Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

culture et histoire - Page 1556

  • C’était un 17 juillet : mort d’Henri Poincaré, un génie français.

    Ce brillant scientifique français s’est éteint le 17 juillet 1912.
    On le considère généralement comme l’un des derniers grands savants universels, maîtrisant en particulier l’ensemble des branches des mathématiques de son époque.
    Son œuvre, qui précède en réalité les principales découvertes d’Einstein (qui le pilla), concerne principalement les mathématiques pures, la physique et l’astronomie.

    Ci-dessous vous pouvez écouter une émission de Serge de Beketch en 1991, consacrée au pillage de Poincaré par Einstein, avec un spécialiste.

    http://www.contre-info.com/

  • De quel style d’action faut-il faire une nécessité aujourd’hui ?


    Quand la crise avant d’être financière est d’abord humaine et spirituelle que faut-il faire ? « Prendre le pouvoir », ensuite on verra disent certains. N’est-ce pas là un idéalisme inconséquent ? En vrai, par où faut-il commencer ?

    Jean Ousset dans son livre l’Action au chapitre II de la cinquième partie, « Un certain style d’action » (p. 243 à 246), décrit avec méthode les 3 degrés d’une action de soutien nécessaire à une vraie transformation du « politique » pour la France. Il en fit l’objectif d’Ichtus. Extraits :

    « Un certaine forme de l’action semble d’autant plus précieuse à l’heure actuelle qu’elle est, à la fois, très importante comme telle et particulièrement négligée… Car pour l’instant il s’agit moins de promouvoir une organisation que de préconiser une méthode, faire adopter une stratégie. Quel que puisse être l’organisme ou le secteur auquel on appartient. Style d’action qui devrait subsister, quels que soient les vicissitudes, succès ou échecs des divers partis, associations, initiatives, etc.

    Action de vigilance, de rééducation, de concertation permanenteŒuvre auxiliaire par excellence ayant pour but non seulement de réconforter, consolider, dynamiser tout ce qui mérite de l’être et existe déjà, mais encore de susciter, d’aider à naître, d’assister dans leurs premiers moments les organismes ou initiatives souhaitables.

    Entreprise dont les opérations pourraient être à trois degrés.

    1° degré à l’échelon individuel. 

    Celui de l’aide à apporter, du surcroît doctrinal à fournir, des conseils stratégiques ou tactiques à donner à l’échelon individuel. Autant dire : A l’ami isolé, à l’élément de passage qui, armé de la référence ou de l’argument souhaités, risque de ne plus reparaître. Pour humble qu’il soit, le travail à ce degré est très important, car il assure

    • le recrutement fondamental,
    • le renouvellement des bases,
    • la découverte d’éléments nouveaux.

    Même si les contacts y sont individuels, s’ils paraissent fragiles et décevants, il est inadmissible d’en négliger le soin car, de la rencontre d’un seul homme peuvent découler des possibilités d’action considérables.

    2° degré à l’échelon de groupes constitués. 

    Celui de l’aide à apporter, du surcroît doctrinal à fournir, des conseils stratégiques ou tactiques à donner, non plus à un échelon individuel et inorganique, mais à des associations, partis ou groupes.

    • Soit que ces groupes, associations ou partis existassent bien avant l’aide ou les conseils apportés...
    • Soit qu’ils aient trouvé dans l’offre de ces conseils et de cette aide le principe de leur fondation.

    Il va sans dire que la suprématie de l’action à ce second degré tient à ce qu’elle s’effectue à une échelle plus vaste, plus institutionnelle, qu’elle y est plus méthodiquement constante… Beaucoup plus féconde par là même. C’est à ce degré que s’effectue cette jonction (cette fécondation) dont nous avons parlé entre la doctrine et l’expérience.

    C’est à ce degré que peuvent et doivent être soutenus les véritables responsables de ces communautés naturelles qui sont légion, qui ont les vraies responsabilités sociales. Mais qui pourtant reculent. Parce qu’il leur manque ce surcroît de formation doctrinale, culturelle, stratégique et tactique indispensable à la pleine efficacité politique et sociale.

    3° degré pour la concertation et la solidarité des groupes.  

    Celui plus particulier de la formation, de la concertation..., de l’entretien, du renouvellement de cette élite dont nous venons de parler.

