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  • Hollande sur France 2: un Monsieur Bricolage sans audace

     La prestation télévisée de François Hollande n'a pas convaincu les éditorialistes, qui la jugent "fade" et fustigent le manque d'"audace" du chef de l'État, qui dégaine une "boîte à outils" à la "Monsieur Bricolage" face à une crise et une colère profondes.

    Pour de nombreux éditorialistes, le chef de l'État ne s'est pas montré à la hauteur de la situation, car, résume Jean-Michel Servant (Le Midi Libre) il lui "manque encore l'essentiel pour vaincre la crise : l'audace du combattant".¢

    "Nul ne s'attendait à des annonces fracassantes", souligne Éric Decouty dans Libération, mais l'intervention télévisée du président s'est révélé "souvent fade, presque banale" et a été marquée par une "absence de pédagogie" et "une étonnante confiance" au regard de la situation économique et sociale.

    Paul-Henri du Limbert (Le Figaro) enfonce le clou: "l'Élysée avait prévenu : il ne fallait pas attendre monts et merveilles de l'intervention télévisée du chef de l'État. On ne peut lui donner tort. Fidèle à sa manière, le chef de l'État n'a pas dit un mot plus haut que l'autre, et il a expliqué en substance qu'une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour".
    "Contre la crise qui ravage tout sur son passage, François Hollande s'arme, dit-il, d'une nouvelle +boîte à outils+", ironise l'éditorialiste du Figaro, mais le président dispose de "petits tournevis" et de "clous de tapisserie, quand il faudrait des ponceuses et des rabots".

    "Cela fait un peu +Monsieur Bricolage+", s'amuse Jean-Pierre Ténoux (L'Est Républicain), qui juge que M. Hollande "est resté comme toujours prévisible".

    "Pour le président, +la boîte à outils existe, il suffit d'un peu de patience pour obtenir des résultats+. Mais les Français n'en ont plus", assène Hubert Coudurier (Le Télégramme).
    Tout cela ne constitue ni "un tournant du quinquennat", "ni le +changement de braquet+ attendu par la gauche du PS", déplore Hervé Favre (La Voix du Nord).
    "Une fois encore", François Hollande "n'a pas écouté les conseils de ceux qui lui suggéraient de renverser la table et d'annoncer des mesures fortes", analyse Bruno Dive (Sud-Ouest). "Il s'est contenté d'ajuster la nappe, de déplacer quelques couverts... Du pur Hollande".
     "Quand la terre tremble", note Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d'Alsace), "il est difficile de se passionner pour le réaménagement de la cuisine et du salon, aussi pertinent soit-il. C'est le drame de cette présidence".
    "Les millions de téléspectateurs de France 2, hier soir, ne caressaient pas d'illusions en écoutant François Hollande", renchérit Patrick Apel-Muller (L'Humanité). "Mais l'exercice de pédagogie soigneusement préparé par les experts de l'Élysée a semblé tourner à vide" et le président "sensible aux appels des milieux patronaux ou conservateurs" reste en revanche "sourd à la colère larvée qui parcourt le pays".¢
  • Qui veut la peau de Roger Gentil ?

    Qui veut la peau de Roger Gentil ? Décidément, on ne sait plus très bien différencier les innombrables séries policières de la télévision des tout aussi innombrables rebondissements judiciaires de la vie politique française…

    Ainsi donc, le juge Gentil, passé de l’anonymat à la médiatisation – telle la France en 1981 de l’obscurité à la lumière(1) – pour avoir mis en examen l’ancien président Nicolas Sarkozy, fait l’objet de menace de mort. Par courrier reçu dont l’enveloppe contenait, outre « des menaces caractérisées », des « munitions d’arme de guerre » ! Rien de moins !

    Mais rien de plus, non plus ! Notez que c’est peut-être un début seulement, mais déjà médiatisé, le Juge accède désormais au statut de citoyen en danger…

    Grave, le danger ! On conviendra qu’il est effectivement difficile à n’importe quel déséquilibré ou crétin notoire, de poster un courrier d’injures et de menaces, accompagné de trois « bastos »…

    On frémit à l’idée qu’un tel déséquilibré ou crétin notoire n’en reste pas là et décide, horreur ! de planter des aiguilles dans une poupée à l’effigie de Jean-Michel Gentil, le nouveau Roger Rabbit(2) de la Magistrature.

