France et politique française - Page 3428
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Journal du Mardi 28 Juin 2016 - Société / Loi travail : nouvelle manifestation sous haute tension
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L’Union Européenne prépare la spoliation de votre épargne
Selon François Siméoni, Conseiller municipal FN de Versailles, Secrétaire Départemental FN78 :
"Dans l’article 21 bis, adopté en commission le 24 mai dernier, puis voté en séance publique à l’Assemblée Nationale le 9 juin, la directive BRRD, déjà votée pour les banques (pudiquement appelée ici «régime macroprudentiel applicable au secteur bancaire»), est élargie aux assurances.
Rappelons que cette directive prévoit le prélèvement sur les comptes bancaires des particuliers, procédure prévue par l’U.E dite du «bail in», qui a été inscrite dans le droit français en pleine période estivale le 20 août 2015.
La conséquence est simple : en cas de défaut d’une société d’assurances, tous les détenteurs d’une assurance-vie pourront voir le versement de leur prime suspendu pour une durée indéterminée et ne pourront pas sortir de leur contrat pour récupérer leur mise.
Les Français doivent savoir que, sous la pression de Bruxelles, tous les mécanismes permettant aux banques et aux sociétés d’assurances de se renflouer sur les comptes des particuliers sont maintenant mis en place en cas de risque «systémique».
Il est donc urgent de retrouver notre souveraineté budgétaire et monétaire afin de mettre un terme à cette politique, conduite par les gouvernements de droite comme de gauche, qui, sous les diktats de l’Union Européenne, conduira à la ruine des Français."
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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Transports franciliens étatisme et démagogie
Sans doute en votant contre la liste Bartolone aux dernières élections régionales les Franciliens ont-ils évité le pire.
C'est de ce fait en vain que le président socialiste sortant Huchon avait imposé au STIF, gestionnaire monopoliste et subventionnaire des transports publics de la Région, une tarification unique du Pass Navigo à hauteur de 70 euros par mois pour tous les types de déplacements, aussi bien pour les Parisiens usagers de leur bon vieux métro que pour les habitants des départements périphériques, Essonne, Val d'Oise ou Yvelines, qui ne payeraient plus que 770 euros par an, au lieu de 1 200 euros.
Approuvée en février 2015 cette disposition, "non financée" comme on dit dans le jargon technocratique, est entrée en vigueur en septembre, alors que les élections régionales devaient se dérouler en décembre.
La ficelle démagogique était énorme et le déficit qui allait en résulter pour le STIF de l'ordre de 450 millions d'euros sur un budget global de 9 milliards d'euros servant à financer 40 % du coût du transport des Franciliens. Cette situation subventionnaire, évaluée en 2010, va tendre à continuer de s'aggraver au fil des années.
Supportée par les entreprises de plus de dix salariés, une hausse du versement transport de 0,13 % dans les zones 1 et 2 avait permis de résorber quelque peu le déficit à hauteur de 150 millions d'euros. Restent à trouver 300 millions. Une bagatelle. Désormais présidé par l'autorité régionale, le STIF demeure le lieu d'un système d'intervention politique et de dirigisme chaotique.
Avec l'énergie, et l'aplomb, qu'on lui connaît, Valérie Pécresse prétendit alors prendre à son compte la gestion de cette promesse socialiste, sans pour autant toucher à la structure à la fois monopoliste et étatiste de l'offre de transport en région Ile de France. Rappelons en effet que celle-ci dépend à 90 % de la RATP et de la SNCF, deux entreprises d'État, les miettes restantes étant réparties de manière administrative entre 80 compagnies privées concessionnaires, sans aucune concurrence.
Après quelques mois il fallut bien se rendre à l'évidence : la baisse du prix du Pass pour les usagers périphériques n'était nullement compensée par une augmentation du nombre des abonnés ni par une diminution de la fraude, un grand cheval de bataille de Mme Pécresse.
Or, cette active femme politique est désormais statutairement présidente du conseil d'administration du STIF à la tête duquel elle a substitué au poste-clef de Directeur général Laurent Probst, un membre de sa garde rapprochée pour succéder à Sophie Mougard, celle-ci quittant après 10 ans de bons et loyaux services.
Sophie Mougard n’avait pas fait mystère, y compris en public, le 13 décembre 2014 lors d’un colloque à l’Assemblée nationale, de ses réticences à accepter une baisse de ressources de qui eût été 500 millions d’euros par an et a été compensée avant l’augmentation du taux de Versement Transport, c'est-à-dire par la fiscalité sociale imposée aux entreprises.