    Elite d’hommes sans laquelle le travail aux deux premiers degrés serait inconcevable. A ce troisième degré, donc, doivent être réservés la formation méthodique et intense, l’éducation, la concertation, l’entretien psychologique, moral, spirituel de ceux qui, ayant compris l’importance capitale de ce style d’action civique multiforme, tiennent à se donner plus consciemment, plus volontairement à la synchronisation, à la mise en place de l’organisation polyvalente exigée par la nature même du style d’action proposé…Le caractère plus marqué des militants de ce troisième degré doit être un goût particulièrement vif pour lapolyvalence des services, un sens aigu de la complémentarité des initiatives, l’intelligence des synchronisations plus larges de l’action. Même s’il apparaît que ces dernières n’intéressent pas directement le secteur particulier de chacun. Autrement dit : la grande obligation à ce degré, après le soin d’une formation personnelle plus rigoureuse, est de s’y sentir solidaire de tout ce qui peut aider la Cause que l’on se fait un devoir de servir.

    Devoir pour chacun d’entretenir au fond de son cœur l’équivalent - au plan civique ! de cette préoccupation quotidienne et universelle qui faisait écrire à saint Paul, dans sa deuxième Lettre aux Corinthiens ( XI-28, 29). : « Il y a ce qui me préoccupe chaque jour, le souci de toutes (les Eglises) »… Ce troisième degré doit être celui des serviteurs publics par excellence, celui des agents de liaison du combat civique, celui des animateurs irréductibles de la concertation la plus large possible contre le totalitarisme moderne. » A suivre …

    Lire et télécharger dans son intégralité l’Action au chapitre II de la cinquième partie, « Une élite d’hommes » dans l’Action de Jean Ousset. Pour rejoindre une initiative qui corresponde à vos « talents » contacter le service d’information d’IchtusCe livre l’Action de Jean Ousset est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l'action culturelle, politique et sociale à la lumière de l'enseignement de l'Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l'encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l'amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l'amitié en est aussi le chemin.

    Le Salon Beige

  • La fin héroïque du Saint de l’Anjou

    C’était un quatorze juillet, quatre ans après la décollation du gouverneur Launay par les assaillants de la forteresse de la Bastille.

    En 1793, un homme s’éteignait en prières sur les bords de la Loire. Son nom : Jacques Cathelineau. A 34 ans, il était généralissime de l’Armée catholique et royale de Vendée.

    Roturier, artisan -il était colporteur-, père de famille et pieux catholique, Cathelineau fut le symbole le plus éclatant des soubassements populaires de l’insurrection vendéenne. Né au coeur des Mauges, sa foi guidait sa vie simple puis le mena au combat, lorsque l’orage se mit à gronder dans le ciel de France. Devenu capitaine de paroisse, il s’imposa rapidement tant il était respecté de ses hommes. Au milieu des autres officiers vendéens, aux relations souvent orageuses, Cathelineau tranchait par sa simplicité. Celui que l’on surnommait déjà « le Saint de l’Anjou » devint alors généralissime de l’Armée catholique et royale.

    Trois semaines après sa nomination au rang de généralissime, débuta l’attaque de Nantes. Les Vendéens espéraient conquérir la capitale des Ducs de Bretagne : un tel évènement aurait fait basculer la guerre en faveur des Blancs. 40 000 des siens le suivaient. Le 29 mai, les Vendéens se présentaient devant la grande ville bleue, verrou de tout l’Ouest. Une fois dans la ville tant désirée, Cathelineau se porta place Viarme (actuelle place des Agricculture). Le destin allait-il sourire aux Blancs et à leur pieux généralissime ? Las ! Embusqué au niveau d’une fenê^tre donnant sur la place, un tireur bleu ajusta Cathelineau. Ce dernier fut touché à l’épaule. Le soldat républicain avait pris soin de mâcher le projectile avant de tirer : la blessure s’infecta. Stupeur chez les Blancs. Epouvantés, les Vendéens reculèrent et quittèrent la ville. Le siège de Nantes se soldait par un échec.

    Le Saint de l’Anjou fut transporté vers les bords de la Loire, à Saint-Florent-le-Vieil.

    Après une agonie de quinze jours, Cathelineau expira le 14 juillet 1793.

    Il fut amèrement regretté, tant par ses hommes que par les autres généraux de l’Armée catholique et royale. Un Français demeuré fidèle à sa foi était tombé. Pis, son absence n’allait pas arranger les relations détestables existant entre chefs vendéens. Les nuages s’ammoncelaient sur la Vendée héoïque et fidèle, qui allait bientôt devenir martyre.

    In memoriam.

