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Chiffres de l’immigration : un « sentiment de submersion », disait Bayrou…

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Jamais les Français ne se sont à ce point dressés contre la submersion migratoire : les intentions de vote en faveur du Rassemblement national et de Reconquête lors des futures présidentielles suffiraient à en témoigner. En réponse à cette préoccupation majeure des électeurs, à leur angoisse devant la perte d’identité de leur pays, de leur culture, au constat quotidien de la mise en danger d’un peuple, le pouvoir macroniste répond par un autre record : jamais la France n’a accueilli autant d’étrangers sur son sol.

Le Ministère de l’intérieur et sa Direction générale des étrangers en France, une entité du ministère, estime donc officiellement que notre pays accueillait au 31 décembre dernier 4,5 millions d’étrangers en situation régulière. Fin 2016, avant l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée, le "stock de titres détenus par des ressortissants de pays tiers" était selon la même source de... 2,9 millions "seulement" si l'on peut dire. Si l’on ajoute aux 4,5 millions d'étrangers en situation régulière actuellement les immigrés clandestins (700.000, selon le ministre de l’intérieur Laurent Nunez), on passe allègrement la barre des 5 millions d’étrangers, soit plus de deux fois la population de Paris (2,1 millions d’habitants). Par comparaison, ces 5 millions dépassent la population cumulée de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes et Montpellier, soit les sept plus grandes villes françaises ! Ce chiffre gigantesque n’est toujours pas maîtrisé puisqu’il bondit, toujours en 2025, de 3,2% sur un an, selon la même source. Le défi migratoire posé au successeur d’Emmanuel Macron atteint des proportions historiques. Les voies d’eau semblent désormais hors de contrôle.

Parmi les communautés étrangères les plus nombreuses sur notre territoire, les Algériens sont désormais 658.000 dans un pays qu’un certain nombre d’entre eux détestent… Les Marocains sont 621.000, les Tunisiens 312.000, les Turcs 232.000…

Les premiers titres pour motif humanitaire, +65%

Submergée, la France joue pourtant toujours la bonne auberge. Elle a octroyé l’an dernier 39.000 premiers titres de séjour, un chiffre en hausse de 11,2%. La France abrite donc une cohorte de 384.000 immigrés titulaires d’un premier titre de séjour : c’est davantage que la population de Nice. Les renouvellements de titres sont logiquement aussi en hausse (+7,6%). Loin de sonner le tocsin et de protéger une population ébranlée par un flux plus impétueux que jamais, le pouvoir étend encore ses bras. Les premiers titres délivrés pour motif humanitaire et notamment ceux relatifs à la protection subsidiaire et aux réfugiés et apatrides bondissent de... 65% ! Ils représentent 36.000 des 39.000 premiers titres de séjour. La France, dure avec les nôtres, mais généreuse avec tous les autres.

Pour être accueilli en France, les candidats à l’immigration ont l’embarras du choix des moyens. La voie la plus simple est celle du statut étudiant : 30,7% des premières délivrances de titres de séjour sont octroyées à des étudiants, réels ou supposés, jeunes ou moins jeunes, diplômés ou jamais vus dans nos écoles et amphithéâtres. Il est également assez simple d’invoquer un motif humanitaire : ce contingent arrive en seconde position (24,1% des primo délivrances). Si les deux premiers n’ont pas donné le résultat espéré, il reste le regroupement familial ou un autre motif familial, très présent lui aussi à la Cour de justice du droit d’asile (23,7%). Il suffit d’expliquer qu’une partie de la famille est française ou que l’on a des liens personnels et familiaux avec la France… Enfin, le motif économique est le parent pauvre de notre immigration alors même que la macronie et la gauche jurent sur tous les tons que nous avons besoin d’une immigration de travail.

Marocains, Algériens, Tunisiens, Afghans...

Enfin, les difficultés d’intégration manifestes dans nos banlieues n’y changent rien : la France accueille toujours les mêmes, ressortissants d’Afrique du nord en tête. Le contingent marocain (36.100 premiers titres de séjour délivrés à des Marocains, estimation 2025) arrive devant les cohortes algérienne (28.000), tunisienne (21.100) ou afghane (18.000), loin devant les Ukrainiens (14.000, +306%) touchés par une guerre impitoyable.

Le ministère ne peut être plus clair : « Parmi ces nationalités, près d’un tiers des primo-délivrances de titres concernent les ressortissants africains (32 %). Même si le nombre de titres primo-délivrés aux ressortissants des pays du Maghreb est en baisse en 2025 de -2% à -6%, ces derniers sont toujours de loin les plus nombreux parmi les nouveaux titulaires d’un titre de séjour ».

Pour maintenir cette politique, tous les partis de LR à LFI se sont donnés la main lors des dernières élections législatives : il fallait faire face au danger de l’arrivée du RN. Le premier ministre Français Bayrou admettait en janvier 2025 « un sentiment de submersion » migratoire. Un sentiment chiffrable, donc. Et glaçant.

Marc Baudriller

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