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élections - Page 579

  • La confession ratée de Nicolas Sarkozy

    Décryptée par Jean-Pierre Maugendre :

    Arton497-1ec31"Dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles du 6 août 2015 Nicolas Sarkozy est interrogé par les journalistes Y. de Kerdrel et G. Lejeune. On peut penser que chaque mot de cet entretien, publié sous le titre : La confession, a été soigneusement soupesé ce qui donne à ce texte une incontestable autorité pour comprendre la pensée et les projets de l’ancien président de la République. Une bonne confession, cela se prépare !

    L’aveu des péchés

    La première étape de la confession est l’aveu de ses péchés précédé d’un examen de conscience sérieux. Or Nicolas Sarkozy n’a pas conscience d’avoir commis de faute. En effet : « Je ne dirai jamais que tout a été réussi. Et il nous faudra tirer les leçons de ce qui n’a pas bien fonctionné. » Trois années après son échec l’ancien Président de la République n’a pas eu le temps de faire son examen de conscience !D’ailleurs aurait-il péché que le mari de Carla Bruni ajouterait que ce serait moins que F. Hollande : « J’aimerais qu’on compare avec le bilan de mon successeur, après trois années de mandat ». Résumons cette première étape de la « confession » sarkozyenne : « Mon père, je ne suis pas un saint mais je n’ai pas eu le temps, depuis trois ans, de prendre du recul afin de savoir si j’avais fait des bêtises. En tout cas si c’était le cas, ces bêtises seraient moins graves que celles accomplies par mon successeur. J’ai peut-être une paille dans l’œil mais lui il a certainement une poutre ! »


     

    Notons également qu’il est possible de pécher par omission. Trois mots sont « étrangement » absents de ce long entretien de six pages : Islam, France et Famille.

    Le ferme propos

    Sans reconnaissance de ses fautes le ferme propos de ne plus les renouveler devient, bien sûr, sans objet. Nous ignorerons donc si Nicolas Sarkozy renouvellerait le hold-up anti-démocratique qui consista à faire adopter par le Congrès en 2008 le traité sur la constitution européenne qui avait été refusé par référendum en 2005, s’il regrette d’avoir eu comme ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, figure emblématique de la gauche bobo, socialiste, homosexuel et pédophile revendiqué selon son autobiographie La mauvaise vie, s’il est toujours contre ce qu’il appelait la double peine c’est-à-dire le fait qu’un délinquant étranger soit immédiatement expulsé vers son pays d’origine, s’il estime encore judicieuse l’intervention militaire de la France en Libye, si la baisse continue des crédits de nos forces armées sous son quinquennat témoignait d’une bonne anticipation des conflits à venir, etc.

    Les résolutions

    Il ressort de cette « confession » que Nicolas Sarkozy croit sincèrement que la crise que nous vivons est d’abord économique et financière. Ce sont donc des mesures économiques qu’il préconise pour sortir de l’ornière : réforme du code du travail, simplifications normatives, etc. Enfin, bien sûr, notre pénitent impénitent ne peut s’empêcher de dire du mal de son voisin, en l’occurrence le Front national. Il rappelle sans donner aucune explication qu’il a interdit tout type d’accord avec ce parti, dénonçant, en fin d’entretien, le « programme économique de Marine Le Pen (…) le même que celui de Mélenchon ». Le débat est ouvert mais chacun peut lire dans le Programme politique du Front national au chapitre sur le Redressement économique et social § Retraites et dépendance : « L’âge légal (de départ à la retraite) sera progressivement ramené à 60 ans ». C’est un fait.

    La pénitence et l’absolution

    Il est à craindre, pour lui, que monsieur Sarkozy ne puisse bénéficier d’une absolution ni de son confesseur ni du peuple français. En effet son ferme propos de ne plus renouveler les erreurs passées semble bien incertain. Ainsi concernant l’Europe Nicolas Sarkozy déclare : « Le fonctionnement de la zone Euro comme celui de l’Europe doivent être intégralement repensés car il nous faut décider vite et réagir sans délai ». Le statut de province française de l’Union Européenne dont bénéficie encore notre pays qui n’est plus maître ni de sa monnaie, ni de sa justice, ni de l’élaboration de ses lois ni de ses engagements militaires convient tout à fait à l’ancien président de la République. Ce qu’il demande c’est uniquement que les gauleiters Juncker, Merkel et Schäuble décident plus vite.

    Le futur candidat de 2017 dénonce le « déni de réalité ». Il affirme doctement « Du parler vrai naîtra la confiance ». Il discerne même : « L’inquiétude profonde des Français sur nos valeurs et notre identité » sans jamais cependant définir ces valeurs ni exposer par quoi elles pourraient bien être menacées.

