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culture et histoire - Page 1560

  • La loi des petits nombres

    S’agissant de ce retour de l’initiative individuelle au niveau stratégique, quatre phénomènes revêtent une importance particulière à cet égard. Premièrement, il s’agit de l’effacement du mode d’organisation typique des sociétés industrielles, à savoir la fin de l’ère des masses hiérarchiquement encadrées. En lieu et place, intervient ce que nous appelons la loi des petits nombres. On entend par là que ce n’est plus le nombre qui fait la puissance et la force (« Le pape ? Combien de divisions ? »), mais que l’action résolue et/ou innovatrice de petits groupes peut déboucher sur des résultats inversement proportionnels à ces effectifs réduits (microtrends ; small number big impact). Deuxièmement, les sociétés postmodernes développées sont devenues extrêmement complexes et, par conséquent, très fragiles. Pour prévenir leur effondrement en cas de « panne », elles doivent impérativement se décentraliser (le salut vient des marges... et non des institutions). Troisièmement, étant donné la transformation de la guerre et l’impossibilité croissante de la guerre interétatique, l’équilibre de la terreur change d’échelle et se situe au niveau de l’individu lui-même avec toutes les conséquences que cela implique (incivilités, agressions, brigandages, attentats, tueries). Quatrièmement, si le mode d’organisation des sociétés s’est transformé, il en va de même du mode de destruction. A l’ère des masses, celui-ci était caractérisé par les trois séquences, concentration – manœuvre – destruction, ce schéma marquant la plupart des grandes batailles décisives de cette période. A l’heure actuelle, avec l’affirmation de la loi des petits nombres, on peut avancer que le mode de destruction suit plutôt les trois séquences suivantes : dilution – imbrication – destruction. A une destruction par l’extérieur succède une destruction de l’intérieur. 

         Quelques exemples illustrent ces changements de paradigmes. Lors des attentats de Bombay (26-29 novembre 2008), 18 hommes équipés d’armes légères et répartis en 9 équipes de deux, paralysent pendant 60 heures une mégapole de 20 millions d’habitants, provoquant de la sorte une nouvelle tension géostratégique entre l’Inde et le Pakistan, des massacres interethniques en Inde et, finalement, un événement d’ampleur mondiale générant une série de réactions politiques, diplomatiques et médiatiques. Au Nigéria, l’exemple de rebelles ijaws, connus sous l’acronyme MEND (Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger), démontre également cette nouvelle réalité stratégique où un petit groupe est capable de déclencher des effets inversement proportionnels à ses effectifs. Dans ce cas-là, c’est une livraison de 300 fusils d’assaut AK-47 qui permet à ces rebelles de lancer leurs actions contre les installations pétrolières et les bateaux transitant par le delta. Ces 300 kalachnikovs entraînent ainsi une diminution de 25% de la production de pétrole du Nigéria. Ces deux exemples, auxquels on pourrait en ajouter beaucoup d’autres, mettent en lumière les changements énoncés plus haut. La loi des petits nombres apparaît en effet particulièrement évidente compte tenu, à chaque fois, des faibles moyens engagés et des importants résultats obtenus en contrepartie. Par ricochet, ceci souligne aussi la fragilité des sociétés complexes, leur risque d’effondrement et la nécessaire décentralisation qu’elles doivent consentir si elles veulent survivre. De par les effets engendrés en outre, tant les attentats de Bombay que les actions des rebelles ijaws indiquent que l’équilibre de la terreur a bel et bien été ramené du niveau des Etats à celui des individus. Et, ce changement d’échelle ne vaut pas uniquement pour les actes à caractère politique, mais également pour les autres formes de violence plus anarchiques (tireur fou, forcené, tuerie). Enfin, le schéma dilution-imbrication-destruction reflète clairement le mode opératoire utilisé : neuf équipes de deux hommes dilués dans une mégapole, une poignée de rebelles dispersés dans l’ensemble d’une zone géostratégique. 

