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Chute de Jack Lang : Bardella met les pieds dans le plat

Capture d'écran
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Il est tombé. Enfin... Boulevard Voltaire fut un des rares organes de presse à s'être, depuis sa création il y a plus de dix ans, régulièrement interrogé sur les raisons du maintien de l'intouchable Jack Lang à son poste prestigieux. Il aura donc fallu pour cela un nouveau rebondissement de cette affaire Epstein au retentissement mondial pour que les autorités françaises, le président Macron en tête, le poussent enfin vers la sortie. Jack Lang « propose de remettre [s]a démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire ». L'Élysée « prend acte ». Les choses sont dites avec délicatesse. Ce président Macron qui « prend acte » aujourd'hui est celui qui avait permis, il y a deux ans, que Jack Lang soit reconduit à ce même poste...

Lang, l'icône caricaturale de la gauche

Si cette chute a été si difficile à obtenir, c'est que Lang est une icône de la gauche. Sur les photos du Panthéon avec Mitterrand en 1981, apôtre de la culture branchée et de l'antiracisme, sa présence dans les gouvernements ou les institutions valaient brevet de socialisme historique, mitterrandien. On le vit ainsi revenir sous Jospin comme ministre de l'Éducation nationale de 2000 à 2002, avec, comme ministre délégué, un certain Jean-Luc Mélenchon. Et donc, sous Macron, il fut l'inamovible président de l'Institut du monde arabe jusqu'à hier, malgré son âge, malgré tout ce qui se disait, malgré tout.
L'icône était évidemment caricaturale : gauche du fric, des paillettes, de la démagogie à l'égard des banlieues, du mépris pour tout enracinement et tout réelle culture nationale. Toutes « valeurs » de gauche que Macron a parfaitement incarnées depuis dix ans, de façon tout aussi caricaturale. Que la fin du règne de Macron commence par la chute d'un vieux prince de la Mitterrandie est révélateur. Le fameux droit d'inventaire des socialistes sur la part d'ombre de Mitterrand était une fumisterie quand on songe à la permanence de cette caste à des postes clefs, comme Laurent Fabius au Conseil constitutionnel de 2016 à 2025, ou Pierre Moscovici à la Cour des comptes...

Jordan Bardella, ce jeune homme qui a de la mémoire

Dans l'étonnant maintien au pouvoir de ces indétrônables socialistes, il y a l'aspect politique : comment ces socialistes, pourtant battus dans les urnes, se sont-ils érigés en sénateurs inamovibles de la République ? Il y a aussi l'aspect financier : et le mot « offshore » revient souvent dans l'affaire Lang-Espstein. Et puis il y a la dimension morale, si cela veut encore dire quelque chose, aujourdhui. Pour une gauche qui se prétend démocratique, populaire et engagée sur la question des violences sexuelles, cela fait beaucoup. Ce dernier aspect de l'affaire, on ne l'évoque ici ou là qu'à mots couverts, et toujours uniquement pour charger cet Epstein, qui s'est pendu dans sa cellule.

Mais ce samedi, c'est Jordan Bardella qui a sorti l'artillerie lourde, au sujet de Jack Lang. Interrogé par BFM avant l'annonce de la démission de Lang, il a posé les bonnes questions : s'interrogeant sur la proximité de Lang avec Macron, il s'est aussi demandé pourquoi cette « complaisance du système politique à l'égard de Jack Lang, qui soutenait, avec d'autres intellectuels de gauche, une tribune appelant à dépénaliser les rapports sexuels avec les enfants. » On reproche parfois à Jordan Bardella sa jeunesse ; il a en tout cas de la mémoire. Et, pour la grande alternance qui vient peut-être, et qui trouvera la France dans un triste état, sur tous les plans, il faudra en avoir. Pour établir clairement les responsabilités de cette déchéance, l'affaire Lang vient nous rappeler qu'il sera bon de remonter jusqu'aux années Mitterrand.

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Frédéric Sirgant

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