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actualité - Page 4763

  • Depuis les attentats ce gouvernement est KO

    Le criminologue Xavier Raufer est interrogé dans Causeur :

    "Dans une récente tribune publiée par La Croix, vous dénoncez le fait que, malgré les attentats de 2012, 2014 et 2015, le gouvernement français se garde bien de définir l’ennemi. Tout en parlant de « guerre » contre le terrorisme, il se contente d’évoquer « l’islamisme radical ».  Selon vous, sommes-nous en guerre ? Et dans ce cas, qui sont les ennemis de la France aujourd’hui ? 

    L’idée n’est pas de dire que l’actuel gouvernement « se garde bien de définir l’ennemi », mais qu’il est devenu physiquement incapable de le faire. Comme un aveugle de naissance ne saurait imaginer les couleurs d’un tableau. Voyez avec quelle précipitation les gouvernants français ont rebaptisé « Daech » – qui ne veut rien dire en français – l’entité qui naguère portait le nom clair et compréhensible d’« Etat islamique ». Or L’Irak et la Syrie, qui luttent sur le terrain contre cet « Etat islamique », n’usent pas du tout du nom « Daech », mais de celui de « Takfiri » (partisans d’un islam sunnite ultra-intégriste et fondamentaliste, le Takfir wal-Hijra). On voit ainsi comment le discours officiel occulte toujours plus le réel, terroriste ou criminel. Cela trahit justement le fait que cette réalité terroriste ou criminelle, le gouvernement se sent incapable de l’affronter.

    Quelles sont les raisons de cette incapacité ?

    Depuis la tragédie de janvier – 17 morts –ce gouvernement est KO debout. Tout ce qu’il fait depuis lors relève de la com’, du symbole, de l’effusion et de la jérémiade.On déverse sur les unités antiterroristes des ordinateurs (dont elles n’ont que faire) et des hommes non formés (dont l’utilité concrète est douteuse).Mais nul dirigeant n’a accompli l’essentiel : nommer clairement l’ennemi, celui qui tue aujourd’hui en France, c’est-à-dire les clones de Mohamed Merah qui initia en 2012 la nouvelle terreur en Europe. Depuis : Toulouse, Montauban, Joué les Tours, l’est parisien, Nice, Copenhague, ces clones – des hybrides par constitution criminels ET terroristes à la fois – ont provoqué toutes ces tueries dont rêvent, bien loin de l’Europe, al-Qaïda ou l’Etat islamique.

    Résultat :ce gouvernement est aveugle au réel terroriste et criminel.Idéologie, politiquement correct, reptation devant des journalistes bobo-gauchistes : aujourd’hui, la classe politique vit en symbiose avec « l’élite » médiatique. Amants et maîtresses sont journalistes, des politiciens trustent les émissions de bavardage-café-du-commerce débitées par les radios et télés d’information. Le sociologue Michel Wieviorka peut ainsi dénoncer le « couple obscène médias-politiciens… leurs liens presque incestueux ». Cela concourt grandement à aveugler une bonne part de cette classe politique. Elle n’a pas pressenti la dangerosité de l’archétype Merah, ni la nature prescriptive de cette première bombe humaine.

    [...] Et comme on veut désormais cacher la poussière sous le tapis, il n’y aura pas de commission parlementaire sur les événements de janvier 2015. De la com’, des défilés… mais qui est en réalité coupable de l’énorme échec et des tueries ? Circulez, il n’y a rien à voir. Sous Mitterrand on avait eu « responsable mais pas coupable » (le drame du sang contaminé, en 1991). Aujourd’hui, c’est pire encore : « ni responsables ni coupables ». [...]"

    Michel Janva

  • TVL : Pierre Jovanovic, les effets dévastateurs de la planche à billet américaine.

  • Manuel Valls, ou l’histrionisme dictatorial

    C’est la fonction même de Premier ministre qui est ridiculisée. Manuel Valls hurle comme un enfant roi, semble perdre le contrôle dans une Assemblée nationale devenue scène de théâtre d’une pitoyable bouffonnerie.

    C’est la fonction même de Premier ministre qui est ridiculisée. Manuel Valls hurle comme un enfant roi, semble perdre le contrôle dans une Assemblée nationale devenue scène de théâtre d’une pitoyable bouffonnerie. « Jusqu’au bout je mènerai campagne pour vous stigmatiser et pour dire que vous n’êtes ni la République ni la France », s’époumone-t-il face à Marion Maréchal-Le Pen, qui lui reprochait à juste titre ses attaques outrancières à l’encontre du Front national. Depuis quand est-ce à un chef de gouvernement de « mener campagne » aux élections locales et de « stigmatiser » un parti adverse ?