         La société de l’information accélère et facilite à la fois une telle évolution. Il importe en effet de rappeler plus généralement que les sociétés nomades ou au contraire sédentaires, agraires ou au contraire industrielles, pratiquent chacune la guerre d’une façon propre qui est dictée par leur mode respectif de production des richesses. De nos jours, l’avènement de la société de l’information entraîne le bouleversement des anciennes structures héritées de l’ère industrielle et du capitalisme fordiste : les formes d’organisation pyramidale et centralisée sur le modèle stato-national cèdent la place à des formes plates, décentralisées, « sans tête ». La société de l’information rend possible cette mutation puisque l’interconnexion de tous avec tous à travers le net et les autres TIC (téléphones portables, PC, etc.) ne nécessite plus des structures hiérarchiques organisant le travail de la conception à la production et à la vente. Ce travail peut désormais se réaliser, soit à distance, soit en réseau, soit de manière coopérative (selon la méthode wiki). L’art de la guerre suit ce bouleversement et cette mutation, comme en témoigne la prolifération des groupes armés, des cellules terroristes et des actions décentralisées (attentats, embuscades) en lieu et place des grandes offensives conventionnelles représentatives de la stratégie moderne. 

    Bernard Wicht, Europe Mad Max demain ?

    http://www.oragesdacier.info/2014/07/la-loi-des-petits-nombres.html

  • Isolationisme et pan-interventionnisme

    Ex: http://perignem.blogspot.com

    L’essentiel réside dans les conséquences de cette attitude d’isolement par rapport au reste du monde. La prétention américaine de former un monde nouveau et non corrompu était tolérable pour les autres aussi longtemps qu’elle restait associée à un isolement conséquent. Une ligne globale qui divise le monde de manière binaire en termes de bien et de mal est une ligne fondée sur des valeurs morales. Quand elle ne se limite pas strictement à la défense et à l’auto-isolement, elle devient une provocation politique permanente pour l’autre partie de la planète. Ce n’est pas un simple problème de conséquence logique ou de pure logique conceptuelle, pas plus qu’un problème de convenance ou d’opportunité ou un thème de discussion juridique sur la question de savoir si la Doctrine de Monroe est un principe juridique (un legal principle) ou une maxime politique. La question réellement posée est un dilemme politique auquel personne, ni l’auteur de la ligne d’isolement ni le reste du monde, ne peut se soustraire. La ligne d’auto-isolement se transforme très précisément en son contraire dès l’instant où l’on en fait une ligne de discrimination ou de disqualification du reste du monde. La raison en étant que la neutralité juridique internationale qui correspond à cette ligne d’auto-isolement est dans le droit international européen de XVIIIe et XIXe siècles. Quand la neutralité absolue, qui est essentielle à l’auto-isolement, vient à faire défaut, l’isolation se transforme en un principe d’intervention illimitée qui embrasse sans distinction la Terre entière. Le gouvernement des États-Unis s’érige alors en juge de la Terre entière et s’arroge le droit de s’immiscer dans les affaires de tous les peuples et de tous les espaces. L’attitude défensive caractéristique de l’auto-isolement se transforme, d’une manière qui fait apparaître toutes ses contradictions internes, en un pan-interventionnisme étendu à l’infini, sans aucune limitation spatiale.

    Carl Schmitt in Changement de structure du droit international (1943)

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Entretien avec Laurent Glauzy sur son dernier livre

    « Les Géants et l’Atlantide » (disponible ici) :

    http://www.contre-info.com/

  • Quel est l’impact des produits chimiques sur notre système hormonal ?

     

    Des aliments conditionnés dans des emballages hygiéniques, des vêtements imperméabilisés, des crèmes solaires qui protègent des coups de soleil… : tous ces objets nous facilitent la vie au quotidien. Pourtant, ils peuvent dérégler notre système hormonal. Enquête sur l’impact des produits chimiques sur notre santé.

    Xenius – Allemagne 2014

    http://fortune.fdesouche.com/

     

  • 6 juillet 1962 : l’assassinat sordide de Roger Degueldre par la République, version De Gaulle.


    [Note : comme chaque année s'est tenue une émouvante cérémonie sur la tombe du lieutenant Roger Degueldre, à l’initiative du CNC, avec Roger Holeindre. Présence de militants du Renouveau français et de son directeur]

    deguel

    delta2

    Ci-dessous un texte de José Castano à ce sujet :

    « Le jour où les « fells » entreront à Alger, j’espère trouver trois compagnons pour garder les faces du Monument aux morts et tomber en tirant une dernière salve de PM – R.D –

    C’est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 qui, rappelons-le, fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne, que dg prit sa décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE qui, fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur! », avait justifié son action dans l’OAS par ces mots : « Mon serment, je l’ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre.
    Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure !
     »

