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culture et histoire - Page 1645

  • Le temps en histoire à partir de l'oeuvre de Fernand Braudel

    « On ne fait pas de l’histoire sans dates » écrivait Claude Lévi-Strauss dans la Pensée Sauvage.

    L’histoire, à la différence d’autres disciplines en science sociale, est fondée sur l’étude du rapport entre des évènements ou des faits et la chronologie à laquelle ils se rattachent. L’historien se doit de comprendre ces évènements et de signifier la part de rupture et/ou de continuité qu’il opère dans le temps – ou les temps. Car en effet, le temps en histoire peut se décliner au pluriel selon la durée de l’objet étudié. Depuis l’introduction à la thèse de l’historien Fernand Braudel [1], on a tendance à le décliner en 3 temps différents, mais non moins complémentaires quant à une étude générale d’un phénomène humain.

    Ces trois temps prennent en compte la durée, la diffusion d’un ou plusieurs évènements ou processus social. On peut citer dans l’ordre du plus court au plus  long :

    -            L’agitation de surface, ou le temps politique et évènementiel au sens de la succession ‘rapide’ d’évènement qui se déroule (depuis sa cause jusqu’à ses conséquences) dans un temps court.  C’est le temps d’une bataille, d’une élection par exemple.

    -          Le temps conjoncturel : celui-ci convient plutôt à une histoire sociale, économique, culturelle, religieuse, à une histoire des groupes plutôt qu’à une histoire de l’individu.

    -              Le temps structurel, aussi appelée « l’histoire immobile ». Ce temps convient à l’étude des lents changements, ceux-là même qui prennent en compte les rapports entre les hommes et leur milieu. Pour F. Braudel, c’était le temps géologique par exemple. Ainsi, il l’associait, et l’associe-t-on d’ailleurs encore aujourd’hui, avec la géographie. On peut citer à titre d’exemple l’ouvrage de Christian Grataloup sur la mondialisation, Une géohistoire de la mondialisation. Le temps long du monde (2006).

    Cette conception du temps en histoire est la base pour quiconque tente de jeter un regard dans le passé et de le comprendre.

    Il faut ainsi retenir qu’en histoire, la périodisation ainsi que l’échelle d’analyse sont primordiales. C’est ce qui rend l’histoire profonde, large voire indéfinie, et non rectiligne. Car, il faut le dire, même s’il est plus que fréquent de réduire l’histoire à une frise chronologique (ce qui en soit est tout à fait correct si l’objectif est de situer un évènement ou une période dans le temps propre au calendrier grégorien), l’histoire enseignée et réalisée par les historiens n’est qu’au mieux une caricature de la réalité des faits. Et cette réalité est aussi complexe aujourd’hui qu’auparavant.

    D’autres éléments et principes sont donc à prendre en compte et à rajouter à l’analyse des faits et évènements du passé, et a fortiori, au temps en général.

    En effet, il convient de rappeler l’importance capitale du principe de causalité en histoire. La causalité, sans rentrer dans des détails proprement philosophiques et mathématiques, conduit l’historien à prendre conscience que tout évènement étudié possède une ou plusieurs causes, et que cet évènement conduira à une ou plusieurs conséquences dont la portée et la finalité varieront dans la durée, dans sa ou ses temporalités, et seront dépendantes et liées à l’évènement et de sa ou ses causes.

    On peut prendre l’exemple, dans l’histoire de France, de la Révolution française.

    Cet évènement est depuis les travaux de l’historien François Furet et de son école délimitée entre deux dates : 1789-1799 (Penser la Révolution française, 1978). Ici, le temps évènementiel, l’agitation de surface, va de soi. On imagine bien l’agitation lors du serment du jeu de paume le 20 juin 1789, puis les évènements de l’été, entre la nuit du 4 août et le 26 août.

    La Révolution française ne s’arrête pas à ces quelques années de la fin du XVIIIème siècle. Depuis le lendemain de la Révolution française jusqu’à aujourd’hui, les historiens n’ont eu de cesse de penser la Révolution française comme objet historiographique, c’est-à-dire, comme un objet d’étude pour l’évolution (voulue ou non) de la discipline historique.

