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  • “L’archéofuturisme V2.0″, un dernier plaisir avant 2013 !

    PARIS (NOVOpress) - Vous pensez que tout espoir est perdu pour l’homme blanc ? Vous avez tort. C’est ce que démontre Guillaume Faye, à travers la suite (constituée de plusieurs nouvelles) du célèbre ouvrage traduit en plusieurs langues « l’Archéofuturisme », suite éditée par la Diffusion du Lore. Véritable plaisir littéraire de cette fin d’année 2012, il redonnera du coeur à l’ouvrage à tous ceux qui luttent au quotidien, en faveur de la défense de l’enracinement charnel.

     

    À travers un ensemble de nouvelles qui nous mènent de la veille du conflit de 1914 à plusieurs milliers d’années après, le lecteur comprendra vite que l’avenir est avant tout un long passé, un renouvellement et une amélioration permanente de ce qui existe ou a déjà existé, ici ou ailleurs.

    À la veille de 1914, des jeunes Français riches et insouciants se retrouvent face à une voyante célèbre qui leur prédit un avenir sombre pour l’Europe, déchirée par les guerres fratricides, puis par la mondialisation et le progrès sans limite et enfin par une vague migratoire sans précédent, qui emportera tout sur son passage, provoquant des changements sans précédent et un chaos mondial.

    Malgré cela, la mémoire se transmet, mémoire matérielle, mais aussi instinctive et orale, et des foyers, d’Europe ou d’outre-Atlantique, renaissent, construisent, se développent de nouveau, différemment des civilisations qui les ont précédés, mais avec cette sensation pour le lecteur d’un éternel retour, qui lui permet clairement de s’identifier aussi bien aux tribus néomédiévales Voroi peuplant l’Oural au XXIIème siècle qu’aux civilisations technologiquement supérieures qui nous suivront, sur Terre, mais aussi sur Mars, dans les centaines de siècles à venir.

    Quel lien y a-t-il entre Jeanne, femme de France au sang noble, violée et assassinée en ce début de XXIème siècle par des hordes de « chance pour l’Europe » et Delphina Pythia, chanteuse pianiste célèbre vivant en 4086 ? Quelle est l’utilité d’enfermer pendant des siècles dans un coffre, un révolver datant de la guerre 14-18, des balles et du cuir sur lequel sont gravés plusieurs alphabets européens ?

    Que découvrira un marin-explorateur nommé Kristomb dans plusieurs siècles, après avoir traversé la mer avec ses caravelles du futur ?

    Pourquoi la technologie et la volonté de repousser toujours les limites connues conduiront systématiquement l’homme européen à grandir, puis à se rétracter, avant de renaître ?

    C’est à ces questions, et à de nombreuses autres, que répond cet opus de 205 pages, signé Guillaume Faye. « Il restait à peu près une trentaine de minutes avant l’arrivée des barbares. Elle pensa à se suicider en se jetant du haut des remparts dans la Manche. Mais ce n’était pas honorable de la part d’une descendante du marquis de Cinq-Fort mort au combat. Elle descendit lentement sur la jetée, marcha d’un pas déterminé vers le troupeau de crabes sombres. Elle leur barra la route du Mont St Michel, les mains sur les hanches, sachant qu’elle allait mourir, violée, dépecée. Et elle cria à la gueule des gueux qui s’avançait cette étrange formule, qu’elle avait entendu prononcer dans son enfant sans en comprendre le sens, mais qui soudain, intuitivement, lui semblait d’une évidence solaire : “Un jour, Apollon reviendra et ce sera pour toujours” ».