    Voici donc ce dernier devenu digne des héros de Thrillers… et avec lui, le très gauchisant Syndicat de la magistrature (SM) qui en est tout autant, et à son habitude, médiatiquement « bouleversifié » ! Et de crier haro sur les proches de Nicolas Sarkozy ayant un peu trop martelé leur indignation devant micros et caméras après la mise en examen de leur supposé prochain candidat à la Fonction Suprême… dont Henri Gaino, ancien conseiller spécial de l’ancien président, quasi-nommément accusé d’avoir sinon envoyé le courrier malveillant, du moins de l’avoir fortement inspiré par sa déclaration sur le juge Gentil qui aurait « sali » la Justice française.

    « Évidemment, les menaces de mort contre n’importe qui sont insupportables et totalement condamnables, a répondu Henri Guaino, mais je trouve que la position prise par le syndicat de la magistrature est effrayante (…) Je ne me sens à aucun moment responsable de ça », a-t-il également précisé.(3)

    D’autant qu’une telle mascarade contre le Juge ne peut, à tout bien réfléchir, que desservir les intérêts de l’ancien président et des siens dans l’Opinion publique… pour ceux qui se laisseraient aller à gober, ne serait-ce qu’un court instant, la probabilité d’un danger réel.

    Imagine-t-on un instant qu’un juge, a fortiori Jean-Michel Gentil, puisse se laisser impressionner par un tel courrier ? Qu’il décide, taraudé par la frayeur, d’annuler la mise en examen de son si célèbre « présumé innocent » ?

    Imagine-t-on également qu’un criminel potentiel, bien décidé à passer à l’acte, mettrait en garde sa victime avant de la zigouiller ?

    Le criminel décidé, pas davantage que le candidat au suicide, ne prévient de ses intentions… Malfaisant ou taré, certes, mais pas forcément idiot quand même !

    Philippe Randa http://www.voxnr.com

    Notes :

    (1) Rappelons qu’il s’agissait là d’une forte déclaration de Jack Lang saluant l’élection de François Mitterrand à la Présidence la République.
    (2) Référence au film humoristique américain des studios Disney Qui veut la peau de Roger Rabbit ?
    (3) www.lefigaro.fr.

  • Le retour des Turcs « allemands »

    [Article du journaliste Laurent Glauzy en exclusivité pour Contre-info]

    Depuis 2006, les flux migratoires entre l’Allemagne et la Turquie ne cessent de s’inverser. En 2009, pour la première fois, 40 000 immigrés d’origine turque ont quitté l’Allemagne pour rejoindre le pays du Bosphore en plein essor économique, tandis que 30 000 de leurs compatriotes entreprenaient le chemin inverse. Grâce à la formation professionnelle reçue en Allemagne, les rapatriés turcs « allemands » peuvent prétendre à de meilleurs salaires et à des postes plus attractifs.

    Nombreux sont aussi les jeunes Turcs qui, ayant le mal d’un pays connu à travers les vacances, décident aujourd’hui de boucler leurs bagages pour s’engager dans l’armée. Leurs rêves se brisent dans la dure réalité d’une caserne d’Antalaya entre les gardes, les corvées et les ordres d’un sous-officier qu’ils ne comprennent pas. Ces recrues parlant souvent mieux le bavarois que le turc sont considérées comme des étrangers sur la terre de leurs ancêtres. Alors, après quelques mois, ils retournent définitivement en Allemagne. D’autres mettent à profit leurs économies pour ouvrir un commerce. La grande majorité des immigrés turcs sont de jeunes universitaires. « Un tiers des étudiants turcs vivant en Allemagne, envisagent leur carrière en Turquie, car par rapport à l’Allemagne le pays des origines offre un meilleur profil professionnel », argumente Marc Landau, Directeur de la chambre de commerce germano-turque. D’ailleurs, en Turquie, au siège de Mercedes-Benz, 30 % des employés occupant des postes de direction sont des Turcs « allemands ».

