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  • Manif pour tous du 21 avril à Paris (en direct) #ParisLâcheRien

    Cette manif parisienne a lieu deux jours avant le vote solennel à l'assemblée nationale du projet de loi Taubira.

    BFM TV assure un direct télévisé avec l'entretien d'un grand nombre d'élus.

    Frigide Barjot sous les feux de la rampe.

    Jour

    Sur I-Tele, Frigide demande à Valls de mettre les "groupuscules" hors d'état de nuire

    Mise en place de forces de l'ordre. Manuel Valls est venu sur place pour encourager ses troupes.

    Fo

    Christine Boutin est présente ainsi que de nombreux élus.

    Boutin

    Elus

    Il fait beau à Paris

    Pou


    La manif pour tous ne battra pas son record de participation et laisse à François Hollande le plaisir d détenir le record du jour : le taux de satisfaction des Français à 25% est le plus bas de toute la Vème République.

    Tugdual Derville sont naturellement présents en tête du cortège qui commence à quitter la place. C'est parti !

    Mus

    Najib, 53 ans, venu de Rennes : "on est la pour défendre la France! Pas un vrai musulmans n est pour cette loi!"

      Mpt1

    (Boulevard Raspail)

    Denf
    (Avant la place Denfert, cette foule attend de pouvoir accéder au point de départ)

    "Hollande ta loi, on n'en veut pas!"

    Denfé

    Denfr

    La foule est nombreuse, inimaginable ! Les organisateurs parlent déjà de plus de 100 000 personnes (source BFMTV)

    Denfer

    Voilà ce qui porte atteinte au message de la manif pour tous et qui nuit à l'efficacité de tous : 

    "Un manifestant, porteur de six bombes lacrymogènes, a été interpellé aujourd'hui en tout début d'après-midi à Paris près du trajet de La Manif pour tous des opposants au mariage homosexuel, a annoncé un policier au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en présence de la presse".

     La webcam de larrivée de la manif : celle qui verra les dizaines de milliers de manifestants s'asseoir dans le calme et devenir Veilleurs ?

    La suite ici : http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • La femme au temps des cathédrales avec Regine Pernoud

    La femme a-t-elle toujours été cette perpétuelle mineure qu'elle fut, nous dit-on, à la fin du XIXe siècle ? En France, la Révolution française et le Code Napoléon ont bien marqué une régression juridique des femmes.

    Mais a-t-elle toujours été écartée de la vie politique comme elle le fut notamment dans la France de Louis XIV ? S'appuyant sur son expérience de médiéviste et d'archiviste, Régine Pernoud s'est attachée à l'étude de ces question. Dans La Femme au temps des cathédrales, le lecteur découvre que le plus ancien traité d'éducation a été rédigé en France par une femme, que, au XIIIe siècle, la médecine était couramment exercée par des femmes et qu'aux temps féodaux, les filles étaient majeures à douze ans, deux ans avant les garçons...

    L'historienne Régine Pernoud nous livre ici une étude systématique menée à travers une multitude d'exemples concrets, elle ne laisse échapper aucun aspect des activités féminines au cours de la période féodale et médiévale : administration des biens, métiers et commerce ; domaine de la pensée, de la littérature, de la politique même ; femmes écrivains, éducatrices, suzeraines, celles qui animèrent les cours d'amour et celles qui ont inspiré les romans de chevalerie.

    Il est davantage question dans La femme au temps des cathédrales, maître ouvrage de Régine de Pernoud, des femmes de la société de cour que de celles du peuple même si celles-ci ne sont pas passées sous silence, mais ce parti pris permet d'approcher un monde prisonnier des tapisseries et des enluminures. Belle occasion de couper court à l'image de la femme cloîtrée dans l'espace familial, dans l'ombre de son mari, et de voir au contraire une épouse, une fille, sinon affranchie, du moins évoluant à l'intérieur d'un espace public, influente, instruite et rêvant déjà d'une condition de vie plus libérée.
    Contemporaine de Charlemagne, Dhuoda écrivit, bien avant Rabelais et Montaigne, un manuel d'éducation, le premier du genre, et, au XIIe siècle, Héloïse, abbesse du Paraclet, enseignait à ses moniales le grec et l'hébreu. Si la politique est d'un accès quasi insurmontable (quoique...), la femme au Moyen Âge ne manque pas de talent pour se faire entendre. Historienne de Jeanne d'Arc, Régine Pernoud rappelle ces deux vers de Christine de Pisan saluant l'exploit de la Pucelle à Orléans : « L'an mil quatre cent vingt et neuf / Reprit à luire le soleil. » Hommage d'une femme à une autre femme.

    Comme le faisait remarquer Robert Fossier, « En ces siècles romans où manger est l'essentiel où la maison est la cellule de la survie. Là où s'apaise la faim que tous redoutent, où l'argent perd l'essentiel de son pouvoir tentateur, comment celle qui tient les réserves et prépare la nourriture ne jouerait-elle pas le rôle essentiel ?

    Régine Pernoud commence habilement son développement en plantant devant nous, comme un symbole, la magnifique cuisine de Fontevrault, merveille de technique et centre nourricier d'une immense cité monastique.

    Vient ensuite le domaine de l'amour aux multiples chemins : l'attrait de la féminité tout d'abord, renforcé par les soins de beauté où l'on trouve tant d'étranges préparations. L'auteur s'attarde ensuite sur l'amour courtois et le culte de la dame

    À propos du mariage. R. Pernoud étudie l'histoire de la législation canonique en la matière et fait apparaître ainsi combien l'Église eut de peine à triompher du modèle de mariage qui régnait dans les couches supérieures de la société. Ce n'est qu'au XIIe siècle que s'impose vraiment la théorie consensuelle qui, en faisant de l'échange des libres consentements l'essence du mariage, assurait — au moins en théorie — la promotion de la femme. On s'en donc débarrassé de l'autorisation des parents, promu le consentement et insisté sur la sacralité de l'institution matrimoniale. C'est un énorme progrès pour Mme Pernoud.

    Dans le domaine économique, nous rencontrons les femmes en tant que productrices . Si le labeur et les semailles leur échappent (pour des raisons d'ordre symbolique et physique à la fois), toutes les autres formes d'activité, tant à la ville qu’à la campagne, leur sont accessibles, et c'est ici que la moisson de renseignements et très abondante parmi les textes et la documentation iconographique. Nous arrivons ainsi au sommet de l'échelle sociale, car c'est un fait connu — mais qu'on oublie volontiers — que du XIe au XIIIe de puissantes dames (comtesses, reines, impératrices) ont souvent exercé et parfois sans partage le pouvoir suprême ...

    Le long exposé de R. Pemoud, qui prend parfois l'allure d'une description de la vie quotidienne, est sous-tendu par une thèse : c'est du XIe au XIIIe que la condition de la femme a atteint son zénith ; c'est alors qu'elles ont pu à tous les niveaux imposer leur empreinte sur la société.