    http://fr.novopress.info

  • Comment la France abandonna Dupleix et les Indes

    Dupleix était né le 1er janvier 1697 à Landrecies où son père remplissait les fonctions de contrôleur des domaines. Sur son enfance et sur sa jeunesse, nous ne savons presque rien. À neuf ans, il est externe au collège des jésuites de Quimper, où il demeure jusqu'en 1713. Deux ans plus tard, il est enseigne à bord d'un vaisseau qui fait le commerce des Indes. On le retrouve à Nantes, à Saint-Malo, à Paris, sans que l'on puisse savoir ni la durée de ses séjours, ni de quoi il vit. Pendant ce temps son père est entré dans l'administration des tabacs, d'abord comme directeur d'une manufacture, puis comme fermier.
    La ferme des tabacs dépendait plus ou moins de la Compagnie des Indes. Fort de l'appui paternel, Dupleix se fait nommer à vingt-cinq ans conseiller et Commissaire général des troupes à Pondichéry. Mais, à nouveau, il faut avouer notre ignorance. Dupleix se tire sans doute avec honneur des missions subalternes qui lui sont confiées. Toutefois, différents incidents font croire qu'il manifeste dès ce moment un caractère hautain et dominateur qui indispose ses collègues et ses chefs. Il n'en est pas moins désigné en 1731 comme directeur à Chandernagor. La Compagnie encourageait ses employés à trafiquer pour leur compte. Dans son nouveau poste, il se montre administrateur habile et entreprenant. Il accroît le mouvement du port, fait bien les affaires des actionnaires et mieux encore les siennes. Enfin, il se marie avec une jeune veuve sans fortune et chargée d'enfants. Au départ de Dumas, en 1741, ses services l'imposent comme gouverneur et il vient résider à Pondichéry au début de 1742.
    Pour juger de son caractère, nous n'avons guère que ses lettres. Il s'y montre dès l'abord brutal et pesant. Il ne connaît pas l'art des nuances; sans être vulgaires ses plaisanteries manquent d'élégance et de légèreté; il n'a ni grâce ni souplesse.
    M. Alfred Martineau, professeur au Collège de France et ancien gouverneur des Établissements français de l'Inde, a consacré à Dupleix cinq volumes définitifs, au cours desquels il établit avec beaucoup de force que la politique d'intervention ne fut pas inspirée à Dupleix par des vues théoriques sur la colonisation. Elle se forma peu à peu au contact des faits et à la sollicitation des circonstances. Lorsque Dupleix se décida à en donner un grand exposé doctrinal, en 1753, son rappel était déjà décidé et son œuvre frappée à mort. En bref, ce sont les événements survenus autour de Pondichéry pendant la guerre de Succession qui lui révélèrent la prodigieuse faiblesse des souverains locaux. Il la pressentait déjà, mais il ne se rendait pas aussi exactement compte de la nullité de leurs troupes et de leurs gouvernements. Les victoires qu'il remporta avec une poignée d'hommes sur des armées cent fois plus considérables ouvrirent, à son imagination un champ illimité. D'autre part, le trésor de la Compagnie se trouvait à Paris et les comptoirs indiens ne pouvaient faire leurs achats qu'avec les fonds qui leur étaient envoyés de France. À plusieurs reprises, les bateaux avaient été arrêtés en route et les fonds avaient manqué. N'étant plus payés, employés et soldats avaient refusé le service. « Pas d'argent, pas de Suisses », disaient les principaux officiers. Pour empêcher les désertions, Dupleix avait dû engager sa fortune et son crédit. Deux ou trois fois, il avait été au bord de la ruine et la Compagnie avec lui. Le calcul et l'expérience lui prouvèrent aussi que le trafic des denrées tropicales était moins rémunérateur qu'on ne le pensait communément. La Compagnie supportait des frais généraux très lourds et la crainte d'avilir les prix entravait toujours le développement de ses importations. Dupleix en vint ainsi à la conviction qu'elle « ne pourrait se soutenir par le simple bénéfice de son commerce » et qu'il lui fallait aux Indes mêmes « un revenu fixe et assuré » : rentes foncières, impôts, monopoles, privilèges, tributs payés par les princes vaincus ou assistés. Jusqu'alors, on s'était contenté d'occuper quelques places dont l'entretien et la défense coûtaient d'autant plus cher qu'on n'y traitait point d'opérations commerciales sans acquitter les droits de douane et de péage prélevés par les dynastes locaux. La protection d'un domaine plus étendu ne serait ni plus difficile, ni plus dispendieuse. Quant aux frais de guerre, on les solderait au fur et à mesure avec les bénéfices de la conquête et le butin de la victoire. En fin de compte, la Compagnie régnerait sur un domaine dont l'acquisition ne lui aurait demandé qu'un peu d'audace et de persévérance.
    Deux États indigènes recouvraient à peu près la péninsule indienne au sud du Godavery : la soubabie du Deccan et la nababie du Carnatic; la première au nord, Ia seconde au sud-est, celle-là voisine de Bombay et des Marattes, celle-ci proche de Pondichéry et vassale de l'autre. Deccan et Carnatic était disputés par des princes rivaux, héritiers plus ou moins légitimes, prétendants plus ou moins fondés. Deux des concurrents demandèrent à Dupleix son alliance. Il mit à leur disposition des officiers et des troupes, vainquit leurs rivaux et, en échange des services rendus, leur imposa la reconnaissance de son protectorat. Mais Dupleix avait péché par excès d'optimisme. Ses moyens financiers furent toujours insuffisants. Inquiets pour leur commerce, les Anglais prirent à leur tour parti pour les princes que nous avions dépossédés. Il se fit ainsi entre les deux nations, sous le couvert de leurs clients respectifs, une guerre indirecte, mais cependant effective, durant laquelle les troupes européennes, servant comme auxiliaires, se combattirent l'une l'autre, tout en se prétendant en paix, Les opérations en devinrent plus onéreuses. Si dans le Deccan, où nous fûmes constamment victorieux, les recettes couvrirent bien les dépenses, dans le Carnatic, où la lutte s'éternisa, le déficit atteignit plusieurs millions de livres que Dupleix dut se procurer soit par des emprunts, soit en puisant dans ses fonds personnels. D'autre part, Dupleix escomptait un succès assez rapide pour que les Anglais n'eussent pas le temps d'intervenir à propos. Pour cela, il lui aurait fallu, dès le début, une force supérieure aux deux ou trois mille hommes dont il disposait.
    D'où il résulte en bonne logique qu'il ne pouvait réussir sans que sa politique fût, par avance, connue et appuyée par la Compagnie de France, dispensatrice des hommes et de l'argent. On retombe toujours au même point. Comment Dupleix eût-il trouvé à Paris un appui efficace quand l'opinion ne lui manifestait qu'indifférence ou hostilité et quand ses directeurs proclamaient eux-mêmes qu'ils réprouvaient toute intervention dans les affaires indigènes ?
    Avec un héroïsme qu'on ne saurait assez admirer, il se décida à passer outre et à se lancer dans l'aventure. Lorsque, par suite de complications inattendues, il se trouva entraîné dans une guerre véritable et de longue durée, il était trop tard pour en faire l'aveu à la Compagnie et pour lui demander son approbation. Les troupes marchaient, le temps aussi et il fallait plus d'un an pour obtenir une réponse de France. Amené par la suite à justifier cette prolongation des hostilités, il ne cessa de représenter les événements sous le jour le plus favorable, dissimulant les difficultés, atténuant les revers, annonçant une paix prochaine et avantageuse. Au reste, la Compagnie ne fut nullement conséquente en son opposition. Elle n'ordonna pas à Dupleix de rendre les territoires qu'il avait conquis. Tant qu'il fut victorieux, flattée du succès de ses armes, elle n'esquissa qu'une timide défense contre les faveurs de la Fortune. Pendant trois ans, elle ne sut à quoi se résoudre, partagée également entre la crainte de manquer sa chance et celle de s'engager trop. Tout en recommandant à Dupleix de traiter au plus vite, elle lui envoya plus de renforts qu'elle ne lui en accordait autrefois, mais pas assez cependant pour lui assurer une supériorité décidée sur ses adversaires.
    Jusqu'à la fin, il suppléa à tout par son génie. Comprenant l'âme indigène, sachant à la fois éblouir et terroriser, fastueux comme un sultan des Mille et une Nuits, magnifiquement aidé par sa femme, il soutint la lutte « avec une inlassable confiance, une ténacité merveilleuse et une admirable diplomatie; il ne se découragea jamais, même dans les situations qui paraissaient les plus désespérées et, par certains côtés, il mérite d'être comparé à Napoléon dont il devança les conceptions gigantesques en s'attaquant au même ennemi, sur un autre terrain, aussi vaste que l'Europe elle-même ». Sans doute est-il hasardeux de refaire l'histoire, mais en la circonstance, il n'est point téméraire d'avancer que Dupleix aurait fini par triompher, s'il avait pu mettre à la tête de ses troupes deux capitaines dignes de ce nom. Or, il n'en avait qu'un, Bussy, qui commandait au Deccan. Les chefs dont il se servit dans le Carnatic manquaient d'intelligence, de coup d'œil et d'audace. Connaissant leurs défauts, il essayait d'y parer en les accablant d'instructions minutieuses, de lettres quotidiennes ou biquotidiennes qui achevaient de les dérouter. On lui reproche d'avoir été tatillon; s'il avait abandonné ses lieutenants à leurs propres lumières, on l'accuserait de négligence. Il jugeait les hommes à leur valeur. Quand il en rencontra un, il sut l'apprécier. Jamais il ne marchanda sa confiance à Bussy et, en dépit de son tempérament autoritaire, il lui laissa toute initiative pour mener à bien la tâche qu'il lui avait prescrite. Non seulement Bussy conquit le Deccan par surprise, mais encore il le garda pendant sept ans et s'y fit aimer. Pour asseoir sa domination sur plusieurs millions d'Indiens, il disposait en tout de neuf cents hommes; il maintint son autorité et son prestige par une politique attentive, clairvoyante, autoritaire et souple à la fois. Il prenait soin de ne pas fatiguer le soubab et ses ministres par des audiences répétées, mais, en toute affaire importante, il leur faisait sentir son pouvoir occulte. Il avait l'art de traiter avec les grands seigneurs indiens et, sans être leur dupe, il leur témoignait une déférence apparente qui les flattait. Il paraissait leur laisser l'initiative des actes qu'il inspirait et, en caressant leur amour-propre, il apaisait leur amertume. De goûts très simples. il n'hésitait point à s'entourer d'un cérémonial éblouissant dont il se moquait en cachette, mais qui en imposait à la foule. « Comptez sur moi, écrivait-il à Dupleix, comme sur une personne qui vous est tout à fait dévouée par reconnaissance et par inclination... Vos nobles sentiments ont fait éclore le germe d'honneur qui était en moi et ce principe seul me guide aujourd'hui. »
    Et Dupleix lui écrivait de son côté « Courage, mon cher Bussy, vous menez tout cela avec grandeur et décence. Cette entreprise ne pouvait tomber en de meilleures mains. Je vous en remercie de tout mon cœur et vous prie de continuer sur le même ton... Rien n'est plus glorieux pour le règne de notre monarque ... Tout ce que vous me marquez sur la gloire que le Roi et la nation acquerront est bien véritable et si on m'a obligation de l'idée, que ne vous doit-on pas pour l'exécution ! »
    Dans le Camatic, hélas, tandis que les Anglais disposaient de deux véritables hommes de guerre, Clive et Lawrence, Dupleix n'avait à leur opposer qu'un incapable, Law de Lauriston, toujours lent, toujours surpris, toujours malheureux. Law se laissait véritablement hypnotiser par l'ennemi. Comme il assiégeait Tritchinopoly, il se prêta docilement aux manœuvres qu'espérait de lui l'armée de secours, abandonna son camp et alla se réfugier dans l'île de Sriringam où Clive entreprit de le bloquer. Au lieu de battre précipitamment en retraite, Law offrit sa démission et attendit son successeur. En hâte, Dupleix lui dépêcha son beau-frère d'Auteuil, avec une petite troupe. Quand il arriva, Law avait capitulé avec armes et bagages, six cents Européens, de l'artillerie, des munitions, un abondant matériel (juin 1752). D'Auteuil perdu avec quelques dizaines d'hommes essaya en vain de s'échapper. Lorsqu'il apprit le désastre, Dupleix fut admirable de sang-froid et de résolution. Il sauva Pondichéry, entrava la marche des Anglais, brouilla leurs alliances avec les indigènes et, sans remporter de succès décisifs, il reprit presque partout l'offensive. Si la garnison de Tritchinopoly n'était point, comme il s'en vantait, menacée à bref délai de famine et si elle recevait tant bien que mal un convoi sur deux, Clive et Lawrence de leur côté avaient dû abandonner l'espoir de nous vaincre en rase campagne. Enfin, Dupleix avait trouvé un chef, Mainville, qui sans valoir Bussy était infiniment supérieur à Law et à ses autres prédécesseurs.
    Mais la nouvelle de Sriringam transmise de Londres à Paris avait créé une véritable panique parmi les directeurs et les syndics de la Compagnie. Lorsque, deux ou trois mois plus tard, parvint à son tour le rapport de Dupleix, on n'y ajouta pas foi. Déjà on accusait le gouverneur d'avoir, depuis des années, travesti sa situation réelle et accumulé les mensonges, afin d'engager la Compagnie dans une aventure contraire à ses intérêts, mais dont il retirait lui-même de scandaleux profits. Dupleix ne trouva qu'un défenseur, le prince de Conti, chef du cabinet secret de Louis XV. Conti reflétait sans doute les idées du maître. Mais le secrétaire d'État à la Marine et le contrôleur général étaient gagnés à celles de la Compagnie : « Du commerce, rien que du commerce; point de victoires, point de conquêtes, beaucoup de marchandises et quelques augmentations de dividendes ».
    En mars 1753, on commença à parler de renvoi aux Indes d'un commissaire-enquêteur; en août, on désigna pour cette mission un des directeurs, Godeheu, « négociant pacifique et sage », écrit Voltaire; en octobre, enfin, comme les navires qui avaient dû quitter l'Inde en février n'étaient pas encore arrivés, les ministres excédés se décidèrent à faire signer au Roi l'ordre de révocation. Dupleix pourtant n'était pas coupable du retard des vaisseaux. Il les avait expédiés à la date ordinaire, mais par un fatal concours de circonstances, ils avaient tous relâché à l'île de France pour y réparer des avaries. Godeheu s'embarqua le 31 décembre sur le Duc-de-Bourgogne. Cinq autres vaisseaux, portant seize cents soldats l'accompagnaient. Dupleix était révoqué au moment précis où on lui envoyait de quoi vaincre !
    À Pondichéry, Godeheu fit exactement ce qu'on attendait de lui. Il explora la caisse, vérifia la comptabilité, gratta les fonds de tiroir, accumula les paperasses et traita Dupleix comme un marchand de chandelles peut traiter un conquérant. Après quoi, il s'entendit avec les Anglais, c'est-à-dire qu'il accepta toutes leurs demandes. La Compagnie s'engagea à abandonner graduellement ses conquêtes et renonça pour l'avenir à toutes alliances et dignités indigènes (décembre 1754).
    Dupleix mourut dix ans plus tard, ruiné par des spéculations imprudentes sans avoir pu se faire rendre les sommes qu'il avait déboursées pour donner un empire à la France. Un an après encore, Godeheu publiait contre lui un mémoire outrageant. Malignité, imposture, fausseté, mauvaise foi, perfidie, enivrement des grandeurs asiatiques, ressentiment, inconséquence, absurdité, déclamation, méchanceté ridicule : voilà de quoi était fait le caractère de Dupleix. Et le marchand de chandelles ronronnait avec satisfaction : Moi, je n'ai pas « porté mes vues à la sublimité où s'élevaient les siennes; je n'ai pas imaginé le plan... inouï de changer l'institution d'une compagnie commerçante, de ne l'occuper qu'à faire des conquêtes, de la rendre l'arbitre d'une partie du monde, de lui assujettir des souverains, de lui acquérir des royaumes... Je me suis soumis à des détails dont M. Dupleix avait dédaigné de s'occuper. Ma conduite a été approuvée par mes supérieurs.. Serait-elle moins digne du suffrage de mes concitoyens ? »
    Le nom de Godeheu est demeuré le symbole de la plus épaisse sottise, celle qui se fait passer pour de la prudence et du bon sens. Au moins, le Roi finit-il par prendre à sa charge les dettes de Dupleix afin, disait le procureur général, « de conserver à sa mémoire l'honneur que l'éclat de ses actions a répandu sur sa vie ».
    Pierre GAXOTTE. de l'Académie Française Historama septembre 1971

