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culture et histoire - Page 1648

  • Le déni d'identité(s). Quelques réflexions...

    « Toute utilisation de la notion d’identité commence par une critique de cette notion » affirmait le célèbre anthropologue, Claude Lévi-Strauss. L’approche scientifique du concept d’identité suppose, en effet, une déconstruction méthodologique et empirique permettant, in fine, soit d’en saisir l’essence soit d’en réfuter les fondements théoriques. Notion fondamentale des sciences sociales, l’identité se donne à voir sous des angles variables, selon le point de vue de l’observateur.

    Mais l’identité semble, depuis quelques décennies, faire polémique lorsqu’elle sort de l’université et devient source de débats dans l’espace public. Miroir des angoisses civilisationnelles, l’identité interroge l’être-même des sociétés européennes face à des revendications communautaristes se posant en figures de proue de singularités hautement assumées. L’impasse à laquelle a conduit le débat hexagonal sur l’identité nationale institué sous la présidence de Nicolas Sarkozy a montré combien l’identité faisait désormais partie du domaine du refoulé. Tabou collectif, l’identité n’en a pas moins été érigée en fierté particulière. Ce fut ouvrir immanquablement la porte à tous les « racismes », déclinés en autant de « phobies » paralysantes pour la liberté d’expression. Si l’altérité demeure pourtant au fondement de la diversité (et s’oppose ainsi au « métissage »), la promotion de l’Autre a été commuée en célébration égalitariste du Même, au nom d’une mystique démocratique irrationnelle[1] fondée sur l’universalisme, non moins artificiel, des droits de l’homme. Du mariage pour tous (les homosexuels), aux papiers pour tous (les clandestins), jusqu’au maïs (transgénique) pour tous, l’identité s’est diluée, passant du statut de marqueur de reconnaissance mutuelle à celui de narcissisme indifférencialiste. L’effondrement de l’Etat-nation en tant que creuset par excellence d’appartenance à une langue, une culture, une civilisation, des repères communs a entraîné, corrélativement, la destruction des défenses immunitaires collectives que furent la famille, l’Etat, l’école ou l’Eglise. Rien ne se vaut en soi, car tout se vaut, précisément. Ne plus chercher à se définir par ce que l’on est intrinsèquement, mais par ce que l’on pourrait être, suivant en cela la pente dangereuse de son propre désir normatif, revient à effacer les repères autant qu’à s’effacer soi-même.

    A cette aune, il n’est donc pas excessif de parler de déni d’identités, la question existentielle et éminemment subjective du « que suis-je » se substituant à celle essentielle et purement objective du « qui suis-je ? ». Le déni d’identités n’implique rien moins que la réification de l’humanité, ravalée au rang de n’importe quel objet consomptible, échangeable et finalement, jetable. Le déni d’identités a fini par introduire la notion d’obsolescence programmée au cœur des relations humaines et sociales. Mais pire encore, le déni d’identités porte en lui la disparition du politique au sens où les conflits doivent se résoudre dans une sorte d’unanimisme idéologique, tenant les idées à contre-courant, comme marginales voire extrémistes ou populistes.

    [1] Selon une formule inspirée de Louis Rougier.

    http://lactionpolitique.hautetfort.com/

  • L’hellénisme, la grande dame, la liberté et la république : hommage à Jacqueline de Romilly(arch 2001)

