Déjà, en novembre 2024, lors du procès en première instance au cours duquel son fils avait été condamné à seize ans de réclusion criminelle pour avoir apporté un soutien logistique à l’assaillant, Fouzia N. se présentait comme « une formatrice aux valeurs de la République et de la laïcité ». Mais à l’époque, peu de gens s’étaient étonnés d’une telle situation… Seul le site Fdesouche avait jugé pertinent de relayer particulièrement cette information. D’autres médias l’avaient certes mentionnée dans leurs compte-rendus d’audience, mais sans réellement s’y attarder.
« On marche sur la tête ! »
Aujourd’hui, alors que Fouzia N. reprend la parole à la barre pour défendre son fils qu’elle juge « victime d’une injustice », l’information ressurgit. Mais sur ses réseaux sociaux, la mère de famille semble avoir fait du ménage. Ainsi, sur un compte professionnel, celle qui se présentait encore il y a quelque temps comme « conseillère d’éducation populaire et jeunesse » dans les Yvelines, a fait disparaître la mention de son poste actuel. Mais un membre de la SDJES 78 indique bien qu’il y a un mois Fouzia N. participait à une formation « Valeurs de la République et Laïcité ». Pourquoi avoir voulu effacer cette mention ?
Peut-être que l’avalanche de commentaires indignés liés à son poste de fonctionnaire sur le sujet de la laïcité ont convaincu la mère de famille de modifier ses réseaux sociaux. Cette ancienne candidate socialiste n’est désormais plus que « chargée de mission » au sein de la mairie de Val-de-Reuil.
Toujours est-il que la polémique enfle… « C’est absolument dingue ! », commente ainsi un anonyme. « On marche sur la tête », ajoute un autre. « La dérive continue », s’inquiète l’historien Thierry Lentz.
Selon cette femme, censée donc maîtriser les sujets liés au respect de la laïcité, les « jeunes peuvent faire des erreurs ». Elle ne s’inquiète donc pas outre mesure que son fils ait, le 15 octobre 2020, veille de l’assassinat de Samuel Paty, accompagné Abdoullakh Anzorov, l’assassin du professeur d’histoire-géographie, dans une coutellerie. Puis le lendemain, jour de l’attentat, Naïm Boudaoud a notamment déposé le terroriste à Conflans-Sainte-Honorine, non loin donc du collège où enseignait Samuel Paty. Autant de faits qui lui avaient valu sa condamnation en première instance.
Un procès « douloureux »
Le procès en appel de quatre des accusés dans l’assassinat de Samuel Paty se révèle être encore « plus douloureux » que le premier procès, comme en témoigne Mickaëlle Paty, l’une des sœurs de Samuel Paty, au micro de France Inter ce 2 février. En cause notamment, « l’indécence » de la défense, dont maître Francis Vuillemin, avocat du prédicateur Abdelhakim Sefrioui, condamné en première instance à quinze ans de réclusion criminelle. L’avocat avait en effet osé accuser Samuel Paty, au début de ce procès en appel, d’avoir « discriminé des élèves musulmans », alors même que les éléments du dossier et les témoignages prouvent l’inverse. Une façon pour lui de dédouaner son client accusé d'avoir lancé une fatwa numérique contre le professeur.