    Merci au Rouge et le Noir

     
  • Connaissez-vous la FAPEC ?

    Il s'agit de la fédération autonome des parents d'élèves courageux. Elle a tenu ses assises fondatrices en juin dernier. Présentation.

     

    Paula Corbulon

  • Le mystère de l'armée perse disparue il y a 2500 ans enfin résolu ?

    Récemment, des chercheurs ont résolu l’un des plus grands mystères archéologiques : celle de la disparition soudaine de l’armée perse du roi Cambyse II il y a plus de 2500 ans.

    Chateau

    En 524 ans avant J-C, une armée perse comptant plus de 50.000 soldats a subitement disparu dans le désert égyptien. Dans ses écrits, l'historien grec Hérodote raconte qu’une tempête de sable aurait englouti l'ensemble des guerriers et ainsi effacé toute trace de leur existence. 
    Cette armée aurait été envoyé par Cambyse II alors roi de l'empire Perse afin de défier l'oracle d'Amon. Les milliers de soldats seraient ainsi partis de Thèbes pour rejoindre l'oasis de Siwa mais n'aurait jamais atteint leur destination. Depuis de nombreuses années, les spécialistes tentent de trouver des traces de cette armée perdue afin de confirmer le mythe, sans succès. 
    Aujourd'hui, des scientifiques affirment que la vérité serait bien loin de l'histoire racontée par Hérodote. "Depuis le XIXe siècle, les gens ont cherché cette armée... des amateurs, mais aussi des archéologues professionnels. Certains s'attendaient à trouver quelque part sous la terre une armée entière, entièrement équipée", a expliqué Olaf Kaper, professeur à l'Université de Leiden aux Pays-Bas. 
    Chef rebelle égyptien 
    "Cependant, l'expérience a montré depuis longtemps que vous ne pouvez pas mourir d'une tempête de sable, encore moins faire disparaître toute une armée", a t-il affirmé lors d'une conférence. D'ailleurs, le spécialiste n'a jamais vraiment cru au mythe. Selon lui, l'armée perse aurait plutôt été défaite par une troupe rebelle. 
    En effet, les recherches d'Olaf Kaper et ses collègues suggèrent que l'armée se dirigeait vers l'oasis d'Al-Dakhla dans le désert d'Égypte. Un lieu où le chef rebelle Pétoubastis III les attendait de pied ferme avec ses troupes. "Il a finalement pris en embuscade l'armée de Cambyse II, et de cette façon, a réussi depuis sa base dans un oasis, à reconquérir une grande partie de l'Egypte, après quoi il s'est fait couronner pharaon dans la capitale, Memphis", a précisé Kaper repris par ScienceWorldReport. 
    Ceci expliquerait pourquoi les scientifiques n'ont jamais retrouvé la trace des milliers de soldats entièrement équipés comme ils s'y attendaient. Néanmoins, cela ne répondrait pas à la question portant sur le lieu où ont terminé les dépouilles de l'armée décimée.
    Une liste inscrite sur des blocs 
    C'est grâce à des fouilles menées au cours des 10 dernières années en Amheida dans l'oasis d'Al-Dakhla que le professeur en est arrivé à la conclusion d'une défaite. Durant ces recherches, il a mis la main sur d'antiques blocs de pierre provenant d'un temple et sur lesquels figurait la liste complète des titres du chef rebelle Pétoubastis III.
    "C'est à ce moment-là que les pièces du puzzle se sont mises en place", a raconté le Pr. Kaper. "Les blocs du temple indiquent que cela a dû être une forteresse au début de la période Perse. Après avoir lié cela avec le peu d'informations que nous avions sur Pétoubastis III, le site d'excavation et l'histoire d'Hérodote, nous avons été capable de reconstituer ce qui s'est passé", a t-il poursuivi. 
    Si le sort de l'armée perse est resté inconnu, ce serait à cause du roi perse Darius I, d'après les spécialistes. Deux ans après la défaite de son prédécesseur, Darius I a mis fin à la révolte égyptienne dans un bain de sang. Pour cette raison, le roi Perse aurait préféré attribuer a "honteuse disparition" de l'armée de Cambyse II aux éléments naturels.

    Baptiste Rouch  maxisciences :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EupVkpyylVcDlVBvcW.shtml

  • La véritable histoire du 14 juillet

    Figarovox - 11/07/2014

    FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Pourquoi le 14 juillet est-il devenu notre fête nationale ? Depuis quand ? L'historien Jean Sévillia nous raconte les dessous de cet événement symbolique et les enjeux de sa commémoration.

