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07/07/2018

Sondage : l’immigration fait-elle plonger Emmanuel Macron et Édouard Philippe ?

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Les sondages de popularité du couple exécutif se suivent et se ressemblent : Emmanuel Macron et Édouard Philippe sont à la baisse. Néanmoins, les titres accrocheurs de certains de nos confrères de la presse bien-pensante (« L’action de Macron plus désavouée que jamais en juillet, la popularité de Philippe plonge aussi » pour Le HuffPost) ne sont qu’accrocheurs et masquent certaines réalités.

En effet, autant avions-nous eu raison, dans ces colonnes, d’indiquer à de multiples reprises les crashes de popularité de François Hollande face au déni de la presse officielle – un François Hollande pour lequel tous les voyants indiquaient, trois ans avant, qu’il finirait à 8 % et ne pourrait se représenter, autant devons-nous aujourd’hui fortement relativiser la baisse actuelle du couple exécutif, en regardant tout aussi scrupuleusement les chiffres.

Et donc, selon le baromètre YouGov pour Le HuffPost et CNews, le président de la République perd… un point ! On a connu chute plus violente. Emmanuel Macron recueille toujours 32 % d’opinions favorables. Certes, le niveau des mécontents a atteint un record de 59 %. Mais il n’en reste pas moins que le Président dispose toujours d’un socle solide de plus de 30 %, bien supérieur à son score du premier tour de 2017 (24 %). Quant à Édouard Philippe, il perd lui aussi deux points, à 30 % également.

Les commentateurs expliquent ces tassements par les différents ratés de communication sur l’Aquarius, sur les pensions de réversion et les affaires de la piscine de Brégançon et de la fête de la Musique à l’Élysée ; par le passage aux 80 km/h pour le Premier ministre.

É ce stade, il y a agacement, mais pas impopularité, d’autant plus qu’aucune alternative n’émerge de l’opposition.

Si l’on regarde le détail de la popularité d’Emmanuel Macron, derrière le -1 % se cachent des mouvements plus vastes qui se neutralisent : il perd 15 points chez les sympathisants socialistes, qui le trouvent trop libéral en économie et trop ferme sur la question migratoire, et en gagne 10 chez les sympathisants LR pour les mêmes raisons. Il y a donc un phénomène de vases communicants : Emmanuel Macron se droitise et renouvelle son socle. Ce phénomène dextrogyre – pour reprendre la terminologie de Guillaume Bernard – sera passionnant à suivre. Mais, jusque-là, il est clair que ces mouvements sont parfaitement contrôlés par le locataire de l’Élysée, qui sait très bien où se situe le centre de gravité de l’opinion et qui cherche à occuper ce « centre ».

D’ailleurs, le même sondage indique que le premier sujet de préoccupation des Français est devenu, en juin, l’immigration, devant le chômage et la protection sociale. L’affaire de l’Aquarius, les changements politiques en Italie et en Europe, avec la contestation d’Angela Merkel par la CSU sur cette question, ont interpellé les Français.

Sur cette question, le Président Macron tente de faire tourner son « en même temps » à plein régime : il ne veut pas de l’Aquarius mais il crie haro sur l’Italie et, au final, accueille une bonne partie de ses migrants…

Au moment où une ligne de fermeté se dessine en Europe, l’entre-deux macronien sera difficilement tenable devant une opinion qui se radicalisera des deux côtés, entre une gauche à la Cédric Herrou et une droite qui sera bien obligée de s’aligner sur Orbán et Salvini si elle veut enfin répondre aux attentes de son électorat. D’ailleurs, l’évolution dite « populiste » de bien des pays européens lui ouvre enfin une perspective d’avenir et de crédibilité.

Pascal Célérier

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