entretiens et videos - Page 747
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Vive l'Europe : Jean-Yves Dufour nous parle de son roman, "L'Ombre au sommet" (juin 2017)
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Aujourd’hui, la droite est éparpillée. Elle a une occasion historique de se réorganiser
Guillaume Bernard répond à Boulevard Voltaire :
Après l’élection d’Emmanuel Macron, c’est le raz de marée pour Emmanuel Macron au premier tour des Législatives. On parle beaucoup de la droitisation de l’électorat ces dernières années. Cela ne se vérifie pas. Qu’est-ce qui s’est passé?
D’abord il y a un certain nombre d’éléments de science politique qu’il faut avoir en tête. Il y a le phénomène majoritaire. Celui-ci veut que, lorsqu’un président de la République est nouvellement élu et que des élections législatives suivent immédiatement, une majorité soit donnée au président de la République. C’est ce qu’on appelle le fait ou le phénomène majoritaire. Ce phénomène est classique et habituel. Il n’y avait pas de raison qu’il ne marche pas pour Emmanuel Macron. Il a été ici décuplé par deux éléments. Premièrement, il y a eu une abstention très forte. Cela provoque un effet démultiplicateur qui fonctionne en plus du mode de scrutin majoritaire uninominal à deux tours.
Il y a également une démobilisation, qui se traduit par l’abstention, de toute une partie de l’électorat. Si d’habitude on a schématiquement un combat droite-gauche avec un seul camp qui a perdu, ici on avait plusieurs camps. Comme Emmanuel Macron fait la grande coalition centriste libérale, il réussit à faire la réunification du libéralisme économique à droite, et du libéralisme sociétal à gauche. Dans le fond, il y a plusieurs camps qui ont perdu, aussi bien à gauche qu’à droite. On a donc une démobilisation, un déboussolement de toute une partie de l’électorat qui ne s’est pas rendue aux urnes. D’où le très fort taux d’abstention. Ce premier tour des Législatives est peut-être plus un rejet, un rejet des vieux partis politiques dans lesquels les Français n’ont pas confiance plutôt qu’une véritable et pérenne adhésion à Emmanuel Macron et à son mouvement politique.
Est-ce qu’à votre avis Emmanuel Macron va empêcher toute opposition ou au contraire va précipiter une recomposition?
La victoire d’Emmanuel Macron a cet énorme avantage qu’elle clarifie les enjeux doctrinaux, aussi bien chez les caciques des différents partis politiques que chez les électeurs. Le choix est clairement fait. Lorsque l’on vote pour Emmanuel Macron, que l’on vienne de la gauche ou de la droite, on est effectivement sur des positions libérales. Emmanuel Macron réussit ce tour de force d’occuper un spectre politique extrêmement large qui fait que même s’il n’y a pas forcément une adhésion farouche, pleine et entière, sereine envers sa personne et ses idées, il divise toute opposition possible. La pérennité d’En Marche !, c’est de pouvoir empêcher toute coalition des forces qui s’opposeraient à lui. Il y a donc un incontestable effondrement des autres forces politique PS et LR, tout simplement parce que c’étaient des forces politiques qui étaient hybrides, et en grandes parties devenues sociale-libérale pour le PS, et libérale tout court pour les Républicains. La logique est que ces forces politiques éclatent. La France Insoumise ne progresse pas puisque les idées socialistes sont dévalorisées et que le vote pour Jean-Luc Mélenchon n’avait été, dans le fond, qu’un soubresaut lors des élections présidentielles. Quant au Front National qui visait plus à séduire l’électorat mélenchonniste que celui de Fillon par sa stratégie politique, il a déboussolé et démobilisé toute une partie de son électorat. De la même manière, LR qui a appelé à voter Emmanuel Macron a préparé d’une certaine manière la victoire d’Emmanuel Macron et de ses candidats aux Législatives.
Aujourd’hui, la droite est éparpillée. Elle a une occasion historique de réfléchir sur ses valeurs et de se réorganiser en affirmant véritablement ce qu’elle est ontologiquement parlant et pas simplement par un positionnement sur l’échiquier et sur le spectre politique."
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Casapound. Carnet de voyage d’un catholique chez les fascistes romains

Un lecteur nous a adressé ce compte rendu de voyage que nous vous proposons ci-dessous.
CE QUE J’AI VU
Je reviens d’un séjour de cinq jours à la CasaPound, centre social et mouvement fasciste italien, occupant un immeuble depuis 2003 dans le centre de Rome, où sont accueillies des familles italiennes dans le besoin. En Italie, l’adjectif « fasciste » n’est pas infamant : c’est un courant d’opinion minoritaire mais les Italiens respectent leurs morts de la Seconde guerre mondiale et sont reconnaissants au Ventennio (la période fasciste de 1922 à la fn de la guerre) d’avoir instauré les premières lois sociales, restauré les infrastructures et les routes (comme la superbe Via dei fori imperiali, pleine de touristes, qui relie le Colisée au Capitole et au palais de Victor-Emmanuel II en longeant les forums antiques) et sauvé l’Italie des bandes communistes.
L’une des choses les plus surprenantes ici, c’est qu’il est plus facile de se dire « fasciste » que « lepéniste » en France. La plupart des figures de la droite viennent peu ou prou des milieux fascistes tant Mussolini a laissé son empreinte sur la société italienne. À mon arrivée, Sébastien (français, responsable de l’accueil des étrangers) nous accueille à la gare de Termini. Notre chauffeur est Massimo, un père de famille d’une cinquantaine d’années, expulsé de son domicile avec sa famille. On nous explique que de jeunes militants de CasaPound se sont battus pour que ce couple et leurs enfants soient relogés.
Certains jeunes, tout comme leurs chefs, ont même fait de la prison pour s’être opposés à cette expulsion. Il est presque minuit, nous débarquons au Carré Monti. Pour fêter notre arrivée, le barman, Pierre, un Français docteur en philosophie et ancien instituteur, nous prépare trois Spritz . Le spritz est un cocktail alcoolisé largement consommé en apéritif dans les grandes villes 1 de la Vénétie et du Frioul-Vénétie julienne, et également répandu dans toute l’Italie.
À la fermeture du Carré, Sebastien nous propose d’aller manger un morceau au Cutty Sark, le pub historique de CasaPound, là où tout a commencé. Derrière la porte du pub sur laquelle est peint un portait du personnage Albator, se tiennent une quinzaine de jeunes du Blocco Studentesco qui ont préparé un colloque européen rassemblant des Espagnols, des Français, des Allemands et des Grecs. Le décor est chaleureux et soigné.
Tout le monde s’empresse de nous saluer en nous demandant nos prénoms et en échangeant avec nous quelques mots de bienvenue, l’accueil est fraternel et les attitudes sont bienveillantes. Cette atmosphère contraste avec celle de nos parvis d’églises ou de certains événements politiques en France. Une charmante personne nous apporte nos plats. Vient s’attabler avec nous Alberto, qui nous explique dans un français impeccable les voyages humanitaires en Syrie et chez les Karens qu’il organise avec les jeunes de CasaPound.
Ce soir, nous dormons à la « Casa », le dortoir dans lequel nous déposons nos sacs s’appelle l’Ornithorynque. Ici, pas d’eau chaude pour la douche du matin afin de nous rappeler que le militant doit mépriser la vie commode (disprezza la vita comoda). Vendredi matin, nous sommes invités à une visite de Rome organisée par l’association culturelle Fons Perennis, pour l’anniversaire de sa fondation par Romulus et Remus, les topos historiques sont d’une qualité universitaire et ont été préparés par des militants de différents âges.