
S'il vous arrive encore de vous rêver chevalier, n'avouez pas, mais il y a urgence : un détour par Brocéliande et le Centre de l'imaginaire arthurien s'impose. Visite guidée.
Anéantie par le feu sur plusieurs hectares au Val-sans-Retour, saignée par de larges chemins qui ne laissent plus place au mystère, parcourue toute l'année de long en large par les fidèles, Brocéliande survit encore, pourtant, de sa « respiration rentrée ». Infime miette de ce qui était autrefois la toison de l’Armorique, elle est depuis des siècles berceau des légendes, géographie des chevaliers de la Table ronde.
À ses confins du nord-est, près de Concoret, du tombeau de Merlin et de la fontaine de Jouvence, les brumes du lac noient la retraite de la fée Viviane. C'est ici le nombril, l’omphalos, le pouls de la forêt, car une confrérie joyeuse, informelle et tout à fait contemporaine, le Centre de l'imaginaire arthurien qui siège au château de Comper, travaille à y perpétuer la légende.




« Triste et insensé personnage » pour Umberto Eco, l'auteur du célébrissime Au nom de la rose, « érudit de génie » selon Marguerite Yourcenar, « gnostique » sulfureux aux yeux de certains catholiques qui ne l'ont jamais lu, Julius Evola (1898-1974) a fait l'objet, de son vivant comme après sa mort, des jugements les plus contrastés. A l'occasion de la réédition, dans une nouvelle traduction intégrale, de son livre le plus important, Révolte contre le monde moderne (1), son traducteur retrace une partie de l'itinéraire de cet aristocrate qui a laissé une œuvre énorme, et résume l'histoire de la « réception » d'Evola en France.