Tenant tête à Guillaume Pépy, roi sans couronne de la SNCF, Mme Mougard devait partir au nom de l'étatisme tout puissant dont Valérie Pécresse se trouve bon gré mal gré la continuatrice.
Un bras de fer allait donc opposer Pécresse au gouvernement. C'est un jeu auquel on ne risque pas grand-chose s'opposant à un camp adverse conduit par le roi de la guimauve Hollande toujours prêt à désavouer les velléités de fermeté de ses ministres.
Qu'a donc obtenu Mme Pécresse au terme de sa négociation ?
Pour "équilibrer", en apparence du moins, les comptes du STIF subventionnaire en maintenant le tarif unique il eût fallu augmenter le Pass Navigo de 15 euros.
Mme Pécresse a su exiger du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités : le Budget de l'État prendra à sa charge 80 % du surcoût, le Pass n'augmentant "que" de 3 euros, soit 4,3 %.
Cette augmentation prendra effet au 1er août. Dans un contexte d'inflation quasi nulle, la chose suscite des commentaires ironiques "L'Express" ou le "Huffington Post."
Le vice-président chargé des transports à la Région, Stéphane Beaudet, a beau jeu de suggérer qu'une telle hausse du tarif du Pass’ Navigo représente "une augmentation normale du titre de transport, comme elle avait lieu tous les ans", et qu'elle servira notamment à "la rénovation et au renouvellement du matériel roulant", ce type d'entreprises d'État ayant du mal à concevoir un compte d'amortissement.
Quoi qu’il en soit, le reste sera réparti, selon les indications de Matignon entre "les usagers des routes franciliennes, via la modulation régionale de la TICPE, et enfin les employeurs de plus de 11 salariés via une hausse du Versement de Transport". Les montants de la hausse du Versement de Transport et de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), n'ont pas encore été précisés. Mais il est clair que 80 % du coût de la décision démagogique de Huchon vont être supportés par les entreprises et par les automobilistes. Toujours plus de subventions, toujours plus d'étatisme.
Merci qui ?
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La méthode Sarkozy pour ne pas respecter un vote démocratique fait des émules
Visiblement la méthode Sarkozy pour annuler un référendum donne des espoirs aux mauvais perdants que sont les eurocrates :
"Le Monde explore les pistes apparues sur la question, qui donnent un espoir aux partisans d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE) (...)
Pour que ce retrait soit effectif, le pays qui souhaite quitter l’UE doit d’abord notifier sa décision au Conseil européen. S’ouvre alors une période de négociation qui doit déboucher sur un accord régissant les futures relations entre l’Etat membre et l’Union européenne. Si la concertation échoue, la sortie de l’UE est actée deux ans après la notification de retrait – un délai qui peut être prolongé avec l’approbation de tous les Etats membres.
En résumé, un vrai compte à rebours sera déclenché au moment où Londres va, pour de bon, appuyer sur le bouton « out ». D’où la volonté des autorités britanniques de gagner du temps. Le premier ministre David Cameron, qui a annoncé qu’il quitterait son poste à l’automne, a laissé à son successeur le soin d’activer l’article 50 (...)
« Quel que soit le premier ministre en charge, je crois qu’il ne sera pas assez stupide pour appuyer sur le bouton », résumait dimanche, auprès du Monde, un diplomate bruxellois (...)
Un coup de théâtre est-il à envisager durant cette période ? Un diplomate bruxellois interrogé par Le Monde se prend à espérer : « Avec le temps, les “Brexiters” vont se rendre compte de l’erreur qu’ils ont faite, et le référendum sera annulé. Personne ne s’en plaindrait ici. » (...)
Le référendum de jeudi dernier était consultatif et non contraignant juridiquement (...)
Aussi, certains réclament que le Parlement se saisisse désormais du dossier avant qu’il n’aille à Bruxelles, et vote contre la sortie de l’UE.« Réveillez-vous. Nous n’avons pas à faire cela. Nous pouvons mettre fin à cette folie et faire cesser ce cauchemar par un vote au Parlement », a ainsi réagi le député travailliste David Lammy.