    Istanbul constitue le lieu de la plupart de ces retours. Le marché du travail y est prometteur et le choc des cultures y demeure supportable. Emine Şahin est architecte. Bien qu’elle eût une enfance choyée dans une petite ville du Land de Hesse, des amis allemands et une bonne scolarité, elle préfère tourner la page et quitter l’Allemagne. A Izmir, sur les bords de la côte occidentale, un emploi de chef de projet lui a été confié. Elle explique que « tous n’ont pas compris le potentiel que possède les Turcs d’Allemagne, car ils vivent entre deux mondes et sont déjà préparés à la globalisation ».

    L’élite de ces rapatriés se rencontre au Teras6, un bar bien fréquenté d’Istanbul. Ses membres désirent nouer des liens et former un réseau de connaissances. Ils redoutent cependant le contact avec cette culture inconnue et notamment avec la bureaucratie locale. C’est pourquoi, beaucoup de Turcs rechignent encore à partir d’Allemagne. Ils ne viennent pas comme des Turcs mais comme des Allemands : avec des valeurs et un mode de vie allemands. En Allemagne, certains universitaires d’origine turque préfèrent retarder leur projet de retour. Ils savent que leurs compétences seront concurrencées par des rémunérations encore trop basses : le salaire minimum est de 729 lires turques (380 euros) contre 170 euros pour l’aide au chômage. En outre, les nouveaux « rapatriés » sont perçus par leur « concitoyens » comme des rustres ou des prolétaires nouveaux riches arborant avec mauvais goût de fausses chaînes en or et conduisant des BMW en location. D’éminents Turcs d’Allemagne comme le régisseur Fatih Akin, le footballer Mesut Özil ou le Président des Grünen (écologistes) Cem Özdemir, surnommé par les médias turcs l’« Obama des Turcs », témoignent de cette réalité. Ces enfants d’immigrés sont l’objet en Turquie de beaucoup de scepticisme comme l’expose la chanteuse Şebnem Kisaprmak dans « Ich bin kein Deutschländer » (Je ne suis pas d’Allemagne). Elle parle sans scrupule de ces familles qui quittent l’Allemagne pour la Turquie, achètent un terrain, un bien immobilier et tirent vers le haut le prix du marché foncier. En préambule d’une rencontre de l’équipe nationale de football, quand la chanteuse pop belgo-turque Hadise Açikgöz entonna et écorna l’hymne national, elle a déclenché l’ire des nationalistes : « Elle n’a jamais été turque ; son turc est mauvais et elle n’a aucune connaissance de la culture turque », entendait-on. En 1969, Şükriye Dönmez était une enfant quand elle s’est installée avec ses parents à Kreuzberg, quartier populaire de Berlin (ouest) où elle vécut pendant quarante ans. Devenue actrice puis régisseur, elle habite maintenant dans un quartier culturel d’Istanbul qui ressemble à Kreuzberg. Elle y prépare un film sur le retour des Turcs d’Allemagne. Le titre sera « Kültürschock ».

    Ankara n’a jamais mené de politique d’aide au retour. En février 2008, à Cologne, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait même reproché à ses ressortissants d’avoir abandonné « leur identité turque » et qualifiait « l’assimilation des immigrés turcs en Allemagne de crime contre l’humanité ». Jusqu’à présent l’orientation de la Sublime Porte se limitait à l’envoi de quelques imams en Allemagne, où aucun institut culturel turc n’était recensé. Cependant, Ankara a changé d’optique et entend fonder un « bureau pour les Turcs à l’étranger », une institution vers laquelle la diaspora mais aussi les rapatriés pourront se tourner. Et si les missions précises de ce bureau ne sont pas clairement définies, il y a quelques semaines, Erdogan défendait ce projet portant « l’espoir de la Turquie qui entend la voix de ses frères ouvriers travaillant en Europe et en Allemagne ».