    FigaroVox - Depuis quand et pourquoi le 14 juillet est-il devenu notre fête nationale ? Que commémore-t-on exactement ?

    Jean Sévillia - C’est en 1880 que le 14 juillet est devenu fête nationale. Reprenons le contexte. En 1871, après l’effondrement du Second Empire et la défaite face aux Prussiens, se met en place, avec une majorité royaliste élue au suffrage universel, un régime d’attente, fait pour préparer la restauration de la monarchie, restauration qui n’aura pas lieu en raison de la division entre légitimistes et orléanistes et du refus du comte de Chambord, l’aîné des Bourbons, de composer avec les principes issus de la Révolution. Faute de roi s’installe une République conservatrice, la République des ducs (Mac-Mahon, Broglie, etc.)  En 1876, les républicains de conviction obtiennent la majorité à l’Assemblée. En 1877, ils forcent le Président conservateur, Mac-Mahon, à se soumettre en acceptant la prééminence du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif. En 1879, le Sénat passe aux républicains et Mac-Mahon démissionne. Commence alors la République des Jules (Simon, Grévy, Ferry), la République des républicains.

    Sous le Second Empire, on fêtait la Saint-Napoléon le 15 août, date de l’Assomption, grande fête mariale dans l’Eglise catholique, fête confortée, en 1854 par la proclamation du dogme de l’Immaculée-Conception par le pape Pie IX. Le 15 août était donc la fête nationale de la France sous Napoléon III. Symboliquement, quand ils arrivent au pouvoir, en 1879, les républicains veulent donc instaurer une fête nationale qui soit en accord avec le projet politique dont ils sont porteurs : républicaniser la France, la couper de l’influence de l’Eglise. Depuis 1872, le parti républicain organisait des manifestations privées à la date du 14 juillet. Lors d’un discours prononcé le 14 juillet 1872 à la Ferté-sous-Jouarre, Gambetta avait ainsi exalté le souvenir de la prise de la Bastille, affirmant que le peuple de Paris ne s’était pas levé « pour renverser une Bastille de pierre, mais pour détruire la véritable Bastille : le Moyen-Age, le despotisme, l’oligarchie, la royauté ».

    La loi promulguée le 6 juillet 1880 annonce que « la République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ». Le choix de cette date, en réalité, ratifie une pratique antérieure du parti républicain, mais en jouant sur la double signification du 14 juillet : les radicaux commémorent la prise de la Bastille (14 juillet 1789), tandis que les modérés, à qui la violence révolutionnaire fait peur, préfèrent se souvenir de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790).

    Dès lors, ce choix fera-t-il l'objet d'un consensus ?

    En 1880, le 14 juillet ne fait pas l’unanimité. Ni les conservateurs, qui n’ont accepté la République que par défaut, ni les catholiques, heurtés de front par l’anticléricalisme gouvernemental, anticléricalisme qui restera le ciment du parti républicain jusqu’en 1914, ne sont prêts à commémorer un événement révolutionnaire. Jusqu’à la Grande Guerre, le 14 juillet, à l’instar de l’école laïque de Jules Ferry, restera idéologiquement marqué : il est un symbole républicain, c’est-à-dire de gauche, anticlérical et patriotique au sens des Volontaires de l’An II. Peu à peu, toutefois, il deviendra une fête populaire, avec ses bals et ses lampions.

    Le 14 juillet 1919 voit le défilé de l’armée française victorieuse, derrière Joffre et Foch, avec des détachements de tous les pays vainqueurs. Les deux France se retrouvent dorénavant dans un 14 juillet qui revêt plus une signification militaire et nationale que politique.  La politique revient le 14 juillet 1935 avec le défilé politico-syndical des organisations de gauche, prélude au défilé unitaire du 14 juillet 1936 qui rattache le Front populaire au mouvement de 1789.

    Le 14 juillet 1945, c’est de nouveau un défilé de la victoire. A l’exception de 1989 et du défilé du Bicentenaire griffé par le couturier Jean-Paul Goude, la fête nationale s’est éloignée de sa source originelle. Elle n’est plus qu’une fête militaire, chérie du grand public, une fête populaire, avec ses feux d’artifice et encore ses bals de pompiers, et un micro-événement politique pour les amateurs de « petites phrases », dans les années où le chef de l’Etat parle à la télévision… Les restrictions budgétaires ont enterré la garden-party, qui était en passe de devenir une tradition mixte, à la fois républicaine dans la mesure où tout citoyen, virtuellement, pouvait être amené à fouler les pelouses de l’Elysée, et monarchique dans l’autre mesure où il fallait une invitation du Château pour y participer.