Au moins 479 députés sur les 650 que compte la Chambre des communes s’étaient prononcés pour le « Remain » lors de la campagne. Mais le Parlement peut-il prendre une décision qui irait à l’encontre du choix fait par 17,4 millions d’habitants ? Ce serait possible « en théorie », a résumé auprès de l’agence Associated Press le constitutionnaliste Alan Renwick, de l’University collège de Londres, « mais en pratique, c’est absolument impossible ».
L’avocat Geoffrey Robertson n’est pas de cet avis. « Notre démocratie n’autorise pas la prise de décision par référendum. Ce rôle appartient aux représentants du peuple, et non au peuple lui-même », écrit-il dans une tribune sur le site du Guardian. Selon lui, les députés devraient ainsi être appelés à voter pour ou contre le Brexit, au moment où le futur premier ministre engagera la procédure de sortie."
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La CGT entre deux manifs
Au lendemain de la journée du 23 juin, dominée dans l'Hexagone par une manifestation pour le retrait de la loi travail, on pouvait légitimement se demander ce que la énième pseudo-mobilisation des masses ouvrières annoncée pour le 28 juin cherche encore à démontrer, sinon sur son propre déclin tout au long de ce pluvieux et décevant printemps.
Le dixième défilé avait accepté, symboliquement, de tourner en rond, partant à 14 h 15 de la place de la Bastille, revenant moins d’une heure après à son point de départ.
La veille 22 juin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT avait cru pouvoir affirmer : "il va y avoir du monde". Mais, comparé aux 80 000 personnes du 14 juin ou aux chiffres du 26 mai, la police n'estimait plus les effectifs qu'à 20 000, un nombre de piétons encore en recul.
Il apparaît cependant, désormais, que la CGT en appelle discrètement, contre Valls, à François Hollande : "Il faut qu’il prenne les affaires en main", proclame Philippe Martinez. Il est vrai qu'en appeler au roi de la capitulation pourrait bien se révéler un habile calcul.
Il est vrai que jusqu'au dernier moment on a pu imaginer que le gouvernement et son préfet de police maintiendraient, lors de cette folle semaine, l'interdiction de défiler. Et le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a même pu déclarer que "si Manuel Valls n’avait pas fait ses déclarations intempestives publiques, il n’y aurait pas eu de manifestation aujourd’hui."
La signification pseudo-syndicale de ces manifestations, qui durent depuis trois mois, s'est cependant effacée au fil des semaines. Leur dimension s'affirme en effet exclusivement politique : il s'agit, uniquement désormais, de dissocier la gauche d'inspiration marxiste, celle qui se réclame encore de la lutte des classes, et qui englobe une fraction du parti socialiste, de la gauche dite de gouvernement.
Parmi les sept organisations participant à cette mobilisation certes une partie des adhérents de la CGT, de Force ouvrière, voire certains membres de Solidaires, sont concernés par le projet de loi dont on demande le retrait, mais les quatre autres centrales ou mouvements, la FSU, l'UNEF, la FIDL ou l'Union Nationale des Lycéens ne sauraient se prévaloir de la représentation d'aucun salarié du privé.
Pour assurer qu'il ne se produirait plus, contrairement aux journées précédentes, ni débordement, ni incident, le service d’ordre de la CGT verrouillait scrupuleusement le défilé. Ses militants ont toutefois essuyé leur lot d'insultes – "traîtres", "collabos",réservées jusqu'ici aux (prétendus) "jaunes" de la CFDT.
À Rennes encore cependant, une manifestation sauvage a donné lieu à des incidents, prouvant l'utilité des mesures de précaution.
"Si le gouvernement s’entêtait, on verra cet été, a déclaré Jean-Claude Mailly, mais on verra surtout à la rentrée."
La CGT et FO vont donc changer de terrain et faire davantage pression sur les parlementaires avant le vote en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, début juillet. Elles n’attendent plus rien de Manuel Valls, "anxiogène" et "pyromane", selon les mots du dirigeant de FO, encarté au parti socialiste et, en fait, lié au clan Aubry.
Cette mobilisation réitérée contre une loi en cours de débat parlementaire obéit donc bel et bien, pour la CGT, à une préoccupation politique. Elle le confirme en se donnant son dernier rendez-vous le 28 juin, jour du vote au Sénat. FO se joint à elle, à la fois sous l'emprise de son appareil de formation trotskiste-lambertiste, mais aussi en raison d'un aspect technique : implantée dans le secteur public, FO est trop faible dans les entreprises privées pour pouvoir vraiment participer à des négociations se situant au-dessous du niveau des branches, et pour cela l'article 2 de la Loi El Khomri ne peut pas lui convenir dans sa version actuelle.
