
Le meurtre de Quentin renvoie à une forme de basculement sociologique parfaitement perceptible, d’une gauche qui se raidit car elle perd son monopole de la « bonne » pensée, renvoyée dans ses filets non pas par la droite, mais par la réalité. Elle a de fait, depuis des décennies, non seulement le monopole du coeur, comme l’avait pourtant réfuté Valéry Giscard d’Estaing, mais aussi le monopole des institutions, noyautant l’enseignement, la justice, les médias et les instances comme le Conseil Constitutionnel ou la Cour des comptes. Et le basculement de l’opinion vers ce que la gauche appelle l’extrême droite, est en réalité un simple instinct de survie de la population qui veut continuer à exister en tant que nation française. Cela l’inquiète, car elle a peur de perdre tous ces monopoles qui lui permettent peu ou prou de faire passer l’idéologie avant le pragmatisme, quitte à nous ruiner et nous ensauvager.
C’est là qu’intervient le principe de réalité, pour invalider toute la rhétorique de gauche. Non, l’immigration arabo-musulmane n’est pas une chance pour la France, maintenant ça se voit bien et tout le monde l’a compris. Non, la sur représentation des minorités sexuelles n’est pas non plus une bonne chose, l’homosexualité n’est pas une qualité en soi. Non, la féminisation n’apporte rien de particulier, s’il suffisait de remplacer les hommes par des femmes pour que tout aille mieux, cela se serait vu. Nous avons Von-der-Leyen à la tête de l’Europe et Lagarde à la tête de l’Euro, est ce que pour autant, tout va bien mieux ? Non, se pâmer devant les cultures africaines et l’islam et pratiquer l’aide au développement ne nous apporte pas le moindre retour sur investissement. Tout se ligue, dans le réel, pour invalider les unes après les autres, les grandes idées du gauchisme, au point que la seule solution dorénavant, pour avoir raison, faute de pouvoir encore remplacer le réel par du discours, comme la gauche le pratique depuis 40 ans, c’est de tuer son contradicteur.
Le vivre ensemble n’existe pas, l’enrichissement culturel n’existe pas, la mixité heureuse n’existe pas, la société multiculturelle n’existe pas, la mixité sociale n’existe pas, la mixité ethnique n’existe pas, les jardins partagés sont de la foutaise, les moyens de transports partagés ne fonctionnent nulle part dans le monde, l’industrie décarbonée n’existe pas, l’égalité n’est pas de ce monde et tous les chevaux de bataille de cette gauche, ressassés à longueur d’antenne, sont morts et tout le monde s’en rend bien compte. Coluche, pourtant pas un dangereux nationaliste, avait pourtant prévenu dans un sketch qui n’en était pas vraiment un : « Tout le monde est égaux, mais pour ceux qui sont petits, moches, cons et noirs, ça va être dur ». La boutade est parfaitement réaliste, on aura beau faire, le beau grand intelligent d’une famille riche et instruite aura toujours une longueur d’avance. Chez les gaullistes, nous plaçons notre ambition ailleurs, non pas l’égalité qui ne peut se faire que dans la médiocrité, mais dans une place honorable pour chacun, quel que soit son niveau de compétence, dans une société de respect et de sécurité.
L’arrestation et l’incarcération des militants gauchistes qui ont tué Quentin va être l’occasion de tester les forces en présence, l’ampleur du soutien à Quentin et celui du soutien à ses meurtriers. A savoir si l’extrême gauche va entamer le bras de fer violent avec les institutions, pour faire pression pour la libération des siens et les capacités de réaction d’un état qui a plié à Notre-Dame-des-Landes, par exemple. Cet épisode va permettre d’évaluer la quantité de population qui est du côté des gauchistes et celle qui arrive à la conscience, dont beaucoup de jeunes, que le modèle de société islamo-stalinien proposé par ces gens n’est pas viable. Qui arrive aussi à la conscience que l’autre modèle de société proposé par Macron, Von-der-Leyen, fait de surveillance numérique, de dette, de guerre et d’un vivre ensemble qui ne marche pas, n’est pas viable non plus. Tout ce petit monde a peur de l’élection d’un prochain président susceptible de renverser la table et se raidit dans l’espoir de l’empêcher d’arriver et de mettre en place un autre paradigme. De-Gaulle est parti en 1969, sur la base d’un référendum perdu, à 52 % de non, ce qui est pourtant bien mieux que l’actuelle popularité de Macron. Mais à cette époque, le travail payait, l’optimisme régnait, la délinquance était dérisoire, le budget équilibré et la France inventive et laborieuse, le tout sans l’immigration arabo-afro-musulmane, ou si peu. On laisse chacun se rendre compte de ce qui a changé depuis et si cela nous a vraiment apporté quelque chose de positif.