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  • L’UMP Yves d’Amécourt prêt à faire alliance avec le Parti Communiste

    L’hystérie Front National n’atteint pas que Manuel Valls, elle infecte un certains nombre de candidats UMP. Après Nicolas Sarkozy qui avait prévenu qu’il exclurait toute personne faisant un accord avec le FN, voilà qu’un proche d’Alain Juppé, Yves d’Amécourt, assure qu’il est prêt à faire alliance avec la Parti Communiste contre le FN !

    Le maire de Sauveterre-de-Guyenne est prêt à tout pour faire barrage au Front National : « tous les candidats de Gironde Positive, et c’est un des points qui nous unissent, ont signé une charte précisant que nous voterons contre le FN et que nous ne ferons pas d’alliance avec les élus FN dans l’hémicycle, y compris pour l’élection du président du conseil départemental ». Au mois, les électeurs qui étaient tentés de voter pour l’UMPS sont prévenus !

    Et de rajouter : « J’ai précisé qu’en cas de deuxième tour, nous appellerions même à voter pour un communiste. Le PC et les gaullistes ont en effet une histoire commune, celle de la guerre et de la Résistance, et je ne mettrai pas une pince à linge sur le nez pour voter communiste ». Et sinon, les millions de morts du communisme, le respect du pacte de non agression du PCF avec l’Allemagne Nazi, c’est aussi une « valeur » que partage Yves d’Amécourt avec le Parti Communiste ? Et sinon, qu’en dit Nicolas Sarkozy ?

    Le Front National a vraiment un boulevard devant lui !

    http://www.medias-presse.info/lump-yves-damecourt-pret-a-faire-alliance-avec-le-parti-communiste/27498

  • Crimée : «Je préférerais être en prison que travailler pour des fascistes»

    Le procureur général de Crimée, Natalia Poklonskaïa, a déclaré que les responsables du service ukrainien de mise en application des lois l’ont menacée de prison et de mort si elle acceptait le poste, mais ils ne sont pas parvenus à l’intimider.

    «Les agents du Parquet ukrainien me contactaient et me menaçaient en déclarant qu’ils me mettraient en prison, qu’ils me tueraient, me mettraient en pièces», a reconnu Natalia Poklonskaïa dans une interview à l’agence TASS un an après sa nomination. Le Conseil suprême de la République de  a nommé Natalia Poklonskaïa au poste de procureur général le 11 mars 2014.

    «Ils ont dit ouvertement et directement que si je quittais le bureau du procureur général à ce moment-là, ils le percevraient comme une décision volontaire pour arrêter les activités criminelles. Ils ont ajouté qu’un camion avec un groupe d'élite était en route pour m’arrêter et qu’ils allaient me jeter en prison», a-t-elle annoncé aux journalistes. «J’ai répondu que je préférerais être en prison que travailler pour des fascistes», a-t-elle poursuivi.

    En savoir plus : Poutine : la Russie n’a pas pu laisser la Crimée et ses habitants aux mains nationalistes (VIDEO)

    Le procureur général a aussi révélé les détails non divulgués de sa nomination à ce poste, déclarant qu’elle avait reçu une proposition du Premier ministre de la Crimée Sergueï Aksionov qui la connaissait depuis quelques jours seulement. Le Conseil de la Crimée avait d’abord approuvé la nomination d’un autre candidat à ce poste, mais ce dernier l’a refusée au dernier moment.

    Elle a ajouté que quand le Premier ministre lui a dit qu’il était nécessaire d’occuper le poste de procureur général de la Crimée, elle a répondu qu’elle ferait tout ce que la population de la République exigeait d’elle, de devenir procureur général ou de simplement préparer des bulletins de vote.

