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Éoliennes, panneaux solaires, voitures électriques : par grand froid, l’écologie s’enrhume

Photo de François Noverraz: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/rhume-froid-neige-paysage-10879835/
Photo de François Noverraz: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/rhume-froid-neige-paysage-10879835/
En ces temps de réchauffement climatique, alors que des conditions hivernales ont eu le toupet de s’imposer à nos contrées tempérées depuis Noël 2025, quelle meilleure occasion pour vérifier que la « transition énergétique » a bien tout prévu pour nous garantir un petit nid douillet, antigel et à l’abri des humeurs mauvaises du général Hiver.

Élevage (d’ennuis) en batterie

Las, il s’avère que la croyance dans les vertus de l’écologie officielle ne préserve pas totalement des aléas des grands froids. Si vous êtes adepte et pratiquant assidu d’une mobilité douce et décarbonée, bref si vous avez opté pour une voiture électrique, sachez que l’hiver n’est pas votre ami. La R5 (25.000 euros tout de même en entrée de gamme), qui est en tête des ventes en France depuis l’été 2025, prétend à une autonomie minimum de 307 kilomètres. Or les tests sont formels : par grand froid, les batteries des voitures électriques perdent jusqu’à 50 % d’autonomie. Concrètement, cela signifie que si, Parisien, vous aviez décidé de mettre cap au sud pour un week-end « neige et soleil », l’aventure risque fort de s’arrêter à… Orléans.

Notez que la même déconvenue vous arriverait aussi l’été prochain par temps de canicule. Pas de jaloux. La batterie électrique est affaire de chimie. Les modèles lithium-ion utilisés de nos jours ont une amplitude de fonctionnement optimal se situant entre 20 et 35°C. Et la chose est d’autant plus pénalisante, et donc énervante, que s’il fait très froid, vous serez tenté de mettre le chauffage, et s’il fait très chaud, la climatisation. Dans les deux cas, vous pomperez ainsi sur la batterie, amenuisant encore son autonomie.

Le vent n’aime pas les grands froids

Cette inadaptation de la production d’électricité aux besoins humains, évidente s’agissant des technologies actuelles pour l’automobile, l’est tout autant concernant les éoliennes. Ces dernières ont en effet la fâcheuse manie de produire le plus souvent de l’énergie quand nous n’en avons pas besoin, et de ne pouvoir le faire quand nous le voudrions. C’est notamment le cas dans les périodes de grand froid, le plus souvent accompagnées d’une quasi-absence de vent, à moins, mais c’est assez rare en France, que survienne une tempête hivernale et donc des vents très violents. Or une éolienne ne peut démarrer qu’à partir d’une vitesse de vent de 15 km/h au minimum, et s’arrêtera automatiquement, par sécurité, dès que le vent atteindra 90 km/h.

Et comme le rappelle l’expert en énergies Philippe Charlez, interrogé par BV, « en période de grand froid, il y a un pic de consommation d'électricité. Ce 6 janvier, nous en sommes à 85 gigawatts, ce qui est très élevé, et nous place parmi les 10 à 15 jours où on consomme le plus d'électricité en France. Au-delà de 90, ça commence à devenir critique, et le pic historique est monté à 102 en 2012. » Nous connaissons donc en ce moment « un phénomène d’anticyclone polaire. Il n'y a pas de vent, donc on oublie l'éolien, qui représente moins de 3% de la consommation d'électricité. » Concrètement, explique Philippe Charlez, « ces jours-ci, quand vous vous levez le matin, et avez besoin d’électricité pour avoir de la lumière, faire votre toilette, prendre votre petit-déjeuner puis un métro ou un train pour aller travailler, il fait noir et il n’y a pas ou très peu de vent. Inutile alors de compter sur les énergies intermittentes, solaire et éolienne. » Et si l’on voulait aller au bout du rêve écologiste, conclut-il, « avec un mix 100% renouvelable, soit il n'y aurait pas d'électricité, soit on devrait tout importer de nos voisins, ce qui ne serait pas possible. »

Attention : chute de pales

Les batteries de voitures électriques, panneaux photovoltaïques et éoliennes sont sources d’accidents graves, et en hiver aussi. Les voitures électriques peuvent s’enflammer, et les incendies sont alors bien plus longs et nécessitent jusqu’à cent fois plus d’eau pour être éteints que s’il s’agit d’une voiture thermique. Les panneaux photovoltaïques peuvent aussi s’enflammer, mais sont aussi sensibles à la grêle, fréquente en fin d’hiver. Et les parcs touchés peuvent alors se retrouver longtemps à l’arrêt, leur remise en route pouvant prendre plusieurs mois.

Quant aux éoliennes, le danger qu’elles représentent pour les oiseaux, notamment lors des migrations, est désormais bien documenté. Mais cela ne s’arrête pas là, loin de là. Ce danger, réel pour l’homme et ses activités, est d’ailleurs officiellement répertorié, par exemple dans « l’étude de dangers » qui est obligatoirement jointe à tout dossier de création d’un parc éolien. Mâts pliés ou brisés, effondrement d’une éolienne, chute de pales, explosion ou incendie de nacelle, collision avec un avion ou un ULM… La liste des « incidents » répertoriés est aussi diverse que volumineuse, et le gel hivernal en est souvent une des causes. Les services du Ministère de la Transition écologique rapportent par ailleurs l’exemple d’un accident survenu en 2012 à Widehem (62). « Au cours de la mise à l'arrêt d'une éolienne vers 20h50, une pale se disloque et percute le mât puis une seconde pale. Des débris sont projetés jusqu'à 380 m. Des usagers de l'A16 voisine signalent l'accident à l'aube », nous apprend le rapport officiel sur cet accident qui n’a miraculeusement pas fait de victimes, mais aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Il serait bien sûr injuste d’accabler les batteries, panneaux solaires et éoliennes de tous les maux. Mais force est de constater qu’au vu d’une efficacité pour le moins relative, elles n’ont non plus rien du miracle que certains veulent vous vendre, au mépris de toute évidence, et quelle que soit la saison...

Etienne Lombard

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