Cette loi, au bout du compte, n'est cependant plus qu'un prétexte.
L'ont compris à leur manière tous ceux qui ne répondent pas aux appels à la mobilisation générale. Il serait temps que cette écrasante majorité silencieuse s'exprime à son tour.
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L’Académie de médecine réclame l’instauration d’« une médecine sexuée »
FRANCE (NOVOpress) : L’Académie nationale de médecine vient de publier une étude alarmiste sur la « parité en santé », dans laquelle elle appelle à passer de toute urgence d’une « médecine indifférenciée à une médecine sexuée ». Attirant l’attention des pouvoirs publics sur le dogme de « la parité en santé », elle affirme que « la recherche scientifique et la médecine ne peuvent plus ignorer les différences biologiques entre les sexes » :
« Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant la maladie et doivent donc être traités différemment. Plusieurs pays européens ont déjà adapté en conséquence leur recherche scientifique et leurs stratégies thérapeutiques, prenant ainsi au moins dix ans d’avance par rapport à la France, où sous prétexte de parité, on évite de reconnaître les différences entre les hommes et les femmes, au mépris des évidences. »Ou encore :
« La primauté donnée au genre sur les réalités du sexe risque de créer une injustice de plus, dont il est du devoir des scientifiques et des médecins de prendre conscience pour alerter et agir. »
L’Académie nationale de médecine explique que « l’incidence et la progression de nombreuses maladies diffèrent d’un sexe à l’autre, de sorte que le sexe peut à lui seul être un facteur protecteur, parfois plus important que les traitements existants, et que l’efficacité des stratégies thérapeutiques ou préventives dépend en grande partie du sexe ».
Elle émet donc un certain nombre de recommandations, comme de « concevoir et/ou interpréter les études sur l’Homme ou l’animal en tenant compte du sexe », car « l’étude d’un seul sexe ou le regroupement d’échantillons des 2 sexes risquent de ne pas permettre d’identifier une proportion importante de gènes ou les réseaux qui contribuent différemment pour l’homme et la femme au développement de maladies ou de comportements complexes. En effet, même si les réponses sont équivalentes, la cellule, selon qu’elle est mâle ou femelle, réagit souvent différemment », ou d’« intégrer dans la formation des médecins et des professionnels de santé les différences liées au sexe autres que celles seulement liées à la reproduction ».
Fondée en 1820 par ordonnance de Louis XVIII, l’Académie nationale de médecine est l’héritière de l’Académie royale de chirurgie fondée en 1731 par Louis XV et de la Société royale de médecine fondée en 1778 sous Louis XVI. Elle est chargée de « répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique ».
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Le gouvernement s'attaque à l'assurance-vie, placement préféré des Français
Le gouvernement souhaite contraindre les assureurs à baisser sensiblement la rémunération de l'assurance vie en euros et donner, pour cela, plus de pouvoirs au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) :
"Quatre mauvaises nouvelles sont récemment venues ternir l'avenir de l'assurance vie garantie, placement chéri des Français. Dans un contexte où les obligations, matière première des fonds en euros, ne rapportent plus rien, les épargnants voient le rendement de ce placement baisser inéluctablement depuis quelques années. Les contrats les plus mal rémunérés sont déjà tombés sous les 2 % pour l'année 2015 (...)
Mais la baisse des taux des fonds en euros n'est pas assez rapide au goût des autorités, qui appellent les assureurs à la prudence depuis des années . En cause : la crainte d'une fragilisation financière des compagnies d'assurances en cas de variation des taux sur le marché.
Officieusement, l'occasion est trop belle pour les autorités - qui souhaitent orienter l'épargne des Français vers les actions - de saper l'attractivité de l'assurance vie garantie.
Le législateur vient de doter le Haut Conseil de stabilité financière du pouvoir d'imposer à un assureur un taux plus bas que celui qu'il a fixé sur son fonds en euros. Selon un amendement parlementaire au projet de loi Sapin 2, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale (article 21 bis), le HCSF pourra "moduler" la faculté de l'assureur de piocher dans les réserves de plus-values du fonds pour booster le rendement servi ! Bref, servir un taux supérieur à la moyenne va devenir difficile. C'est la fin du principe des taux librement fixés par les assureurs !