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  • Le crime de Jean-Claude Michéa

    La gauche a congédié le peuple 
    Le fossé qui sépare désormais la gauche et le peuple a fait l’objet ces dernières années de nombreux travaux (notamment de la part de Vincent Coussedière, Pierre Sansot, Laurent Bouvet et Christine Guilluy, Gaël Brustier, etc.). « Ce peuple, dont elle louait autrefois l’instinct révolutionnaire, la gauche dominante le caricature maintenant en ‘beauf’ réactionnaire et raciste, condamnant son conservatisme étroit et son attachement à de vieux principes moraux qui le qui le rendent rétif au nouvel esprit du capitalisme ». En dépit des apparences, il en va de même ainsi d’un Jean-Luc Mélenchon, chez qui le peuple « ressemble davantage à un regroupement de victimes d’opprimés aux contours assez flous qu’au prolétariat révolutionnaire des marxistes ou à ces masses laborieuses que prétendait autrefois défendre le parti communiste français », comme en témoignage sa conception irénique des problèmes de l’immigration. 
         La gauche a congédié le peuple en même temps qu’elle a abandonné sa volonté de changement social et qu’elle est soumise à la logique libérale, ce qui l’a conduite à faire sienne l’idée qu’il n’y a au fond pas d’alternative à l’expansion illimitée du capitalisme et à la mise en place d’une société de marché. Cette double dérive doit s’analyser dialectiquement, car chacune de ses orientations est à la fois cause et conséquence de l’autre. L’originalité et le mérite de Michéa ont été d’en donner une explication qui ne se ramène pas à des questions de conjoncture ou à une simple montée du « réformisme » : il faut plutôt y voir l’ultime aboutissement (et la conséquence logique) d’une contradiction interne de la gauche résultant de son inspiration duale : d’un côté la défense des classes populaires héritée du mouvement ouvrier, de l’autre celle du « progressisme », en clair de l’idéologie du progrès hérité des Lumières, dont se réclament aussi les libéraux. 
         Le socialisme ouvrier est né d’une opposition à la modernité qui a généralisé l’exploitation du travail salarié, la destruction des structures traditionnelles et l’atomisation de la société, alors que la philosophie des Lumières (décrite par Engels comme le « règne idéalisé de la bourgeoisie ») a été à la pointe de cette même modernité, en s’affirmant d’emblée comme « parti du changement » militant pour un progrès posé comme intrinsèquement « émancipateur ». L’alliance du socialisme ouvrier et de la gauche progressiste s’est nouée, comme l’a très bien montré Michéa, au moment de l’affaire Dreyfus, lorsqu’il fallait faire front commun contre une droite cléricale et réactionnaire adepte de « l’alliance du Trône et de l’Autel ». Or, cette droite-là a aujourd’hui quasiment disparu, puisqu’elle a été submergée par la droite libérale, dont les présupposés idéologiques sont les mêmes que ceux de la gauche. Lorsque Jacques Julliard écrit : « A gauche, le libéralisme moral et la réglementation économique ; à droite la réglementation morale et le libéralisme économique. C’est sur cette espèce de Yalta culturel que fonctionne encore l’opposition gauche-droite », il fait en effet preuve d’anachronisme. Il y a belle lurette que « la droite » a renoncé à toute velléité de « réglementation morale » et que « la gauche » s’est ralliée à l’économie libre-échangiste d’inspiration libérale. 
    Un clivage droite-gauche mystificateur 
    Les circonstances qui avaient provoqué l’alliance des socialistes et de la gauche progressiste ayant disparu, l’équivoque inhérente à cette alliance apparaît du même coup au grand jour et permet de comprendre les causes profondes de la dérive libérale de la gauche. L’alliance entre socialistes et progressistes a aujourd’hui « épuisé toutes ses vertus » positives, dit Michéa. Privé de son ancien ennemi, la droite réactionnaire, la gauche s’est lancée dans une fuite en avant pour concurrencer la droite libérale sur le terrain de la modernité et de la modernisation (c’est-à-dire de l’éradication du « monde d’avant »). D’où son ralliement à la société gouvernée par la dyade de l’économie de marché et de l’idéologie des droits de l’homme, c’est-à-dire par l’idée qu’on peut parvenir au « vivre-ensemble » par le simple jeu de la confrontation des intérêts et d’un droit procédural abstrait. A la lutte des classes et à la dénonciation des inégalités sociales s’est substituée une lutte contre-toutes-les-discriminations qui prétend avant tout, en bonne logique progressiste, en finir avec les « archaïsmes » au nom du « pourtoussisme ». D’où l’observation lapidaire de Michéa : « Le socialisme est, par définition, incompatible avec l’exploitation capitaliste, la gauche, hélas, non ». Dans ces conditions, le socialisme ne peut plus, sans cesser d’être lui-même, se fonder sur un héritage philosophique commun à la « gauche » et à un libéralisme qui reste aujourd’hui son ennemi principal, dans la mesure où le primat de l’individualisme « rationnel » (calculateur) antagonise au premier chef tout ce qui est de l’ordre du collectif et du commun. 
         Dès lors que « la gauche et la droite s’accordent pour considérer l’économie capitaliste comme l’horizon indépassable de notre temps », il est bien évident, par ailleurs, que le clivage gauche-droite n’a plus aucun sens et que, corrélativement, la question des alliances de classes se pose d’une façon nouvelle. C’est la raison pour laquelle Michéa n’hésite pas à dire, après Pier Paolo Pasolini, Cornelius Castoriadis, Christopher Lasch et bien d’autres, que le clivage gauche-droite est aujourd’hui devenu obsolète et mystificateur. Marx, rappelle-t-il au passage, ne s’est jamais référé à l’opposition de la gauche et de la droite (pas plus qu’il ne se définissait lui-même comme un homme « de gauche » !), mais à la lutte des classes. Ajoutons qu’il n’opposait même pas l’égalité à l’inégalité, mais appelait à passer du « royaume de la nécessité » à celui de la « liberté »... Le seul clivage qui vaille désormais n’oppose plus la gauche à la droite, mais les partisans (d’où qu’ils viennent) et les adversaires (d’où qu’ils viennent) du capitalisme mondialisé comme système d’emprise et de déshumanisation totale – clivage que nous avions nous-même décrit naguère comme l’opposition du « centre » et de la « périphérie ». Un tel clivage implique une critique conjointe des élites « de droite » et « de gauche » dont, au-delà des divisions partisanes, les intérêts convergents se fondent sur une solidarité de classe. Il fallait avoir le courage de le dire. C’est ce que Michéa a fait, et c’est également ce qu’on ne lui pardonne pas. 
    Eléments n°149, octobre-décembre 2013