    Source H. Platelle
    Régine Pernoud dans une émission d'Apostrophes avec Bernard Pivot en 1980

  • CHARLES MAURRAS ET MAURICE PUJO Une longue amitié

    De tous les fondateurs de l'Action française, Maurice Pujo est celui qui aura été le plus proche de Charles Maurras, et le plus longtemps. Leur première rencontre est de fin janvier 1899 au café Lavenue, près de la gare Montparnasse. Seule la mort de Maurras, en novembre 1952, les séparera. Quand, durant la guerre 1914-18, ou bien après la libération de Maurice Pujo en octobre 1947, ils seront éloignés l'un de l'autre, ils s'écriront de nombreuses lettres en se consultant sur tous les problèmes, grands et petits, qui touchaient à la vie de l'Action française. Durant cinquante-trois ans, ils ont vécu ensemble la création de l'Action française, son essor, ses épreuves. Ils ne cessèrent pas d'être liés par une profonde amitié qui prenait ses racines dans l'adhésion à de hautes vérités, dans une estime réciproque, et dans une même conception de l'action politique. Maurras avait une confiance totale dans le jugement de Maurice Pujo et celui-ci manifestait une admiration et un dévouement sans borne pour Charles Maurras.
    Venus de bords opposés
    Pourtant, combien ces deux hommes étaient différents ! L'un, Maurras, bouillonnant, l'esprit toujours en mouvement, ferraillant avec sa plume comme il aurait combattu avec une épée (rappelons-nous son poème Destinée : « Jamais la gloire du vrai fer n'a brillé dans ta main débile »). L'autre, Pujo, toujours calme et résolu, analysant les événements et cherchant à en prévoir les conséquences, logicien implacable. Au fond, ils se complétaient et c'est pourquoi leur collaboration a duré si longtemps. Ils venaient l'un et l'autre de milieux intellectuels très différents, Charles Maurras, le Provençal, était un disciple de Mistral. Il avait, en 1892, lancé la déclaration des Félibres fédéralistes qui déjà posait la question politique de la décentralisation. Il avait collaboré à la Cocarde de Maurice Barrès et il suivait le courant nationaliste. En 1896 il avait été envoyé par la Gazette de France aux premiers Jeux olympiques reconstitués à Athènes par le baron de Coubertin et il en était revenu royaliste. En septembre 1898, il avait pris la défense de la mémoire du colonel Henry trouvé suicidé dans sa cellule du Mont-Valérien. Il avait intitulé sa série d'articles Le premier sang.
    Maurice Pujo, lui, fréquentait des rivages très différents. Il était imprégné de philosophie allemande et admirait Novalis, champion de l'idéalisme absolu. Il avait lancé à l'âge de vingt ans, en 1892, la Revue Jeune devenue ensuite L'Art et la Vie. En 1894, il avait publié Le Règne de la grâce, un essai qui lui avait valu un éditorial sympathique de Jean Jaurès dans son journal La Petite République, mais aussi une note de lecture aimable de... Charles Maurras, qui ne le connaissait pas encore. Maurice Pujo était grand amateur de musique et admirait Wagner. En 1896, lorsque Maurras séjournait sous le ciel de l'Attique, Maurice Pujo se rendait au Festival de Bayreuth, en Bavière. Peut-on imaginer deux engagements plus opposés ? Pourtant, ils vont se rencontrer et lier une amitié indéfectible. Le déclic sera donné par l'affaire Dreyfus. En avril 1898, Henri Vaugeois et Maurice Pujo quittent l'Union pour l'Action morale qui s'est rangée dans le camp des dreyfusards insulteurs de l'Armée et fondent un premier comité d'Action française. Le 19 décembre 1898, Maurice Pujo publie dans le quotidien L'Éclair un manifeste intitulé L'Action française au nom des intellectuels patriotes. En somme, lorsque Maurras et Pujo se rencontrent, ils ont l'un et l'autre publiquement choisi leur camp dans la grande dispute nationale suscitée par l'affaire Dreyfus.
    Maurice Pujo cependant demeure républicain. Il ne se ralliera à la monarchie qu'en mai 1903 en signant une adresse envoyée au duc d'Orléans. Mais dès 1899, il est séduit par la pensée maurrassienne qui, racontera- t-il plus tard, lui apporte alors une « illumination intérieure ». Maurras, en effet, lui fait découvrir le réel, lui qui était perdu dans les nuées de l'abstraction. Maurras lui révèle l'homme concret, celui qui est inséré dans des communautés naturelles et historiques et en fonction de qui il importe de traiter des choses politiques.
    L’éloignement de la guerre
    En janvier 1915, Maurice Pujo, qui est un réserviste âgé de quarante-trois ans, est mobilisé au 30e Territorial comme simple soldat. Il restera sous les drapeaux jusqu'à l'armistice de 1918. Commence alors une correspondance très suivie entre Charles Maurras et lui. Elle montre la place qu'occupait déjà Pujo dans la vie du journal et du mouvement. Les lettres courtes et précises de Maurras (un Maurras très lisible encore !) traitent de problèmes pratiques touchant l'A.F. Elles demandent l'avis de Maurice Pujo sur des décisions à prendre. Ainsi, que faire pour le Cortège de Jeanne d'Arc de mai 1915 ? Il est décidé de le supprimer en raison du nombre important de Camelots du Roi et des cadres de l'A.F. qui sont mobilisés. De simples dépôts de gerbe aux trois statues parisiennes seront opérés, mais on veillera à ce que les couronnes déposées par les républicains ne comportent aucune insulte ni pour la monarchie ni pour les prêtres, comme ç'avait été le cas les années précédentes. Dans la correspondance Maurras-Pujo il est aussi question des amis tombés au Champ d'Honneur.
    Quelque temps après la mobilisation de Maurice Pujo, Maurras lui écrit : « Ma mère se désole de votre départ. Elle trouve cet argument supplémentaire : "Oui, vous vous entendiez très bien tous deux..." Je vais la détromper de ce pas. Mille amitiés en toute hâte. Charles Maurras ». Une indication précieuse sur la communauté de pensée qui existe déjà entre les deux hommes et qui n'a pas échappé au regard perspicace de Mme Maurras.
    Après la guerre, Maurice Pujo devient rédacteur en chef de L'Action Française. Il est en même temps le délégué des Comités directeurs auprès des Étudiants d'A.F. et des Camelots du Roi. Sa collaboration avec Maurras va se resserrer. Ils partagent le même petit bureau au premier étage de l'imprimerie de la rue du Jour où Pujo relit les épreuves tandis que Maurras écrit sa Politique. Il arrive que Maurras s'attarde, compromettant la sortie du journal à l'heure requise pour l'expédition en province. Maurice Pujo a la tâche délicate de rappeler à Maurras les exigences de l'horaire.
    Maurice Pujo pouvait surmonter la surdité de Maurras en lui parlant au milieu du front, sans élever la voix. Néanmoins les deux hommes correspondront souvent, par commodité, sous forme de notes rapides, notamment sur les enveloppes du courrier adressé par les correspondants. Maurras communique à Pujo une lettre reçue en donnant brièvement son jugement (parfois à l'emporte-pièce) sur son auteur ou son contenu et le charge éventuellement d'y répondre. Une totale confiance réciproque règne entre eux.