    Jacqueline de Romilly (1913-2010) nous a quittés le 18 décembre dernier, cette grande helléniste, haute figure de notre culture républicaine, qui a tant défendu la place de l’enseignement du grec comme porte d’accès à une culture générale dont les lettres classiques constituent un des piliers jamais démenti. On lui doit cet intérêt porté à la Grèce antique et à sa culture, non comme l’héritage d’une histoire arrêtée aux ruines d’une civilisation passée, mais comme une des clés de la compréhension du monde contemporain. Elle fut toujours animée d’une foi sans hésitation dans les valeurs universelles nées de ce berceau athénien de la démocratie où elle prenait à chaque instant sa respiration.
    Lauréate du Concours général la première année où les filles pouvaient concourir puis, première femme élue au Collège de France (1973), elle devait accéder à la reconnaissance suprême de l’Académie française en en devenant membre (1988), seconde femme élue à y occuper un des sièges sacrés. Ce fut l’un des aboutissements d’un parcours exemplaire qui a fait de sa carrière de femme dans un monde d’hommes une très grande dame de notre République.
    Elle ne nous parlait pas seulement de culture et d’histoire, mais de liberté !
    Grande spécialiste du monde grec, c’est de liberté dont elle entendait nous parler, celle propre à cette invention émancipatrice du politique et de la citoyenneté, se synthétisant dans le gouvernement des hommes par les hommes, se fondant sur l’interchangeabilité des droits, la conscience d’un bien commun supérieur à tous les autres, l’homme mesure de toute chose. Elle n’avait de cesse d’attirer l’attention sur cet homme nouveau surgissant de l’histoire, l’homme grec : celui qui fait les lois auxquelles il obéit.
    Elle luttait contre l’oubli d’un legs essentiel transmis depuis l’antiquité auquel notre modernité doit beaucoup, un oubli parfois entretenu vis-à-vis d’un vieux continent européen trop facilement identifié par certains à l’unique héritage judéo-chrétien. Elle a inscrit le travail d’une vie de transmission et de fructification d’un domaine dans le prolongement des inventeurs d’une civilisation qui a eu l’ambition de donner à l’homme la maîtrise de son destin, avec une forme de conscience qui demeure aux racines de la nôtre comme sa toile de fond.
    Dans un contexte de relativisme culturel qui ne joue pas en faveur de la défense de cet acquis universel parfois incriminé hors propos d’ethnocentrisme, elle n’a cessé de rappeler que l’homme agent de son histoire est né en Grèce entre le VIIIe et le IVe siècle avant notre ère et nulle part ailleurs, comme un cadeau à destination de tous les peuples. Elle en interroge le mystère, sans cesse le secret de fabrication à travers un questionnement fondateur d’une démarche ouverte sur le sens de l’histoire : « Pourquoi la Grèce ? ».
    Lorsqu’Œdipe, sous l’écriture du tragique grec Sophocle, nous dévoile le déterminisme de l’inconscient à travers la mise en scène prophétique d’un fils commettant sans le savoir ce qui apparait comme le crime suprême, l’inceste, pour mieux affirmer sa prohibition, on touche à une nouvelle humanité qui est incitée à prendre conscience d’elle-même, qui a à voir avec une nouvelle responsabilité de l’individu invité à anticiper sur les conséquences de ses actes. C’est l’émergence d’une notion de la responsabilité se référant à la loi commune, à cette capacité d’une société à savoir se corriger elle-même relativement à ce qu’elle définit comme son bien, telle que la démocratie le propose dans le gouvernement des affaires de la cité.
    Freud lui-même, ce génial observateur de la complexité mentale de l’homme, ne s’y était pas trompé, en voyant au cœur de la culture grecque à travers le « complexe d’Œdipe » un des schémas explicatifs fondamentaux du développement de la personnalité et un des axiomes principaux de la psychanalyse. Certaines pulsions doivent être mises sous l’autorité de la loi et refoulées pour laisser place à l’action consciente de l’individu, c’est la condition de sa liberté, comme une nouvelle condition de l’homme s’émancipant à la fois des archaïsmes de l’instinct et d’une forme passée du religieux où la divinisation de la nature dominait la pensée. C’est le passage réussi de l’homme d’un temps biologique au temps psychologique. Il en découlera une démarche intellectuelle, philosophique, culturelle et scientifique qui donnera à la raison ses lettres de noblesse, d’Homère à Eschyle, de Sappho à Aristote.
    La culture grecque : l’égalité et la raison bien de l’humanité.
    Dès l’Iliade, on voit l’égalité commencer à s’imposer comme nouvelle valeur collective. Agamemnon est le roi suprême à la tête de l’expédition de Troie pour reprendre la Belle Hélène, qui est l’épouse de son frère Ménélas, à Pâris qui l’a enlevée. Il croit bon, en raison de sa position royale qu’il pense au-dessus du commun, de prendre à Achille Briséis, sa concubine, pour son bon plaisir et déclenche ainsi la colère du héros qui se retire de la bataille, thème principal de l’Epopée. Agamemnon sera en définitive contraint de la lui rendre, de renoncer à sa démesure face au risque de perdre la guerre et la face si Achille ne revient pas au combat, jusqu’à même devoir publiquement se déjuger, sous la pression de son camp avec le soutien des dieux. Agamemnon doit, comme tout autre, se soumettre à la loi commune qui rejette la démesure, fut-elle celle d’un grand roi, face à l’intérêt commun. S’imposait en reflet dans la société d’alors l’effacement de la royauté à la faveur d’une aristocratie des égaux, l’indication d’un nouveau chemin. C’était le début d’une nouvelle histoire de l’homme qui fera passer, non sans crises sociales animées par la revendication de l’élargissement de cette égalité à tous, le pouvoir des mains des rois dans celles des peuples.
    Comment ne pas voir une révolution en marche à travers cette comédie d’Aristophane, Lysistrata, où pour la première fois les femmes, par-delà l’exclusion de la citoyenneté dont elles furent victimes dans la cité, se voient donné tout le pouvoir par la mise en scène d’une grève du sexe qu’elles opposent aux hommes afin de les contraindre à arrêter de se faire la guerre. Dans une œuvre artistique, un pouvoir leur était alors conféré sur la destinée collective, sans précédent dans l’histoire, qui augurait de futures transformations dans la réalité retentissantes concernant les rapports hommes-femmes… L’égalité entre les sexes ne put sans aucun doute jamais être posée, sans cette révolution de la pensée grecque.