  • Comment l'UE subventionne des organisations racistes noires sud-africaines

    Le 12 juillet le médiateur sud-africain chargé de la Presse faisait savoir qu'un article écrit par un nommé Andile Mngxitama et publié le 11 avril 2010 dans le City Press, très diffusé parmi les Noirs, avait contrevenu au Code de Déontologie. Celui-ci accusait en effet Terre'Blanche, l'AWB et les « racistes Blancs » de Ventersdorp d'avoir assassiné dix ans plus tôt le maire noir de la ville. Sauf que l'auteur du crime, Johannes Monatle, est en attente d'être jugé. Ce faisant, Mngxitama diffusait une propagande erronée incitant à la haine raciale contre les Afrikaners. Rien de nouveau en cela. Le jeune homme est le fondateur d'un groupe raciste noir du nom de "Blackwash" (« Nous sommes un collectif de Noirs, par les Noirs et pour les Noirs exclusivement ») qui demande aux Africains de ne pas « se livrer à des violences xénophobes contre les frères noirs » mais de « décharger leur colère contre les "colons" (sic) ».

    Blackwash, qui s'oppose également à l'ANC, accusée de pactiser avec les Blancs, tient un discours clairement raciste : « Nous avons toutes les raisons d'être en guerre. L'ennemi c'est l'élite coloniale blanche qui continue à profiter du vol et du meurtre... ». on peut lire ailleurs : « Notre terre nous a été volée. Notre économie a été pillée. Avant l'invasion de notre continent par les Blancs nous formions un seul peuple. Nous ne connaissions pas la faim, nous étions une seule grande famille noire. L'Afrique n'avait pas de frontières ». Un tissu d'âneries sans rapport avec la vérité historique : les Blancs étaient présents avant les Noirs dans les trois quarts de ce qui est aujourd'hui l'Afrique du Sud. Du 24 au 26 septembre, Blackwash a organisé à Soweto une grande conférence anti-Blancs sous la présidence du professeur américain Lewis Gordon, philosophe du "suprémacisme" noir revendiqué, renommé pour ses théories qui placent ce racisme africain-américain au centre de toute sa cosmogonie.

    Or Andile Mngxitama se trouve être le conseiller politique d'un lobby intitulé Fondation pour les Droits de l'Homme (HRF) qui ne comprend aucun Blanc dans son bureau directeur mais dont les principaux responsables sont des personnalités de l'ANC.
    Cette organisation soutient des « groupements appartenant à la société civile et des institutions publiques qui facilitent une conscience accrue, le respect, la protection et la réalisation des droits contenus dans la Constitution ». En matière de pauvreté et d'inégalité, « elle privilégie une approche basée sur les droits. Ce qui signifie qu'elle fait en sorte que la priorité soit donnée aux groupes les plus vulnérables de la société, en particulier les pauvres, par la participation, la responsabilité, la non-discrimination et le respect des droits inscrits dans la Constitution ». Est-il besoin de dire que nulle part dans les archives de cette association pour les Droits de l'Homme n'apparaît le moindre intérêt envers les pauvres, les vulnérables et les exclus Afrikaners de la société "arc-en-ciel" ?