    En été Charles Maurras prend des vacances en août car il est amateur de bains de mer dans le golfe de Fos, non loin de sa maison familiale de Martigues. Maurice Pujo, lui, part en septembre pour se livrer à sa passion favorite, la cueillette des champignons, soit en Aveyron, soit dans le Loiret. Maurras ou Pujo : l'un d'eux doit toujours demeurer à Paris.
    Sous l’Occupation
    La Seconde Guerre mondiale va rapprocher davantage Charles Maurras et Maurice Pujo. Ils prennent ensemble la route de l'exode en juin 1940, Maurice Pujo étant accompagné de sa famille. En juillet ils font ensemble reparaître L'Action Française à Limoges puis, à partir de novembre, à Lyon où Léon Daudet, demeuré dans le Gers durant l'été, les rejoint. Les angoisses de la guerre, les menaces résultant de l'occupation allemande, enfin la disparition du bâtonnier Marie de Roux (en 1941) et de Léon Daudet (le 1er juillet 1942), qui appartenaient à la première équipe de L'A.F. quotidienne, resserrent encore la solidarité entre les deux amis.
    Le 5 novembre 1943, Charles Maurras adresse à Maurice Pujo une longue lettre testamentaire sur les dispositions à prendre pour assurer la continuité de l'Action française au cas où il viendrait à disparaître. En effet, en avril précédent, il a eu une syncope lors du congrès des étudiants d'A.F. réuni à Montpellier et il considère qu'il doit tenir compte de cet avertissement de la nature. Charles Maurras désigne Maurice Pujo pour être le chef indiscuté de l'A.F. après lui. Il définit aussi l'organisation du mouvement pour plus tard. Il estime que l'Action française doit être organisée sur le modèle de la monarchie, son président étant entouré de conseils, mais demeurant le seul maître des décisions. L'.A.F. ne saurait devenir une démocratie... Maurras termine sa lettre en demandant à Maurice Pujo : « À quand le second livre des Camelots du Roi ? » Le premier en effet s'arrête à 1909, et les Camelots ont mené bien d'autres actions par la suite. Hélas, le second livre ne sera jamais écrit...
    À plusieurs reprises, durant l'Occupation Charles Maurras vient dîner chez nous. L'occasion en est fournie par l'arrivée d'un colis envoyé par des amis de l'Ouest contenant une dinde, une oie, un chapon. Lyon est l'une des villes les plus mal ravitaillées et ces volatiles permettent à ma mère d'organiser ce qui nous apparaît alors comme un véritable festin. Outre Maurras y sont conviés les collaborateurs et collaboratrices du journal repliés sur Lyon. Le maître de l'A.F. y apparaît détendu, s'intéressant, par exemple, aux études de ma sœur (sa filleule) et aux miennes (il m'appelle Pétros depuis que j'ai commencé l’étude du grec et m'a donné un exemplaire du gros dictionnaire Bailly). Un jour il s'amuse d’un poème composé par Maurice Pujo dont tous les vers riment en inde... et destiné à remercier une bienfaitrice qui a envoyé la dinde que nous dégustons.
    Michel Déon, alors jeune secrétaire de rédaction de L'Action Française, doit se souvenir de la soirée où je recherchais tous les textes de Évangiles que nous pouvions posséder afin de les comparer, car une controverse était née au cours du repas pour savoir si le vin que le Christ a promis à ses disciples de boire avec eux au Paradis serait le fruit de la vigne ou bien un nectar tout à fait différent...
    Le 22 juin 1944, Maurice Pujo et Georges Calzant, l'un des principaux collaborateurs de l'A.F., sont emprisonnés par la Gestapo au Fort Montluc. Maurras multiplie les démarches auprès du maréchal Pétain pour qu'il obtienne leur libération. Celle-ci survient le 10 juillet sans qu’ils aient été interrogés. Maurice Pujo revient auprès de sa famille installée dans le Loiret, en dépit de mille difficultés, car, depuis le débarquement allié les trains fonctionnent de plus en plus mal. Il retourne à Lyon fin juillet car il ne veut pas laisser Maurras seul face aux troubles auxquels la libération du territoire peut donner lieu.
    En septembre 1944 ils sont arrêtés ensemble et traduits devant la Cour de justice du Rhône. Après le procès qui se déroule du 24 au 27 janvier 1945, ils sont emprisonnés à la centrale de Riom où ils sont placés à l'infirmerie en raison de leur âge. À partir de mars 1947, ils sont conduits à la prison de Clairvaux. Ils y sont installés dans un bâtiment auquel on accède après avoir franchi trois enceintes. Y sont détenus déjà les amiraux Esteva et de Laborde.
    Communion de pensée
    Durant ces années de prison, Maurice Pujo ne sera jamais séparé de Charles Maurras. En raison de la surdité de celui-ci, il était l'interprète obligé avec l'administration pénitentiaire, car lui seul pouvait se faire entendre de Charles Maurras en lui parlant.
    Lorsque Maurice Pujo, bénéficiant d'une libération conditionnelle, quitte Clairvaux en octobre 1947, il est remplacé par Xavier Vallat, vieil ami de Maurras. Mais Vallat sera à son tour libéré en 1950. La santé de Maurras, demeuré seul, commence alors à se détériorer jusqu'à sa libération en mars 1952.
    De 1947 à 1952, Charles Maurras et Maurice Pujo entretiendront une correspondance suivie. Elle traite de la ligne politique de l'A.F., de la vie du journal, de ses rédacteurs, des améliorations à lui apporter. Elle révèle une entière communion de pensée. Elle est fort instructive. Maurras s'intéresse à tout. Il va même jusqu'à complimenter mon père pour un tract que j'ai rédigé et diffusé à l'Institut d'Études politiques où je suis alors étudiant... Charles Maurras et Maurice Pujo se reverront au printemps 1952 lorsque Maurras est placé en résidence surveillée dans une clinique de Saint-Symphorien-lès-Tours. Ils passeront toute une journée ensemble au mois d'août dans la propriété de Georges Calzant, directeur d'Aspects de la France, en compagnie de Mmes Maurice Pujo et Georges Calzant et d'un fidèle Camelot du Roi André Prudhomme. Ce sera la dernière sortie de Maurras qui décède le 16 novembre suivant.
    Lors de ses obsèques sous la neige le 19 novembre à Tours, Maurice Pujo déclare : « Toute sa vie, tout son labeur considérable ont été une longue œuvre de charité à l'égard des Français. » Il ajoutera : « Si Maurras est mort, sa pensée est toujours vivante ; elle l'est plus que jamais. Il faudra bien qu'un jour justice lui soit rendue parce qu'elle est la vérité. La vérité ne meurt pas. »
    L'hommage d'un compagnon, d'un ami, à celui dont durant plus de cinquante ans il avait partagé les luttes pour la France et le Roi.
    Pierre PUJO L’Action Française 2000 du 1er au 14 septembre 2005