Le HCSF, en vertu du même article 21 bis de la loi Sapin 2, pourra aussi décider de suspendre sur tous les contrats la possibilité de faire des retraits sur les fonds en euros ou de les limiter en cas de grosse fluctuation des taux obligataires. C'est la fin de la liquidité garantie !
Le capital versé sur le fonds en euros d'une assurance vie est garanti en permanence, une des principales raisons du succès de ces fonds. Il faut désormais s'attendre à voir cette garantie écornée chaque année par les frais de gestion prévus au contrat. Exemple : avec des frais d'entrée de 3 % et des frais de gestion annuelle de 0.75 %, la garantie aura fondu, au bout de 8 ans, à 91 330 euros sur un versement initial de 100 000 euros (...)"
Le gouvernement aurait-il peur d'une crise économique et financière majeure ? Et nous qui pensions que l'euro apporterait la prospérité économique...
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Vrais chiffres chômage Mai 2016, 51900 chômeurs de plus, malgré 339400 radiations ce mois
6 484 200 privés d’emploi et travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4 030 000 environ d’invisibles qui n’entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses ( chiffres détaillés bas de page ).
Total : + de 10,51 MILLIONS de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.
Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, moyenne mensuelle (basée sur 1 trimestre) de Mai 2016 :
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Journal du Lundi 27 Juin 2016 : Union européenne / Brexit : l’onde de choc
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Bérénice Levet : « L’École républicaine a implosé, elle n’est plus »
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A la rentrée, le gouvernement encadrera les écoles hors contrat et financera les « décrocheurs ». Dans un entretien fleuve, Bérénice Levet décrit la mort d’une École républicaine dont le requiem n’a pas encore été prononcé.
Bérénice Levet est docteur en philosophie et professeur de philosophie à l’École Polytechnique et au Centre Sèvres. Son dernier livre La théorie du genre, ou le monde rêvé des anges a été publié chez Grasset en novembre 2014.
FIGAROVOX. – A partir de la rentrée 2017, les écoles hors contrat seront soumises à un régime d’autorisation et de contrôle a priori en lieu et place du régime de déclaration. Présentée par le ministre de l’Education nationale pour lutter contre la radicalisation, cette réforme ne risque-t-elle pas de porter atteinte à la liberté d’enseignement et d’entraver d’abord les initiatives pédagogiques de certains établissements – comme les écoles du réseau Espérance Banlieues ou la Fondation pour l’Ecole d’Anne Coffinier – qui cherchent à lutter contre la crise de l’Ecole républicaine? A force de ne pas nommer les maux de notre société, ne risquons-nous pas de détruire ce qui tient encore debout en se trompant de cible?
Bérénice Levet. – C’est une grande supercherie. Personne n’est dupe. La ministre dit s’inquiéter du niveau d’instruction des élèves inscrits dans ces établissements hors contrat, de la «pauvreté des savoirs» qui leur sont dispensés, du déficit de culture générale. Elle est tout simplement grotesque. Nos enfants sortent ignorants des écoles de l’Education nationale, ce qui ne semble guère la tourmenter. Elle prétend par ailleurs s’être saisie de cette question pressée par des élus locaux, des citoyens préoccupés de voir proliférer dans leurs quartiers, dans leurs communes, des écoles musulmanes salafistes – le danger est bien réel et exige une vigilance extrême mais les moyens de les repérer existent déjà et, de toute façon, quelles seront les suites? On se contentera, comme pour les mosquées salafistes, de les avoir identifiées… Si le savoir et la radicalisation des esprits hantaient réellement la ministre, elle renoncerait à sa réforme du collège qui parachève, nous y reviendrons, la destruction de l’école comme lieu de transmission du savoir et de formation les esprits pour lui substituer un grand centre d’animations ludiques.
L’enjeu de ce projet est ailleurs. La ministre est résolue à faire rentrer les réfractaires dans le rang.
Elle s’alarme d’ «une augmentation importante du nombre d’élèves scolarisés dans des établissements privés hors contrat du premier degré» mais elle ne s’interroge pas un instant sur les raisons de cette fuite loin des collèges publics ou privés sous contrat. Or, les réseaux alternatifs prospèrent sur la démission, la faillite de l’Education nationale. Et l’on peut être assuré qu’avec la réforme du collège qui doit entrer en vigueur en septembre 2016, le processus n’ira que s’accélérant, sauf naturellement si le ministère parvient à en interdire l’ouverture.
