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Groenland : les menaces américaines relèvent aussi de la guerre économique

Les revendications de Trump envers le Groenland - territoire grand comme quatre fois celui de la France métropolitaine - ne se relâchent pas. Ils exigent toujours de recevoir cette île immense qui est un territoire danois autonome appartenant à l’OTAN situé entre l'Atlantique Nord et l'océan Arctique et dont les habitants sont des citoyens de l’UE. Trump menace la cohésion de l’UE et de l’OTAN et ses menaces relèvent de la guerre économique.

« Cette île, la plus grande au monde, qui fait partie du Royaume du Danemark, est dans la mire de Trump depuis 2019, lors de son premier mandat. À l’époque, il avait dit qu’il souhaitait acheter le territoire semi-autonome de 57.000 habitants, mais les gouvernements groenlandais et danois avaient refusé son offre, affirmant que l’île n’était pas à vendre. Six ans plus tard, après sa réélection pour un deuxième mandat en janvier 2025, il revient à la charge. Cette fois-ci, il n’exclut pas l’idée de recourir à la force militaire pour annexer le Groenland, invoquant des raisons de sécurité nationale et internationale », a rappelé MSN. 

Escalade des USA contre l’UE et un membre de l’OTAN. Au début de janvier 2026, Donald Trump a réaffirmé son souhait de voir le Groenland passer sous la coupe américaine, après son coup de force au Venezuela et l'enlèvement de Maduro par une force armée US, une intervention américaine au Venezuela qui marque un tournant. Une déclaration qui a secoué l’establishment UE après le coup de force spectaculaire à Caracas qui signale une volonté de toute-puissance des États-Unis et de nouvelles actions inédites.

En réaction, Observateur Continental a rapporté que le Royaume-Uni et l'Allemagne ont discuté de la présence des forces de l'OTAN au Groenland pour apaiser les menaces américaines. Observateur Continental annonçait le 15 janvier dernier : « Les premiers militaires des pays européens sont arrivés au Groenland ». Les dirigeants de l’UE et membres de l’OTAN se trouvent pris de manière violente entre la Russie, la Chine et maintenant contre leur plus important allié américain qui vient de leur planter un nouveau couteau dans le dos.

D'autant plus que Trump réitère les menaces signale Nick Schifrin, correspondant aux Affaires étrangères et à la Défense en publiant une lettre adressée au Premier ministre du Groenland, Jonas Gahr Støre : « Cher Jonas, considérant que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours primordiale, mais je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et juste pour les États-Unis d'Amérique. Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire de la Russie ou de la Chine, et pourquoi revendique-t-il un droit de propriété ? Il n'existe aucun document écrit ; il est seulement dit qu'un bateau y a accosté, il y a des siècles, mais nous avons également eu des escales à cet endroit. J'ai fait plus pour l'OTAN que quiconque depuis sa création, et maintenant, l'OTAN devrait agir pour les États-Unis. Le monde n'est pas en sécurité tant que nous n'aurons pas le contrôle total et absolu du Groenland".

Pour la France, les menaces américaines concernant le Groenland relèvent de la guerre économique. « On entre dans un domaine qui relève de la coercition, c'est-à-dire la volonté d’imposer une politique par de la rétorsion économique très violente », « c’est une forme de guerre économique », dénonce Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants. Elle évoque l’emploi d’un instrument de rétorsion contre les USA. Cependant, Euractiv rapporte que « confrontée à la perspective de nouvelles mesures protectionnistes américaines, couplées aux menaces de Washington vis-à-vis du Groenland, Bruxelles hésite ». La France et l’UE menacent, mais ils n’ont pas la capacité d’agir contre Trump.

Sur Truth Social, Trump a réagi le 17 janvier à l’envoi de soldats d’armée de pays de l’UE au Groenland : « Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland, pour des raisons inconnues. Cette situation est extrêmement dangereuse pour la sécurité et la survie de notre planète. Ces pays, qui se livrent à ce jeu périlleux, prennent des risques insoutenables et inacceptables. Il est donc impératif, afin de protéger la paix et la sécurité mondiales, de prendre des mesures fortes pour que cette situation potentiellement périlleuse prenne fin rapidement et définitivement. À compter du 1er février 2026, tous les pays susmentionnés (Allemagne, Danemark, Norvège, Suède, France, Royaume-Uni, Pays-Bas et Finlande) seront soumis à un droit de douane de 10% sur toutes les marchandises expédiées aux États-Unis. Le 1er juin 2026, ce droit de douane passera à 25%. Il restera applicable jusqu'à la conclusion d'un accord pour l'acquisition complète du Groenland ». Alice Rufo a qualifié de telles actions d’un peu absurdes, soulignant qu’en réalité les États-Unis « punissent des alliés ».

« Le président américain poursuit ce lundi son escalade belliqueuse avec l’UE, après avoir menacé samedi de taxes douanières les pays européens opposés au rachat du territoire autonome danois par les États-Unis », titre Libération qui annonce « un sommet extraordinaire des dirigeants européens prévu jeudi soir face aux menaces de Trump ».

Déjà aux annonces de Trump de déployer l’artillerie des taxes, l’Allemagne a retiré ses 15 soldats du Groenland dimanche et le quotidien français stipule que la Commission européenne prône le « dialogue » plutôt que « l'escalade », citant Olof Gill, porte-parole de l’exécutif européen. Pour le journaliste Jean Quatremer, qui se voile la face, « les Européens ont gagné la première manche, car de facto Trump est en train de renoncer à l’option militaire ». « L'Europe et l'Otan ne pourront pas empêcher les États-Unis d’annexer le Groenland », avertissait Observateur Continental qui titrait aussi : « The Beast » va écraser l'OTAN et ses partenaires européens. Du côté de la France et de l’UE, les responsables politiques bombent le torse mais se mettent vite à genoux devant Trump.

La Russie et la Chine observent l’effet de la gifle de Trump donnée à l’UE et à ses leaders politiques. Les citoyens européens insatisfaits de leurs élites politiques sont aussi aux premières loges pour assister à leur mise au pied du mur en espérant les voir disparaître de leurs postes. Les premiers responsables de ce chaos sont les élites de l’UE qui ont effectué les mauvais choix géopolitiques : soutien à la guerre de l'Ukraine contre la Russie, sanctions contre la Russie, se soumettre aux États-Unis militairement, économiquement et par les matières premières. L'explosion de l'OTAN et de l'UE sont en marche. Alice Rufo a raison d’affirmer qu’une force punit les alliés des USA.

Philippe Rosenthal

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