  • Que notre démocratie fonctionne mal ! par Manuel Gomez

    Nous, les citoyens, nous élisons des parlementaires pour nous représenter à l’Assemblée Nationale. Nous parlons donc d’une démocratie représentative.
    Lorsqu’il s’agit de légiférer sur une loi sociétale qui concerne l’ensemble des Français ce sont nos décisions qui priment et nos représentants (députés et sénateurs) n’ont pas à exprimer ni leur propre sentiment ni les mots d’ordre de leur parti politique, mais uniquement notre volonté et en cas de forte contestation seul un référendum peut la leur faire connaître.¢
    Au sujet du « mariage pour tous » il est plus que probable que ni le président de la république ni la gauche en générale, n’imaginaient une telle opposition irréductible.
    Ils se sont embourbés et espèrent s’en tirer le plus vite possible mais cela laissera des traces indélébiles car les opposants ne s’effaceront pas dès la loi votée et le malaise ne fera que s’amplifier.
    Et pourtant il aurait suffi d’un simple référendum pour que le pouvoir sorte grandi de cette pénible aventure, qui n’avait pas sa place en ce moment dans le tourbillon économique qui nous attire vers des profondeurs que l’on n’imagine sans doute pas.
    Une majorité, même minime, aurait fait taire les partisans de l’une ou de l’autre proposition.
    Les gouvernements, les parlementaires, sont à notre service. Ils ne doivent jamais l’oublier car les citoyens, eux, n’oublient pas et cela ne finit pas toujours très bien. De nombreuses dates sont là pour le leur rappeler

  • Mariage pour tous : l’ordre a parlé - CRS et antifas pour tous

    J’ai longtemps été très dubitatif vis-à-vis de « La Manif pour tous ». La panoplie festiviste rose bonbon, la reprise – fût-elle détournée – des impostures sémantiques du gouvernement (le « mariage pour tous » n’est ni plus ni moins qu’une offre d’enfants à la demande), et la présence d’élus UMP dans ses rangs me rendaient plus que sceptique.

    À la lecture du reportage de Manuel Moreau, je me suis dit que notre ex-cégétiste charriait un peu en imaginant convertir à la charte d’Amiens les foules sentimentales droitières. Mais l’agacement progressiste du bourgeois parisien de la rive gauche me réjouissait et, hormis quelques boutefeux, ces jeunes empêcheurs de déconstruire le cadre anthropologique de la famille m’étaient spontanément sympathiques. Au fond, je leur reprochais surtout leur complaisance face au masque conservateur de la droite parlementaire, qui fait les yeux de Chimène au divin marché tout en s’offusquant de ses ravages sociétaux. Me revenait ainsi une sentence définitive du grand Nicolas Berdiaev contre la posture libérale-conservatrice : « Il n’existe rien de plus lamentable que d’utiliser le christianisme pour la défense du monde bourgeois et capitaliste mourant ».

    Dans ma grande magnanimité, je me décidai toutefois à juger la manif sur pièces. Mercredi soir, aux abords des Invalides, le monde renversé se dressait devant nous. Un monde où l’ancien ministre des comptes publics fraude le fisc, où les « socialistes » au pouvoir individualisent contrats de travail et de mariage. Un monde où les rappels à l’ordre se parent des oripeaux de la liberté et où la « lutte contre l’homophobie » justifie toutes les répressions policières. [...]

    Daoud Boughezala - La suite sur Boulevard Voltaire

    http://www.actionfrancaise.net

  • Le Parti socialiste redécouvre à ses dépens que le peuple de France existe encore…

    PARIS (NOVOpress via Kiosque Courtois) – Samedi 13 avril avait lieu, à la cité des Sciences, le Conseil national du PS, réunissant la fine fleur de la Hollandie. Une cinquantaine de grévistes de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, menacée de fermeture, en a profité pour venir dire son fait aux petits marquis de la gauche : « Avec Cahuzac, vous avez eu le sentiment de vous faire trahir. À PSA, nous savons ce que c’est. Nous partageons ce sentiment de trahison, parce que le gouvernement n’est pas intervenu » a lancé sur scène le représentant CGT de l’usine, Jean-Pierre Mercier.

     

    Plusieurs ministres, dont celui de l’Economie, Pierre Moscovici, ont été contraints d’assister à ce discours. Une situation ubuesque qui a été applaudie par les tenants de l’aile gauche, lesquels ont salué, je cite : une « irruption du réel » et du « social ». « Nous ne devons jamais oublier d’où nous venons. Et quelle base sociale nous sommes censés (sic !) représenter », a expliqué benoîtement le dirigeant de Maintenant la gauche, Emmanuel Maurel.

    Faut-il rappeler à M. Maurel que la politique officielle du Parti socialiste a été fixée par le rapport de janvier 2012 de la Fondation Terra Nova, principal cercle de réflexion du PS ? Pour Terra Nova, davantage d’immigrés afro-maghrébins, c’est davantage de nouveaux électeurs de gauche. On comprend mieux dès lors pourquoi la gauche en général, et les socialistes en particulier, sont partisans de l’ouverture totale des frontières, en complet accord avec leurs compères libéraux, bien que pour d’autres raisons.

    Dans cette vision des choses, les ouvriers de PSA passent naturellement par profits et perte. Le Parti socialiste se veut désormais, non le représentant des classes populaires traditionnelles, ouvriers, employés, petits fonctionnaires ou cadres moyens, désormais pour une large part acquises au Front national, mais celui des immigrés afro-maghrébins. « La France des quartiers populaires [comprendre des quartiers ethniques] est massivement à gauche, lit-on dans le rapport Terra Nova. C’est un fait politique important, la France de la diversité est aujourd’hui la composante la plus dynamique, tant électoralement que démographiquement, de la gauche en France. »

    C’est d’ailleurs le plus naturellement du monde que Manuel Valls a ouvert ce jeudi à Paris un séminaire immigrationniste…

    Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, ne s’occupe pas seulement de maintenir l’ordre en France face aux Français majoritaires qui manifestent. Il est aussi responsable de la politique d’immigration. C’est à ce titre qu’il a animé ce séminaire sur les dispositifs d’accueil des primo-arrivants mis en place au sein de l’Union européenne. Vous avez dit « double langage » ?

