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Tous « fachos »… même Hugo Clément !

hugo clément
Souvenez-vous : en avril 2023, le militant écologiste Hugo Clément avait créé la surprise en acceptant une invitation de nos confrères de Valeurs actuelles. Il s’était rendu au Palais des sports, à Paris, où il avait notamment débattu face au président du RN, Jordan Bardella. Mais, à gauche, sa participation à un événement associé à la droite avait été vivement critiquée. « À lire certaines réactions, venues du milieu de l’écologie politique ou de l’extrême gauche, il ne faudrait pas débattre avec l’extrême droite mais "la combattre" », avait alors réagi l’intéressé, sur X. Je trouve cette vision de la politique affligeante […] Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter. » Un certain Raphaël Arnault s’était montré tout particulièrement virulent : « Hugo Clément s’est donc rendu chez Valeurs actuelles pour discuter avec tout le gratin néofasciste. Nous avons pris acte », avait écrit celui qui n’avait pas encore été condamné pour violences volontaires en réunion.

Ce 18 février, Hugo Clément a finalement répondu aux accusations du militant « antifa », dont plusieurs collaborateurs sont mêlés au meurtre du jeune Quentin Deranque« Vous voyez Raphaël Arnault échanger, discuter, débattre, c’est sûrement imparfait, mais c’est toujours mieux que la violence et le lynchage d’un homme à terre. Quand le débat n’est plus possible, la haine déferle. Le sectarisme conduit, à la fin, au drame. »

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La controverse entre gens de gauche aurait pu s’arrêter là, mais c’était compter sans la brillante députée LFI Nadège Abomangoli. « Le facho pseudo-écolo est de sortie », a ainsi sobrement commenté l’élue du 93, ce 18 février.

Une étiquette aussi stupide…

Dès le lendemain, Hugo Clément a réagi à cette qualification infamante. « Cette députée, première vice-présidente de l’Assemblée nationale, insulte publiquement et bloque les réponses. À force de vider les mots comme "facho" de leur substance, madame, ils ne veulent plus rien dire, a répondu le militant écolo. Cette brutalisation de la vie publique et cette manière de coller des cibles sur le dos de vos adversaires et des journalistes ne peut conduire qu’à des drames. »

C’est peu dire, en effet, que l’étiquette de « facho » est galvaudée. À l’origine, le terme « fascisme » renvoie au régime de Mussolini de 1922 à 1945. Par extension, il désigne tout mouvement politique s’appuyant sur un pouvoir fort, le rejet des institutions démocratiques et la répression de l’opposition. En quoi cette description correspond-elle, de près ou de loin, à Hugo Clément ? En rien, évidemment, mais le terme « facho » permet à la gauche de salir moralement tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de son dogme et de désigner à la meute les ennemis à abattre.

… que dangereuse

Aujourd’hui, à peu près la moitié de l’humanité serait « facho », ou c’est du moins la thèse d’une certaine gauche politique et médiatique. Ce diagnostic s’applique avant tout aux « droites extrêmes », de Marine Le Pen à Donald Trump en passant par Javier Milei et Benyamin Netanyahou, mais chacun, ou presque, est susceptible d’y passer. Jusqu’à François Hollande, accusé par LFI de « paver la voie au fascisme » ! Cette vision paranoïaque du monde serait risible si elle ne menait pas à des drames. Car la fascisation procède de la même logique que la nazification : il s’agit de déshumaniser un opposant et justifier les passages à l’acte violents. Puisque le « facho » est l’ennemi de l’humanisme et des libertés, alors, tout doit être fait pour le mettre hors d’état de nuire. C’est ainsi au nom de cette lutte contre un « fascisme » fantasmé qu’on a assassiné Charlie Kirk, puis qu’on a lynché à coups de pied dans la tête Quentin Deranque.

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À méditer, cette phrase de l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler : « Ils ne vous tuent pas parce que vous êtes fasciste. Ils vous traitent de fasciste pour vous tuer. »

Jean Kast

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