
La croix de Corilou, sur la commune de Robion dans le Vaucluse, fait l’objet d’une bataille juridique imposée par la Fédération de Vaucluse de la Libre Pensée, qui finalement n’a de libre que le nom, à moins qu’elle ne juge de la liberté que lorsqu’elle va dans son sens, comme très souvent dans ces cas-là. Mais attention, elle s’appuie sur la légalité de sa position, c’est donc juridiquement fondé. C’est là sa force… Non mais… Au départ cette croix s’appelait croix de Quillot, mais c’est là que le bât blesse pour la justice intransigeante. Ce nom n’apparaît nulle part dans les archives, sur les vielles cartes, il n’y a pas non plus à priori de photographies montrant cette ancienne croix. Seuls des témoignages de vieux Robionnais l’attestent, et pour la justice suprême de notre pays c’est insuffisant. Curieux tout de même.
Il nous semblait pourtant que dans un procès on se préoccupe justement des déclarations des témoins pour confirmer ou pas l’implication et la culpabilité d’un prévenu, Mais en droit administratif, surtout quand il s’agit de laïcité, non. Surtout quand laïcité rime plutôt avec déchristianisation. Il serait donc intéressant que chaque habitant de la commune recherche dans ses propres albums une trace de cette ancienne croix pour apporter la preuve qu’elle existait bel et bien avant, et que la nouvelle n’est effectivement qu’une remplaçante, une continuité, un peu comme quand on redresse le mur effondré d’un château. Le maire de la commune a d’ores et déjà fait appel de la décision de déplacer cette croix dans les deux mois, puisque érigée sur le domaine public, et que conformément à la loi de 1905, c’est interdit. Vous n’imaginez pas, un symbole religieux planté en pleine garrigue et menaçant de son point culminant tout l’édifice de notre république, c’est effectivement insupportable. On sentirait presque les grondements telluriques entrer en action et visant à déstabiliser tout ce qui fait la grandeur de nos institutions. Sur le domaine public c’est interdit dites-vous ? Mais un cimetière est bien une parcelle du domaine public, certes avec une spécificité qui est que les concessions sont privées, ce qui autorise la pose de symboles religieux, mais des croix dépassent les enceintes et sont visibles. Elles devraient donc être interdites au nom de cette fameuse laïcité non ?
Dans cette continuité on peut se demander si ces libres penseurs, dont la seule cible sont les chrétiens, ont eu semblable démarche face aux prières de rue des musulmans ? C’est peu probable car là, que déplacer ? Les contrevenants ? Certainement pas,cela créerait un trouble que la fameuse république laïque ne saurait envisager dès lors que l’on évoque une autre religion, qui plus est, si c’est de l’Islam dont on parle. Revenons à l’historique de la croix de Corilou. Elle aurait donc été érigée sur les fondations de l’ancienne croix de Quillot, par la famille de la victime de la petite Lou, c’était en 2017. Mais cela n’entre pas dans le débat pour les défenseurs acharnés d’une laïcité qui ne vise en réalité qu’à effacer de notre espace dit public, les symboles de nos racines chrétiennes. À force de déstructurer la société, les hommes, les croyances, les racines, on finit par obtenir un corps social sans repère, sans colonne vertébrale, une forme ectoplasmique d’un vivant qui ne vit plus mais tente de survivre de ses propres contradictions, dans un univers qui lui persiste à s’enraciner dans ce qu’il a de plus profond, ses croyances, ses origines. La laïcité est-elle menacée par cette croix ? Non, elle gêne simplement ceux qui refusent qu’un symbole chrétien soit visible et rappelle au monde entier que la Terre de France a été bercée par le christianisme pendant des siècles. Cette tendance doit cesser par idéologie. L’affaire mobilise l’ensemble du village et des alentours, une pétition a recueilli 16 000 signatures. On pourrait suggérer aux habitants de cette commune de faire comme en Corse, une croix enlevée, des centaines immédiatement replantée partout. On peut aussi conseiller au maire de déclasser la parcelle sur laquelle est plantée cette croix, de la faire passer de son domaine public à son domaine privé, et le débat devrait prendre fin. Et si cela n’est pas suffisant, de vendre ladite parcelle déclassée à un robionnais pour que ce dernier y replante la croix incriminée, et le tour serait joué. L’attaque est frontale, elle est claire et sans ambiguïté, la laïcité n’est qu’un prétexte, et la seule façon de protéger notre patrimoine est de légiférer dans ce sens, ou d’inscrire dans notre constitution que la laïcité n’est pas incompatible avec nos racines chrétiennes, qu’elle n’en est que l’émanation, mais certainement pas l’ennemi. Il serait tout aussi judicieux de faire en sorte que les libres penseurs de ce type d’association se contentent de penser, sans pouvoir ester en justice et en premier lieu leur supprimer les subventions d’État, ce qui est au programme du RPF. La laïcité a finalement bon dos, mais encore une fois, elle ne s’attaque qu’à une seule religion, est-ce un hasard ?