Parmi les vertus que l’on serait en droit d’exiger de ceux qui aspirent à gouverner les hommes, la fiabilité se dresse, droite et lumineuse, comme une exigence première. Elle devrait être, plus que toute autre, la boussole intime de l’électeur au moment de confier son destin à un candidat, car que vaut une parole publique si elle n’est point tenue ? Promettre engage, et gouverner oblige ; entre ces deux pôles devrait s’établir une continuité naturelle, presque sacrée. Pourtant, l’histoire politique récente de la France semble s’être complu à trahir cette évidence.
Depuis plus d’un demi-siècle, la scène électorale française ressemble à un théâtre où se succèdent, au rythme des campagnes, des acteurs habiles à déclamer des promesses séduisantes, mais trop souvent promptes à se dissoudre une fois le rideau levé sur l’exercice du pouvoir. Les mots y abondent, brillants et rassurants, mais les actes, eux, peinent à suivre, comme si la réalité se chargeait inlassablement de démentir les engagements d’hier.