    Au final tout cela paraît bien nébuleux. Nicolas Sarkozy semble n’avoir qu’un objectif : conquérir le pouvoir. Pour le reste on verra après. Alors que nous sommes, même Manuel Valls s’en est aperçu, à l’heure d’une véritable « guerre de civilisation » cet entretien-confession apparaît d’une terrifiante inconsistance face aux enjeux contemporains. Nous vivons une crise majeure : intellectuelle, morale, spirituelle, démographique et civilisationnelle. Face à cela le camelot qui a déjà fait faillite une fois demande qu’on lui fasse de nouveau confiance sur un programme… qui reste à définir. [...]"

    Michel Janva

     

  • Immigration : Sarkozy doit clarifier sa position une fois pour toutes

    L’affaire est trop grave pour que les Français se laissent prendre une fois de plus au tour du « Kärcher ».

    La Hongrie prend des mesures radicales pour protéger sa population et Laurent Fabius crie au scandale. Tout homme normalement constitué, et avec un minimum d’instruction, pourrait à raison s’interroger sur la santé mentale du chef de la diplomatie française. Seulement voilà, Fabius n’est pas un dément, c’est juste un pur idéologue et même, avec ses amis Lévy et Cohn-Bendit, le fer de lance d’une idéologie fondée sur une haine viscérale de l’idée de nation et une volonté inébranlable de couper la France de ses racines chrétiennes et populaires. Or, comme tous les idéologues, lorsque les vents sont contraires, ils perdent pied avec la réalité et ne prennent même plus le temps de réfléchir aux conséquences électorales de leur politique. Fabius, Hollande et même Valls sont en train de tuer le Parti socialiste et peu leur chaut. Sous les ors de la République, il y a en cette fin de quinquennat quelque chose qui ressemble à un bunker et qui rappelle La Chute.

    Lire la fin

  • Marine Le Pen porte haut les ambitions du FN

     

    À Brachay (Haute-Marne) ce village qui lui a offert son plus haut score au premier tour de la présidentielle 2012 (72 %), Marine Le Pen est revenue samedi dernier sur des sujets d’actualité, l’immigration et le terrorisme.

    À quelques mois des régionales, la tête de liste FN dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie n’a pas caché ses ambitions.

    Dès décembre prochain, nous pouvons préparer l’avenir et montrer la voie, transformer les élections régionales en aurore du renouveau national. Après, il restera 16 mois avant la mère de toutes les élections pour que le peuple français redevienne maître chez lui, le seul et véritable acteur de son destin.

    a jugé Mme Le Pen. Concernant la « déferlante migratoire » qui s’abat sur l’Europe, « Tout a été fait sous Sarkozy et Hollande pour que cette vague grossisse » pour Marine Le Pen.

    Ils ne vous le disent pas et pourtant la situation de l’immigration est aujourd’hui en France totalement hors de contrôle. L’immigration était déjà gigantesque sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy (…), tout a été fait sous Nicolas Sarkozy et François Hollande pour que cette vague grossisse, prenne du corps et aujourd’hui déferle à pleine vitesse sur notre pays.

    À propos de la vague de terrorisme islamique qui frappe la France, elle

    demande que l’on mette l’islam radical à genoux, et je le ferai toujours. Expulsons les étrangers islamistes, fermons les mosquées radicales. Et nous expulserons les imams étrangers qui sont à leurs têtes.

    Elle n’a pas oublié de fustiger Hollande, « Président fainéant ». « La situation de la France sous la présidence Hollande ce n’est plus la simple dégradation : c’est la déchéance complète. Ce n’est plus la France des oubliés, la France elle-même est oubliée » a lancé la dirigeante du FN, qui s’est aussi attardée sur la crise agricole, avec les « agriculteurs asphyxiés, une concurrence étrangère féroce, des prix qui ne permettent plus de vivre, des travailleurs détachés venant de l’Est », mais aussi une critique contre la politique de sanctions envers la Russie.

    http://fr.novopress.info/

  • Le Front National est le réceptacle par défaut de la Manif pour tous

    C'est l'analyse du sondeur Jérôme Sainte-Marie (Louis hHrris, BVA, PollingVox) qui répond dans le Figaro à propos du vote FN chez le catholiques: 

    "En dépit de la prudence de la direction du Front national lors de la contestation de la loi Taubira, la Manif pour tous a construit un espace commun [entre FN et LR]. Toute une jeune génération de militants, et donc sans doute de futurs cadres politiques, s'est construite dans ce mouvement. Les Républicains n'en sont pas le réceptacle naturel, du fait de leurs ambiguïtés sur le dossier.

    C'est un peu par défaut que le Front national en est le bénéficiaire. Les scores élevés de ses listes aux européennes dans l'ouest francilien en furent le signe. C'est une sorte de revival des années 1980, lorsque le parti de Jean-Marie Le Pen prospérait parmi les milieux catholiques mobilisés contre la loi Savary sur l'enseignement. Certaines personnalités frontistes comme Marion Maréchal-Le Pen s'inscrivent dans cette logique. L'exaltation des identités particulières qui fleurit ces dernières années en France a réveillé celle du catholicisme politique, l'actualité internationale fait le reste. Il y a donc une cohérence à ce que le vote catholique ne soit plus un obstacle à la progression du Front national."

