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La renaissance de l’extrême droite en Allemagne

Jusqu’à ces toutes dernières années, l’extrême droite était représentée en Allemagne par le Parti national-démocrate (NPD), menacé à plusieurs reprises d’interdiction à la demande du gouvernement fédéral pour menées contraires à l’ordre constitutionnel et qualifié à juste titre de « néo-nazi ». Depuis 1969, date à laquelle il a frôlé la barre des 5 % (au-delà de laquelle il aurait eu des députés au Parlement fédéral), il menait plutôt une vie politique dans l’ombre.

Ce n’est qu’au lendemain de l’unification allemande, en 1990, que ce parti a – pour l’essentiel dans les Länder de l’ex-RDA – connu quelques succès locaux qui ont alerté l’opinion allemande et internationale. En raison de la montée d’un autre mouvement protestataire radical de droite, sous le sigle d’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et sur lequel nous allons revenir, on a porté peu d’attention à l’évolution du NPD qui mérite pourtant d’être regardée de plus près.

Le NPD, un parti surtout représenté à l’Est

Un premier constat s’impose : pour l’ensemble des élections qui ont eu lieu dans les Länder de 2012 à 2016, y compris donc lors des dernières élections régionales, le NPD ne n’a rassemblé que 1,1 % des suffrages, ses scores étant à l’Ouest tous inférieurs à 1 % (sauf dans le Land de Hesse où il atteint en septembre 2013 1,1 %). C’est à l’Est qu’il a obtenu ses meilleurs résultats.

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Depuis 1969 – quand le NPD a donc raté de peu la consécration qu’eût représentée son entrée au Bundestag –, l’électorat ouest-allemand semble immunisé contre ce parti par le souvenir du national-socialisme et des atrocités qui lui sont liées. Le débat politique démocratique et la politique de confrontation au passé entreprise à l’Ouest a réussi à isoler le NPD. En dehors de poussées de fièvre localisées qu’on ne peut exclure, ce dernier survit difficilement, mais n’a pas d’existence parlementaire sérieuse.

Le NPD et quelques autres formations d’extrême droite n’ont connu un renouveau qu’à compter de l’unification (1990), limité aux nouveaux Länder de l’Est pour trois raisons majeures liées à la RDA :

  • l’absence d’un apprentissage du dialogue démocratique public ;
  • l’émergence d’une réaction qu’on a pu qualifier d’« anti-antifa », consistante à défendre – par réaction – ce que l’idéologie officielle condamnait comme fascisme ;
  • l’existence d’une « xénophobie sans étrangers », par manque d’esprit d’ouverture à l’autre. Si ce phénomène ne se limite pas à l’Est, il y est depuis vingt-cinq ans ans beaucoup plus développé : actions contre des foyers de demandeurs d’asile sous forme d’incendies criminels et de manifestations haineuses de quelques populations locales.

La montée en puissance de l’AfD

Dans un Land comme le Mecklenbourg-Poméranie occidental, où le NPD avait obtenu 7,3 % des voix en 2006 et sept sièges au parlement de Schwerin, puis encore 6 % des voix (cinq sièges) en 2011, ce parti n’a obtenu, lors du scrutin du 4 septembre dernier, que 3,02 %. De ce fait, il n’est plus représenté au Parlement régional.

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