    Le système nous vend du multiculturalisme et de la richesse de la différence à tour de bras depuis de décennies. « La différence est une richesse, la cohabitation entre différentes cultures ne pose aucun problème, etc. » Ça, c’est le credo officiel de nos élites mondialisées et de leurs médias serviles. Mais cette propagande ne résiste pas à l’épreuve de la réalité. Ainsi, à l’occasion de la venue à Paris du président israélien, Shimon Peres, certains employés de la SNCF se sont vus écartés du dispositif d’accueil en gare du Nord. Les Noirs et les Arabes ont tout simplement été mis de côté, car supposés musulmans et donc antisionistes, voire antisémites… Vous avez dit « double langage » ?

    http://fr.novopress.info/

  • Dimanche 26 mai Grande manifestation nationale à Paris

    Dimanche 26 mai

    Grande manifestation nationale à Paris

    Organisez dès maintenant vos week-ends avec Week-end facile

    Pour venir le 26 mai, réservez vos billets ici.

    Et toujours des actions en région :

    09 - Ariège : Accueil de Jean-Marc Ayrault le 29 avril / Accueil de Pierre Bel et Aurélie Filippetti le 24 mai, au Mas d'Azil pour l'inauguration de la grotte

    35 - Ile-et-Vilaine : Manifestation à Rennes le 5 mai

    95 - Val d'Oise : délégation auprès du préfet à Cergy samedi 20 avril

    Pleins d'autres actions partout en France et à l'étranger.

    http://www.lamanifpourtous.fr

  • Qu’est-ce que le Chiisme ?

    Le chiisme (shi’a Ali – parti d’Ali – en français) est le résultat des événements liés à la mort et à la succession de Mahomet (632 ap. J.C ) qui ont, non seulement conditionné l’avenir politique du mouvement, mais aussi sa théologie et sa pratique, le séparant en deux branches principales, une majoritaire, le sunnisme, et une minoritaire, le chiisme, éclatée en plusieurs tendances, considéré par certaines écoles juridiques sunnites comme en dehors de l’islam ; pour certains auteurs sunnites, le chiisme serait la création d’un rabbin juif converti à l’islam, Abdullah Ibn Sab’a. Cette assertion s’est vue contestée par les auteurs chiites qui y voyaient un dénigrement de la part des sunnites1.

    « [..] comment Allah et son Envoyé auraient-ils pu laisser la cruciale question de la succession de ce dernier en suspens ? », se demande l’apologiste chiite Mohammad-Ali Amir-Moezzi2

    Avertissement

    L’histoire de l’islam racontée par les musulmans, communément appelée ‘sources et traditions islamiques’ – recueils de hadiths3 (« tradition » en français) constituant la Sunna et ayant valeur normative à l’égal du Coran plus l’historiographie – , est écrite au plus tôt cent cinquante ans après les faits (760-780 ap. J.C). Il n’existe aucun texte musulman contemporain des événements (610-632 ap. J.C ). Le premier Coran complet en notre possession date de deux cent ans après la mort de Mahomet.

     


    Ce serait le plus ancien feuillet coranique. On aperçoit bien la couche textuelle antérieure. La datation est discutée.

    A l’examen, on s’aperçoit que les divergences et contradictions entre les auteurs des ‘sources islamiques’ sont telles qu’il est très difficile de dégager le réel du probable, le faux du vrai, et les origines du mouvement. La confrontation avec les données non musulmanes, elles contemporaines (entre 610 et 750 ap. J.C) des événements, éclaire d’un jour tout différent l’émergence de ce qui ne sera appelé « islam » que beaucoup plus tard.

    Si bien que des auteurs occidentaux4 ont considéré qu’il fallait écarter la majeure partie des ‘sources islamiques’ qu’ils ont estimé être un dogme faisant partie de la religion elle-même, racontant la légende islamique (l’ange Gabriel, la Mecque, le voyage en jument ailée à Jérusalem, la « création du Coran » ou collecte, etc), i.e, ce qui doit être lu et cru par le musulman.

    C’est dans le cadre des ‘sources islamiques’ que l’histoire de la succession de Mahomet est connue.

    I. La succession de Mahomet

    ● Mahomet empoisonné

    Le fondateur, pour le chiisme et certains auteurs sunnites, serait mort empoisonné.
    Pour les sunnites56, ce sont les juifs qui seraient responsable de sa mort. Une esclave juive, voulant se venger de ce que le fondateur avait ordonné (le massacre et l’épuration ethnique des Juifs de Khaybar Yathrib/Médine) et ajoutent certains, pour tester le « prophète » es qualité : s’il est vraiment un prophète, il ne mourra pas de la viande de mouton empoisonnée qu’elle lui apporte régulièrement…

    D’autres font état de la même esclave juive apportant du mouton rôti empoisonné en cadeau à Mahomet qui a la « Révélation » après avoir avalé la première bouchée d’avoir été empoisonné ; « Révélation » qui lui ordonne d’arrêter de manger de cette viande empoisonnée, mais le mal est fait et il meurt quatre ans plus tard.

    Pour les chiites7, c’est Aïcha, sa propre femme qui l’empoisonne, à l’instigation de son père Abû Bakr et des clans mecquois convertis après leur défaite face à Mahomet. La raison de l’assassinat serait la vengeance et la prise de pouvoir des clans traditionnels mecquois sur le successeur désigné, le gendre de Mahomet, Ali, père des deux petit-fils du fondateur, Hasan et Hussein.

    ● Ali dans la tourmente

    Ali est le fils d’Abû Talib, cousin de Mahomet, qui l’a élevé. En 632 ap. J.C, il est âgé d’une trentaine d’année et d’après les auteurs chiites est le successeur désigné par le fondateur, désignation qui serait écrite dans le Coran.
    Cependant, Ali est écarté du pouvoir sans ménagement et échappe de peu à la mort.
    Si les auteurs chiites s’en donnent à cœur joie lors de cette période, les sunnites valident peu ou prou l’éviction d’Ali.

    ● Les quatre califes « bien guidés »

    Les deux derniers califes meurent assassinés accréditant les thèses chiites sur la vengeance divine. Ali accède au pouvoir en 656 ap. J.C mais les querelles intestines continues et les batailles qui s’ensuivent fragilisent son pouvoir.

    Lors de la bataille de Sifin (657 ap. J.C ), il doit affronter le gouverneur de Damas, Mu’awiya de la famille des Sûfyan, ceux-là mêmes qui, coalisés avec d’autres clans mecquois, l’avait empêché de succéder au fondateur. Alors qu’il avait l’avantage, il accepte l’idée d’un arbitrage, mais celui-ci tourne en sa défaveur. Ali conserve néanmoins un certain pouvoir et se replie dans la ville de Kûfa (Irak actuel) dont il avait fait sa capitale. Mu’awiya devient calife.

