Dans son analyse du roman antique (Roman und Dekadenz), Franz Altheim note que cette forme très particulière de la littérature antique présente une sorte de désordre stylistique, correspondant à une époque de transformation profonde de la société et de la politique. C'était une époque où s’achevait la civilisation de la polis et que s’affirmait la civilisation alexandrine, concentrée sur les grandes cités cosmopolites, dans des empires tentaculaires. d’Alexandrie à Pergame et à Rome, où disparaissaient les antiques idéaux républicains, triomphait une plèbe urbaine aux origines composites mais homogène dans son style de vie. Dans toute la Grèce, le roman s’était substitué à toutes les autres formes littéraires canoniques, telles l’épopée et la tragédie. Le roman antique s’est formé par les concours de rhétorique sophistique, dans la poésie érotique, l’historiographie, où l’on confondait tous les styles, pour les unifier ensuite dans une forme nouvelle, témoin de la désagrégation des formes anciennes mais néanmoins spécifique.
culture et histoire - Page 396
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Altheim, Spengler, Nietzsche et la décadence, mythe de la Révolution conservatrice
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Idée prussienne, destin allemand 5/5

Après 1870, l'Allemagne fut réorganisée en de plus grands ensembles. La Kleinstaaterei — division en petits États — prit fin et laissa la place à un monde “bipolaire” : au Nord, la Prusse (qui avait pris de l'extension à l'Est et à l'Ouest) et la Saxe ; au Sud, le Bade-Würtemberg et la Bavière, dont les attaches culturelles avec l'Autriche étaient plus qu'évidentes et l'adhésion au nouvel ensemble assez réticente. Le Nord l'emportait dans tous les domaines de direction : économique, militaire, démographique et politique. Das Preussentum était un principe d'État, une idée directrice et une éthique. C'était un mythe mobilisateur et unificateur. Au Sud, en Bavière, se manifestaient la part romantique de l'Allemagne, une sensibilité particulière, des coutumes, un art de vivre tournés plutôt vers la patrie charnelle que vers la communauté nationale ; en d'autres termes, une incitation à la résistance contre l'unité.
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Idée prussienne, destin allemand 4/5

Mais les lourdes charges financières imposées aux habitants n'étaient pas administrées arbitrairement ; l'État promouvait la construction des manufactures et des filatures, fondait des banques et entreprenait l'assèchement des marais. Cette politique, très moderne pour l'époque, créait emplois et subsistance, tout en étant accessoirement (et accessoirement seulement) philanthropique. Cette philanthropie accessoire déterminait aussi la politique d'immigration xénophile : huguenots, protestants de Salzbourg, vaudois, mennonites, presbytériens écossais, juifs, trouvèrent en Prusse une nouvelle patrie. Tous pouvaient parler leur langue, cultiver les valeurs religieuses de leur choix et vivre à leur façon. Les plus hautes fonctions leur étaient très rapidement accessibles. Les quelques millions de Polonais qui, après les conquêtes territoriales du XVIIIe siècle, étaient devenus Prussiens n'eurent à subir aucune politique de germanisation forcée, comme ce fut le cas quelques décennies plus tard. Une telle libéralité provenait du fait que la Prusse n'était pas un “État national” et ne souhaitait pas l'être ; son objectif était d'être un “État de raison”. La philanthropie n'y avait donc rien de sentimental, elle n'était qu'un moyen au service de la raison d'État.
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Les Rothschild (Edouard Demachy)

Edouard Demachy (1854-1927), issu de la haute société parisienne du Second Empire, est le fils de Zoé Girod de l’Ain (1827-1916, fille du général-baron Félix Girod de l’Ain) et de Charles-Adolphe Demachy (1818-1888), gérant de la banque Seillière-Demachy et régent de la Banque de France.
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Les écritures gauloises livrent leurs secrets : « A l’encontre du mythe d’une Gaule peuplée d’habitants sans écriture, les Gaulois ont laissé des centaines de documents écrits »

Contrairement à une idée reçue, les Gaulois utilisaient l’écriture. Un vaste programme de recherche prévoit la prochaine mise en ligne de la totalité des inscriptions gauloises recueillies à ce jour sur notre territoire. Voici un avant-goût de ce qu’il dévoilera.
Ce n’était pas écrit dans le sable… Et pourtant, le cinéaste québécois Denis Villeneuve serait sans doute surpris d’apprendre que le titre de son film “Dune” (2021) inspiré du roman éponyme de science-fiction (1965), de l’écrivain Frank Herbert, était un mot d’origine gauloise ! Un nom né de dun ou dunos qui désigne les sommets, et que l’on retrouve dans dunon (citadelle, oppidum, colline). Latinisé en dunum, il a donné “dun“, présent dans la toponymie d’Issoudun dans le Centre-Val de Loire – l’antique Uxellodunum (la haute forteresse) -, ou encore de Lyon, Lugdunum (la colline de Lug). Mot voyageur passé du gaulois au germanique, puis au moyen néerlandais, “dune” est ensuite revenu dans la langue française autant que dans l’anglaise.
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Idée prussienne, destin allemand 3/5

Et enfin : Rudolf Augstein, Preussens Friedrich und die Deutschen (Fischer, Frankfurt/M., 1981 ; rééd.) ; Achim von Borries (Hrsg.), Preussen und die Folgen (JHW Dietz Nachf., Berlin-Bonn, 1981) ; Richard Dietrich (Hrsg.), Politische Testamente der Hohenzollern (Deutsches Taschenbuch Verlag, München, 1981) ; Werner Knopp, Preussens Wege, Preussens Spuren (Droste, Düsseldorf, 1981) ; Christian von Krockow, Warnung vor Preussen (Severin & Siedler, Berlin, 1981) ; Johannes Rogalla von Bieberstein, Preussen als Deutschlands Schicksal (Mine ; München, 1981).
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Sun Tzu (Yann Couderc)

Yann Couderc est un officier français, historien de l’armée de Terre. Saint-cyrien, breveté de l’Ecole de guerre, il a servi sur plusieurs théâtres d’opération. Son intérêt pour l’Asie l’a conduit à entreprendre une étude approfondie de L’Art de la guerre et à développer sa propre réflexion sur la pensée du stratège chinois. Créateur et animateur d’un blog de référence, Sun Tzu France, il est l’auteur de plusieurs publications sur le sujet.
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Le culte des héros et l'héroïque dans l'histoire (Thomas Carlyle)
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Une tombe découverte en Turquie pourrait être celle de saint Nicolas

Où est donc enterré le grand saint Nicolas, l‘évêque de Myre ?
La question se pose à nouveau après la découverte par des archéologues d’une tombe en Turquie, dans la province d’Antalya, où est né et a vécu le saint au 4e siècle. Ils pensent qu’elle pourrait être celle du saint. Elle se situe dans une église de la ville de Demre, anciennement la ville de Myre dans l’Antiquité.
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Idée prussienne, destin allemand 2/5

Et c'est ce trait qui explique, dans son histoire, l'importance prise par l'armée, la “militarisation” de l'administration, l'importance aussi d'une véritable aristocratie enracinée dans la classe populaire et dans le milieu rural. Mais il est alors d'autant plus remarquable que cette Prusse “aristocratique et militaire” ait été aussi, dès le XVIIe siècle, un centre de tolérance religieuse et intellectuelle, et qu'au XIXe siècle elle se soit caractérisée par l'audace de ses réformes sociales.