    Philippe Carhon

  • Les évêques et le Front National : le tournant

    La polémique orchestrée par les opposants à la venue de Marion Maréchal Le Pen à l'Université d'été de l'Observatoire socio-politique du diocèse de Fréjus-Toulon est intéressante à plus d'un titre. Elle signe la fin d'une omerta injuste à l'égard d'un parti qui n'est certainement pas pire que les autres, en regard des principes non négociables. 3 principes qui "apparaissent aujourd'hui de manière claire"selon Benoît XVI en 2006, à ne pas confondre avec un magma d'idées vraiment peu claires...

    Ce changement d'attitude, opéré grâce au courageux Mgr Dominique Rey, estsignificatif du changement de génération observé depuis quelques années et manifesté notamment lors des immenses manifestations du printemps des consciences à l'occasion du passage en force de la loi Taubira.

    Unknown-21Lors de la création du Salon Beige, il y a déjà plus de 10 ans, nous avions notamment (mais pas seulement) pour ambition de sortir des clivages divisant les catholiques, sans tomber pour autant dans un relativisme. Afin d'unir les catholiques dans le combat commun.

    Dans le domaine liturgique, le motu proprio de Benoît XVISummorum Pontificum a permis de reconnaître pleinement les catholiques attachés à la forme extraordinaire du rite romain, permettant ainsi l'unité des forces vives de l'Eglise. Cette unité n'est pas achevée mais un pas immense a été franchi.

    Sur le plan politique, La Manif Pour Tous a révélé le besoin de la jeunesse de France de sortir du politiquement correct, de l'embrigadement des médias et des partis, quels qu'ils soient, du désir de replacer le bien commun au-delà du militantisme politicien. Visiblement, certains, comme les derniers de Témoignage chrétien, n'ont pas encore compris que nous avions changé d'époque et de génération. Ils n'ont pas compris que nous ne sommes pas effrayé par leur diabolisation, leur omerta, leur cordon sanitaire et autre front républicain.

    Unknown-20Contrairement à ce qu'écrit Guillaume Goubert dans La Croix (ce même journal qui loue l'homosexualisme), "l'accueil de l'étranger" n'est pas une "conviction non négociable" et Marion Maréchal Le Pen l'a rappelé elle-même samedi en citant le message de Benoit XVI à l'occasion de la journée mondiale du migrant :

    "chaque État a le droit de réguler les flux migratoires et de mettre en œuvre des politiques dictées par les exigences générales du bien commun, mais toujours en garantissant le respect de la dignité de chaque personne humaine."

    Nous avons déjà montré que le concept de préférence nationale est compatible avec la doctrine sociale de l'Eglise. Concernant l'immigration et l'islam, car ces 2 sujets sont liés, un prêtre catholique irakien, le P. Douglas al-Bazi, a invité les catholiques italiens à se réveiller, lors du « Meeting pour l’amitié entre les peuples » organisé chaque année à Rimini par Communion et Libération (avec 800 000 participants) :

    « S’il vous plaît… S’il y a encore quelqu’un qui pense que l’Etat islamique ne représente pas l’islam, qu’il sache qu’il a tort. L’Etat islamique représente l’islam à 100%. »

    « Réveillez-vous ! Le cancer est à votre porte ! Ils vont vous détruire ! Nous, les chrétiens du Proche Orient, sommes le seul groupe qui a vu le mal en face : c’est l’islam. »

    Aujourd'hui, le bien commun nécessite de prendre en compte cette menace et non pas de sauter sur sa chaise en clamant l'accueil de l'étranger. Si nous ne nous privons pas de critiquer les positions contestables du FN, ce qui fait rager certains chiens de garde du FN qui voudraient transformer le SB en un blog partisan, il n'y a aucun doute sur le fait que les opinions politiques de Marion Maréchal Le Pen, qu'on les partage ou non, sont dans le champ du licite pour un catholique. Oh certes, elle reste prudente sur le champ de l'avortement, mais ce n'est visiblement pas ce qui lui est reproché par les bonnes consciences...

    Guillaume Tabard, qui signe une excellente tribune dans Le Figarovox, écrit :

    "[C]e sont ceux-là même qui prônent le plus le dialogue avec «l'autre», qui exaltent «le risque de la rencontre», qui voudraient ériger une barrière avec un «autre» qui ne leur plait pas. Ce sont ceux qui se revendiquent le plus fortement du pape François, le pape du «qui suis-je pour juger?», celui de l'envoi vers «toutes les périphéries» de l'Eglise, qui prétendent que Marion Le Pen serait au delà des périphéries acceptables."