    Jacqueline de Romilly avait ô combien raison de nous ramener ainsi vers la Grèce antique, qui inventa la démocratie mais aussi le théâtre avec sa tragédie et sa comédie, le droit public et l’alphabet à l’origine du nôtre, la philosophie sous les traits de la raison, l’art comme expression de l’artiste et non du magico-religieux, la justice collective avec ses jurys populaires qui faisait sortir les hommes de la logique brutale d’« œil pour œil, dent pour dent ».
    La modernité républicaine prend source à la pensée de Périclès
    Rendre hommage à cette grande dame, c’est d’abord et avant tout poursuivre l’œuvre engagée, de défense et de diffusion de l’hellénisme, une forme de pensée et de culture dérivant d’un tournant radical dans l’histoire : la civilisation grecque comme nouveau point de départ, comme nouveau paradigme d’un temps qui s’écoule jusqu’à nous et au-delà.
    La mètis des grecs (les ruses de l’intelligence) nous en offre certaines des plus belles manifestations : De l’ingénieux Ulysse, crevant l’œil du cyclope pour retrouver sa liberté tout en se rendant invisible à sa vengeance à se donner comme nom « Personne » plutôt que de se dire roi d’Ithaque, indiquant par là une désacralisation de la fonction royale, à celui du piège du cheval de Troie, offrande faite à l’ennemi qui va par démesure l’accepter pour qu’elle le détruise, comme la métaphore de la nouvelle place donnée au passé avec lequel il s’opère une rupture sans retour simultanément qu’il en est pris possession à travers une nouvelle forme de conscience du temps, tout nous montre ici que la modernité des anciens a encore et encore à nous en apprendre pour aller plus loin de l’avant.
    La pensée grecque a inspiré les humanistes de la renaissance, irrigué la pensée des Lumières et la Révolution française, les grands principes sur lesquels se fonde notre modernité républicaine. Un de ces bouleversements de la réalité porteurs de changements dans la façon même de poser les problèmes.
    Jacqueline de Romilly a fait sa thèse de doctorat sur « Thucydide et l’impérialisme athénien », sur celui qui fut le premier historien de l’histoire après les prémices d’Hérodote, il n’y a là aucun hasard. La plus belle des références à lui faire est sans doute cette Oraison funèbre prononcée par Périclès, s’il faut en croire Thucydide précisément qui la rapporte dans son récit prenant pour objet « La guerre du Péloponnèse », qui nous donne toute la hauteur de cette culture en héritage : « Notre régime politique ne se propose pas pour modèle les lois d’autrui, et nous sommes nous-mêmes des exemples plutôt que des imitateurs. Pour le nom, comme les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité, c’est une démocratie. S’agit-il de ce qui revient à chacun ? La loi, elle, fait à tous, pour leurs différents privés, la part égale, tandis que pour les titres, si l’on se distingue en quelque domaine, ce n’est pas l’appartenance à une catégorie, mais le mérite, qui vous fait accéder aux honneurs. (…) Nous pratiquons la liberté non seulement dans notre conduite d’ordre politique, mais pour tout ce qui est suspicion réciproque dans la vie quotidienne ; nous n’avons pas de colère envers notre prochain, s’il agit à sa fantaisie, et nous ne recourons pas à des vexations qui, même sans causer de dommages, se présentent au dehors comme blessante.” (« Les plus beaux textes d’Homère à Origène », sous la direction de Jacqueline de Romilly, de l’Académie française, Danielle Jouanna, Simina Noïca, Bayard, Les Belles Lettres, 2003). Cette évocation de la démocratie et cette fine psychologie qui s’attache au respect des sentiments humains sont révélatrices d’acquisitions mentales qui ont, à cet endroit, éclatées au grand jour et valent pour nous, sur le mode intemporel.
    Voilà des idées propres à une démarche emprunte d’humanité, que Jacqueline de Romilly n’a cessé de porter, pour tenter qu’elles ne puissent échapper au moindre des citoyens. Un sens de l’humanité sorti de l’histoire dont les valeurs et les idées sont toujours dans l’actualité, surtout si on a à l’esprit les remises en cause actuelles des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, au nom du droit à la différence confinant à la différence des droits, du communautarisme encouragé par le clientélisme politique, d’un retour radical du religieux et du patriarcat déniant aux femmes qu’elles puissent être les égales de l’homme ! Précisément, la conquête de l’égalité des droits entre les sexes ne fit pas l’économie, en regard de la tradition et de la religion, de hautes luttes pour s’imposer, passant par des exemples de femmes comme Jacqueline de Romilly qui, sans en avoir l’air et sans s’en être réclamée, sans en faire non plus le combat d’un genre contre un autre, a voulu œuvrer simplement au nom du bien de tous.
    Une grande dame, symbole républicain d’émancipation : après l’Académie, le Panthéon !
    L’égalité républicaine incluant les femmes a pu et su ainsi synthétiser, la modernité grecque qui les excluait du politique, l’histoire avançant souvent d’un pas à la fois, avec les avancées contemporaines des libertés individuelles, des libertés publiques, de la démocratie et de la laïcité portant l’intérêt général au dessus des différences et des religions, avec aussi la dimension sociale de la République jouant un rôle si essentiel en faveur de la solidarité de la nation. L’émancipation des femmes, ce mouvement révolutionnaire qui constitue à part entière une histoire dans l’histoire qui a encore bien du champ devant elle à l’échelle de notre planète, a été et reste porteuse d’émancipation pour toute la société, pour toute l’humanité, à quoi a formidablement contribué à sa façon, la « grande dame » dont nous parlons.
    Gardons de Jacqueline de Romilly ces quelques mots en ouverture d’un petit ouvrage de poche qu’elle écrivit « la Grèce antique à la découverte de la liberté » (Editions de Fallois, 1989) pour faire partager sa passion de l’hellénisme : « L’idée de la liberté nous vient de Grèce, où elle a été découverte et proclamée avec force, pour la première fois et de façon durable. » Des lignes qu’on ne se lasse pas de relire, écrites d’une main ferme et d’une pensée qui voit loin, qui font partie de notre patrimoine commun le plus vivant. Elle pourrait mériter le Panthéon.
    Guylain Chevrier,
    Docteur en histoire.
    http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-hellenisme-la-grande-dame-la-86602