    ● L’assassinat d’Ali

    Ali est assassiné en janvier 661 ap. J.C par plus intransigeant que lui, un Kharidjite8, qui ne lui avait pas pardonné sa mollesse face à Mu’awiya, ce qu’il considérait être comme une trahison des idéaux de l’islam.

    II. La séparation théologique

    ● Le Coran ? Un livre « incompréhensible »

    « Après avoir trahi Muhammad et ses volontés quant à sa succession, il fallait falsifier son Livre surtout si celui-ci contenait les nom de ses vrais fidèles et de ses réels ennemis.9 »

    Pour les premiers commentateurs chiites du IXe siècle, si le Coran qu’ils ont entre les mains est ce qu’il est, c’est parce qu’il a été falsifié ; quid des « révélations » concernant les personnes et en particulier la plus proche du fondateur, Ali10 ? C’est sur cette question que va se bâtir le concept du Coran silencieux qui sera révélé par l’Imam et son interprétation ; seul ce dernier en connaîtra le sens authentique puisqu’il est falsifié et altéré.

    Dans un second temps, puisque le Coran chiite a disparu et que ces derniers n’ont en leur possession que le Coran « sunnite », il sera dit qu’en lui-même, le Coran est un texte a plusieurs niveaux qui nécessite une interprétation dont seul l’Imam sera capable, parce qu’initié par les lignées d’Imams précédents, de donner.

    Pour les chiites, il est impossible que le Coran ne reflète in fine, rien de ce que le hadith et la biographie de Mahomet, la Sira, racontent, par le menu, de la vie du fondateur et de ses proches.
    Pour les sunnites, le Coran actuel est Parole Incréée d’Allah, inaltérée et conforme à ce que Mahomet a reçu.

    Les accusations chiites valident certaines réflexions des auteurs occidentaux pour qui la distinction entre hadith et « coran » au début du mouvement semble peu claire ;  le cas du verset de la lapidation, absent du Coran mais présent dans le hadith, en est un bon exemple :

    « Après avoir évoqué le rôle joué par Ûmar [le second calife] dans la collecte du Coran, Ibn Ashta dit de façon laconique : ‘ Et Ûmar reçut le verset de le lapidation mais ne l’écrivit pas car il était tout seul à l’attester11.’ […]  Ûmar aurait rappelé la pratique de Muhammad sur cette question dans un discours […] : ‘L’envoyé de Dieu a lapidé, et nous avons lapidé après lui.’ Nous avons même deux libellés de ce qui aurait été un verset de la lapidation mais sur lesquels, apparemment, le consensus n’a pu s’établir pour qu’il figure dans le Coran. Ils font en tout cas partie du hadith .»12

    « Le débat qui eut lieu postérieurement à la mort de Muhammad sur le ‘verset de la lapidation’ est révélateur de l’activité scripturaire des clercs de l’islam durant le 1er siècle de l’hégire.Il y eut toute une période, dont il est difficile de déterminer la limite dans le temps, où la distinction entre hadith et Coran n’avait pas encore le caractère tranché et absolu qu’elle prit par la suite, à savoir que le Coran est Parole de Dieu, et le hadith est parole de Mûhammad. »13

    « […] Un dernier exemple de l’indécision initiale entre ‘coran’ et hadith nous est fourni par ce genre de hadith que, par la suite, l’on qualifiera de sacré ‘qudsi’. Le hadith ‘qudsi’ est un propos dont la transmission est attribuée à Muhammad comme venant de Dieu – « Dieu a dit » – sans que pour autant il ait trouvé place dans le Coran. C’est le cas du hadith suivant, lequel figure uniformément dans la plupart des grand corpus classiques de traditions islamiques :

    « … Abû Huraira a rapporté que l’envoyé de d’Allah a dit : ‘ Allah a dit : J’ai préparé pour mes saints serviteurs ce que l’œil n’a point vu, ce que l’oreille n’a point entendu, ce qui n’est pas survenu au cœur d’un homme.’ » Cette formule […] fait partie d’une longue filière antérieure, biblique, rabbinique, patristique, gnostique, manichéenne, avant de se retrouver en arabe comme hadith attribué à Dieu et transmis par Muhammad. Nous avons de nombreux exemples de ce type, dont les textes sont assez souvent tiré, comme pour le Coran, de la littérature religieuse environnante en territoire de conquête. De quelque manière que cela ce soit produit, il y a donc eu une sélection et une répartition des données provenant de sources diverses dans les deux grands groupements de textes que l’on désignera sous les noms distincts de Coran et de hadith. On conçoit aisément que ces choix ne soient pas effectués sans heurts ni contradictions. »14

    Tout ceci corrobore les soupçons des chiites dont certains ne se privent pas de citer les études occidentales comme autant d’arguments contre leurs coreligionnaires sunnites, tout en évitant de s’appesantir sur le fait que pour ces chercheurs occidentaux, c’est l’ensemble de l’élaboration du Coran selon l’histoire islamique qui pose problème.

    ● La figure de l’Imam

    Fondée sur le primat de l’Imam et de son interprétation, l’islam chiite « personnalise » fortement la religion au contraire du sunnisme ; cette personnalisation a eu pour effet la création d’un clergé dûment hiérarchisé, chaque grade correspondant à des compétences dans les « sciences » de l’islam.

    La personne d’Ali, sa quasi vénération15, ainsi que celle de ses deux fils assassinés, Hasan et Hussein, les pèlerinages sur son tombeau et sur ceux de ses descendants, des grands Imams considérés comme des saints, la croyance en sa « perfection », la lignée dynastique de ses descendants persécutés par les sunnites, « parfaits » eux aussi, auréolés de leur glorieux ancêtre légitime successeur de Mahomet et de la « science » qui leur est transmise par cet ancêtre, et qui leur permet d’être « infaillible » quant à l’interprétation du Coran et la création du clergé, éloigne les « partisans » d’Ali de la majorité des autres musulmans.

    ● L’Imam caché et son retour en tant que Mahdi

    Gardés à résidence ou persécutés, les descendants d’Ali feront la dynastie des Imams chiites jusqu’à l’avènement de Muhammad al Mahdi (869 ap. J.C) qui va « disparaître » à l’age de cinq ans et ne communiquer qu’avec quatre représentants appelés « bâb » (portes). En 939 ap. J.C, l’Imam annonce la mort du dernier représentant et ne communique plus, c’est la grande occultation ; Muhammad al Mahdi n’est pas mort, il est caché et « survit » toujours, disent les chiites duodécimains16 dans un « entre-monde » d’où il reviendra en tant que Mahdi (guidé par Allah).

    Ce Mahdi « parle » au travers de « représentants » qui sont des Imams « parlants » ayant autorité.