    Et nous faisons le même constat générationnel :

    "Le pontificat de Jean-Paul II et le renouvellement des générations sont passés par là. La parole publique des évêques et l'engagement dominant des chrétiens s'est recentré sur la mission première de l'Église: l'évangélisation proprement dite.Le débat plus strictement politique en son sein a repris une place sinon secondaire, du moins seconde. Cette remise à sa place de la politique - au sens partisan du terme - permet aujourd'hui une relation plus libre, plus neutre, plus naturelle, et finalement plus décontractée avec les partis."

    Et Guillaume Tabard rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, ceux qui dénoncent aujourd'hui l'invitation d'une personnalité du FN, flirtaient sans complexe avec le Parti communiste.

    Ce changement de génération ne concerne pas seulement les laïcs. Les prêtres aussi ont changé suite aux pontificats de saint Jean-Paul II et Benoît XVI. Et nombreux sont les prêtres de France, toute tendances liturgiques confondues, qui lisent chaque jour Le Salon Beige.

    L'abbé Grosjean défend ainsi le droit d'inviter Marion Maréchal Le Pen :

    IMG_1403La table ronde de samedi réunissait, outre Marion Maréchal Le Pen, l'ancien député-maire PS d'Ajaccio, Simon Renucci, le député Républicains de la Drôme, Hervé Mariton et Arnaud Leclere, du mouvement Sens commun (rattaché au Républicains). Pourquoi leur présence ne susciterait-elle pas aussi des mises en garde de nos chiens de garde du catholiquement correct ? Sont-ils tous hostiles au droit à l'avortement ? A la recherche destructrice d'embryons humains ? A l'euthanasie ? A la liberté scolaire ? A la loi Taubira ?...

    Il est bon que les catholiques de différents partis discutent de leur projet politique en faisant primer le bien commun au militantisme partisan. C'est peut-être ainsi que de véritables alliances politiques, et non politiciennes ou électoralistes, pourront peut-être un jour avoir lieu.

    Nous remercions Mgr Rey d'avoir eu le courage d'inviter publiquement Marion Maréchal Le Pen.

    Michel Janva

  • Jérôme Sainte-Marie: «En 2017 le clivage droite-gauche laissera la place au clivage peuple- élite»

    Spécialiste de l'opinion et analyste politique Jérôme Sainte-Marie publie un passionnant essai sur la recomposition politique à laquelle nous assistons en France et en Europe.

    En 1992, Charles Pasqua déclarait après la défaite du traité de Maastricht, «plus rien ne sera jamais comme avant». Il est mort au juillet 2015 et le clivage droite /gauche domine toujours la politique française...

    L'invariant dans une démocratie représentative, c'est la présence d'une majorité au pouvoir et d'une minorité dans l'opposition. Il s'agit d'un dispositif résultant de la logique électorale, rien de plus. Quant au clivage entre une gauche et une droite, s'il a structuré la vie politique européenne sur l'essentiel du XXème siècle, il n'a rien d'inévitable. Sur la durée, il est frappant de constater la variation du contenu idéologique de cette opposition formelle. Cependant, ce clivage s'est à peu près maintenu tant que les principaux partis de gauche et de droite ont réussi à persuader les citoyens qu'ils étaient en conflit sur les principaux enjeux. Le problème aujourd'hui est que l'opinion française a de plus en plus le sentiment qu'ils sont d'accord sur l'essentiel, tout en se disputant sur l'accessoire. La succession rapide des alternances à la tête du pays a favorisé cette perception, car les différences entre les politiques publiques réellement menées ont semblé très proches, et leurs résultats décevants. A l'inverse, une troisième force, qui est tenue en lisière du pouvoir, propose une vision du monde et une politique alternatives. En s'emparant de sujets sur lesquels la gauche et la droite de gouvernement ne se dissocient plus guère, le Front national déstabilise l'ordre électoral ancien.

    Vous considérez comme très probable la présence du FN au second tour en 2017. Pourquoi ?

    Tout d'abord, depuis des mois les sondages d'intentions de vote indiquent tous la qualification de Marine Le Pen pour le second tour. Si certains d'entre eux enregistrent qu'elle serait talonnée ou même dépassée par le candidat principal de la droite, selon la personnalité testée comme candidat des Républicains, à chaque fois la candidate frontiste serait hors de portée du candidat socialiste. Cette raison n'est bien sûr pas suffisante, car l'on sait la fragilité d'un choix politique exprimé hors contexte électorale, et à près de deux ans de l'échéance. C'est pourquoi il faut se pencher sur les élections qui ont eu lieu depuis 2012, et à chaque fois l'affaissement de la gauche sur elle-même s'est amplifié, cependant que le Front national raffermissait son emprise. Par exemple, le fait que les listes lepénistes aient rassemblé un quart des suffrages exprimés aux européennes comme aux départementales constitue un indice révélateur, car il s'agit dans les deux cas de scrutins moins favorables au Front national que ne l'est l'élection présidentielle. Enfin, si l'on considère les facteurs explicatifs de ses succès, et des revers de la gauche, on ne voit pas de raisons à ce qu'ils disparaissent d'ici au printemps 2017.

