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« Nous ne cherchons pas à façonner l’opinion » : la bonne blague de TF1

tour TF1
Frédéric BISSON, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
C’était une prise de parole qu’on n’attendait pas. Dimanche 18 janvier, Rodolphe Belmer, le discret PDG de TF1, a accordé une rare interview à Ouest-France. Il a répondu sans détours aux questions du quotidien, balayant les grands sujets d’actualité : le rachat de M6, la concurrence de Netflix, les programmes à venir et…. le phénomène CNews, bien sûr ! A croire que la critique de la première chaîne info du pays est devenue la figure imposée des gens du métier… Sans surprise, Rodolphe Belmer a tenu à prendre clairement ses distances avec l’antenne abhorrée. « Notre seule boussole est d’être au service de tous les Français », a-t-il prétendu. L’objectif de sa chaîne serait, dit-il, de « produire une information de qualité, responsable, non partisane, qui reflète leurs préoccupations ». Avant d'adresser une nouvelle pique déguisée à ses concurrents : « Nous ne sommes au service d'aucun homme, d'aucun parti, d'aucune idéologie et nous ne cherchons pas à façonner l'opinion ».

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Ce discours ressemble à s’y méprendre à celui tenu par l’audiovisuel public. Sur Franceinfo aussi, on joue la carte de la parfaite neutralité. « L'information n'est pas une opinion » est d’ailleurs le slogan choisi officiellement par le média public. En décembre dernier encore, Delphine Ernotte affirmait que son groupe ne faisait pas « le même métier » que CNews. « Nous ne cherchons pas à fabriquer de l’opinion, simplement à informer, c’est le devoir du service public », jurait-elle. Des propos qui font sourire tant le traitement de l’information sur les médias d’état apparaît bien souvent biaisé.

La neutralité très relative de TF1

Sur TF1, l’absence revendiquée d’idéologie prête également à sourire. Quelques éléments récents suggèrent au contraire une ligne éditoriale pour le moins militante. Il y a quelques jours à peine, l’émission Sept à huit consacrait un nouveau portrait plein de pathos à « Lilie », ce petit garçon « convaincu d’être une fille ». On y retrouvait aussi la mère, Christelle, qui avait déjà emmené son rejeton faire la tournée des médias cinq ans plus tôt… Est-ce le rôle de la première chaîne d’Europe d’exposer ainsi les troubles les plus intimes d’un si jeune enfant ? TF1 ignore-t-elle réellement qu’une telle mise en avant complaisante fait le jeu des lobbys qui demandent l’accès des mineurs aux transitions médicales ? On peut en douter.

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On se souvient aussi de cette propagande immigrationniste à laquelle la chaîne s’était livrée en fin d’année dernière. Le 30 novembre, l’émission Sept à huit - encore elle - avait consacré un reportage aux « travailleurs de l’ombre », ces clandestins qui seraient « l'ultime recours » dans certaines situations désespérées. « Peut-on se passer des sans-papiers ? », s’interrogeait alors Harry Roselmack. A l’issue du sujet – réalisé avec le concours de la très militante Cimade - une conclusion semblait s’imposer d’elle-même : non, nous ne pouvons pas décemment nous passer de ces courageux migrants qui « font tourner l'économie » et occupent les postes dont ces fainéants de Français ne veulent plus…

Dans le même registre de promotion diversitaire, TF1 avait diffusé durant l’été un clip d’auto-promo au message limpide : « Nos différences sont notre richesse ». L’idée était de « mettre en lumière les visages, les parcours, les accents, les cultures, les générations et les histoires qui composent la France d’aujourd’hui ».

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Une propagande résolument woke qui n’était pas passée inaperçue auprès de nombreux Français. « Propagande, Pas le rôle de TF1 », avait commenté un internaute agacé« La bonne propagande woke déversée jusqu'à l'écœurement », avait ajouté une autre Française, sur Facebook.

Le cas Quotidien

Et que dire, enfin, de la ligne éditoriale de l’émission phare du groupe, Quotidien ? Rodolphe Belmer avait osé déclarer, en juillet 2024, que ce programme « n’est pas une émission d’actualité politique », mais on peut se demander s’il y croit véritablement. Intervenant régulier, Jean-Michel Aphatie se déclare lui-même « 100% woke ». Quant au présentateur Yann Barthès, il assume de ne recevoir aucun représentant du RN sur son plateau. Il a également suggéré de procéder au boycott médiatique d’Eric Zemmour.

Interrogé en mars 2024 sur cette censure, le sieur Barthès a répondu que son show respectait scrupuleusement les règles relatives au pluralisme et que les personnalités de droite étaient présentes « dans toute l'émission, dans toutes les rubriques ». Et pour cause : ce sont ses têtes de Turc préférées ! Les séquences prétendument humoristiques de Quotidien sont bien connues pour être très douces envers les représentants de la gauche et très à charge contre ceux du camp opposé.

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En dépit des dénégations, TF1 façonne bel et bien l’opinion. Elle le fait à travers les sujets traités dans ses JT, les angles choisis, les valeurs mises en avant, les rires méprisants entendus dans les programmes dits de « divertissement »… Une question demeure : Rodolphe Belmer regarde-t-il vraiment les émissions diffusées sur ses propres antennes ?

Jean Kast

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