  • Libre Journal de la vieille Europe du 4 mars 2014 : “La fin des élites”

    Patrick Péhèle, assisté de Pascal Eysseric, recevait Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne et Hélène Strohl, haut fonctionnaire, pour une émission consacrée à la fin des élites.

    http://www.radiocourtoisie.fr/18317/libre-journal-de-la-vieille-europe-du-4-mars-2014-la-fin-des-elites/

  • Toujours du nouveau à Stonehenge

     

    Selon la légende du roi Arthur rapportée par l’écrivain médiéval Geoffrey de Monmouth, le célèbre site mégalithique de Stonehenge était un « centre de guérison » dont les pierres, dotées de vertus thérapeutiques, auraient été amenées par Merlin l’Enchanteur. On sait aujourd’hui que les pierres en question proviennent du sud-est du Pays de Galles, mais à en croire deux archéologues, Timothy Darvill et Geoffrey Wainwright, cette légende pourrait bien contenir une part de vérité. Une étude menée sur les plus anciens squelettes humains enterrés sur le site donne en effet à penser qu’il s’agissait d’individus affectés de maladies graves dans une proportion anormalement élevée. Darvill et Wainwright concluent qu’en plus d’être un observatoire astronomique, Stonehenge attirait aussi des foules de malades du néolithique et de l’âge du bronze. De récentes fouilles effectuées à Stonehenge ont par ailleurs confirmé que la principale voie d’accès au site, surnommée l’Avenue, était bien connectée à l’enceinte extérieure. Deux fossés creusés de main d’homme y ont été mis au jour sur un tronçon auparavant inaccessible. Cette découverte renforce l’hypothèse d’un rôle fondamental des solstices dans la symbolique de Stonehenge, car l’Avenue est précisément orientée selon l’axe solticial reliant le point d’où émerge le Soleil au matin du solstice d’été au point où il disparaît au soir du solstice d’hiver. Dans la même zone, on a également découvert des fissures naturelles, produites par des fontes d’eau glaciaire, qui se déploient parallèlement à l’axe des solstices. Selon l’archéologue David Jacques, le site de Stonehenge pourrait avoir déjà été occupé il y a environ 5000 ans.

    Eléments n°149, octobre-décembre 2013

    http://www.oragesdacier.info/

  • L’Action française, féministe avant l’heure ?

     

    L’Action française d’avant-guerre n’était pas fermée aux femmes. Bien au contraire, certaines la rejoignaient précisément pour combattre une République misogyne, comme l’explique le travail d’une étudiante en histoire à l’IEP de Paris.

