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Migration : une véritable chance pour l’Europe. Faut vous le dire comment ?

On vous l’a dit et répété : l’immigration est une chance pour la France. Et comme il faut voir les choses en grand, qu’il ne faut pas raisonner rabougri et riquiqui, c’est même carrément une chance pour l’Europe. D'ailleurs, on ne dit plus « immigration » mais « migration » tout court. Franchement, dans quelle langue va-t-il falloir vous le dire pour que ça rentre dans vos petits crânes d'Européens qui ne voient pas ça comme ça ?

Heureusement qu’il y a des responsables comme la commissaire européenne aux Affaires intérieures, une certaine Mme Ylva Johansson, pour nous expliquer que « l’Europe serait paralysée si les migrants cessaient de travailler dans l’Union européenne », que « sans les migrants, l’Europe souffrirait ». Entre nous, avec eux aussi, non ? Une déclaration que cette Suédoise au long passé ministériel sous les couleurs de la social-démocratie au royaume des Bernadotte a faite lors de la « Conférence de haut niveau sur la migration légale » qui se tenait, ce jeudi 16 novembre, à Madrid, sous la présidence espagnole de l’Union. Toujours plus de migrations, c'est le credo de longue date de cette commissaire. Cette conférence annuelle du « Réseau européen des migrations » qui se tenait sur deux jours vise « à discuter des opportunités et des défis de la migration "légale et ordonnée" ». Cette année, le Maroc s'était glissé dans cette petite fête de l’entre-soi européen.

Quel est l’angle des « travaux » de cette conférence ? Vous allez vite comprendre.

Selon le communiqué de cet « European Migration Network » (on vous la fait en anglais, histoire de vous mettre tout de suite dans cette ambiance feutrée et résolument mondialiste de ce genre de pince-fesse où les viennoiseries doivent être servies à volonté à la pause-café), « les participants à cette conférence de deux jours examineront, entre autres, les progrès réalisés dans la définition d’une vision à long terme des politiques d’immigration légale, au profit des pays d’origine et d’accueil ». On attend avec impatience le compte rendu sur les progrès réalisés. Mais ce n’est pas tout. « Les dirigeants institutionnels examineront également les moyens d’améliorer l’adéquation entre les demandeurs d’emploi souhaitant s’installer dans l’UE et les exigences des employeurs, afin de garantir une approche holistique et des complémentarités entre les politiques migratoires et d’autres domaines (santé, commerce, économie, etc.), pour rationaliser les procédures administratives, notamment grâce à des options de procédures accélérées, et pour promouvoir la mobilité intra-UE des ressortissants de pays tiers, afin de faire de l’UE une destination plus attractive. »

Une phrase longue comme du Proust (Marcel, pas Gaspard), mais qui n'a pas de quoi faire rêver les jeunes filles en fleur. Au passage, on appréciera le bel adjectif « holistique » dont nos chers lecteurs trouveront la définition dans n’importe quel dictionnaire. Vous l’aurez compris, la question migratoire pour ces responsables de « haut niveau » est d’abord, avant tout, surtout, essentiellement, une question économique. Pas identitaire, pas culturelle, pas civilisationnelle pour un sou.

Pas de contrôle strict des frontières

Et la dame Johansson de nous rassurer, dans tout ça. « La migration est gérable [gérée, ce serait mieux !], normale [c’est elle qui le dit] et ne doit pas nous effrayer [c’est encore elle qui le dit]. » On relira avec intérêt l'article de notre ami Samuel Martin publié ici même, hier. Bien sûr, ajoute-elle, « il peut y avoir des problèmes [ah bon ?], mais nous les traitons parce que nous avons besoin de la migration, nous devons la gérer, et il est préférable de le faire ensemble en Europe parce qu’il est très difficile pour chaque État membre d’avoir sa propre politique ». Donc, en gros, tout va à peu près bien, voire très bien. Et, en creux, ça irait encore mieux s’il y avait plus de migration.

Bien évidemment, en bonne social-démocrate, cette commissaire a rejeté l’idée qu’il y ait un contrôle strict aux frontières dans l’Union ou que les politiques européennes criminalisent les migrants. Bref, surtout, ne changeons rien. Un tel discours méritait bien une récompense : le ministre de l'Intérieur espagnol par intérim du gouvernement socialiste Sánchez a élevé la dame à la dignité de grand-croix de l'ordre du Mérite de la Garde civile. On est content pour elle.

Donc, une gestion de la migration de façon « ordonnée ». Sinon ? « Sinon, la peur se répandra et l’extrême droite gagnera la partie. » Fallait s'y attendre… Qui n’a pas encore compris que l’enjeu majeur des élections européennes du 9 juin 2024 n’est autre que la question migratoire ? Cela, bien sûr, dans une approche holistique…

Georges Michel

https://www.bvoltaire.fr/migration-une-veritable-chance-pour-leurope-faut-vous-le-dire-comment/

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