    Les querelles de famille peuvent- elles freiner cette ascension ?

    Le vote pour le Front national n'est pas un mouvement d'humeur, mais un choix mûri et réitéré, autant que celui en faveur du Parti socialiste ou des Républicains. De plus, une majorité de Français estiment aujourd'hui que le parti dirigé par Marine Le Pen devrait être considéré comme «un parti comme les autres». A tort ou à raison, les positions frontistes sur l'immigration, l'identité nationale ou la sécurité sont largement approuvées. Il s'agit d'un socle solide. De plus, depuis plus d'un an, la quasi-totalité des sympathisants frontistes interrogés dans les sondages voient en Jean-Marie Le Pen un obstacle plutôt qu'un atout. Certes, la forme qu'a pris le conflit interne entre lui et la direction du parti aura troublé plus d'un militant. Le prix à payer pour Marine Le Pen pour son émancipation politique paraît cependant faible. Sur la durée, ces épisodes tumultueux favoriseront l'idée d'un profond renouvellement idéologique, et rendront intenable l'ostracisme dont ce parti fait l'objet. En fait, le principal risque électoral serait plutôt que la normalisation du Front national aille trop loin, alors que son attractivité repose en partie sur son opposition affichée au système politique.

    A vous lire la gauche a perdu beaucoup d' intellectuels, d'ouvriers, une partie des professeurs, que lui reste-t-il ?

    Le secret des renaissances successives de la gauche réside dans la croyance qu'elle était la protectrice du salariat, contre une droite qui aurait défendu la rente et le profit. Aussi près qu'en 2012, François Hollande avait réussi à se faire élire en brocardant son adversaire comme «Président des riches». Au second tour, parmi les ouvriers, 58% des suffrages exprimés se sont portés sur le candidat socialiste. Cette croyance en la gauche s'est aujourd'hui effondrée, le monde du travail ne se sentant guère défendu contre les assauts du chômage et la concurrence de la main d'œuvre étrangère, y compris dans le cadre européen. Les ouvriers et les employés sont bien plus critique à l'égard du pouvoir socialiste que ne le sont les cadres ou les retraités. Autre pilier, les fonctionnaires sont atteints par le doute, y compris les enseignants. Enfin le monde de la culture et du spectacle, très dépendant de la dépense publique, redoute la contraction de celle-ci et se sent moins défendu par la gauche. Les fidélités électorales envers le parti socialiste se défont, comme l'atteste lors des scrutins récents la sur-abstention de ses anciens électeurs. Or, si la gauche ne parvient plus à être identifiée comme la défenseuse de larges groupes sociaux, elle risque d'être ballotée au fil des élections comme un bateau sans quille. La proclamation de «valeurs» abstraites, hors sol, ne lui serait pas alors d'un grand secours.

    Hollande est-il le fossoyeur de la gauche ?

    Le tournant qu'a imposé à la gauche François Hollande avec la proclamation du «pacte de responsabilité» doit être pris au sérieux. Même si la concrétisation de celui-ci devait être modeste, le traumatisme subi par son électorat est considérable. La nouvelle ligne proclamée par le pouvoir socialiste revient à considérer que la gauche a eu tort durant des décennies en matière de politique économique et sociale. Son problème est qu'il n'a pas d'électorat de rechange. Il faut voir plus loin: c'est tout le clivage gauche-droite qui est miné par cette reddition idéologique. Et le recul annoncé de l'Etat amène les catégories sociales les plus vulnérables vers d'autres horizons que la sociale-démocratie, par exemple vers la préférence nationale. J'insiste sur le fait que l'aveu que constitue le «pacte de responsabilité» atteint la crédibilité du projet social de toute la gauche, et pas seulement du Parti socialiste.

    Les gauches type Syriza ou Podemos ont- elles un avenir en France ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ?

    Vu la crise sociale et politique que connaît la France, le recul de toute la mouvance à gauche du Parti socialiste suscite l'interrogation. Beaucoup plus que les différences entre les systèmes électoraux ou bien entre les personnalités, je crois que la clef de cette énigme se trouve dans l'histoire politique des différents pays. Entre France, depuis 1945, l'extrême-gauche, à commencer par le Parti communiste, a été intégré au régime, participant à la construction de notre système social, et parfois même au gouvernement. A l'inverse, l'extrême-droite en a été tenu à l'écart. La situation est tout autre, et même symétriquement opposée, en Espagne ou en Grèce. Le sentiment que la société française est dans l'impasse atteint pour cela toute la gauche, mais non le Front national, justement parce qu'il n'a pas de bilan à justifier. A l'inverse, ailleurs, Podemos ou Syriza peuvent prétendre constituer des alternatives nouvelles.

