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16/06/2017

Au second tour les Français seront encore libres

Le premier tour des élections législatives, ce 11 juin a donné une avancée massive, en termes de sièges parlementaires prévisibles aux macroniens. Il n'a cependant guère convaincu, quant au nombre absolu des voix, en recul de plusieurs centaines de milliers par rapport au scrutin présidentiel, passant de 18 % à 16 % des électeurs inscrits. Ce pouvoir n'est pas fort de l'enthousiasme de ses partisans, mais du désarroi de ses adversaires.

Le second tour sera donc une épreuve de vérité pour les candidats officiels, alors même que les ministres Bayrou et Sarnez témoignent des premiers craquements au sein de l'incohérence gouvernementale.

On peut certes craindre que le rejet de la situation de parti unique ne soit pas encore mûr dans le pays. Attention en effet le 19 juin il sera trop tard si les projections diffusées depuis le premier tour sont confirmées le 18.

Macron lui-même le 28 février à Angers, déclarait pourtant : à propos d'une majorité présidentielle qui existerait "uniquement autour d'un parti" : "non seulement ça n'est pas possible, mais ça n'est pas souhaitable parce que ça serait un hold-up" ! (1)⇓

Sans aucune opposition à l'Assemblée, les affaires concernant les ministres d'Emmanuel Macron seront classées sans suite. Aucune enquête parlementaire ne pourra être menée.

Déjà, Emmanuel Macron a fait disparaître la loi de moralisation de la vie publique, dont il a tant parlé pour se faire élire, pour la remplacer par un projet de loi largement allégé rétablissant la confiance dans l'action publique.

Les emplois fictifs du Modem étaient au service de Bayrou et concernent 3 ministres de Macron

Deux ministres sont concernés par l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires du Modem : la ministre des Armées Sylvie Goulard et la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez. Quant au garde des Sceaux, ministre de la justice François Bayrou, président du Modem, difficile de croire qu'il pouvait pas ne pas savoir.

Sylvie Goulard semble bien avoir utilisé les services comme assistant parlementaire du responsable de la formation des élus au sein du Modem. Quant à Marielle de Sarnez, ses assistantes parlementaires étaient respectivement chef de cabinet de François Bayrou, sa secrétaire particulière et une attachée de presse.

Devant le silence impressionnant de l’exécutif, le député du Rhône Georges Fenech a interpellé le gouvernement suite à l’enquête préliminaire visant les emplois présumés fictifs des assistants parlementaires européens du parti Modem. Il considère que cette situation place le président du Modem, François Bayrou, dans une situation flagrante de conflit d’intérêt.

En effet, en sa qualité de garde des Sceaux, chef ultime du Procureur de Paris, François Bayrou se retrouve destinataire de tous les éléments synthétiques d’enquête qui le visent personnellement et peut, par voie de conséquence être en mesure d’allumer des contre-feux pour échapper à sa responsabilité personnelle et politique !

Une nouvelle loi de moralisation de la vie publique, vient d’être annoncée, à grand renfort de publicité, le député du Rhône demande dès lors solennellement au ministre de la Justice de prendre toutes les mesures pour se mettre en retrait de ses fonctions ministérielles, l'enquête visant le parti politique dont il fut le fondateur en 2007 et dont est toujours le Président.

Au second tour les Français seront encore libres, il serait donc souhaitable qu'un nombre significatif de citoyens choisissent de censurer la dangereuse pratique, que l'on croyait oubliée depuis le second empire, celle des candidats officiels.

JG Malliarakis

Apostilles

  1. Il disait alors vouloir bâtir une majorité de coalition

http://www.insolent.fr/2017/06/au-second-tour-les-francai...

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