
Depuis plusieurs années, l’économie allemande donne des signes de faiblesse que les discours officiels peinent de plus en plus à masquer. Derrière les annonces sur la « transition verte », la « neutralité technologique » ou la nécessaire adaptation climatique, c’est une réalité bien plus brutale qui s’impose : l’appareil productif allemand s’enfonce dans une crise durable, sans précédent depuis l’après-guerre.
L’Allemagne entre aujourd’hui dans sa huitième année consécutive de contraction industrielle. La valeur ajoutée recule, la productivité stagne ou baisse, et le chômage progresse, parfois dissimulé derrière des dispositifs publics, des emplois subventionnés ou un recours massif à l’endettement. Cette fuite en avant budgétaire ne parvient plus à dissimuler l’essentiel : le cœur industriel du pays se délite.
Une désindustrialisation désormais assumée
Longtemps présentée comme une adaptation temporaire ou une « transformation nécessaire », la désindustrialisation allemande prend désormais la forme d’un effondrement structurel. À l’horizon de la fin 2025, plus de 24 000 entreprises auront disparu, emportant avec elles des centaines de milliers d’emplois industriels. Des noms emblématiques de la production allemande ont déjà disparu du paysage, victimes d’une politique énergétique et réglementaire devenue hostile à toute activité productive lourde.
Ce mouvement n’est pas accidentel. Il est le produit d’un choix politique assumé : soumettre l’économie réelle à une idéologie climatique rigide, largement dictée par les orientations européennes et relayée sans esprit critique par les élites berlinoises.
L’énergie comme instrument de contrainte
Le tournant décisif fut énergétique. Sortie du nucléaire, rupture brutale avec le gaz russe bon marché, dépendance accrue à des énergies intermittentes massivement subventionnées : le système énergétique allemand a été méthodiquement fragilisé. Il ne tient plus que sous perfusion publique.
Ce modèle, incapable de fonctionner selon des règles de marché, impose des coûts explosifs à l’industrie. L’électricité chère, instable et fiscalisée agit comme un impôt déguisé sur la production. Résultat : les entreprises ferment, délocalisent ou renoncent à investir.
L’hydrogène, symbole d’une fuite en avant
Face aux dégâts causés par cette politique, l’État allemand a répondu par… davantage d’intervention. La stratégie hydrogène illustre parfaitement ce mécanisme. Présentée comme la solution miracle destinée à remplacer charbon, gaz et pétrole, elle s’est transformée en puits financier sans débouchés réels.
Plusieurs milliards d’euros ont déjà été engagés, sans qu’un véritable marché ne se structure. Même le Cour fédérale des comptes allemande, pourtant peu encline aux critiques politiques, a récemment reconnu que les objectifs affichés étaient hors de portée. L’hydrogène reste coûteux, marginal et inadapté aux besoins industriels actuels.
Dans ce contexte, le silence du monde économique est frappant. Les petites entreprises subissent sans voix, tandis que les grands groupes, largement dépendants des aides publiques, ont intégré le système. La contestation a cédé la place à l’adaptation forcée. La politique prime sur l’économie, et chacun en paie le prix.
Symbole glaçant de cette dérive : la célébration militante de la fermeture de centrales nucléaires parfaitement fonctionnelles. Une mise en scène idéologique, déconnectée des réalités sociales et industrielles, révélatrice d’une rupture profonde entre décideurs, activistes subventionnés et monde du travail.
Des ressources ignorées, une industrie sacrifiée
Le paradoxe est total. L’Allemagne dispose de ressources énergétiques importantes – gaz conventionnel, gaz de schiste, charbon – qu’elle refuse d’exploiter au nom de principes abstraits. Même en situation de pénurie, le débat reste verrouillé. À l’exception de quelques voix dissidentes, aucune force politique majeure n’ose remettre en cause le dogme dominant.
Pendant ce temps, l’industrie s’effondre, entraînant avec elle l’ensemble de l’économie. Car la prospérité allemande a toujours reposé sur sa puissance productive. Sans industrie, il n’y a ni modèle social, ni finances publiques solides, ni souveraineté économique.
Ni retour pragmatique à des approvisionnements énergétiques compétitifs, ni relance du nucléaire, ni révision sérieuse de la stratégie climatique : aucun plan B crédible n’est sur la table. L’idéologie continue de guider les décisions, malgré ses effets destructeurs.
L’histoire jugera peut-être sévèrement ce moment où un pays industriel majeur a choisi de sacrifier son économie réelle sur l’autel d’une transformation verte largement artificielle. En attendant, la facture s’alourdit, et ce sont les générations futures qui en hériteront.
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