    La Fondation pour les Droits de l'Homme qui se présente comme « une des principales donatrices indigènes dans le secteur des Droits de l'Homme en Afrique du Sud », est financée principalement par l'Union Européenne selon un protocole signé directement entre celle-ci et l'ANC. L'UE verse ainsi annuellement 22 millions d'euros à l'Afrique du Sud pour ses programmes « d'intégration et de démocratie », c'est-à-dire qu'elle subventionne des associations dont l'essentiel de l'activité est le racisme noir, comme Blackwash ou la HRF. Celle-ci est également soutenue par Irish Aid - Programme d'aide du Gouvernement irlandais qui, en 2010 a distribué 671,4 millions d'€ d'assistance dans le monde. On rappellera que l'Irlande vit essentiellement des subventions européennes. Bien entendu la Fondation Ford participe. Ainsi que la Charles Stewart Mott Foundation. Laquelle, notamment « pour combattre la xénophobie en Afrique du Sud (sic) » a distribué entre 1996 et 2010 plus de 59 millions de US$ à la HRF. Care International (« Défendre la dignité. Combattre la pauvreté ») fait partie de la bande et redistribue l'argent de ses très généreux donateurs. La liste de ces derniers, des centaines de noms, depuis les Fondations MelIon, Annenberg, Hilton jusqu'à celle de Bilou Gates, de Coca-Cola à Starbucks, Pfizer ou Abbott, est un véritable catalogue de la puissance financière socialiste mondiale.
    J.R. Rivarol du 15 OCTOBRE 2010

  • Petit éloge du long terme par Jacques GEORGES

     

    À long terme, nous serons tous morts. Même les civilisations sont mortelles. Le Reich de mille ans a duré douze ans. Le long terme serait-il une illusion ? Non : le long terme, les longues perspectives, ces notions perdues de vue depuis longtemps en démocratie de marché, sont nécessaires aux sociétés comme aux individus pour être bien dans leur peau, voilà le propos de ce petit article sur un grand sujet.

     

    La Chine, le sens du temps long

     

    Prenons la Chine. Voilà un pays qui depuis trente ans n’arrête pas de commencer par le commencement : construire pierre à pierre les conditions du développement (maîtrise démographique, priorité aux infrastructures de base et à l’éducation scolaire, technique et civique des citoyens, conception et mise en place d’un système bancaire et financier tourné vers le soutien à la production et l’entreprise, protectionnisme intelligent, maîtrise des parités de change, ordre dans la rue et dans les têtes), pour produire modestement et à bas coûts des articles essentiellement exportés, puis monter progressivement en gamme et en technologie, pour se retrouver, un beau matin, premier producteur industriel et deuxième P.I.B. de la planète. Le tout en ne distribuant en bienfaits salariaux et sociaux, voire en investissements « de confort » de type logement, que ce qui est possible, voire seulement nécessaire. Avec toujours en ligne de mire l’épargne, la compétitivité, le long terme, la réserve sous le pied, et, plus que tout, la préservation de son identité, de sa force, de sa fierté nationale. Une vraie Prusse orientale. Pardon pour ce jeu de mots, qui d’ailleurs va très loin.

     

    L’Europe ? L’idiot du village global

     

    Prenons maintenant l’Occident en général, l’Europe en particulier. Un socialiste intelligent a dit qu’elle était l’idiot du village global, ce qui résume bien les choses. Son plus beau fleuron, la Grèce, ne fait que magnifier les exemples espagnol, portugais, italien, français, et, il faut bien le dire, en grande partie aussi bruxellois : optimisme marchand, mondialisation heureuse, ouverture à tout va, liberté de circulation des marchandises, des services et des hommes, substitution de population et libanisation joyeuses, rationalisation marchande extrême de la fonction agricole, abandon implicite de l’industrie au profit d’un tas appelé « services », joie du baccalauréat pour tous, protection du consommateur, développement de la publicité et du crédit à la consommation, distributions massives de pains et de jeux, relances keynésiennes perpétuelles, endettement privé et public poussé à l’absurde, promesses électorales qui n’engagent que ceux qui les prennent au sérieux, yeux perpétuellement rivés sur les sondages. Le résultat, totalement prévisible, est là, sous nos yeux. Au bout du compte, la chère France, pour prendre son glorieux exemple, en est, à fin octobre 2012, à se poser avec angoisse la question existentielle de savoir si le taux de croissance du P.I.B. en 2012 sera de 0,8 ou de 0,3, ce qui change tout.

     

    La misère intellectuelle et morale de l’Europe

     

    On nous dira : et l’Allemagne, la Finlande, l’Autriche, et quelques autres ? Certes, ils sont un peu chinois de comportement ! Leur comportement garde un zeste de sérieux, de sens du long terme et de séquence logique des priorités qui font chaud au cœur à quelques-uns, dont, on l’a deviné, le rédacteur de ce petit billet. Que dit Angela ? Que rien ne sert de consommer, il faut produire à point; que quelqu’un doit bien finir par payer les dettes; que la malfaisance du capitalisme, ou du marché, ou des banques, ou de tous les boucs émissaires du monde, n’explique pas tout; que le vernis sur les ongles vient après une bonne douche, et autres commandements dictatoriaux du même acabit. Intolérable, clament en chœur les cigales indignées : les Allemands doivent coopérer en lâchant les vannes, en consommant davantage, en faisant un minimum d’inflation, bref, en s’alignant enfin sur les cancres majoritaires ! À défaut, l’Allemagne paiera, ce qui n’est que justice ! Sur ce point, extrêmes droites européennes, qui depuis peu méritent effectivement ce nom, et extrêmes gauches, toujours égales à elles-mêmes, sont d’accord. La misère intellectuelle et morale de l’Europe, en ce début de siècle, est immense.

     

    Soyons un instant sérieux, car le sujet l’est extrêmement. Le sens du long terme a quelque chose à voir avec l’état, disons la santé, des peuples. C’est une affaire ancienne, délicate, complexe. Sparte contre Athènes, la Prusse contre l’Autriche, la cigale contre la fourmi, le modèle rhénan versus le modèle anglo-saxon, la primauté de l’économique sur le social, c’était déjà un peu ça. La gauche s’identifie assez naturellement avec ce qu’il y a de pire à cet égard, quoique avec des nuances, voire des exceptions (on cite à tort ou à raison Mendès-France, Delors ou Schröder comme contre-exemples). La droite, par nature portée aux horizons longs, mais ayant besoin d’être élue, et n’étant souvent pas de droite, a rivalisé souvent avec succès en démagogie avec les meilleurs démagogues de l’équipe adverse. Le ludion Sarkozy, sympathique et actif par ailleurs, comme son excellent et populaire prédécesseur, illustrent bien cette dérive. Sans parler des collègues grec ou italien.

     

    Pour une trithérapie des nations européennes

     

    Comment commencer à s’en sortir ? À notre avis, par une trithérapie mêlant :

     

    1 – acheminement ordonné vers un protectionnisme continental identitaire intelligent de type Paris – Berlin – Moscou – Vladivostok,

     

    2 – inversion vigoureuse mais juste et astucieuse des flux migratoires, et, last but not least,

     

    3 – réforme intellectuelle et morale : réhabilitation de l’identité des Européens, du sens collectif, du long terme et de l’effort, ré-examen profond et/ou remisage de l’idéologie des « droidloms » aux orties, réexamen honnête de l’histoire du XXe siècle défigurée dans les années 1960 sur les fondements datés de Nuremberg et Bandoeng. Joli programme ! Avec un peu de chance, en cent ou deux cents ans à peine, c’est plié !

     

    Jacques Georges http://www.europemaxima.com/

     

    • D’abord mis en ligne sur Polémia, le 13 novembre 2012.

  • Manifestation du 13 janvier : pourquoi Bruno Gollnisch y sera

    La loi prévue sur le mariage et l’adoption par les couples homosexuels vise à satisfaire les exigences d’une très petite minorité. Au-delà, elle est aussi motivée par de sombres impératifs idéologiques. Impératifs, démagogiques ceux-là, qui ont aussi présidé  au vote de  la taxation à 75 % des plus hauts revenus, un taux que l’on ne retrouve dans aucun pays de l’OCDE nous l’avions souligné, et qui vient d’être censuré par le Conseil constitutionnel. Ladite mesure ne concernait que 2000 foyers fiscaux et ses effets négatifs auraient été à l’évidence plus importants que ses côtés positifs. Pour le reste, ce sont les Français bien plus modestes qui continueront à payer la facture.

    Dans ce contexte peu réjouissant, il y a des sondages qui, même un peu anecdotiques, sont toujours amusants à lire. Ainsi celui publié mercredi dernier (une étude Harris Interactive), par le magazine VSD en cette période de fêtes sur « les personnalités qui agacent le plus les Français ».