    On a fait de la prise de la Bastille l’élément fondateur marquant le début de la Révolution française. Est-ce vrai ? Est-ce réellement la borne qui marque « le début de la fin d’un monde » ?

    Le 20 juin 1789, quand les députés du tiers-état qui se sont proclamés les mandataires de toute la population française, excluant de la représentation nationale la noblesse et le clergé, se rassemblent dans la salle du Jeu de Paume, à Versailles, et font serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France, la Révolution commence vraiment, puisque les institutions qui maintenaient l’ancienne France deviennent caduques. Il en est de même pour le 4 août 1789, où ce qu’on appelle improprement «  l’abolition des privilèges », privilèges qui représentaient en réalité l’organisation socio-territoriale de droit coutumier de l’Ancien Régime, marque l’entrée dans un monde nouveau.Le 5 et 6 octobre 1789, quand la foule ramène la famille royale à Paris et que le roi est prisonnier de la révolution parisienne, marque aussi la fin d’un monde.

    La prise de la Bastille était-elle un mouvement populaire spontané, une révolte plébéienne contre l’arbitraire, ou bien une manipulation des masses orchestrée par le haut ?

    Le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins appelle les Parisiens à prendre les armes. Le 14 juillet au matin, quelques milliers d’émeutiers envahissent les Invalides, et prennent armes et canons. A l’autre bout de Paris, la Bastille, prison d’Etat dénoncée par les libellistes comme un symbole de l’arbitraire royal, est assaillie non par la population spontanément mobilisée, mais par une bande d’agitateurs qui ont préparé l’opération. Del’édifice sont extraits, en fait de victimes de l’absolutisme, sept prisonniers, dont quatre faussaires, deux fouset un débauché. Le gouverneur Launey, qui a capitulé devant l’émeute et qui a été conduit à l’Hôtel de Ville, est assassiné avec Flesselles, le prévôt des marchands, leurs corps étant dépecés et leurs têtes placées au bout d’une pique. 83 assaillants ont péri dans l’assaut. Le premier sang de la Révolution a coulé. L’opération a été orchestrée, mais elle a revêtu tout de suite un sens politique et une dimension symbolique.

    On évoque souvent les mots de Louis XVI dans son journal le jour de cet événement historique : 14 juillet : rien, pour montrer l’aveuglement et la nonchalance du roi. Comment se fait-il que ce dernier ne se soit pas rendu compte de l’importance de l’évènement ?

    Rappelons d’abord que ce « rien » consigné par Louis XVI dans son carnet désignait son tableau de chasse, vide en l’occurrence puisqu’il n’avait pas chassé ce jour-là. Il est néanmoins exact que le roi n’a pas tout de suite pris la mesure de ce qui s’est passé à la Bastille, d’où le dialogue, authentique ou apocryphe, survenu lorsqu’on lui a raconté les événements : « Mais c’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une Révolution ! ». Horrifié par le récit de la mort de Launey et Flesselles, Louis XVI sera conforté dans son refus de verser le sang, disposition d’esprit qui va lui dicter sa conduite face à la Révolution.

    Le 14 juillet peut-il être le moment permettant la réconciliation des deux histoires de France, révolutionnaire et contre-révolutionnaire, dans la « République, notre royaume de France » chère à Péguy ?

    La question me semble un peu dépassée, dans la mesure où la vie politique française ne s’organise plus du tout autour de l’axe pour ou contre la Révolution. Le débat sur la Révolution n’est pas épuisé intellectuellement, mais il n’a pas de traduction politique immédiate. En sens inverse, le 14 juillet d’aujourd’hui n’a pratiquement rien à voir avec la Révolution, ce qui était déjà le cas en 1989, lors du défilé du Bicentenaire évoqué plus. Encore une fois, le 14 juillet n’est plus que la fête de l’armée, ce qui déplace le débat : le rituel militaire est-il vraiment compris dans une époque où le patriotisme n’est plus enseigné, où l’armée est invitée à se battre pour les droits de l’homme et non pour le territoire national ou les intérêts extérieurs du pays, et où le sens du sacrifice renvoie à une morale en voie de disparition ?

    Propos recueillis par Eugénie Bastié

    http://www.jeansevillia.com/index.php?page=fiche_article&id=355