     

    Tous les domaines se prêtent aux "études de genre" – y compris l’histoire de l’Action française, susceptible d’illustrer le parcours de « femmes outsiders en politique », selon le titre d’un ouvrage paru l’été dernier (en 2013). Camille Cleret y consacre un article à « l’engagement féminin d’Action française ». Depuis toujours, souligne-t-elle, « la signification politique de l’engagement féminin d’Action française fut inévitablement contestée et caricaturée » : « qualifiées alternativement de "duchesses douairières", ou de "demoiselles à dot" », les militantes d’AF « étaient systématiquement jugées avec mépris par les adversaires de la ligue ». Or, « initialement et officiellement cantonnées dans la sphère des activités charitables, ces militantes surent se réapproprier le "politique d’abord", mot d’ordre de l’Action française, afin d’acquérir un rôle et, pour certaines d’entre elles, des responsabilités au sein de cette formation ».

    LIGUE FÉMININE

    Les femmes désireuses de s’engager à l’Action française étaient appelées à rejoindre une structure spécifique, l’Association des dames et des jeunes filles royalistes, héritière d’une ligue féminine indépendante, la Ligue royaliste des dames. « Née en 1904 de l’opposition aux mesures touchant alors les congrégations religieuses », celle-ci « se distinguait cependant d’autres formations féminines fondées dans le même contexte en raison de la priorité conférée, dès ses origines, au combat politique sur le combat religieux ». Cette préoccupation se traduisait dans l’orientation donnée aux "œuvres sociales royalistes", qui occupaient « une place prépondérante dans la vie de ces femmes ». « Ventes et fêtes de charité, arbres de Noël, distribution de layettes, de nourriture et de vêtements, colonies de vacances : ces activités de bienfaisance mentionnées dans les colonnes du quotidien s’inscrivent dans la lignée des œuvres de charité pratiquées depuis des siècles par les femmes chrétiennes mais impliquent toutefois une finalité politique clairement assumée. » Témoin, l’ouverture d’un "restaurant de charité", conçu, selon ses promoteurs, comme « un centre de propagande ouverte ».

    La suite dans le Journal d’un eurosceptique désabusé

    Article publié dans L’Action Française 2000

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?L-Action-francaise-feministe-avant

  • Le Cercle Jean Bastien-Thiry communique

    Manifestations organisées par le Cercle Jean Bastien-Thiry pour le cinquante et unième anniversaire de la mort de Jean Bastien-Thiry

    Les activités du Cercle ici

     
  • L’américanisation brutale de notre société, L’Europe est-elle une nouvelle colonie américaine ?

    La guerre coloniale que les Etats-Unis mènent depuis plus d’un siècle contre les Peuples du monde, ce ne sont pas seulement les bombes et les missiles de l’US Air Force ou les coups de force de la CIA et du State Department. C’est aussi la guerre culturelle – celle menée par Hollywood, Mc Donald’s, Coca-Cola et autres vomissures yankees – conduite pour écraser les cultures et les Peuples, et imposer le néant consumériste de l’anti-civilisation yankee, le « Mc World ». Car, pour nous, et comme le rappelait Spengler, les Etats-Unis sont passés directement de la Barbarie à la « Civilisation » – celle du Hamburger – sans connaître la culture.

    LA MACDONALDISATION DU MONDE EST UN TERRORISME CULTUREL

    La guerre culturelle yankee, dont Mc Donald’s est le symbole phare, s’apparente, selon Steve Fuller, professeur de sociologie à l’Université de Warwick, à la « guerre idéologique », « où les gens se voyaient enjoindre de renoncer à leurs coutumes traditionnelles et d’adopter celles de l’Occident ». Fuller qualifie la « Macdonaldisation » de « terrorisme culturel ». George Ritzer, son collègue de l’Université du Maryland, dénonce, lui, dans « The MacDonaldization of Society », le « pouvoir obscène » de la multinationale de la Mal-bouffe et de ses complices hollywoodiens.