  • Décryptage des techniques des médias de propagande

    Allocution d’ouverture de Jean-yves Le Gallou à la cérémonie des Bobards d’Or le 10 mars 2015

    ♦ Dans la presse subventionnée et les gros médias audiovisuels, nous n’avons pas affaire à des médias d’information mais à des médias de propagande.

    Les techniques de propagande ont été remarquablement analysées dans un Que-sais-je, écrit par le philosophe démocrate-chrétien, Jean-Marie Domenach.

    A partir d’une étude du fonctionnement des grands totalitarismes du XXe siècle (nazisme hitlérien et communisme stalinien) mais aussi des méthodes publicitaires, Jean-Marie Domenach définit cinq règles de propagande rigoureusement appliquées par les médias français de l’oligarchie : simplification et ennemi unique, grossissement et défiguration, répétition et orchestration, transfusion, unanimité et contagion.

    Simplification et ennemi unique

    L’ennemi des médias de l’oligarchie est clairement défini : c’est l’homme fidèle à ses racines ethniques, culturelles, historiques, religieuses : c’est le national, l’identitaire, le patriote, le catholique, celui qui est attaché aux permanences anthropologiques, aux valeurs traditionnelles et à son terroir. Les médias lui laissent le choix suivant : être qualifié de « raciste » ou de« ringard » !

    Grossissement et défiguration

    Les positions de l’ennemi unique sont déformées et caricaturées. C’est la dénonciation tyrannique des « phobies » : critiquer l’islam, c’est être « islamophobe », critiquer la loi Taubira c’est être « homophobe », ne pas croire que l’immigration est une chance pour la France, c’est être « xénophobe ». Tout discours politiquement incorrect est qualifié de « discours de haine » qu’il faut dénoncer et interdire. C’est aussi le règne de la novlangue – et des prétendus « décryptages » qui sont en fait des recryptages conformistes.

    Répétition et orchestration

    La même info paraît partout puisque de nombreux organes de presse la reprennent mais la source est souvent unique : l’AFP. L’AFP où « les mots sont pesés », selon Madame Léridon, directrice de l’information : « pesés » au trébuchet de l’idéologie et des intérêts dominants ; vocabulaire majoratif ou euphémisant pour les uns, péjoratif ou diabolisant pour les autres.

    Ce sont aussi les mêmes formules qu’on retrouve partout : « pas d’amalgame », « pas de stigmatisation », « l’islam, religion de paix » ! Le slogan tient lieu de pensée.

