien sûr d’avoir évité la peine de mort en général Salan.

    Conduite efficacement par Jean-Marie Le Pen, qui en était à la fois le promoteur et l’organisateur, cette campagne suscita un immense espoir. Non seulement celle-ci fut intense, mais en plus elle fut originale et novatrice, en particulier avec la fameuse tournée des plages du « cirque Tixier » au cours de l’été 1965. Du jamais vu jusque là…

    Si tout avait plutôt bien commencé, un certain nombre de paramètres inattendus, dont la candidature du centriste Jean Lecanuet, amenèrent Tixier-Vignancour à modifier considérablement son discours. Il avait commencé sa campagne comme « candidat national », puis, chemin faisant, il devint le « candidat national et libéral » et il termina sa course comme « candidat libéral ». Déjà à cette époque, la recherche d’une hypothétique respectabilité semblait être de mise. Néanmoins, ce recentrage ne fut guère payant puisqu’au soir du premier tour à peine un quart des électeurs escomptés avait voté pour Tixier. Ces résultats furent considérés comme étant décevants et, au lendemain de cet échec, ce fut la débandade. La droite nationale entama alors une traversée du désert qui dura près de 20 ans. Celle-ci fut dramatique car elle laissa le champ libre à une fausse droite libéralo-conservatrice qui passa son temps à prôner une politique d’ « ouverture à gauche » avec les conséquences que l’on sait.

    Une certaine fidélité… malgré tout

    Au cours de cette période, Jean-Louis Tixier-Vignancour tenta de continuer à exister politiquement en s’engageant de manière parfois un peu surprenante, comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 1969 où, malgré son anti gaullisme forcené, il appela envers et contre tous à voter pour Georges Pompidou, l’ancien Premier ministre du général parjure. Son soutien à Israël lors de la Guerre des Six jours ne fut pas non plus apprécié par tous.

     A la fin de sa vie, au milieu des années 80, il s’engagea une dernière fois en apportant son soutien au Front national alors émergeant. En fait, Tixier-Vignancour n’était pas un homme d’appareil. Il était plutôt ce que l’on pourrait appeler « un franc-tireur politique ».

    Malgré toutes ses circonvolutions et ses effets d’annonce, malgré tout ce qui peut lui être reprochés, Tixier-Vignancour, béarnais haut en couleurs, demeure une personnalité attachante de notre famille politique. Nous espérons que ce sixième Cahier d’Histoire du nationalisme contribuera à mieux vous le faire connaître.

    Source : http://synthesenationale.hautetfort.com/

    http://pdf31.hautetfort.com/