    Vous écrivez que la gauche fixe sa doctrine sur l'égalité et la droite sur l'identité, pouvez-vous préciser cette classification ?

    En réalité l'une comme l'autre se sont d'abord attachés à promouvoir l'égalité, mais tandis que la droite mettait l'accent sur l'égalité civile entre les individus, la gauche se proposait d'établir l'égalité sociale entre les groupes. Il en va tout autrement aujourd'hui. L'identité nationale ou l'identité de classe ont été délaissées au profit d'une identité européenne évanescente, et d'identités religieuses, ethniques ou sexuelles virulentes. On reconnaît ici l'obsession contemporaine pour la «diversité» ou pour la «parité». L'imaginaire national et républicain s'en trouve bouleversé. Tout se passe comme si les reculs en matière économique et social devaient être compensés par la distribution de privilèges à des groupes ciblés, selon un modèle anglo-saxon. Les élites applaudissent, mais les catégories populaires s'inquiètent de cette reformulation du discours politique français, autrefois universaliste. Comme elle est au pouvoir et comme elle beaucoup plus engagé dans cette voie, la gauche est particulièrement déstabilisée par le «marché aux identités» qu'elle a ouvert.

    Vous ne croyez pas à la tripartition. A quoi peut ressembler la nouvelle bipolarité ?

    A défaut de proportionnelle aux législatives et avec une élection du président de la République au scrutin universel direct, la tendance au clivage binaire est la plus forte. Sous le mandat de François Hollande, le Front national s'est hissé à un niveau électoral proche de celui de la gauche ou de la droite. Le génie est sorti du flacon où il avait été maintenu durant trente ans, avec des scores significatifs mais éloignés de la qualification pour le second tour, l'accident du 21 avril 2002 mis à part. Désormais, comme l'ont montré les élections départementales, le Front national impose sa présence au tour décisif. Telle est aussi l'hypothèse vraisemblable pour la présidentielle de 2017. Ce sera le moment de vérité. Le courant politique qui sera éliminé à l'issue du premier tour, la droite ou plus probablement la gauche, entrera dans une crise sans précédent. Contre le Front national, les débris de la force vaincue s'agrègeront à la force victorieuse, sur le modèle de l'union des tenants du «oui» contre ceux du «non» lors du référendum de 2005 à propos de l'Europe. Comme cela s'esquisse dans plusieurs pays européens, et comme cela s'observe dans nombre de villes et départements français, où le Parti socialiste a pratiquement disparu, le clivage gauche-droite aurait alors vécu.

    Comment définir le nouvel ordre démocratique ?

    En premier lieu comme un ordre cohérent et moderne, correspondant bien mieux aux différences d'intérêts sociaux et d'émotions partagées que ne le fait l'ordre électoral actuel. De fait, si l'abstention atteint des hauteurs vertigineuses, c'est d'abord parce que le clivage entre la gauche et la droite ne renvoie plus aux représentations dominantes parmi les électeurs. Ensuite, le nouvel ordre décrit est avant tout vertical, opposant les catégories populaires aux élites, au sens très large, perpendiculairement au clivage gauche-droite. Ce nouvel ordre démocratique oppose deux forces, l'une dominée par le Front national, sous un vocable quelconque, l'autre faisant la synthèse de ce qu'il y a de commun au libéralisme économique et culturel professé dans les partis de gouvernement à gauche ou à droite. Selon ce schéma, le rapport à l'Europe, à la mondialisation et à l'identité nationale est bien sûr décisif dans le reclassement des uns et des autres. Le contexte actuel de paupérisation et de désarroi favorise l'émergence de ce nouvel ordre démocratique. Il est déjà présent par fragments, dans l'opinion publique, dans les résultats électoraux, et sur les territoires locaux. Mais l'opportunité de sa concrétisation complète et nationale en est le scrutin présidentiel de 2017.

    Vincent Tremolet de Villers

    notes

    Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé ensuite BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008.

    Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il publie ces jours- ci, Le nouvel ordre démocratique (Editions du Moment).

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuuplEEFFlcjmKEIuO.shtml

  • Sapir met en émoi le poulailler d’acajou

    Jacques Sapir a proposé à moyen terme la formation d’un « Front de libération nationale anti-euro » englobant tous les partis souverainistes jusqu’au Front national.

    Souvenons-nous de cette chanson d’Alain Souchon qui décrit le caquètement de « la volaille qui fait l’opinion » depuis son « poulailler d’acajou ». L’artiste y met en scène « les belles basses-cours à bijoux » aux idées convenues. En bon artiste qu’il est, Souchon fait mine de croire que cette volaille est conservatrice. Ce n’était déjà plus tellement vrai en 1977, l’année où il composa sa chanson, mais aujourd’hui, cette volaille est pratiquement à 100 % membre de la gauche libérale sociétale pédante qu’incarne si bien Daniel Cohn-Bendit.