    Bien sûr on peut toujours contester les choix (orientés) qui président à l’élaboration de la liste soumise aux sondés, comme celle présentée dans le tout dernier baromètre bi-annuel Ifop pour le Journal du Dimanche sur  «les  personnalités préférées des Français ». Nous y trouvons aussi beaucoup de mauvais tocards médiatiques interchangeables avec le sondage précédent.

    Mais avouons que si nous avions été interrogés, nous aurions nous aussi certainement placé en tête… les têtes de gondoles qui sont les plus citées ici : Jean-François Copé, Franck Ribéry, Diam’s, Bernard Henry-Lévy ou encore Audrey Pulvar…Si les réponses des Français font sauter le fameux clivage droite-gauche en mettant au rayon des « insupportables » aussi bien Mme Royal que Mme Morano, celui-ci garde apparemment tout son sens sur les questions dites « sociétales ». Le cas emblématique étant bien évidemment le projet de loi en faveur du « mariage pour tous. »

    Le Point s’en faisait l’écho le 19 décembre relayant une dépêche de l’AFP : « Si l’opposition à ce projet du gouvernement socialiste fait l’unanimité au sein du (FN, NDLR), la forme que doit prendre la mobilisation est plus discutée en interne ». « Entre des cadres qui penchent pour un soutien actif et d’autres beaucoup plus prudents, le Front National – et Marine Le Pen en tête – est partagé face à la prochaine manifestation d’ampleur contre le mariage homosexuel, le 13 janvier, alors que l’UMP promet d’être dans la rue ( …) »

    « La mobilisation du 13 janvier, baptisée La Manif’ pour tous, s’annonce encore plus forte et le président de l’UMP Jean-François Copé a d’ores et déjà demandé aux militants et sympathisants de son parti d’être des acteurs-clés pour son succès. Du coup, le FN est placé devant un dilemme. »

    Dilemme n’est peut être pas le mot exact puisque le FN sera bien présent à cette manifestation : Bruno Gollnisch, Jean-Marie Le Pen, Marie-Christine Arnautu, Louis Aliot sont favorables à une participation du FN à ce rassemblement et de très nombreux militants cadres, élus, membres du Bureau politique ont d’ores et déjà prévu de se rendre à cette manifestation.

    Bruno Gollnisch peut en témoigner, les frontistes lui ont posé de très nombreuses questions sur la nécessité de la présence du FN lors des manifestations passées et à venir contre le mariage homo, lors de ses récents déplacements dans les fédérations FN et encore dernièrement lors de son passage à  Versailles le 21 décembre. Ce sujet sera évoqué lors du prochain Bureau Politique du FN, le 7 janvier.

    Il est en effet totalement légitime pour les dirigeants du FN de réfléchir à l’attitude tactique, stratégique qui doit être celle de l’opposition nationale sur ce dossier. En l’espèce Le Point et l’AFP, citent Marine Le Pen qui explique qu’ « il est hors de question d’apparaître comme des supplétifs de M. Copé ». « Si (elle va manifester ), (ce qu’elle n’a) pas encore décidé), (elle le fera) pour dire attention, il y a d’autres sujets qui sont des sujets bien plus importants que cela »

    Pour Marine poursuit cet article, « ce débat de société renforce le clivage gauche-droite, qu’elle juge d’une part artificiel et qui lui laisse d’autre part moins d’espace politique. Difficile, en effet, de renvoyer UMP et PS dos-à-dos sur le mariage homosexuel. » Pourtant Le Point cite aussi à bon escient la présidente du FN qui souligne que l’UMP « cherche à se faire une virginité sur la défense de valeurs qu’ils ont totalement abandonnées depuis les 30 années où ils sont au pouvoir ».

    Florian Philippot, vice-président en charge de la stratégie et de la communication, est-il encore rapporté, « voit dans ce débat sur le mariage gay un sujet de diversion pour masquer les échecs sociaux de l’exécutif. » « Notre position est connue. Il n’y a pas un Français qui pense que Marine Le Pen est pour le mariage homo. Et les gens ne nous parlent pas de ça, parce que leur problème, c’est d’arriver à boucler leurs fins de mois ».

    C’est en effet une préoccupation première des Français qui hiérarchisent leurs inquiétudes, citent pareillement dans les enquêtes d’opinion depuis 20 ans les difficultés économiques et sociales en tête de leur souci, devant les causes et conséquences, directes ou indirectes de celles-ci : l’insécurité, l’immigration, le multiculturalisme, l’euro, nos abandons de souveraineté à l’Europe de Bruxelles…

    Les sondages semblent démontrer aussi une césure assez nette entre le peuple de droite et le peuple de gauche sur cette question, ce dernier étant assez, voire très largement favorable au mariage homo -mais beaucoup moins à l’adoption qui y est pourtant pleinement associée.

    Implicitement, le politologue proche de l’UMP (et adversaire résolu du FN) Dominique Reynié « conseille » au FN de faire profil bas sur cette question de la défense des valeurs. Dans Le Monde en date du 25 décembre, interrogé sur l’attitude qui devrait être celle de l’UMP pour contenir le FN, il note que s’il est « indéniable » que « la société française se droitise, » « il est (donc) inutile (pour l’UMP, NDLR) d’en rajouter », « surjouer la proximité avec le FN est donc une erreur. »

    Mais le FN juge-t-il encore « est un parti qui aspire toutes les protestations. Désormais, sa zone de croissance est dans l’électorat populaire déçu par le hollandisme. Les transferts dans l’électorat de droite ont déjà eu lieu entre 2007 et 2012. Il n’y a plus de flux massif à attendre de ce côté-là de l’échiquier politique. »

    De là à penser que le FN doit mettre l’éteignoir sur son programme de défense des valeurs de notre civilisation il y a tout de même un pas que Bruno Gollnisch se refuse de franchir ! L’électeur qui a voté hier Hollande, aujourd’hui malmené, maltraité par la politique mondialiste du PS et ses conséquences économique, sociale, identitaire sur son quotidien, et qui se décidera en 2014 à voter FN,  ne sera pas  arrêté dans son geste parce que l’opposition nationale a pris activement fait et cause pour la défense du mariage et de la famille…

    Jean de Rouen dans l’article qu’il a publié sur le site Nouvelles de France demande lui au FN de faire de la « la défense de la cellule familiale » toujours une de ses priorités et assure que les « questions sociétales » ne sont pas secondaires. « A moins de réduire l’homme à n’être qu’un producteur ou un consommateur, l’économie n’est pas première : elle doit rester subordonnée au politique. L’homme en effet ne vit pas que de pain. Quant à la question sociale, qui peut ignorer qu’elle est aussi relative à la politique familiale et aux problématiques de l’éducation et de la démographie ? »

    Dans son Message de Noël, Bruno Gollnisch a rappelé que cette question du mariage était tout sauf anecdotique et que ce n’est pas un hasard si les mêmes « forces obscures du mondialisme » étaient à la manœuvre pour détruire les nations et les familles, cellules de base de la société.

    Enfin Bruno rappelle solennellement, notamment à tous les férus de sondage, que la défense des valeurs traditionnelles est une des causes principales, structurante, du vote en faveur Front National comme l’on démontré des dizaines d’enquêtes d’opinion depuis son émergence électorale.

    Au nombre de celles-ci, l’enquête TNS Sofres de décembre 2006 indiquait que la « défense des valeurs traditionnelles » par le FN et Jean-Marie Le Pen était l’aspect thématique le plus approuvé par les Français, avec 39 % d’avis favorables (53 % d’avis contraires). Une enquête d’opinion publiée peu avant le premier tour de la présidentielle de 2002 dans Le Monde établissait le même constat.

    En février 2010, ce même institut de sondage publiait les résultats de son enquête dans le cadre du « grand débat sur l’identité nationale ». Il était relevé qu’au sein des 65% de Français qui considèrent que l’identité française a tendance à «s’affaiblir», les raisons principales dudit affaiblissement citées en premier étaient « la perte des valeurs » (29%), devant « l’immigration » (25%) et « la diversité culturelle et ethnique » (18%) ce qui certes revient peu ou prou au même.