     L’AMERICANISATION DU MONDE EST UN SIDA CULTUREL

    L’Américanisation du monde est un sida culturel, comme le déclare la critique Margaret Wertheim, Australienne installée à Los Angeles : « la culture américaine ressemble à un virus, de surcroit particulièrement pathogène. A bien des égards, on pourrait la comparer au HIV, le virus du sida. Cette culture ne cesse de se dupliquer, et se montre particulièrement habile à parasiter la machinerie de production de ses hôtes. S’il est si difficile de venir à bout du HIV, c’est parce qu’il prend le contrôle des fonctions cellulaires de l’organisme infecté pour produire de nouvelles copies de lui-même, et retourne contre son hôte ses propres défenses immunitaires. Pareillement, la culture fast-food, le rock, la télévision et le cinéma américains infectent l’organisme  culturel des autres nations, parasitant les capacités de production locales pour réduire leurs efforts à de simples contrefaçons. Ce processus de réplication virale se répète dans le monde entier, les normes de la culture populaire américaine étouffant la flore et la faune locale ». Dans « Pourquoi le Monde déteste-t-il l’Amérique ? », Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies analysent le rôle des hamburgers et autres menus américains » dans la destruction des repères culturels des peuples agressés : « La mondialisation dirigée par les Etats-Unis cherche à remplacer ces repères par des produits culturels américains. Le raz de marée de cette culture consumériste est capable de tout assimiler et d’exercer sur les peuples d’énormes pressions pour qu’ils changent de mode de vie, abandonnent tout ce qui donne un sens à leur existence, se débarrassent non seulement de leurs valeurs mais de leur identité, de leurs relations, de leur attachement à l’Histoire, à des lieux, à des manières d’être et d’agir. Le « pouvoir obscène » de la « culture du hamburger » place les cultures locales dans un étau. Les multinationales américaines assurent la promotion de leurs produits en suivant une stratégie multiforme qui fait appel au rock, à la télévision, à des styles spécialement crée, et lui permet d’occuper tout l’espace culturel disponible ».

     LE GENOCIDE PLANIFIE DES CULTURES ET DES LANGUES

    Le véritable terrorisme est là ! Il est américain, planifié, et vise au génocide des cultures et des langues. Steve Fuller explique que « pour bien comprendre l’influence de l’Amérique sur le reste du monde, il nous faut considérer ses pratiques culturelles » comme un « bioterrorisme » : « En premier lieu, le bioterrorisme n’a pas d’objectif spécifique. On ne gagne pas une campagne de ce genre ; on espère simplement que la diffusion du virus perturbera au maximum la société visée. Elle peut aussi créer les conditions qui permettront de parvenir à un but différent. En second lieu, les bioterroristes se contentent de lancer la campagne ; le gros des « opérations guerrières » est ensuite le fait des victimes eux-mêmes, qui s’infectent mutuellement lors de leurs interactions quotidiennes. En troisième lieu, à mesure que la campagne progresse, que ces effets pathogènes se combinent à d’autres, il devient virtuellement impossible d’identifier un seul agent responsable, toutes les victimes étant alors devenues complices de cette diffusion. McDonald’s illustre superbement ce genre de terrorisme culturel. Considérez le panneau placé devant chacune de ses boutiques : « Des milliards de gens servis ». Et non « nourris ». Du point de vue du marketing, c’est un slogan extrêmement frappant. Il désigne un objectif qui n’est autre que la simple prolifération des burgers, sans référence aucune à la réaction de ceux à qui ils sont destinés. Mais, comme nous le savons, cette prolifération à un effet dévastateur sur la plus grande partie de la planète – les autochtones sont contraints d’adopter les pratiques de la culture américaine, leur environnement, physique ou culturel, est frappé. En fait, quand ils commencent à se comporter comme des géants de la restauration rapide, à s’infecter mutuellement avec leurs attitudes et leurs comportements (obésité, problèmes cardiaques, etc.), ils s’exposent davantage encore à d’autres interventions américaines. Le temps que les dégâts soient vraiment sérieux, un nombre suffisant d’entre eux aura bénéficié personnellement de ces interventions pour qu’il soit difficile de faire marche arrière ».

    « Le « terrorisme biologique » de la culture du hamburger a réduit la géographie culturelle du monde à un espace américain totalitaire, tuant les langues, l’architecture, l’industrie cinématographique, la télévision, la musique et l’art de la majorité des pays », concluent Sardar et Davies.

    QUAND HOLLYWOOD EST UNE ANNEXE DU PENTAGONE

    Dans la guerre culturelle yankee, Hollywood et ses dérivés médiatiques, comme MTV, jouent un rôle décisif. Et font directement le lien avec la guerre classique menée par le Pentagone et le state Department, notamment en assurant la propagande et en préparant psychologiquement les masses aux agressions militaires américaines. Hollywood s’est fait une spécialité des caricatures ”stéréotypes” des ennemis des Etats-Unis. Après le méchant Russe (qui avait succédé au méchant Soviétique) ou le psychopathe arabe, figures de style déclinées dans des milliers de films, dont les James Bond, le cinéma yankee s’en était pris aux « criminels serbes » (voir « Behind Ennemy Lines ») ou africains (« La chute du Faucon noir » sur la Somalie).