Et pourtant l’existence et l’essor de ces réseaux est une heureuse nouvelle: voilà quelque quarante-cinq années, depuis la décennie soixante-dix, que l’école ne remplit plus sa mission. Que les professeurs ont renoncé à transmettre le vieux monde aux enfants, à leur apprendre à le connaître et à l’aimer. Chaque réforme a vidé toujours plus de sa substance et de son sens l’école et certains adultes ont réagi. Combien encore de générations perdues? se sont-ils demandés et plutôt que de regarder passivement les ruines s’amonceler, ils se sont retroussé les manches et ont créé ces réseaux alternatifs ou ont renoué avec le principe aristocratique du précepteur à domicile.
Ces initiatives prouvent que tous les adultes n’ont pas signé la reddition avec l’exigence, l’excellence, l’instruction, le besoin fondamental de l’être humain d’être inscrit dans un monde, dans une histoire, d’être riche d’une langue et de sa littérature, bref d’engendrer des héritiers de notre civilisation – on conçoit la haine venimeuse que de telles ambitions doivent inspirer à la ministre. Des héritiers! Ce mot banni du discours des progressistes fécondé par Pierre Bourdieu.
Ces initiatives prouvent que tous les adultes n’ont pas signé la reddition avec le besoin fondamental d’engendrer des héritiers de notre civilisation. Des héritiers ! Ce mot banni du discours des progressistes fécondé par Pierre Bourdieu.
Quant aux critères qui permettront d’apprécier ces établissements, et de leur octroyer le droit ou non d’ouvrir ou de se maintenir quels seront-ils? Ceux de l’éducation nationale et de ses pédagogies? Le risque est grand alors de voir se tarir le développement de ces écoles puisque leur raison d’être est d’offrir un contrepoids à l’enseignement étatique.
Pour endiguer la fuite hors des établissements publics comme privés de l’Éducation nationale, les professeurs et les proviseurs devraient, comme les médecins ou les journalistes, avoir la possibilité de faire valoir une clause de conscience et de refuser d’appliquer les diktats du ministère.
Pour lutter contre les « décrocheurs », ces élèves qui quittent l’école sans diplôme ou qualification, le Plan Valls pour les jeunes prévoit que les lycéens boursiers de 16 à 18 ans qui reprendront leurs études recevront une prime de 600 euros. N’est-ce pas un couteux emplâtre sur une jambe de bois ? Les décrocheurs ne sont-ils pas le symptôme d’un décrochage beaucoup plus large du système éducatif dans son ensemble ?
J’ignore si cette mesure sera coûteuse ou non mais je la tiens pour extrêmement dégradante et pour Manuel Valls qui la propose et pour la jeunesse à laquelle elle est destinée.
La proposition de Manuel Valls est en parfaite cohérence avec la logique utilitariste et consumériste qui a investi l’école ces dernières années. Les politiques, les professeurs, les chefs d’établissement, les journalistes ont les yeux rivés sur le classement PISA qui émane de l’OCDE, les critères d’évaluation sont donc économiques. L’école n’est d’ailleurs plus le lieu de la transmission des savoirs, mais de l’acquisition des «compétences» – la substitution est éloquente: on rappellera que les DRH et autres spécialistes préconisent d’ouvrir son Curriculum Vitae par une rubrique précisément intitulée « compétences ». On ne forme plus à l’école des êtres capables de penser, de juger, mais des spécialistes de la solution des problèmes, de bons techniciens.
L’homme y est réduit à un agent économique. Nul n’envisage d’éperonner chez ces jeunes gens plutôt que la passion de l’argent, la passion de comprendre, d’explorer la condition humaine, tous ont renoncé à leur faire découvrir la jouissance d’avoir les mots pour dire les choses…On m’objectera que c’est utopique, je ne le crois pas: il faut faire le pari de l’intelligence, tenter d’aiguillonner en tout homme l’éros de la connaissance.
Je rappellerai ces magnifiques mots du général De Gaulle destinés à la jeunesse lors de ces vœux du 1er janvier 1969, soit quelques mois après les événements de mai: «Dans mes discours, j’aurai toujours mis l’accent sur le relèvement du franc, sur la prospérité économique, comme s’il n’y avait que cela qui comptait à mes yeux et aux vôtres, alors que je suis catholique, l’un des derniers chefs d’État à en faire ouvertement profession. C’est là encore une des contradictions de ma vie. Comme si je ne savais pas que vous avez une âme!» Il serait bon que nos politiques n’oublient pas que l’homme n’est pas qu’un homo economicus.