    III. Les chiismes au pouvoir

    Morcelé, l’empire arabo-musulman issu des conquêtes se désagrège avec le temps et des principautés émergent avec comme vecteur la foi et/ou l’appartenance ethnique.

    ● La dynastie Fatimide 909 – 1171 ap. J.C

    Abû `Abd Allâh ach-Chî’î est un missionnaire sunnite irakien converti au chiisme ismaélien17 qui s’installe en Kabylie (893 ap. J.C) et commence une activité de prédicateur. Il rallie plusieurs tribus berbères et finit par installer au pouvoir en 910 ap. J.C l’imam ismaélien `Ubayd Allâh al-Mahdî qui prend le titre de calife malgré l’existence du califat abbasside qui règne au Moyen-Orient.

    Le quatrième calife Fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah conquiert l’Egypte en 969 ap. J.C. Défenseur de la Palestine contre les Croisés et les Turcs Seldjoukides sunnites le califat n’y survit pas et est rendu au sunnisme par Saladin en 1171.

    Califat fatimide dans sa plus grande expansion.
    Califat fatimide dans sa plus grande expansion.

    ● Les Bûyides 932/945 – 1055 ap. J.C

    Dynastie chiite duodécimaine d’ethnie indo-européenne perse est fondée par trois frères, fils d’un certain Buyeh, soldats dans l’armée. En 932 ap. J.C, ils contrôlent la Perse, en 945 Bagdad, et en 1055, le dernier souverain buyide est déposé par les Turcs Seldjoukides sunnites.

    Moyen-Orient vers l'an 1000. Le territoire bûyide apparaît en vert pâle à l'est.
    Moyen-Orient vers l’an 1000. Le territoire bûyide apparaît en vert pâle à l’est.

    ● Les Safavides 1501-1736

    Première dynastie turcophone18 iranienne indépendante depuis la conquête islamique de 637 ap. J.C, issus du monde soufi, se convertissent au chiisme duodécimain et l’impose à la totalité de la Perse, pour contrer les Turcs ottomans sunnites à l’ouest.

    Empire Savafide
    Empire Savafide.

    ● La République Islamique d’Iran 1979

    Arrivée au pouvoir de l’Ayat Al Lhah (Signe d’Allah) Khomeini en 1979.

    Suppléments

    ● La conquête islamique de la Perse, l’adoption du chiisme et son iranisation

    Certains auteurs inclinent à penser que l’adoption du chiisme par les Perses est une sorte de « revanche » à l’encontre des sunnites19 qui les avaient conquis et n’hésitent pas à évoquer une iranisation du chiisme :

    « Comme la mystique, le chiisme offre aux Iraniens un moyen d’exprimer leur dépit et leur particularisme. Bien qu’il soit encore, et pour longtemps, minoritaire en Iran, il s’iranise en quelque sorte, mais il est malaisé de définir dans quelle mesure sa théologie, qui s’élabore et amène en islam tant de nouveautés, est tributaire de la pensée iranienne. Il est clair que la croyance au mariage du martyr de Kerbela, Husain, avec la fille du dernier roi sassanide, relève de l’Iran conservateur. Il est moins certain, quoique probable, qu’en relèvent aussi les idées qui se développent surtout après 874 et la disparition tout enfant du douzième guide la communauté (imam), quand les chiites refusent le fait accompli et élaborent la théorie de son occultation, quand ils proclament qu’il est toujours présent, qu’il demeure le directeur invisible de la communauté, qu’il est le dépositaire de la foi et de la tradition, le témoin et l’interprète de la révélation, impeccable et infaillible, et que sa mort, surtout quand elle est violente, a en quelque sorte une valeur rédemptrice. L’attente de son retour comme Sauveur – le sayoshant du zoroastrisme – s’inscrit au moins dans la perspective eschatologique du mazdéisme. 20 »

    ● Les vrais faux rejetons du chiisme : Nosaïris/Alawites de Syrie et les Druzes

    Muhammad Ibn Nusayr al-Namîri al-`Abdi est un disciple d’Hassan al-Askarî, onzième Imam chiite duodécimain ; à la mort de ce dernier, en 874 ap. J.C, Muhammad Ibn Nusayr prétend qu’Hassan lui confie une révélation nouvelle, noyau de la doctrine alawite, et crée une dissidence.

    La doctrine est un syncrétisme de différentes origines ; respect de certaines pratiques formelles de l’islam chiite (Ramadan, Achûra – martyr de Hussein – Aïd el-Fitr, culte des saints), ajout de la métempsycose (doctrine de la réincarnation) :

    «  Celui qui reconnaît le mâ’na est sauvé, libérée du cycle, son âme redevient étoile, et retourne à travers les sept cieux vers le ġâya, le « but ultime », c’est-à-dire la contemplation (mu’âyana) de la lumière divine. Mais la réincarnation peut être une punition. Car l’âme qui a transgressé les commandements de Ali doit être réincarnée jusqu’à sa purification chez un juif, un chrétien, ou encore pire, un animal.21

    La religion Druze est née de l’incitation du calife Fatimide (chiite ismaélien) Al-Hakim bi-Amr Allah (985-1021 ap. J.C.) à sa divinisation ; et à sa mort, il fit l’objet d’une adoration menée par son vizir Turc Muhammad al-Darazi qui le proclama « occulté » et rallia à lui des partisans. Les Druzes trouvèrent refuge dans le Djebel Libanais qui portent aujourd’hui leur nom.

    La doctrine druze est un syncrétisme de différentes pratiques et concepts empruntés à des religions très différentes ; des éléments issus de religions perses et indiennes (réincarnation), du néoplatonisme, du gnosticisme et du messianisme ; ils rejettent la charia islamique, n’ont ni lieu de culte ni liturgie et la doctrine est donnée au seuls initiés qui doivent en garder le secret22. A noter que les Druzes font partie de l’armée régulière d’Israël.

    Notes :

    1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdullah_ibn_Saba. A lire, ça vaut le détour. NDA.

    2. Mohammad-Ali Amir-Moezzi, Le Coran silencieux et le Coran parlant : Sources scripturaires de l’islam entre histoire et ferveur, p.19, CNRS, 2012

    3. Un hadith désigne une communication orale du fondateur et par extension un recueil qui comprend l’ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons, considérés comme des principes de gouvernance personnelle et collective pour les musulmans, que l’on désigne généralement sous le nom de « tradition du Prophète ». L’ensemble des recueils de hadith constitue la Sunna – qui a valeur normative comme le Coran – et une partie des ‘sources islamiques’ sous le nom de « traditions islamiques ou prophétiques ».