    Depuis une semaine, le poulailler d’acajou est en émoi. Ça caquette et ça cancane à n’en plus finir dans les salons parisiens. Pensez : l’économiste, un temps proche du Front de gauche et qui s’affirme toujours « sans ambiguïté de gauche », Jacques Sapir a proposé à moyen terme la formation d’un « Front de libération nationale anti-euro » englobant tous les partis souverainistes jusqu’au Front national, ou d’un « parti issu du FN ». La grande et la petite bourgeoisie de rédaction s’en étrangle aussi bien à gauche qu’à droite des forces de l’axe européomondialiste.

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  • Les Verts explosent, la majorité en miettes

    Le départ de François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée nationale, aggrave la crise du parti écologiste et accentue la fragmentation de la gauche.

    Les écologistes adorent les crises. Depuis la création du parti, elles ont jalonné toute son histoire. Le départ fracassant de François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée, a fait monter leur intensité d'un cran. Il est en fait le résultat d'une crise même plus larvée qui sévit au sein du parti écolo depuis 2012.

    Et il n'est même pas sûr que ce départ éteigne l'incendie. Il est l'illustration du conflit qui oppose les tenants d'une écologie réformiste, capables de s'allier avec le PS dans une majorité de gouvernement, et les adeptes d'une écologie plus ancrée à la gauche de la gauche et qui se refusent au compromis avec les sociaux-démocrates.

    Jeudi, François de Rugy a choisi. Il a profité de la sortie de son livre Écologie ou gauchisme, il faut choisir ,pour faire étalage de ses propres divergences avec son parti. «Pour moi EELV, c'est fini. Le cycle ouvert par Daniel Cohn-Bendit en 2008 est arrivé à son terme. Aujourd'hui, on n'arrive plus à avoir les débats, ni de fond ni stratégiques, au sein d'un parti qui s'enfonce dans une dérive gauchiste», voire dans un «repli sectaire», explique-t-il.

    «Mélenchonisation rampante»

    Depuis des mois, Rugy s'est prononcé contre un rapprochement avec le Front de gauche qui, selon Dominique Voynet, ancienne ministre écologiste de Lionel Jospin, «provoquerait une nouvelle hémorragie militante». Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ne dit pas autre chose en estimant sur LCI que cette crise résultait de «la mélenchonisation rampante des écologistes».

    À La Rochelle, un élu PS assure cependant que «Rugy a agi de manière un peu précipitée. Il ne faut pas que ça soit un acte isolé. Est-ce ça va provoquer quelque chose après? On n'en sait rien». Et c'est sans doute là la grande peur du PS: qu'EELV se referme sur sa partie la plus opposée à une alliance avec lui. «Et la crainte est fondée», analyse un élu écolo.

    Même si Barbara Pompili, coprésidente du groupe EELV à l'Assemblée, assure que «beaucoup de gens ne se retrouvent plus dans le refus du débat», elle ne semble pas prendre le même chemin. «On nous pousse vers la porte, c'est vrai, a-t-elle dit sur France 3, mais il ne faut pas céder. C'est en ça que je suis en désaccord avec François. Au contraire, il faut continuer à se battre.»

    Bien entendu, les partisans de Cécile Duflot n'ont pas tardé à réagir en fustigeant la décision de Rugy. «Son positionnement, c'est pas entre gauchisme et écologie, mais entre écologie et François Hollande, et finalement il a choisi», a raillé David Cormand, proche de Cécile Duflot.

    Un parti tiraillé entre son aile gauche et ses réformistes. Un débat récurrent et inabouti sur la ligne politique. Un risque permanent de scission. Cela ressemble aussi au PS. À la différence près que ces derniers sont entrés jeudi dans la séquence explosive de leurs affrontements avec le départ surprise de François de Rugy. Celui-ci a crevé l'abcès. En ce sens, la scission qui se profile au sein d'EELV apparaît comme une clarification nécessaire, celle à laquelle le PS ne s'est pas encore livré. 

    Le Front Démocrate très courtisé

    Car si les socialistes n'en sont pas encore au niveau de leurs cousins Verts, ils s'en rapprochent à grands pas. En témoigne le prologue des universités d'été de La Rochelle. Jeudi, avant l'ouverture officielle de ce traditionnel rendez-vous de la rentrée, frondeurs et réformateurs du parti se sont réunis chacun de leur côté pour défendre des positions aussi éloignées que chez les écolos. Demande d'inflexion de la ligne politique pour les premiers, assurance que le cap social-démocrate sera maintenu chez les seconds.