    Laurent Glauzy http://www.contre-info.com
    Juillet 2010
    Article tiré de Atlas de géopolitique révisée, tome II

  • Une fois la gauche éliminée…

    Dire que les Français n’attendent rien de l’intervention télévisée ce soir  de François Hollande  est une évidence. Un chef de l’Etat  qui semble attendre la « vague » de la reprise  américaine dont profiterait hypothétiquement  la zone euro pour donner un peu d’air à notre pays ou tous les indicateurs  économiques sont dans le rouge. Hier,   l’Insee a annoncé , selon ses indicateurs,  une baisse du pouvoir d’achat en 2012 (- 0,4%), la première officiellement depuis 1984. Les Français eux, savent plus justement qu’il subissent cette baisse  chaque année depuis dix ans avec  l’abandon du franc au profit de l’euro… Un Hollande dont l’impuissance  incarne assez bien les aphorismes de  son  compatriote corrézien, le radical-socialiste  Henri Queuille, trois fois président du Conseil  sous la quatrième république : «  Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » ou encore « La politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent »…

    Après 10 mois à l’Elysée  et des records d’impopularité, nos compatriotes,  les électeurs socialistes et même les élus du PS qui sentent leur base électorale se dérober sous leurs  pieds,  ont compris que le changement n’était pas pour maintenant , ni même pour après-demain. Comme  Marine Le Pen et Bruno Gollnisch l’avaient prédit, la sociale démocratie européiste qui sert  de  mauvaise boussole au chef de l’Etat et au gouvernement,   n’est en  rien une rupture avec le libéral-mondialisme à la sauce Sarkozy. C’est cette idéologie commune à la « droite » et à la gauche  qui lamine les classe moyennes, met nos travailleurs au chômage,  accélère a disparition des derniers pans  de notre industrie,  matraque nos entreprises, nos commerçants et artisans, en un mot  tiers-mondise  notre pays sacrifié sur l’autel  du Mammon Bruxellois.

    Le sondage ifop paru dans le quotidien gratuit Metro ce matin fait état des attentes des Français. Il démontre, sans grande surprise, que nos compatriotes souhaitent que M Hollande s’exprime en priorité  sur le « chômage » (54% de l’ensemble des Français, 66% des sympathisants de gauche, 46% des sympathisants de droite,   42% des sympathisants du FN),  le  «  pouvoir d’achat » (48%, de l’ensemble des Français,  56% des sympathisants FN, 55% des sympathisants de gauche, 35% des sympathisants de droite ),  la « réduction de la dette et des déficits publics » (38% de l’ensemble des Français,  52% des  sympathisant de l’UMP, 38% des sympathisants de gauche, 26% des sympathisants FN) ,  la « fiscalité » (27% de l’ensemble des Français, 34% des sympathisants de droite,  24% des sympathisants de gauche,   23% des sympathisants FN ).

     Viennent ensuite  l’ « immigration » (20% de l’ensemble des sondés ) et de  la « sécurité » (19% de l’ensemble des sondés),  qui  sont appréhendées également  comme prioritaires. Elles restent en tout cas deux questions  centrales pour respectivement  54% et 33%  des électeurs frontistes et marinistes,   contre seulement  26% et 21% des sympathisants UMP et 9% et 13% des sympathisants de gauche.

    Un sondage qu’il n’est pas inintéressant de comparer avec les analyses qui se sont succédées après le score impressionnant réalisé par la candidate FN  Florence Italiani  (48,59%) face à Jean-François Mancel dimanche dernier. Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au Sénat, a jugé lundi sur RMC  que si le deuxième tour de la législative partielle dans l’Oise avait opposé un PS et un FN, «Si ça avait été PS-FN, le FN aurait gagné».

     Sur le blog du Monde  le  26 mars, une question « embarrassante » (angoissante) était d’ailleurs  posée : «  Des électeurs de gauche ont-ils massivement voté pour la candidate Front national dimanche 24 mars dans la deuxième circonscription de l’Oise ? »

    Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP  relève que la candidate frontiste «  a gagné en une semaine  près de 22 points, soit 5 941 suffrages, et dépassé la barre des 50 % dans quatre des huit cantons de cette circonscription ».  Aussi, « le sondeur émet l’hypothèse que la mobilisation des abstentionnistes du premier tour ne suffit pas à l’expliquer la spectaculaire  poussée du  FN.  L’analyse objective des grandes masses en présence conduit à penser qu’une part significative des électeurs gagnés au second tour provient des rangs de la gauche », estime-t-il.