    Le lendemain, 6 juillet 1962, à l’aube, au fort d’Ivry, Degueldre se présenta devant le peloton d’exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il avait tout sacrifié et qu’il avait choisi comme linceul.
    Autour de son cou, il avait noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y avait la photo d’un bébé, son fils qu’il n’avait jamais vu. Il avait conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé était venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.
    « Dites que je suis mort pour la France ! » s’écria-t-il à l’adresse de son défenseur.
    Puis il refusa qu’on lui bande les yeux et, au poteau cria : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise.
    Les soldats qui devaient l’exécuter, émus par son courage, hésitèrent à tirer. La première salve le blessa seulement : Une seule balle l’atteignit sur les douze qui furent tirées : au ventre dirent certains… au bras affirmèrent d’autres.
    Quoiqu’il en soit, le fait certain c’est que Degueldre ne fut pas atteint de manière décisive.

    L’adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipita, l’arme à la main, pour accomplir sa sinistre besogne et se rendit compte que le condamné était toujours en vie. Sa tâche ne consistait désormais plus à achever un quasi-mort censé avoir reçu douze bouts de métal… mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes… Il en eut si terriblement conscience, que sa main pourtant préparée à cette macabre mission trembla, et que le revolver se déchargea dans le vide.

    Parmi l’assistance, c’était la stupéfaction. Cette situation eut pour effet d’agacer le procureur qui, réveillé un peu tard, n’avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner. Et son estomac gargouillait. Mécontent, il fit signe à l’adjudant de se dépêcher. Pensant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé souffrait. Les coups de feu résonnaient encore à ses oreilles et il se demandait quand son calvaire prendrait fin.

    L’adjudant, toujours tremblant, pointa une nouvelle fois son arme sur la tête de l’officier parachutiste, ferma les yeux et appuya sur la détente. Stupeur ! Rien ne se produisit. L’arme s’était enrayé. Une rumeur monta de l’assistance. Degueldre tourna la tête vers son exécuteur comme pour l’interroger. Aucune haine dans son regard… juste de l’incompréhension.
    Exaspéré par cette situation –unique dans les annales de l’exécution- le procureur ordonna qu’une nouvelle arme soit amenée. Mais personne parmi les militaires présents n’en possédaient. Il fallait courir en chercher une… Et pendant ce temps, Degueldre était toujours vivant… et il souffrait.

    A partir de ce moment là, tous les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n’avait pas le droit d’achever le blessé. Mais les ordres étaient formels; Il fallait que Degueldre soit tué ! Il incarnait à lui seul, l’OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l’Elysée… Il fallait exorciser jusqu’à son souvenir.

    Et pendant que l’on s’affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d’effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu’au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l’amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu’on fît grâce qu condamné. Cela s’était déjà produit dans l’Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée. Mais non, l’avocat demeurait prostré, sans voix, mort… alors que Degueldre, lui, était vivant et qu’il le regardait.

    Enfin on remit un pistolet à l’adjudant qui, blanc comme un linge, écoeuré par cette boucherie… mais servile au commandement de tuer, devait en finir puisque tels étaient les ordres et que le défenseur du condamné qui, seul avait qualité pour tenter quelque chose, se taisait.

    Un nouveau coup de feu claqua. Stupeur ! Celui-ci fut tiré, non pas au-dessus de l’oreille comme l’exige le règlement, mais dans l’omoplate… Une douleur atroce irradia le corps du supplicié. Il regarda vers le ciel et ouvrit grand ses yeux. Peut-être perçut-il à cet instant que son calvaire prenait fin. Il était tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui sembla entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer : « Roger… Roger… dès aujourd’hui tu seras avec nous dans le Paradis ».

    Puis une nouvelle détonation retentit… et ce fut la fin.

    C’est ainsi qu’après Claude PIEGTS et Albert DOVECAR, Sergent au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, mourut, assassiné, le lieutenant Roger DEGUELDRE, également du 1er R.E.P, Chevalier de la Légion d’honneur… Et les salves du peloton couvrirent un instant les plaintes et les râles qui montaient d’Oran, tandis que la France, en vacances, n’entendit rien. Et nous nous devons de ne jamais oublier son ultime message adressé au petit peuple d’Algérie : « Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ! »

    Huit mois plus tard, le 11 mars 1963, le Colonel Jean BASTIEN-THIRY, Polytechnicien, tombait à son tour à 35 ans, sous les salves du peloton.

    Décidément, le crime était profondément enraciné !…

    http://www.contre-info.com/6-juillet-1962-lassassinat-sordide-de-roger-degueldre-par-la-republique-version-de-gaulle#more-33506