
Le groupe Canal+ ne travaillerait plus avec environ 600 signataires d’une pétition contre Canal+ justement et son patron Bolloré et cela fait hurler la gauche de la « culture » qui dénonce la fin du « pluralisme » et un acte antidémocratique. On ne voit pas bien où se situerait le manque de pluralisme étant donné que cette coupure d’avec ces 600 professionnels autoproclamés de la culture, marque justement le début, peut-être du pluralisme, c’est à dire la fin de l’hégémonie à gauche du monde culturel qui a étendu son emprise à tous les registres : cinéma, danse, théâtre, littérature, art contemporain et on en passe. On voit aussi la nature habituelle de la gauche qui fonctionne avec l’argent des autres et dénonce en réalité la fin de sa manière de faire campagne contre la droite avec l’argent de la droite. Si on résume bien, les artistes de gauche qui vivent comme des bourgeois de droite, entendent pouvoir continuer à être subventionnés par la droite pour lutter contre la droite. On a ainsi vu des cinéastes mener des carrières entières, sur des décennies, à produire des navets subventionnés, que personne ne va voir, tout en arpentant les festivals guindés et en passant leurs étés sur des yachts de milliardaires : cherchez l’erreur. Vu également des « artistes contemporains » produire des œuvres dépravées, le plus souvent à caractère sexuel, vendues des dizaines de millions, tout en sachant, puisque cela a été écrit à plusieurs reprises, qu’il y avait peut-être là, un système de blanchiment d’argent sale.
Ces mêmes artistes, découvrant qu’on ne mord pas impunément la main qui vous nourrit, ne se sont jamais gênés pour appeler au boycott d’artistes ne faisant pas partie de leur camp, de gauche, ne se sont jamais gênés non plus pour appeler au boycott encore, des municipalités de droite ou tenue par le RN. Quand c’est dans l’autre sens par contre, cela les choque. Comme s’ils étaient détenteurs d’une forme d’universalité qui voudrait qu’eux seuls puissent distribuer les bons points. Les pauvres ne pourront plus tourner des films sur les gentils migrants africains, avec 200 millions d’argent public pour 5000 entrées sur toute la France. Ou avoir accès à des éditeurs de renom et à des campagnes de promotion sur tous les plateaux télé, pour vendre 150 exemplaires de livres bidons. Il va falloir qu’ils se mettent à fabriquer des trucs de qualité, qui trouvent un écho auprès du public. Et si ça ne marche pas, ils expliqueront que le public n’y connaît rien, qu’il faut l’éduquer, voire le rééduquer, pour l’obliger à se pâmer devant les daubes idéologiques insipides et déconnectées de la réalité, qu’on veut lui faire avaler à toutes forces. Comme Artus-Bertrand qui vit ensemble dans son hélicoptère, les réalisateurs qui montrent la richesse des banlieues n’y mettent jamais les pieds, préférant les avions présidentiels et les pince-fesses à l’Elysée avec les amis transgenres et non-binaires.
Vouloir passer un dimanche pluvieux en famille au cinéma, à rire à gorge déployée devant un film populaire qui déplace les foules et rapporte des millions à son producteur, c’est d’un ringard ma pauvre dame. Mieux vaut la saga d’un danseur homosexuel, réfugié iranien, qui souffre de la stigmatisation de l’extrême droite dans une banlieue glauque… ça n’existe pas, mais il faut le raconter quand même et ceux qui n’adorent pas sont de vieux réactionnaires qui ne comprennent rien. Le rapport Alloncle, suivi de la décision salutaire de Bolloré, vont peut-être enfin aboutir à ce que la culture retrouve son caractère populaire, au-delà du petit monde d’initiés qui a pris l’habitude de décréter le beau et l’intéressant, en vivant grassement de l’argent des autres, avec en prime la dictature de la « bonne conscience ». En attendant, les enfants gâtés par les subventions sont légèrement en mode panique. Au RPF, nous parlions de privatiser France-Télévision, l’État ne gardant que le canal Public-Sénat pour la pédagogie de ses actions. Il en va de même pour la « culture ». Les cinéastes font leurs films, les chorégraphes montent leurs spectacles, les chanteurs enregistrent leurs chansons avec, comme n’importe quelle entreprise, un recours au mécénat ou à l’emprunt et si ça marche, ils rentrent dans leurs frais et si ça marche très bien, ils font des bénéfices. Et si ça ne marche pas, ils déposent le bilan, comme n’importe quel chef d’entreprise. Quoi d’autre ? C’est moins facile que de fabriquer n’importe quoi pour des publics clairsemés, avec des montagnes d’argent public, mais c’est plus sain d’un point de vue économique. L’argument de l’exception culturelle, quand il conduit à la gabegie, n’a que trop duré.