    Enfin, un sondage opinion way paru en mars 2011 indiquait qu’en tête des appréciations élogieuses, 38% des personnes interrogées considéraient Marine Le Pen comme la candidate « d’une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles. »

    Valeurs traditionnelles vilipendées, brocardées, attaquées systématiquement par les faiseurs d’opinion, les publicitaires et autres acteurs de la société du spectacle et du divertissement,  chargés eux aussi d’occuper « le temps de cerveau disponible » de nos compatriotes, et de faire passer les « messages de tolérance. » Une guerre de sape psychologique qui ne touche pas que notre pays confronté à des attaques mûrement réfléchies et conçues de longue date -http://www.gollnisch.com/?s=solve+et+coagula.

    Comme le réaffirme Bruno Gollnisch, « aucune modernité n’est viable si elle ne s’enracine dans une tradition. La défense de la vie, la transmission de notre patrimoine culturel, la remise à l’honneur des valeurs traditionnelles et de droit naturel – ce n’est pas ringard, c’est moderne, de défendre les valeurs traditionnelles ! ». Il les défendra donc de nouveau le 13 janvier dans la rue.

    http://www.gollnisch.com

  • « Bas les masques - De la désinformation sur l'école » de Claude Meunier-Berthelot

    L’école va mal. Chacun en convient. Mais beaucoup pensent que les dirigeants politiques en sont conscients et qu’ils s’efforcent d’y porter remède. Il n’en est rien. L’ouvrage de Claude Meunier-Berthelot décrypte utilement cette désinformation sur l’école. Et démontre que depuis 2007 l’appauvrissement des contenus scolaires se poursuit, que la réforme du lycée reste inspirée par le pédago-ludisme et que la méthode globale d’apprentissage de la lecture a survécu la réforme Robien abolie en 2007. Non seulement la situation de l’éducation nationale est dégradée mais cette dégradation s’amplifie encore.

    Polémia publie ci-dessous la préface de l’ouvrage de Claude-Meunier Berthelot. Jean-Yves Le Gallou s’y interroge : comment se fait-il que des innovations dont on constate qu’elles sont désastreuses soient toujours mises en œuvre avec plus de vigueur ? La gauche servirait-elle inconsciemment les intérêts du capitalisme mondialisé qui cherche des masses décérébrées ? Et comment échapper à cela sinon en sortant du système par la dissidence ?
    Polémia

    Préface

    Une tradition, c’est une innovation qui a réussi et qui s’est imposée dans la durée. En leur temps, la philosophie grecque et la rhétorique romaine furent des innovations. Tout comme plus tard les méthodes d’enseignement des Jésuites et des Dominicains. Dans les années 1880, l’école républicaine fut aussi une innovation, élément essentiel d’un ascenseur social fondé sur le mérite.

    Soixante ans d’innovations désastreuses

    Dans l’immédiat après seconde guerre mondiale, ces innovations sélectionnées par leur réussite historique étaient devenues des traditions. Ces traditions respectées et l’enseignement des « humanités » dominaient alors le paysage de l’enseignement français.

    Une série d’innovations se sont alors succédé.

    - L’organisation du système scolaire a été changée : le plan, d’inspiration communiste, Langevin-Wallon, de 1947, a tracé les grandes lignes d’un nouveau projet ; un tronc commun mêlant tous les élèves et niant tout processus de sélection a été promu, le fameux collège unique ;
    - L’enseignement du français a été transformé : l’analyse grammaticale a été délaissée et la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture abandonnée au profit des méthodes globales ou semi-globales ;
    - Enfin la philosophie même des études a été bouleversée ; dans la foulée de mai 1968 - mouvement pour qui « tout enseignant est enseigné, tout enseigné est enseignant » - le rapport maître/élève a évolué : les « méthodes actives » ont progressivement remplacé l’enseignement des « disciplines » ; « disciplines » dont par ailleurs le contenu a été appauvri.

    Très rapidement, les effets désastreux de ces innovations sont apparus :

    - démotivation des élèves et des professeurs ;
    - baisse du niveau à la fin du cours préparatoire, du CM2 et au collège ;
    - montée de l’illettrisme ;
    - multiplication des enfants handicapés par la dyslexie : la méthode globale assurant la fortune des orthophonistes !

    Dès 1981, le Club de l’Horloge, sous la signature de Didier Maupas, dressait l’acte d’échec des pédagomanes dans « l’Ecole en accusation ». Bien d’autres livres reprirent son antienne allant jusqu’à qualifier l’école de « Fabrique du crétin ».

    Trente ans plus tard le mal a empiré. Non seulement les innovations néfastes ont été maintenues mais d’autres sont venues amplifier leurs effets. C’est l’un des mérites du livre de Claude Meunier-Berthelot que d’analyser l’évolution des quinze dernières années et de démasquer la désinformation sur l’école : de Chirac à Sarkozy, de Jospin à Fillon, d’Allègre à Chatel, c’est la même politique qui a été poursuivie, celle qui va toujours plus loin dans le sens des réformes désastreuses engagées de 1947 à 1968.

    Cinq exemples de l’imposture sarkozyste

    Au passage l’auteur démasque l’imposture du discours sarkozyste sur l’éducation nationale. Discours de « rupture » que les naïfs prennent pour une « rupture » avec les réformes néfastes alors que celles-ci sont, dans les faits, confortées et étendues.

    Et l’auteur de citer cinq exemples :

    - La carte scolaire n’est pas supprimée mais faussement assouplie ; pire : les critères officiels retenus pour examiner les demandes de dérogation ne prennent pas en compte l’intelligence et la capacité des élèves ; malheur à l’enfant à fort potentiel dont les parents ne sont pas des cas sociaux !
    - La réforme du lycée accentue l’évolution vers la « grande récré » avec des professeurs appelés de plus en plus à jouer les « animateurs » et des disciplines aux contenus encore allégés ;
    - La réforme des lycées vise aussi à pulvériser les filières d’excellences. A ce sujet, le propos tenu par Nicolas Sarkozy, le 13 octobre 2009, fait froid dans le dos : « Nous allons casser, mais casser (sic) une fois pour toute cette hiérarchie implicite des voies et des séries qui minent le lycée républicain (…) Orientation ne rimera plus avec sélection ». Des propos — parmi beaucoup d’autres cités par l’auteur — qui devraient déciller les yeux des Français sur les véritables objectifs du sarkozysme : supprimer ce qui reste d’excellence dans l’éducation nationale ;
    - Le retour à la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture, engagé par Gilles de Robien en 2004/2006, a été abandonné ; même si plus personne n’ose ouvertement défendre la méthode globale, l’apprentissage de la lecture continue de se faire à travers la méthode semi-globale ou des méthodes dites « visuelles, phonétiques ou par hypothèses » qui introduisent la confusion dans les jeunes esprits ;
    - La réforme du mode de recrutement des maîtres à travers le CAPES n’a qu’un but : diminuer l’importance accordée dans le concours à la maîtrise des savoirs fondamentaux (dont la part descendra à 40%) au profit des épreuves permettant de jauger le conformisme des postulants, (connaissances pédagogiques, entretien avec le jury).

    Décérébrer les masses pour mieux les asservir au capitalisme mondialisé

    L’auteur ne se contente pas de décrire le désastre éducatif et la désinformation qui vise à le faire accepter. Claude Meunier-Berthelot cherche à comprendre les causes de la persévérance dans l’erreur. Car la vraie question est bien là : pourquoi continue-t-on à imposer des réformes et des méthodes qui ont manifestement échoué ?

    L’auteur pointe classiquement les syndicats dominants de l’éducation nationale et les pédagomanes et dénonce « l’idéologie marxiste ». Le lecteur frémit devant ce qui apparaît en première lecture comme un archaïsme et a envie de dire à l’auteur « réveillez-vous, le monde a changé » !

    L’Union soviétique ne s’est-elle pas effondrée depuis 20 ans ? Le parti communiste n’est-il pas devenu moins que l’ombre de lui-même ? Les intellectuels marxistes n’ont-ils pas perdu de leur aura ? Raymond Aron n’est-il pas sorti vainqueur posthume de son combat avec Sartre ?

