
Le proxénétisme des enfants rapporte gros. Nous avions déjà décrit l’obscur mécanisme qui a poussé un grand nombre de narcotrafiquants à délaisser le commerce de la drogue pour celui, moins risqué et plus rentable, des mineurs. Michel Amas, avocat au barreau de Marseille, a dédié son activité à la défense des familles d’enfants placés. Il dresse un tableau absolument effarant de l’Aide Sociale à l’Enfance, tout en déplorant que les mesures les plus urgentes pour endiguer ce fléau ne soient pas mises en œuvre.
« Le phénomène de la prostitution des mineurs placés a flambé »
Michel Amas ne mâche pas ses mots, et il est partout. Des plateaux des grandes chaînes de télévision, aux ondes des médias indépendants, des rangs du RN à ce de LFI, à l’Assemblée nationale. Parce qu’il y a des sujets qui transcendent les partis et les idéologies. Et le sien est urgent, puisqu’il s’agit des 20 000 enfants réduits à la prostitution à partir des structures de l’Aide sociale à l’enfance, l’ASE.
Partout, il rappelle inlassablement qu’un enfant placé est transformé en quelques mois en prostitué par l’État français. Pour la précision, par les départements, puisque ce sont ces derniers qui gèrent l’ASE. C’est la raison pour laquelle, avec d’autres magistrats, il a porté plainte contre plusieurs présidents de départements pour faute grave, et entend étendre les mises en accusation à tous les départements où ce fléau est constaté.
Il rappelle inlassablement deux données qui sidèrent : avant le placement, l’enfant ne se prostituait pas. Il se prostitue parce qu’il a été placé, et une fois placé son destin échappe complètement aux services en charge de sa protection.
Les agressions sexuelles et les viols sur les lieux de placement sont récurrents. Dans les foyers, les plus petits ou les plus vulnérables sont souvent abusés par les plus grands. Mais il dénonce aussi « une pandémie de prostitution forcée des filles placées« . Les réseaux de stupéfiants, qui ont compris il y a quelques années que l’ASE ne protège pas les mineurs dans les foyers, s’y sont lancés tête baissée. Le mécanisme est bien connu : par la contrainte physique, les menaces de mort sur les parents, les frères ou les sœurs, ou par la drogue, ils réduisent les enfants placés en état d’esclavage sexuel. Car il ne s’agit pas de prostitution, comme il ne s’agit pas de fugue lorsque les enfants sont introuvables : « à onze ans, le but de sa vie ce n’est pas de se livrer à la pédophilie. »
Dysfonctionnements et mesures d’urgence
Cette situation ubuesque est rendue possible par un fait aussi surprenant que scandaleux : les foyers sont ouverts. En effet, contrairement à toute autre structure fréquentée par des mineurs, dans les foyers, les enfants placés ont la possibilité de quitter librement l’édifice sans que les éducateurs puissent s’y opposer. Et lorsque ces derniers savent que le jeune ou l’enfant est contraint à la prostitution, aucun signalement n’est fait.
Mais malgré le tapage autour du sujet, ces mesures de bon sens – qui ne nécessitent aucun moyen financier – ne sont toujours pas mises en œuvre par les institutions. Pas plus que la fermeture du principal site internet où sont vendus ces enfants, chose évoquée à l’Assemblée nationale en juin, mais qui sept mois plus tard, est toujours accessible.
Ce grave manque de surveillance est accompagné d’une absence de suivi médical pour les victimes et de traitement pour les agresseurs, notamment lorsqu’il s’agit de mineurs placés qui ont appris la sexualité à travers la violence et qui ciblent les plus vulnérables. Quant aux pédocriminels, les « peines » encourues sont dérisoires : à Albi, des clients ont écopé d’une amende de 800 euros pour des « relations sexuelles tarifées » avec des mineurs.
Enfin, Michel Amas considère qu’un grand nombre de placements sont abusifs et pourraient être évités. Une diminution significative de ces derniers, à remplacer par un accompagnement des familles en difficulté, pourrait atténuer le problème et apaiser une machine devenue criminelle.
Manque de moyens ?
Sur les ondes de Radio Courtoisie, Michel Amas récuse l’argument du manque de moyens avancé par les départements, rappelant que 11,3 milliards ont été dévolus à l’ASE. Et que les mesures ci-dessus évoquées – fermeture des portes des foyers, audience auprès du juge dès que l’absence de l’enfant est constatée, clôture immédiate des sites où les enfants sont vendus – sont gratuites.
Et de se demander : « où sont ces 11 milliards ? » Ayant observé, au sein de l’institution, le nombre élevé de professionnels non formés, l’absence de contrôle à tous les échelons et le manque de suivi médical et thérapeutique, l’interrogation est plus que légitime.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : RawPixel
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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