Vous avez raison, le décrochage concerne le système éducatif en son entier. La plus grande incertitude règne quant au sens de l’école, y compris du côté des enseignants. Eux aussi ont décroché en quelque sorte: un professeur de français d’une classe de Cinquième qui vous explique, ainsi que j’ai pu le lire dans Le Figaro (21 mars 2016), qu’elle «a choisi d’entrecouper l’étude du Roman de Renart ou des Fourberies de Scapin, d’une lecture qu’elle nomme ”plaisir”, à savoir un roman jeunesse de science-fiction», ne sait plus pourquoi elle est là, devant ses élèves. Elle aussi, semble-t-il, prendrait bien le chemin des écoliers….
Un peu plus de quatre ans après l’élection de François Hollande, que reste-t-il de la priorité accordée aux jeunes ? Que restera-t-il en particulier de la philosophie et de l’action de Najat Vallaud-Belkacem rue de Grenelle ?
Si accorder la priorité à la jeunesse, c’est se soumettre à ces prétendues attentes, l’encapsuler dans « son » monde, dans « sa » culture ainsi qu’on le fait depuis les années Mitterrand/Lang, si lui donner la priorité, c’est confier au rappeur Black M la commémoration du centenaire de Verdun, ou laisser la jeunesse déferler entre les tombes de la nécropole de Douaumont [Robert Redeker , «Nous n’étions plus à Douaumont mais à Verdun Pride»] , alors François Hollande n’aura pas failli à sa promesse.
Mais si l’on se fait une idée plus noble de la jeunesse alors on peut conclure à son immolation, au regard précisément de l’école qu’il laissera derrière lui.
La réforme du collège qui entrera en vigueur en septembre parachève la transformation de l’école comme instance de transmission – je dis «parachève» car le processus était déjà bien avancé – en centre d’animations et celle des professeurs en gentils organisateurs d’activités culturelles et «ludiques». Nous assistons une véritable tyrannie du « ludique » qui s’exerce dans tous les domaines de la culture, de la science.
La ruse de la ministre a été d’entremêler dans un même projet une réforme des programmes et une refonte du collège, de ses pratiques d’enseignement et de son organisation pédagogique. Or, c’est ce second volet qui est le plus décisif.
La philosophie, pour reprendre votre terme, de Najat Vallaud-Belkacem, sa volonté d’abolir l’école comme instance de transmission des savoirs, s’incarne dans l’instauration des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. L’argumentaire qui les justifie est totalement fallacieux: il s’agirait de permettre aux élèves de faire travailler les connaissances acquises, mais la possibilité même d’acquérir des connaissances est définitivement hypothéquée par cette nouvelle organisation.
Je milite pour des cours de maintien à l’école. Tout commence par le corps, disait Nietzsche, admiratif du XVIIe siècle français et de son principe : « Ne jamais se laisser aller ».
En quoi consisteront ces EPI? En activités pratiques, créatives qui associeront plusieurs disciplines où l’élève sera toujours en orbite, avec un professeur qui supervisera les activités, s’autorisera à l’occasion à distiller quelques bribes de son savoir. Mai 68 avait eu raison de l’estrade mais le dispositif scénique de la classe maintenait la séparation du maître et de ses élèves. Désormais, il sera parmi eux, soit leur parfait égal. Or, «abolir la transcendance du maître» disait Maurice Blanchot, c’est détruire les conditions mêmes de la transmission. L’asymétrie qui s’incarne dans l’espace renvoie à la polarité temporelle qui sépare l’élève du maître – le professeur est le représentant d’un monde vieux, qui précède et excède l’enfant.
La culture, la formation de l’esprit n’est pas qu’une question de contenu, elle suppose certaines dispositions: pour recevoir des connaissances, il faut être capable d’attention, de calme, d’oubli de soi… Je milite pour des cours de maintien à l’école. Tout commence par le corps, disait Nietzsche, admiratif du XVIIe siècle français et de son principe: «Ne jamais se laisser aller». Mais Najat Vallaud-Belkacem ne voit dans la concentration, les «haltes méditatives» (Marc Fumaroli) qu’ennui, passivité dont il faut triompher.
