
Les traditions constituent un irremplaçable patrimoine spirituel car elles sont l'expression ritualisée des mythes qui hantent l'imaginaire collectif de nos peuples. Elles nous relient à notre origine, et affirment notre identité européenne, qui est plus que culturelle : sacrée.
À l'heure où la formidable recomposition politique qui se produit à l'Est est, peut-être, une chance historique pour l'affirmation de l'identité européenne, il est bon, il est nécessaire de rappeler que le socle de cette identité est culturel. N'en déplaise aux apôtres du cosmopolitisme, la culture européenne, pluri-millénaire, est enracinée dans l'âme des peuples. Elle se manifeste à travers les mythes et traditions qui sont, par le discours et les pratiques, l'expression d'un sens et d'un ordre symbolique, de nonnes mentales collectives qui viennent du fond des âges et ont survécu à toutes les vicissitudes de l'histoire.
« Triste et insensé personnage » pour Umberto Eco, l'auteur du célébrissime Au nom de la rose, « érudit de génie » selon Marguerite Yourcenar, « gnostique » sulfureux aux yeux de certains catholiques qui ne l'ont jamais lu, Julius Evola (1898-1974) a fait l'objet, de son vivant comme après sa mort, des jugements les plus contrastés. A l'occasion de la réédition, dans une nouvelle traduction intégrale, de son livre le plus important, Révolte contre le monde moderne (1), son traducteur retrace une partie de l'itinéraire de cet aristocrate qui a laissé une œuvre énorme, et résume l'histoire de la « réception » d'Evola en France.


Politologue, juriste et constitutionnaliste, Carl Schmitt (1888-1985) a appartenu à cette riche et vaste mouvance intellectuelle de la Révolution conservatrice allemande, dans les années 1920-1930. Théoricien de la décision politique et de la désignation géopolitique de l'ami et de l'ennemi, il a éprouvé de la sympathie pour le national-socialisme durant les premières années du régime avant de prendre ses distances avec lui.