
– Si Dieu existe, il ne peut pas laisser passer ça !
Ma compagne a entièrement raison de s’indigner ainsi, et heureusement d’autres l’ont fait avant elle. Ainsi, Jean-Noël Barrot, notre ministre des Affaires étrangères a fait part de son « indignation » à la Presse en découvrant qu’un diplomate français était impliqué dans le scandale lié aux dossiers Epstein. Mieux, La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé à l’issue du Conseil des ministres de ce mercredi 11 Février que toute la lumière devrait être faite sur cette affaire « effroyable et tentaculaire ». Mais le summum a été atteint ce lundi 16 Février avec cette déclaration de Tim Burchett, député républicain du Tennessee. Selon lui, les fameux fichiers Epstein contiendraient « des horreurs indicibles venues des profondeurs de l’enfer ». Il a fortement déconseillé à quiconque de consulter les pièces jointes : « ça vous collera à la peau, ça vous hantera » !
Depuis plus d’une semaine, chaque jour apporte son lot d’informations sensationnelles sur l’affaire Epstein. Cet énorme scandale a des ramifications dans de nombreux pays et touche indifféremment des « Têtes couronnées », des milliardaires, des hommes politiques ou même des artistes célèbres. Surtout, son niveau d’abomination semble être sans limite, chaque nouvelle révélation est plus sordide que la précédente !
Face à tant d’horreur, je rassure ma compagne :
– Tu as raison, jamais Dieu ne laissera passer cela : quand ça va trop loin, il intervient. Et là, c’est vraiment allé trop loin. Du temps d’Abraham, il y a déjà eu une histoire de ce genre et à l’époque, Dieu était intervenu assez brutalement !
– Ah bon ! Tu veux dire une affaire avec des caméras et des jets privés ! Dit-elle moqueuse.
Je poursuis, imperturbable :
– Alors qu’Abraham avait choisi d’installer son camp sur les collines environnantes de la cité de Sodome, son neveu décida de se fixer en ville. Quelques années plus tard, Lot était devenu un notable de la célèbre cité. Malheureusement, la ville était réputée pour son immoralité, et les abominations y avaient pris de telles proportions que Dieu envoya des messagers avec ordre de la détruire. En les voyant arriver, Lot les invita chez lui, mais tous les habitants de Sodome se pressèrent devant sa maison en réclamant qu’il leur livre les visiteurs pour les violer selon leurs coutumes. Comme Lot ne voulait pas qu’ils les maltraitent, il leur proposa ses deux filles encore vierges afin qu’ils les traitent selon leurs envies. Cependant, la foule ne voulut rien entendre et décida de pénétrer dans la maison pour s’emparer de l’ensemble des occupants. Les deux messagers de Dieu aveuglèrent les assaillants qui durent renoncer à leur funeste projet. Le lendemain matin, dès l’aube, Lot et sa famille acceptèrent de fuir la sinistre ville sans emporter le moindre bagage. A peine avaient-ils quitter Sodome qu’une pluie de feu s’abattit sur la cité maudite, détruisant tout sur son passage, même les habitants.
– Et tu penses qu’aujourd’hui Dieu voudrait détruire tous ces monstres impliqués dans cette horrible affaire ? Me demande Léna légèrement sceptique.
– Disons qu’il y a deux manière de lire ce récit biblique. Soit on le lit comme une histoire du passé révélant le niveau de perversion de certaines populations à cette époque lointaine, soit on le lit comme un texte prophétique qui nous parle de la fin des temps.
– Et alors, ça nous apprend quoi sur cette fin des temps ? Demande-t-elle soudain intéressée.
– Abraham a fait le choix d’habiter sur les collines en dehors de Sodome : il représente les croyants qui vivent en accord avec Dieu. Lot, de son côté, est une sorte de croyant non pratiquant : il craint Dieu mais veut surtout profiter des plaisirs de la vie. Quand vient l’heure de la destruction finale, Lot et sa famille ont juste le temps de fuir, mais sans rien sauver d’autre que leur propre vie. Quant aux autres habitants, ils périssent dans les flammes de la colère divine. Tu vois, ce récit est une bonne illustration de ce qui attend l’ensemble de l’humanité à la fin des temps.
– D’accord, mais c’est pour quand ? Demande-t-elle impatiente.
– Disons que ça se rapproche de plus en plus rapidement. Mais patience, ça bouge !
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