    Avec les mêmes débatteurs courant d’un média à l’autre dans un grand entre soi.

    Et bien sûr les mêmes « experts » !

    Transfusion

    La « transfusion » est une technique de propagande consistant à partir d’une idée populaire dans l’opinion pour la conduire vers un point de vue différent, voire contradictoire. Ainsi la manifestation « Je suisCharlie »du 11 janvier 2015 a mobilisé autour du thème de la liberté d’expression. Mais le débat qui a suivi a porté sur les limites à apporter à la liberté d’expression et la nécessité de lutter contre ses abus… On retrouve au passage le combat « contre les discours de haine » qui sert de paravent à la réduction des libertés sur Internet et à la mise en cause de la loi sur la presse.

    Unanimité et contagion

    Tout le monde il doit penser pareil en même temps… C’est le règne de la pensée perroquet et du mimétisme comportemental du « Je suis Charlie ». Tout le monde – « peoples », patrons, artistes, « experts » – y va de son couplet pour créer une atmosphère de sidération.

    Les grandes cérémonies – Césars, eurovision, élection des Miss – servent de prétextes au conditionnement de l’opinion.

    Nous vivons à l’ère d’une propagande totale qui s’impose à tous.

    La riposte

    Plusieurs ripostes sont possibles :

    -idéalement la coupure des robinets financiers, ces milliards d’euros qui viennent de la redevance audiovisuelle, des subventions à la presse écrite ou de la publicité ;

    -le retour au réel ;

    -la dénonciation des troupes d’occupation mentale ;

    -et surtout le rire, le rire, le rire !

    C’est précisément l’objet de la cérémonie des Bobards d’Or, cette grande entreprise de dépollution mentale.

    Jean-Yves Le Gallou

    http://www.polemia.com/decryptage-des-techniques-des-medias-de-propagande/

  • Paris et pollution : la mémoire sélective d'Anne Hidalgo

    Forcée d'avancer sur le plan de protection de l'air par les Verts puissamment représentés au conseil municipal, la maire de Paris sait pourtant que cela ne servira à rien, au moins dans un premier temps. Sans le secours des villes de la première couronne, Paris ne pourra pas en effet espérer abaisser de façon significative les émissions polluantes intra-muros. Comme le nuage de Tchernobyl s'arrêtant aux frontières, il n'est pas honnête de penser qu'une action concertée sur la seule agglomération de Paris puisse avoir des effets sensibles sur les niveaux de pollution. 