    L’Europe en phase finale d’américanisation

    Les choses se précipitent. Peu d’européens en sont encore conscients. D’autant plus que pour s’en apercevoir, il faut un minimum de culture stratégique afin de déchiffrer des événements qui autrement peuvent paraître anodins. Appelons américanisation de l’Europe le fait pour celle-ci d’acquérir le statut non d’un nième Etat de l’Union – ce qui peut conférer quelques droits constitutionnels et civiques – mais d’un Etat complètement subordonné, colonisé pour reprendre un ancien terme, sur le modèle des ex-colonies africaines de la France. Cette américanisation est en cours depuis la seconde guerre mondiale, sinon la première. Ces guerres ont vu l’Europe, emportée par ses divisions internes, perdre une grande partie des éléments faisant son ancienne puissance. Ceci au profit des Américains. Face à l’URSS d’abord, face aux puissances émergentes d’Asie, principalement la Chine aujourd’hui, l’Amérique a su convaincre les Européens qu’ils devaient lui confier leur défense, quitte à lui livrer en échange tout ce qui leur restait de souveraineté. Avec la crise boursière de 2008 ,le model américain a montré son vrai visage au monde entier, le rêve américain touche à son terme! il est grand temps de “sauter” en dehors de ce bateau U.S qui coule à vue d’œil…il est grand temps que NOUS européens nous reprenons notre destin en main.

    Article rédigé par P. De Reyck pour l’association culturelle ZENIT

    Source: Association culturelle ZENIT

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/03/06/l-americanisation-brutale-de-notre-societe-l-europe-est-elle-5315038.html

  • L’archipel Humain (3/3) : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

    "Personne n'est tombé tant qu'un seul est debout.
    Le vieux sang des aïeux qui s'indigne et qui bout,
    La vertu, la fierté, la justice, l'histoire,
    Toute une nation avec toute sa gloire
    Vit dans le dernier front qui ne veut pas plier.
    Pour soutenir le temple, il suffit d'un pilier ;
    Un Français, c'est la France ; un Romain contient Rome,
    Et ce qui brise un peuple avorte aux pieds d'un homme. "
               Victor Hugo, Les châtiments, 1853.

    Nous avons vu qu’augmenter la résilience de l’espèce humaine, c’est maximiser sa diversité, ce qui est favorisé par l’autonomie et la décentralisation. Cependant, ceci améliore la résilience de l’Humanité, non pas une Nation en elle. Les deux ne vont plus ensemble, dès lors que ces dernières veulent rester compétitives. Ici, nous proposons quelques directions théoriques, des approches politiques tendant vers une révolution écologique. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles : il est temps de redéfinir radicalement notre mode de vie en faisant de la nature un socle de la politique, et de donner une assise spirituelle aux préoccupations environnementales, enjeu de notre époque. Et l’écologie propose des lois dont nous pouvons nous inspirer.

    7. Refondre la Nation : autarcie versus progrès ?

    La frontière comme peau : entre échange et protection. Cette dégradation de la diversité pourrait n’être après tout qu’un problème d’énergie, la révolution industrielle ayant accéléré la rencontre entre des sociétés, initialement séparées en un archipel humain. Mais nous pouvons opposer à ce phénomène une discipline, canalisant le progrès permis par l’énergie, conservant ainsi les styles de chaque culture. Alors que la mondialisation tend à ne créer qu’une seule société rendue fragile du fait de son interdépendance, un système pluri-civilisationnel, diversifié et communicatif, maximise le nombre de solutions adaptatives. La rencontre entre deux entités sociales n’est donc souhaitable que dans un cadre bien précis, lorsque les deux partis y sont préparés et que chacun a à apprendre de l’autre. Ainsi il y a progrès mutuel et progrès du système les englobant. En revanche, si ces conditions ne sont pas réunies, la rencontre devient destructrice, c’est à dire affaiblissante en attirant vers le bas. On ne devient créatif dans un domaine que lorsque l’on en maîtrise les bases. Seule une civilisation sûre de sa culture peut apprendre d’une autre.

    Une éthique de la séparation. Il s’agit de se rendre suffisamment perméable pour favoriser le progrès humain, tout en protégeant ce qui fait la spécificité, l’originalité d’une culture.  Nous pensons que l’ « archipel humain » est davantage favorisé lorsque la partie productive d’une civilisation est relativement isolée de l’extérieur par une forme de protectionnisme. Il nous faut donc développer, comme le propose Régis Debray, une nouvelle éthique de la séparation 1. Ce qui en pratique, signifie réinstaurer un système de taxes aux frontières, ainsi que contrôler l’immigration.  Les communautés, lorsqu’elles sont minoritaires, s’adaptent à la structure d’accueil. Mais lorsqu’elles deviennent importantes, elles cherchent à imposer leur culture, donc à féoder la structure d’accueil, changeant du même coup la substance spirituelle du peuple, lui faisant perdre sa cohésion. A l’intérieur même du pays, une relocalisation de la production ainsi qu’une autonomie plus complète  des zones à l’échelle des communautés est nécessaire.