    4. John Wansbrough, Patricia Crone, Robert G. Hoyland, A.-L. de Prémare, Henri Lammens, E.-M. Gallez, etc.

    5. Sahih Bûkhari, recueil de hadith, vol III, livre 47, n°786, vol V, livre 59, n° 713.

    6. En anglais https://www.youtube.com/watch?v=ANrR8xfCcEI

    7. En anglais http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_HiMgW9yd7w

    8. http://fr.wikipedia.org/wiki/Kharidjisme

    9. Mohammad-Ali Amir-Moezzi, Le Coran silencieux …, p.101

    10. Sayyari, Kitab al Qiraat : « Si on avait laissé le Coran comme il fut révélé, nous y aurions trouvé nos noms comme y sont nommés ceux qui sont venus avant nous [les prophètes antérieurs] .» in Mohammad-Ali Amir-Moezzi, Le Coran silencieux… p.103

    11. Ûmar, le second calife, serait donc lui aussi un « prophète » NDA.

    12. A.-L. de Prémare, Les fondations de l’islam, entre écriture et histoire, le Seuil, 2002 p.317

    13. A.-L. de Prémare, Les fondations de l’islam… p.318

    14. A.-L. de Prémare, Les fondations de l’islam… p.320

    15. Les sunnites n’ont rien à envier aux chiites, Mahomet est vénéré de la même manière. NDA.

    16. 80% des chiites sont « duodécimains », qui se rapporte au douzième Imam, de Ali jusqu’à Muhammad al Mahdi qui doit revenir pour instaurer la justice et la paix sur Terre. Le « Mahdi » sunnite est interprété différemment.

    17. L’origine de l’ismaélisme remonte à la mort du sixième imam Ja`far as-Sâdiq en 765 ap. J.C et au conflit de succession qui s’ensuivit entre l’aîné Ismâ`il ben Ja`far et ses partisans, les futurs « ismaéliens » et la majorité qui a suivit son autre fils le cadet Mûsâ al-Kâzim, les duodécimains.

    18. « Bien que turcophones, les Safavides étaient très probablement d’origine kurde ; les informations fiables manquent dans ce domaine car, une fois leur pouvoir consolidé en Perse, les Safavides ont délibérément falsifié les témoignages ayant trait à leurs origines ». C. E. Bosworth, Les dynasties musulmanes, Paris : Actes Sud, 1996, p. 228.

    19. « Après une conquête éclair par les Arabes, l’adaptation de la Perse à l’islam se fit rapidement mais l’esprit national persan affirma son individualité en se ralliant à la doctrine dissidente des chiites,. » J.P. Roux http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/l_iran_sous_la_domination_arabe_637-874.asp

    20. Ibidem.

    21. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alaouites

    22. Comme pour l’Alawisme, nous sommes ici très loin de l’islam. NDA.

    http://histoire.fdesouche.com

  • Manif pour tous : le syndrome du tube de dentifrice

    Communiqué de Richard Roudier, du Réseau-Identités

     

    Depuis le 24 mars, le mouvement contre le mariage homo, stimulé par l’affaire Cahuzac, a amorcé un large virage pour déboucher progressivement sur une contestation globale du pouvoir et, peut-être même, du consensus mou qui régit notre pays depuis 40 ans.

     

    L’équipe de branquignoles  du gouvernement socialiste, avec leur morgue et leur suffisance n’avait pas imaginé le danger qu’il y avait à contraindre le peuple à descendre dans la rue. Voilà nos socialos aujourd’hui confrontés à la formule rigolote mais imparable : “Une fois que le dentifrice est sorti du tube, il est malaisé de l’y faire rentrer”, surtout quand les “ministres de la propagande, du foutage de gueule et de la bêtise illimitée” se payent notre tête en nous assénant, manif après manif, le chiffre dérisoire de 300.000 manifestants manipulés par un complot d’extrême droite.

     

    “Sire, ce n’est pas une révolution, mais c’est en tous cas un début de révolte.”

     

     
    Quelques jours avant la 1ère “manif pour tous” du 13 janvier, j’avais lancé un appel intitulé “La famille c’est notre identité”, le mariage étant défini par un ensemble de droits et de devoirs réciproques non seulement entre époux mais envers les enfants nés et à naître, rappelant que le mariage est une institution fondée sur la filiation et la parenté, même si les circonstances, parfois, ne permettent pas la venue naturelle d’enfants. L’enfant en cessant de perpétuer la chaine des générations deviendrait un simple produit et le ventre des femmes, un outil de travail à la grande satisfaction des tenants du grand mix mondial (cf. Pierre Bergé).

     

     

    Il serait naïf de croire que le gouvernement a voulu simplement créer avec le mariage homo un rideau de fumée visant uniquement à masquer l’échec abyssal de sa gestion en matière économique et financière... N’oublions pas que la théorie du genre a fait l’objet pendant des années d’un véritable tir préparatoire d’artillerie qui ne devait rien au hasard. Cette théorie, au-delà de sa traduction uni-sexe, symbolise « le nouvel idéal qui veut juxtaposer sans exclusive les communautés, dans une optique mondiale et non plus nationale ». 

     

     

    On nous rabâche que le sexe est une catégorie plus subjective qu’objective et qu’en définitive, les orientations sexuelles ne sont que le fruit d’un conditionnement culturel. Dans les faits, une fois le texte voté au parlement, il est prévu des modifications au Code Civil qui, n’en doutons pas, seront inspirées par la théorie du genre, avec le gommage de toutes les différences homme-femmes, qui iront à l’encontre des traditions indo-européennes remontant à près de 3000 ans. Parmi celles-ci, la tradition de “l’amour courtois” au Moyen-âge dans laquelle la femme doit posséder exactement la même valeur que l'homme et savoir garder les mêmes vertus.

     

     

    Dans un autre registre, la prestation pitoyable de la pauvre Frigide, en pleurs face aux vampiresses de  la chaîne de TV Direct 8, qui demandait la permission, « s’il vous plait, qu’on me laisse parler », son ouverture aux islamistes radicaux, son inclination à la repentance et sa demande d’enfermement des identitaires et nationaux  ne laisse pas de nous poser des questions sur la conduite du navire.

     

     

    Il est clair que le mouvement doit prendre de nouvelles formes, se radicaliser, interpeler les pourris du gouvernement et de la classe politique, dénoncer la connivence des médias, en particulier de l’audio-visuel, exiger un référendum sur cette question du mariage et la mise en place d’une véritable politique familiale, gage incontournable de survie pour notre Peuple. C’est pour porter cette stratégie que je serai présent à la “manif pour tous” de Denfert Rochereau le 21 avril.

     

     

    « Quand le gouvernement s’oppose à l’intérêt du pays, c’est la légitimité du peuple que de s’opposer au gouvernement! »¢

     

     

    Richard Roudier,  Porte-Parole du Réseau-Identités
  • Les révisionnistes du mariage sont des réactionnaires

    1 Michel Janva   http://www.lesalonbeige.blogs.com/