    Sur fond de cette crise politique chez les écologistes, il flottait jeudi à La Rochelle comme un air de recomposition politique à gauche. Avec un petit parti très courtisé: le Front Démocrate de Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle qui tenait son université de rentrée à La Rochelle devant une trentaine de personnes. C'est là que François de Rugy s'est rendu pour son premier déplacement de démissionnaire des Verts. C'est là aussi que la venue de Manuel Valls était annoncée pour saluer les fondateurs du Front Démocrate, en même temps que Jean-Vincent Placé. Là encore que Jean-Christophe Cambadélis a prévu de passer vendredi soir.

    Pourquoi un tel intérêt? «Aux régionales, on peut leur apporter des électeurs, encore plus pour la présidentielle, entre 2 et 4 %, explique Jean-Luc Bennhamias, qui assure représenter «30 % des électeurs ayant voté François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle de 2012».

    François-Xavier Bourmaud et Albert Zennou

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EuupZEZyZyDgXbppwz.shtml

  • Interviews de Mgr Olivier Ribadeau-Dumas et Marion Maréchal-Le Pen

    En raison de la "polémique" soulevée par les médias à propos de l'inviation de Marion Maréchel-Le Pen à une université d'été organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon (voir communiqué), il est interessant de mettre en perspective ces deux interviews parues le même jour.

    Tout d'abord, celle de Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des évêque de France, dans La Croix où il affirme à propos du FN qu' "un certain nombre de ses idées sont clairement en opposition avec l’Évangile et avec la vision chrétienne de la société"...mais sans vraiment les préciser ni aborder les points non négociables (voir interview à Do Rzeczy) :

    1420623174094726322"La position de l’Église en France sur le Front national n’a pas varié. Les déclarations de 1985 du cardinal Decourtray restent toujours valables, ainsi que celles qui ont suivi les années d’après. Nous continuons de dire que le rejet de l’étranger, le refus de l’accueil de l’autre, une conception et une vision de la société renfermées sur la peur, posent problème.Un certain nombre de points développés par le Front national ne sont pas conformes à la vision que l’Évangile nous invite à défendre (...)

    D’un point de vue juridique, le FN est un parti politique comme les autres.Mais un certain nombre de ses idées sont clairement en opposition avec l’Évangile et avec la vision chrétienne de la société. Cependant, le fait que des catholiques se tournent vers le FN pose question et nous invite à leur parler (...)

    La société dans laquelle nous vivons est, que nous le voulions ou non, que nous le regrettions ou non, marquée par la mondialisation. Elle est multiculturelle. C’est dans cette société, également frappée par l’injustice, que nous sommes amenés à agir. Et comme le pape François ne cesse de le dire, nous sommes invités à avoir sur elle un regard de bonté et de miséricorde, plutôt qu’un regard de rejet. Construisons ensemble cette société."

    De son côté, Marion Maréchal-Le Pen s'affiche dans Famille Chrétienne en catholique décomplexée d'une nouvelle génération :

    Marion-Marechal-Le-Pen1-470x327"Les seules personnes choquées par cette affaire sont les journalistes ! C’est une illustration de la fracture entre le monde médiatique et le monde réel. Pour le public catholique du Var la question ne se pose plus ! (...) Ce qui est remarquable dans ce rassemblement c’est la volonté de voir ce qui nous rassemble avant de focaliser sur ce qui nous divise. Il y a une capacité de cohabitation étonnante entre des gens qui viennent d’horizons politiques très différents. Cela change des plateaux télé ! L’état d’esprit est serein. Il consiste à mettre en commun l’essentiel, comme le respect de la vie humaine (...)

    Nous sommes face à une génération décomplexée par rapport à leurs aînés. Les jeunes catholiques ne s’encombrent plus avec l’autocensure et la culpabilité. Ils en ont assez de devoir en permanence s’excuser. Ils sont libres et veulent sortir du malaise. Les chrétiens en politique avaient pris l’habitude de se faire discrets de peur d’être taxés de conservateurs. Ils étaient diabolisés (...)

    Les catholiques ont été victimes de christianophobie à la Révolution française. Après un temps d’accalmie, ce phénomène est en train de revenir. J’observe une forme d’agressivité manifeste à leur égard. Cela pousse la nouvelle génération à agir (...) Je fais partie de cette génération anti Mai-68 (...) Ma génération a vécu en première ligne les conséquences de ce travail de sape éthique et moral.

    Il y a toujours eu des catholiques au FN et des personnalités de premier plan. Le choix d’un parti politique est toujours un choix par défaut (...) Au FN (...) les catholiques n’ont pas vraiment besoin de changer la ligne qui leur convient. Je crois que sur la bioéthique et les questions du mariage et de la filiation, le FN est déjà en cohérence avec leurs attentes (...)

    C’est très difficile d’être catholique tout seul ! Je suis assez seule dans mon combat politique. C’est pour moi important de rencontrer des catholiques qui défendent des valeurs auxquelles je tiens. Cela renforce mes convictions en adéquation avec ma foi (...)"

    Philippe Carhon

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