    Membrane perméable et jeux de représentations. Deux traits facilitant l’innovation semblent s’opposer : d’une part l’ouverture à l’expérience, de l’autre, la pensée divergente. Sont-ils inconciliables ? La pensée janusienne, la conception simultanée d’oppositions, est un trait créatif indispensable. Mais pour concevoir une opposition, il faut déjà bien connaître sa propre culture et rechercher chez l’autre des solutions. L’exercice est très révélateur et montre à la fois l’importance des représentations et celle de la diversité des incarnations où celle-ci se cristallise. Un des principes de la programmation-neuro-linguistique stipule que la flexibilité de la structure doit évoluer avec le niveau de complexité du système pilote. C’est la loi de la variété requise : la partie la plus adaptable doit être le système pilote, qui doit maintenir un niveau de complexité supérieur à ce qui est piloté. La partie pensante d’une société doit donc être particulièrement ouverte et flexible, quand la masse est préservée. Ceci, quel que soit le domaine considéré, nécessite une richesse culturelle suffisante pour se rendre capable de jeux de représentations avec bénéfice. Car c’est par leur friction que l’on est le plus susceptible d’être créatif, en variant les angles d’approche, favorisant une restructuration cognitive d’un problème (l’insight).

    8. Du milieu au substrat, l’esprit des lois.

    Tout est dans tout. L’un des buts premiers de l’Etat doit être de veiller à faire de ses citoyens des individus complets et non de repérer les futurs talents par une méritocratie impitoyable et en faire des « animaux productifs » spécialisés et consommateurs. Le taylorisme augmente peut être la productivité, mais il rend les ouvriers fragiles, donc l’entreprise de la même manière. Ce que nous pourrions appeler « tout est dans tout », nous semble le résumé d’une doctrine visant à rendre un pays, et l’humanité en général, plus résilient. Chacun, individu ou nation, doit être assez généraliste pour se rendre autonome au maximum et avoir une spécialité pour se rendre utile, donc attractif, pour la communauté. Ce qui correspond en fait, dans la Spirale de Don-Beck, au niveau jaune de l’état d’avancement d’une société, succédant au vert des actuels pays développés.

    Flux physiques... Il nous faudra redéfinir notre stratégie d’exploitation de la matière première. De la même manière, si « tout est dans tout », le type d’énergie à développer doit dépendre de l’échelle et être géré par toutes les parties concernées sur l’ensemble de la chaîne, de la communauté à la tête de l’Etat 2-4. Mais il faudra aussi réduire l’empreinte énergétique, en minimisant les flux physiques: financiers, marchandises, humains. L’écologie industrielle est, dans cette voie, un domaine en pleine expansion. L’un de ses grands principes est le rebouclage : relier le cycle économique d’un produit aux cycles biogéochimiques de ses composants.  A l’intérieur même du pays, il faut favoriser la localisation et l’autonomie 5,6. Par le blindage d’abord, c’est à dire en introduisant une taxation en bordure du système, par le compartimentage ensuite, en poussant à l’autonomie des sous-systèmes et par le recuit constant enfin, en cassant les habitudes et en favorisant la fluidification aux interstices.

    ... et flux d’informations. Les dernières décennies ont, surtout par le développement des technologies des télécommunications, mis en contact les civilisations. Mais nous observons également une recrudescence de la tribu. Les gens se rassemblent selon leurs centres d’intérêts, plutôt que de surfer en solitaire dans cet océan de données. Discipliner notre usage de l’information n’a rien à voir avec de la censure, mais pourra plutôt être désigné comme « l’augmentation du rapport signal/bruit ». Alors que le flux d’information, par internet en particulier, pourrait permettre de faire l’économie de déplacements, en ne transportant que la donnée utile, en la sélectionnant, en la travaillant, avec un coût minime, nous observons au contraire une vulgarisation de son utilisation. Comme la télévision à ses débuts, on imaginait pouvoir faire de la toile un outil d’éducation, permettant à chacun d’évoluer. En réalité le web favorise toutes les pulsions. En faisant reculer le sur-moi intimidant et en flattant l’animalité des utilisateurs, on pourrait dire qu’internet  est aujourd’hui une anti-religion. Et de dans ce concerto de couleurs, les populations sont induites chaque jour différemment, comme de la limaille de fer dans un champ magnétique. On l’observe bien dans la communication au sujet du changement climatique : les médias polarisent, les positions se crispent et cristallisent. Les populations attendent une « solution », alors que l’adaptation nécessaire à ce phénomène serait plutôt une façon de nous redéfinir nous-mêmes 7.

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