    Jérôme Fourquet ajoute qu’en faisant tourner un modèle statistique sur les 196 bureaux de vote de la circonscription, Joël Gombin, doctorant en sciences politiques à l’université d’Amiens, arrive à la même conclusion. Il évalue même entre 40 et 45 % la part d’électeurs de Sylvie Houssin (la candidate du PS éliminée au premier tour, NDLR),  s’étant portés au second tour sur la candidate frontiste (soit environ  2500 suffrages)  . Et ce en dépit de la consigne de front républicain donnée par la direction du Parti socialiste. Tout se passe, constate le sondeur, comme si le parti lepéniste pouvait compter sur des reports et des renforts très hétéroclites au second tour provenant des abstentionnistes, de la droite, mais aussi de la gauche.  »

    La  candidate frontiste aurait aussi  bénéficié des voix d’environ 3500 électeurs qui s’étaient abstenus au premier tour et grosso modo des   2000 personnes qui avaient voté pour Jean-François Mancel le 17 mars mais qui  auraient  voté FN au second tour… une fois la gauche éliminée.

    « Le contexte local a sans doute aidé à cette agrégation, mais ce qui vient de se passer dans l’Oise sonne comme un avertissement. En pleine crise sociale, et alors que le FN ne cesse de dénoncer la collusion UMPS, la thématique du front républicain ne permet plus de faire barrage à l’extrême droite. Elle semble au contraire favoriser le basculement d’une partie de l’électorat de gauche vers le FN, attirée par le discours  anti-système et anti-élites  de Marine Le Pen » est-il encore avancé.

     Selon la note de l’Ifop, rapportait encore l’Afp «  alors qu’aux législatives de 1997 le FN ne progressait que de 8,9 points en moyenne dans des duels face à la droite, il grimpait de 16,7 points dans ces mêmes duels aux législatives de 2012. L’image de Marine Le Pen, moins sulfureuse que son père, peut être un facteur. Le député PS Malek Boutih y ajoute le sentiment d’impuissance que renvoie la classe politique.Tel qu’il est entendu par les électeurs, le front républicain devient une sorte de syndicat des sortants, une sorte de mot d’ordre pour maintenir un dispositif politique, explique à l’AFP (avec lucidité, NDLR)  l’ancien président de SOS racisme »…                        

    Reste que les explications fournies ici affirme Bruno Gollnisch,   tendent cependant à minorer le fait principal, à savoir que le FN dispose d’un socle  solide d’électeurs convaincus, venus au fil des années  de la gauche, de la droite et même de plus en plus  souvent,   qui ont toujours voté (quasi) systématiquement  FN !  Des  électeurs  qui sont séduits par  son programme et qui se déplacent quand les enjeux sont importants et/ou médiatisés.

    Président du groupe  FN de la région Picardie, Secrétaire départemental de l’Oise, Michel Guiniot a fourni un très remarquable travail de terrain avec les militants lors de cette partielle. Fin connaisseur de la carte électorale de son département, il   a rappelé que le meilleur score enregistré par le FN dans l’Oise ne date pas d’hier mais de  1998, lorsque  Pierre Descaves fut  élu conseiller général dans le canton de Noyon. Il souligne aussi que ce second tour Italiani-Mancel est la  « réplique exacte de la cantonale de Noailles en 2011 »dans laquelle  le candidat de gauche avait été éliminé  au premier tour, laissant face à face au second  Florence Italiani et Jean-François Mancel, ce dernier ne la devançant  que de 210 voix.  La candidate FN avait recueilli 48,33 % des voix.

    Michel constate encore que du fait  de l’abstention très élevée, même au second tour,  la candidate frontiste  n’a pas fait dimanche dernier  le plein  des  voix qui se sont portées sur  Marine le Pen lors du premier tour de la présidentielle, Florence Italiani ayant un déficit de   60000 suffrages par rapport à la présidente du FN, arrivée première dans cette circonscription le 22 avril 2012. Bref,  il n’est pas  nécessaire d’échafauder des théories plus ou moins bien balancées pour expliquer le renforcement du vote national alors que la violence de la  crise valide singulièrement  nos avertissements . Enseignement intéressant qui valide une nouvelle fois les analyses électorales opérées par notre Mouvement, ce sont d’ailleurs  dans les quatre  cantons où l’abstention a été la moins forte que le FN est arrivé en tête devant M.  Mancel dimanche dernier.

    http://www.gollnisch.com