    Tout cela est exact, et pourtant c’est toujours la même logique — communiste du plan Langevin-Wallon, de 1947, trotskiste de l’après 1968 — qui s’applique aujourd’hui. Les rares ministres qui ont tenté de s’y opposer — Alice Saunier-Seïté à la fin des années 1970, Gilles de Robien au milieu des années 2000 — ont été broyés par la machine et lâchés par leurs propres amis politiques.

    Il y a dans cette situation la conséquence de ce que le Club de l’Horloge avait appelé un « Yalta culturel » : à la droite, l’économie, à la gauche, la culture et l’éducation.

    Le propos mérite toutefois d’être complété et actualisé. En réformant l’enseignement, les marxistes avaient pour objectif de « socialiser les masses ». Ils sont parvenus à les décérébrer ! Et c’est ainsi qu’en cassant le système éducatif comme institution délivrant des savoirs et structurant des intelligences, les réformateurs de l’école ont servi les intérêts du capitalisme mondialisé. Car le mondialisme marchand a besoin de consommateurs interchangeables et dénués d’esprit critique. Il a aussi besoin de main-d’œuvre délocalisable. Les réformes de l’école abaissant le niveau général, vidant de contenu les humanités et coupant les enfants de leurs racines civilisationnelles vont donc dans le sens des intérêts de la superclasse mondiale. Car l’appauvrissement et le nivellement des contenus sont les préalables à « la mondialisation des cerveaux ».

    Des préalables largement satisfaits ! Dans cette affaire les marxistes ont joué et continuent de jouer les idiots utiles du capitalisme. C’est aussi ce qui explique qu’aucun gouvernement — fut il réputé de « droite » - n’a cherché à tirer les conséquences de l’échec des innovations des soixante dernières années et encore moins à les rejeter, pour en revenir aux traditions. Un mot, il est vrai, mal vu par le politiquement correct !

    Alors quelles sont les solutions ? La dissidence !

    Les solutions ne sont guère électorales : certes le PS ou l’UMP ne tiennent pas exactement le même discours en période électorale mais leurs pratiques gouvernementales sont identiques. Les solutions sont donc à chercher dans la dissidence.

    Quand ils le peuvent, les parents doivent reprendre en main l’instruction de leurs enfants : en particulier dans les premières années d’apprentissage de la lecture. Car un enfant qui saura lire aimera lire et pourra ainsi s’approprier la culture de sa famille et de son peuple.

    Les parents doivent aussi choisir avec soin l’école de leurs enfants ; cela passe évidemment par :

    • - le choix de la localisation du logement ;
    • - l’appel au secteur privé lorsqu’il est performant ;
    • - les dérogations (voire la fraude !) à la carte scolaire lorsqu’elles sont nécessaires et possibles.

    Ceci étant, il n’est pas certain que ces méthodes suffisent : les écoles publiques sont peu différentes les unes des autres ; et les écoles privées sous contrat sont souvent passées dans le même moule que les écoles publiques.

    Il reste donc la solution du recours aux écoles indépendantes, les écoles privées hors contrat. Une voie d’avenir que cherche à développer avec succès la Fondation pour l’école. Une voie qui garantit la qualité des résultats : car les parents ne paieraient pas s’ils n’étaient pas satisfaits des résultats obtenus par leurs enfants.

    Cette voie est évidemment étroite dans la mesure où peu de familles — même en faisant des sacrifices financiers importants — sont en mesure de prendre en charge intégralement la scolarité de leurs enfants. D’où l’importance d’obtenir des déductions fiscales — impôts sur le revenu, taxe d’habitation — pour les versements effectués aux écoles. A terme, la seule solution satisfaisante reste le chèque éducation permettant aux pauvres comme aux riches de choisir l’école de leurs enfants.

    Dans le prolongement des travaux de la Fondation pour l’école, l’auteur explore ces voies dans sa conclusion. Une démarche utile et précieuse même si elle suppose de profonds bouleversements de la donne idéologique et politique.

    Jean-Yves Le Gallou
    0ctobre 2010

    Claude Meunier-Berthelot, Bas les masques - De la désinformation sur l’école, préface de Jean-Yves Le Gallou, éditions des Trianons, octobre 2010 p 232, 20€
    Chapitre.com

    Polémia 05/12/2010

  • Nouveau plan d’invasion de la Syrie

    La France, le Royaume-Uni, Israël et le Qatar ont préparé un énième plan d’intervention en Syrie. 6 000 nouveaux jihadistes, dont 4 000 en provenance du Liban, devraient attaquer incessamment le quartier résidentiel de Mazzeh, au sud de Damas, qui abrite de nombreuses ambassades et où résident plusieurs haut responsables civils et militaires. Un incident impliquant des armes chimiques à l’autre bout du pays devrait augmenter la tension. Un général félon devrait alors prétendre avoir pris le pouvoir et appeler les Occidentaux à l’aide, donnant ainsi un prétexte à une intervention militaire hors mandat de l’ONU.

    Plusieurs tentatives de coup d’État militaire ont été orchestrées par les Occidentaux au cours de cette année. Toutes ont échoué et rien ne permet de penser qu’il en serait autrement cette fois encore.

    Le temps presse pour les États opposés au plan de paix de Genève, conclu entre les USA et la Russie, car il devrait être présenté au Conseil de sécurité en février, c’est-à-dire juste après la confirmation par le Sénat US de la nouvelle administration Obama. Durant les deux prochains mois, tous les coups possibles seront tentés.

    On ignore quelles pourraient être les réactions de la Russie et de l’Iran à une telle opération. Vladimir Poutine a déclaré se tenir prêt à défendre la Syrie « jusque dans les rues de Moscou », c’est-à-dire être prêt à entrer en guerre. De son côté, l’Iran a toujours affirmé que la Syrie était sa ligne de défense et, par conséquent, qu’elle ne la laisserait pas tomber. Toutes ces déclarations ne sont peut être que du bluff, mais en déclenchant une intervention militaire, Paris, Londres, Tel-Aviv et Doha prendraient le risque de provoquer un embrasement général

    http://www.voltairenet.org

  • Les universités médiévales (XIIIe-XIVe)

    L’université est une invention européenne qui n’a aucun précédent historique ou équivalent dans une autre région du monde. Elle est la conséquence du développement urbain en Occident, et naît dans les premiers temps d’initiatives spontanées d’association de maîtres et d’élèves, à la fin du XIIe siècle. Ces groupements de maîtres et d’élèves font pression tant auprès des pouvoirs ecclésiastiques que des pouvoirs civils pour obtenir les privilèges propres à toute corporation.

    Vers le milieu du XIIIe siècle, l’Université parvient à s’affranchir des pouvoirs laïcs et épiscopaux pour ne dépendre que de la papauté. L’Université a alors le monopole de la collation des grades et cooptation, dispose de l’autonomie administrative (droit de faire prêter serment à ses membres et d’en exclure), de l’autonomie judiciaire et de l’autonomie financière.

    Les papes du XIIIe ont tout intérêt à accompagner et contrôler le développement des universités : elles fournissent les meilleurs cadres de l’Église, apporte aux prédicateurs une argumentation contre les hérésies, et permet de mieux définir l’orthodoxie par ses recherches théologiques (l’Université de Toulouse sera ainsi fondée en 1229 par la papauté pour contrer l’hérésie cathare, dès 1217 une bulle pontificale appelle maîtres et étudiants à venir étudier et enseigner dans le Midi). Les professeurs étaient quasiment tous des clercs. A noter que l’enseignement était alors (théoriquement) gratuit : en effet, le savoir étant perçu comme un don de Dieu, le vendre serait se rendre coupable de simonie (trafic et vente des biens et sacrements de l’Église). Les cours cesseront d’être gratuits lorsque les autorités civiles remettront les mains sur les universités à partir du XIVe siècle.

     

    On distingue quatre grandes facultés : la faculté des arts, la faculté de théologie, la faculté de droit (romain et canon) et la faculté de médecine. La faculté des arts est une faculté subalterne qui permet d’accéder à l’une des trois facultés supérieures.