Voilà ce qui restera du passage de Najat Vallaud-Belkacem rue de Grenelle. N’exonérons pas cependant de leur responsabilité le Président naturellement, mais non moins le Premier ministre car c’est sous son autorité que s’accomplit cette réforme. Ce qu’on ne saurait pardonner à un homme qui se réclame volontiers d’Alain Finkielkraut, lequel a fait de l’école républicaine un des grands combats de sa vie !
Il y a presque vingt ans, en juin 1997, Claude Allègre proposait de « dégraisser le mammouth ». Le ministère de l’Éducation nationale est-il encore réformable ou, paralysée par la rencontre de crispations idéologiques et de préservation d’intérêts particuliers, faut-il attendre qu’il implose pour « refonder l’École », formule qui fut utilisée par tant de ministres successifs ?
Je ne pense pas que Claude Allègre ait aspiré à renouer avec une école de la transmission et de l’intégration, il entendait adapter l’école aux exigences du marché, mais là n’est pas votre question.
L’école a déjà implosé. Personne cependant n’a encore eu le courage de prendre à bras-le-corps cette réalité.
Aussi l’institution scolaire vivote-t-elle, maintenue, sans conviction, dans un entre-deux crépusculaire: elle n’est plus l’école républicaine telle que conçue par ses fondateurs mais elle n’est pas non plus encore tout à fait autre chose. En tout cas jusqu’à la rentrée prochaine. Et quoi qu’il en soit, le grand remplacement se fera sournoisement. Personne n’est prêt à assumer la responsabilité d’être le fossoyeur de l’école républicaine, d’en prononcer le requiem.
Refonder l’école n’est pas un vain projet. Le statu quo n’est nullement souhaitable. Sauf que jusqu’à présent, les ministres ont botté en touche. Si le mot refondation a un sens, il implique de s’interroger sur les bases, les fondements de l’école et donc ses finalités. Il conviendrait de toute urgence d’instaurer des états généraux de l’école. Une seule question devrait aujourd’hui nous requérir: pour quoi l’école ? l’école pour quoi faire ? Quels sujets voulons-nous former dans les écoles de la République : des agents économiques, des êtres compétitifs sur le marché du travail, ainsi que nous y enjoint le rapport PISA ? Des hommes cultivés, capables d’une pensée argumentée et d’un jugement autonome ? Des citoyens c’est-à-dire des êtres « ouverts à une responsabilité », selon la belle définition de Vaclav Havel ? Voulons-nous une école qui renoue avec sa mission d’intégration et d’assimilation et travaille, par la transmission de l’héritage, à refabriquer des Français, qu’ils soient de souche ou non, car après quarante-cinq années d’éducation progressiste, tout est à rebâtir ?
L’instauration de tels états généraux est nécessaire, et l’on aurait pu penser que les attentats islamistes qui nous ont frappés en 2015 y inciteraient, voire les imposeraient. Au lendemain des tueries de janvier, lorsque l’identité des terroristes fut connue, que l’on apprit qu’ils avaient été scolarisés dans nos établissements, l’école se trouva au centre des questions mais tout continua comme avant.
Le président de la République décréta une « grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République », quand il eût fallu décider d’une grande mobilisation en faveur de l’instruction. Il encouragea la multiplication des débats au sein des classes, quand il n’y aurait rien de plus urgent que de faire taire les élèves. À leur donner la parole sans cesse, on les entretient dans l’illusion qu’ils pensent. Or, pour penser, il faut posséder la langue, une langue qui se cultive au contact de la littérature. Et c’est précisément la mission de l’école que de leur apprendre à former, élaborer une pensée articulée, argumentée. Jusqu’à plus ample informé, contre l’obscurantisme, contre les théories du complot et autres discours de propagande, nous n’avons d’autres armes que l’apprentissage de la pensée complexe, de l’esprit critique qui ne se confond pas, contrairement à ce que certains professeurs ont tendance à croire, avec l’indignation. Il est l’art d’établir des distinctions, de séparer comme le dit son étymologie grecque.
S’il avait un instant pris la mesure de ce qui nous arrivait, François Hollande aurait sans délai et avec la dernière énergie, remisé au placard la réforme du collège que son ministre de l’Education nationale devait présenter quelques semaines plus tard et qui jette la dernière pelletée de terre sur l’école comme instance de transmission, d’intégration et d’assimilation.
Alexis Feertchak 24/06/2016 – Source : LeFigaro.fr
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