    C'est donc en préparant le stade suivant du "Grand Paris", qui devrait s'ébaucher à partir de 2016, qu'agissent les élus de la capitale. La métropole du Grand Paris 1 regroupera principalement les communes de Paris et des trois départements de la petite couronne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, dont l'une des principales compétences portera sur l'environnement. 
    Cependant, si Anne Hidalgo devait attendre l'assentiment de tous ses voisins, l'acte politique perdrait de sa force exemplaire. Et le retard pris par la France sur ses voisins européens en la matière - près de 200 villes d'importance soumises à un plan de protection de l'air (PPA) - fait que le dossier doit inévitablement être traité d'urgence. Mais pas n'importe comment, et c'est ce qui se profile à l'horizon parisien, souillé de pollution. 
    Zapa zappées 
    Les Zapa (Zones d'action prioritaire de l'air), zappées fin 2012 par Delphine Batho, alors ministre de l'Environnement, ont en effet servi d'études d'impact sur les pratiques actuelles qui mettront en place les PPA. Les services techniques concernés, notamment ceux de l'atelier parisien d'urbanisme dépendant en grande partie de la Ville de Paris et de la région, ont planché sur le sujet en 2011-2012 avec l'aide des diverses agences spécialisées (Airparif, DRIEA, Stratec) et remis leurs conclusions qui ne sont pas vraiment surprenantes. 
    "Pour être réellement efficace, la mise en place d'une politique antipollution ne produirait d'effet significatif que si elle concernait un large périmètre comprenant Paris et les autres territoires (76 communes) intra-A86", affirme l'étude. Mais celle-ci s'empresse de tempérer le constat en évaluant les conséquences d'une telle décision. "Une interdiction portant sur un tel périmètre aurait posé problème en termes d'absorption des flux de voyageurs amenés à se reporter sur les transports en commun." La défaillance de ceux-ci ne permet pas en effet d'envisager une action d'envergure "sans un développement et des investissements conséquents en termes de transports en commun". Et cela n'arrivera pas avant, au plus tôt, 2020 avec la mise en place du Grand Paris Express, une ligne ferroviaire ceinturant Paris et destinée à combler les défaillances actuelles des transports en commun. 
    Pollution en couronne 
    En d'autres termes, rien ne sert de courir à Paris si on fait du sur-place dans les 78 communes de la première couronne. Pire, si Paris prend seule la décision des restrictions de circulation à l'encontre des véhicules les plus anciens, les spécialistes craignent "un effet de bord" qui reporte le trafic aux limites des zones réglementées avec une conséquence, l'accroissement des bouchons. C'est-à-dire exactement le contraire de ce que l'on recherche et que dénonce Chantal Bayard, secrétaire générale de la Ligue de défense des conducteurs (LDC). 
    Celle-ci relève une autre catégorie d'usagers qui sera frappée : les travailleurs de nuit (hôtel, café, restaurant, infirmiers...). Ils représentent un tiers des emplois sur Paris et seront particulièrement touchés par ces restrictions affectant les véhicules anciens. Christiane Bayard s'indigne : "Comment feront les femmes assujetties à des horaires tardifs ? Seront-elles obligées d'emprunter des transports en commun peu sûrs au risque de se faire molester ?" 
    Métro plus toxique 
    Ironie du sort, elles courront aussi des risques trois à quatre fois plus élevés pour leur santé en empruntant le métro plutôt que le périphérique puisque,selon les relevés d'Airparif, le réseau souterrain émet en moyenne trois à quatre fois plus de particules fines que l'anneau routier (300 mg/m3 pour les quais du métro et jusqu'à 500 mg/m3 sur les quais du RER, contre 52 mg/m3 aux abords du périphérique). 
    La même étude révèle aussi que 41 % des particules fines en suspension (PM10) émises par le trafic routier viendraient en fait de l'abrasion des pneus, du revêtement routier et des garnitures de freins. Ainsi, relève Christiane Bayard, "même les voitures électriques, préconisées par la mairie de Paris, disposent de pneus, d'un système de freinage et continueront donc de polluer". 
    2 236 000 Franciliens concernés 
    La solution de Christiane Bayard est quelque peu radicale, mais tient compte du fait que le remède est pire que le mal. L'analyse des déplacements domicile-travail met en évidence qu'à l'échelle de la région Ile-de-France, 43 % de la population active utilise un véhicule (voiture, camion, fourgonnette) pour se rendre à son lieu de travail. Dans le centre de l'agglomération, cette proportion tombe à 31 %, mais est assez contrastée selon les départements. Si celle-ci est très faible dans Paris intra-muros (16 %), elle dépasse les 40 % dans le Val-de-Marne. Des chiffres qui situent la défaillance des transports en commun en banlieue... lorsqu'ils fonctionnent. 
    "Au total, en Ile-de-France, 2 236 000 actifs utilisent principalement un véhicule particulier (VP ou VUL) pour se rendre à leur travail", notait l'étude la plus récente de l'Apur en 2012. Bon nombre d'entre eux seront contraints d'envoyer leur véhicule à la casse et ce n'est pas l'angélisme d'Anne Hidalgo et des primes d'aides à l'achat qui les feront passer à la voiture électrique. Mais tout cela ne servirait à rien si l'on retient l'une des conclusions de l'Apur qu'Anne Hidalgo connaît forcément. 
    "Le dispositif Zapa vise avant tout les vieux véhicules, qui ont une double caractéristique : d'une part, ils appartiennent aux populations les plus défavorisées, et d'autre part, ils parcourent beaucoup moins de kilomètres que les véhicules récents. Airparif a montré que la majorité des émissions de polluants est le fait du parc récent, avec un nombre de véhicules et de kilomètres parcourus plus importants, et non du parc ancien, moins utilisé. La mesure pourrait donc être perçue comme doublement injuste." 
    Pour la LDC qui ne peut souscrire à ces décisions partisanes quand tant de gens ont besoin de leur véhicule pour la vie de tous les jours, il est préférable d'attendre. "N'en déplaise à Mme Hidalgo ou à Bruxelles, le parc automobile se renouvelle tranquillement. Inutile de mettre le feu aux poudres", conclut Christiane Bayard.