    Note : Ici ne sera traité essentiellement que la faculté des arts (on pouvait d’ailleurs très bien arrêter ses études à sa sortie). Cet article ne se veut pas exhaustif, le sujet étant si vaste qu’il est impossible d’être complet. Je laisse par exemple volontairement à l’écart les querelles autour des Mendiants et autour d’Aristote…

    I. L’organisation de l’Université

    L’Université est une fédération de plusieurs écoles qui sont concurrentes puisque chaque maître dirige un établissement d’enseignement. La fréquentation de l’Université dépend en grande partie du prestige des professeurs, et de nombreux étudiants suivent tel ou tel maître à travers ses pérégrinations en Europe. Dans les universités de renom, les élèves ont des origines géographiques diverses : ils se regroupent au sein de la faculté dans les nations. Dès les années 1220 à Paris, il y a ainsi 4 nations : Français, Normands, Picards et Anglais. Les élèves originaires d’un même pays se groupent ensemble : ceux des pays latins rejoignent les Français, les Germaniques et les Slaves vont avec les Anglais, ceux de l’Ouest se placent avec les Normands tandis que les Flamands se regroupent avec les Picards.

    Chaque nation a son représentant, le procureur, qui participe avec les représentants des autres nations à l’élection du recteur de la faculté (qui est un maître es arts). Celui-ci a des pouvoirs étendus : il fait libérer les étudiants arrêtés par les agents du roi pour les faire juger au sein de l’Université, il fixe le loyer des logements et le prix de location des livres, dirige les finances, peut infliger des amendes et des arrêtés de suspension ou d’exclusion. Il est le représentant de l’Université à l’extérieur avec huit bedeaux (à Paris) : agents qui font exécuter les décisions. Son principal rôle est de protéger les privilèges de l’Université : exemption d’impôts, de toute forme de service militaire et surtout de toute juridiction laïque.

    Les problèmes de gestion sont simples puisque l’Université ne possède pas de bâtiments propres : le maître loue une salle à ses propres frais quand il ne fait pas cours à l’extérieur ou à son domicile. Les collèges (qui ne sont alors pas des établissements d’enseignement mais des résidences où les étudiants pauvres peuvent trouver gîte et couvert), fondés généralement par des mécènes, peuvent aussi accueillir des cours, comme le fameux collège de Robert de Sorbon (fondé en 1253) qui accueillera la faculté de théologie de Paris. Quant aux rentrées d’argent, elles viennent essentiellement des amendes et des contributions après examen.

    II. Cursus et programmes

    L’Université médiévale met fin à l’anarchie qui caractérise les écoles du haut Moyen Âge au niveau du cursus et du programme. En général, l’enseignement à la faculté des arts durait 6 ans, l’élève y entrant vers 14 ans et y sortant vers 20 ans ; il comprend deux examens, passés devant un jury de maîtres : le baccalauréat (attesté à Paris en 1231) au bout de deux ans (qui donne le droit de participer aux disputes) et la licence à la fin du cursus.

    Robert Grossetête
    Robert Grossetête (1175-1253),
    évêque de Lincoln, professeur
    à Oxford. Il est connu pour
    ses travaux sur la lumière.

    Les études « supérieures » sont souvent plus ardues et sont enseignées après 20 ans. Les études de théologie sont les plus difficiles, durant au minimum 8 ans (parfois jusqu’à 15 !) et requérant l’âge de 35 ans au moins pour l’obtention du doctorat.

    Les programmes d’études des facultés des arts sont basés sur ce que l’on appelle le trivium et le quadrivium, concepts hérités du philosophe romain Boèce. La grammaire (étude de la langue), la dialectique (art de raisonner) et la rhétorique (art de persuader) sont les trois disciplines du trivium ; la musique, l’arithmétique, la géométrie et l’astronomie forment le quadrivium. D’une manière générale, l’enseignement donne la belle place à la dialectique, devant le quadrivium et les autres disciplines du trivium. L’Angleterre en revanche met à l’honneur le quadrivium et la pensée scientifique dont les maîtres Robert Grossetête et Roger Bacon seront les plus illustres représentants.

    III. Les livres

    Les études universitaires supposent des livres, ce qui n’est pas sans poser des problèmes d’ordre pratique. Avec le développement de l’instruction, le livre doit cesser d’être un objet de luxe réservé aux élites. Les grandes villes universitaires (comme Paris ou Bologne) deviennent des grands centres de production de livres dont les ateliers surpassent les scriptoria ecclésiastiques.

    Le format même du livre change : les feuilles de parchemin deviennent moins épaisses, plus souples et moins jaunes ; le livre devient plus petit pour être transporté plus facilement ; la minuscule gothique, plus facile à dessiner, remplace la minuscule carolingienne ; la plume d’oie se substitue au roseau pour l’écriture ; les miniatures et enluminures se font beaucoup plus rares, le copistes laissant des espaces blancs pour que l’acheteur, s’il le souhaite, puisse faire peindre des ornementations.

    A la faculté des arts, les auteurs étudiés sont essentiellement, pour la grammaire, Sénèque, Lucain, Virgile, Horace, Ovide, Cicéron. En dialectique, la Logique de Boèce est étudiée jusqu’en 1255 au moins, puis l’Isagogue de Porphyre et l’Organon d’Aristote finissent par être pratiqués en entier. Pour le quadrivium, des traités scientifiques finissent par accompagner les vieux manuels : l’Heptateuque de Thierry de Chartres est ainsi souvent utilisé.
    En droit, ce sont le Décret de Gratien, le Code de Justinien, le Liber Feudorum (lois lombardes, pour Bologne) qui sont étudiés. La faculté de médecine s’appuie surtout sur l’Ars Medecinae, recueil de textes réunis au XIe comprenant des oeuvres d’Hippocrate et de Galien auxquels s’ajoutent plus tard des œuvres d’Avicenne, d’Averroès et de Rhazès. La faculté de théologie ajoute à la Bible le Livre des Sentences de Pierre Lombard et l’Historia Scholastica de Pierre la Mangeur.

    IV. La méthode scolastique

    Cours universitaire - Liber ethicorum
    Cours universitaire, Liber ethicorum (Henricus de Alemania, XIVe).

    L’enseignement médiéval repose pour une grand part sur l’oral et fait appel aux capacités de mémorisation. Les traités pédagogiques donnaient d’ailleurs des conseils pour entretenir sa mémoire et la développer.

    La scolastique (de schola : école), méthode d’enseignement médiévale, se divise en trois parties : lectio, disputatio, determinatio. La lectio (leçon) constitue le point de départ de l’enseignement et consiste en un commentaire du texte étudié (présentation de l’ouvrage étudié, de l’auteur, explication linéaire du texte).

    S’en suit la disputatio (dispute, débat), exercice séparé de la lectio qui consiste à discuter un point du texte. Une question peut être imaginée par le maître puis être débattue au cours d’une séance particulière (« Faut-il honorer ses parents ? Satan sera-t-il sauvé ? »). La dispute oppose les bacheliers en « répondants » (respondentes) et en « opposants » (opponentes). Le maître préside le débat, les étudiants débutants n’y participent pas mais y assistent pour s’y préparer. Cette étape est au cœur de la méthode scolastique, et très appréciée par les étudiants.

    Quand le débat est terminé, les questions et réponses fournissent une matière désordonnée à organiser pour former une doctrine. Cette doctrine est élaborée par le maître et exposée durant la determinatio (détermination), exposé doctrinal ayant lieu quelques jours après la dispute où le maître présente le résultat de sa pensée. La doctrine est mise à l’écrit par le maître ou un auditeur et publiée dans les Questions disputées.
    Plus tard se développe la dispute quodlibétique où le maître se propose de traiter un problème par n’importe qui sur n’importe quel sujet, exercice très difficile supposant une grande vivacité d’esprit car non préparé.

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    Bibliographie :
    LE GOFF, Jacques. Les intellectuels au Moyen Âge. Seuil, 1957.
    ROUCHE, Michel. Histoire de l’enseignement et de l’éducation. 1 – Ve av. J.-C. – XVe siècle. Nouvelle Librairie de France, 1981.
    VERGER, Jacques. Culture, enseignement et société en Occident aux XIIe et XIIIe siècles. PUR, 1999.