    Depuis deux siècles, donc, c’est la question des causes de la Révolution française qui est posée, et après coup, celles de ses conséquences.

    Un peu de culture et de mémoire des enseignements du collège et du lycée suffisent à se souvenir que la cause n’est pas singulière mais plurielle, qu’elle ne se limite pas qu’à cette goutte d’eau populaire révoltée contre les décisions des Etats Généraux de 1789, mais qu’elle est plus profonde et qu’elle renvoie à des dynamiques tant économiques et sociales, que culturelles et sociétales.

    La portée de ces évènements de 1789-1799 conduit également à une pluralité des conséquences.

    Conséquences politiques, donc dans un temps qui semble court, sur les institutions et le fonctionnement de la France. Celles-ci vont de pair avec les tensions frontalières, et l’émergence de Bonaparte.

    Les conséquences économiques et sociales sont un peu plus étendues dans le temps, puisque c’est tout au long du XIXe siècle que s’établissent les nouvelles fondations de la France. La transition en la société d’Ancien Régime soumise aux trois ordres, et la société de citoyens égaux en droits, ne peut se faire en profondeur en un claquement de doigt.

    Les conséquences culturelles et religieuses sont quant à elles encore en mouvement aujourd’hui. Pensons d’abord qu’au début du XXe siècle, il était encore presqu’indispensable pour tout politicien de se placer publiquement par rapport aux évènements de la Révolution française, soit pour, soit contre. Et faut-il rajouter ces nombreux écrits, aujourd’hui, qui traitent de la part de responsabilité qu’ont les évènements et les acteurs contemporains, ou non, de la Révolution françaises sur la destruction des fondations traditionnelles de la France ? Faut-il citer Vincent Peillon ?

    En somme, le temps est clairement l’acteur principal de l’histoire.

    Et, non, l’histoire n’est pas finie, comme le criaient Francis Fukuyama au lendemain de la victoire américaine sur l’URSS, ou Philippe Muray face à la toute-puissance galopante de l’empire du Bien.

    L’histoire n’est pas finie car il y a toujours des tensions, de l’improbabilité et du mystère. Mais il faut l’admettre, avec ces mots de Philippe Muray, que la surface de l’histoire est épaisse et aujourd’hui fortement teintée du « règne intégral de la modernité. » [2]

    [1] La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, 1949.

     

    [2] http://maxencecaron.fr/2011/05/entretien-de-philippe-mura...

    Aristide http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • C’était un onze mars : l’exécution du colonel Bastien-Thiry

    Le 11 mars 1963 était fusillé au Fort d’Ivry le lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry, 36 ans et père de trois enfants.

    Polytechnicien, il avait inventé deux missiles anti-chars.
    Il avait organisé l’attentat manqué du Petit-Clamart, pour en finir avec De Gaulle qui avait trahi le peuple, livré l’Algérie française aux mains des égorgeurs et liquidé le camp nationaliste en France.
    Fervent catholique, il justifiait cette action par la légitimité du tyrannicide (théorisée par Saint Thomas d’Aquin). Un très bon livre est d’ailleurs sorti l’année dernière sur ce sujet.

    Bastien-Thiry marcha vers le peloton chapelet à la main, laissant derrière lui une forte impression, et l’image d’un héros français et chrétien qui avait porté jusqu’au bout l’idéal du sacrifice.

    On peut retrouver cette chanson sur le cd du Chœur Montjoie St Denis, Chants de France XI, ou encore sur la compilation de l’ADIMAD.

    www.contre-info.com

  • La famille nombreuse fait toujours rêver les Français

    INFOGRAPHIE - Près de la moitié des Français désirent 3 voire 4 enfants. 68 % d'entre eux n'en ont pas  eu autant qu'ils le souhaitaient initialement.

     

    Si la famille nucléaire - papa, maman et deux enfants - est devenue la norme, 49 % des Français se seraient bien vus avec un petit troisième et pourquoi pas un quatrième, selon une étude de l'Unaf (Union nationale des associations familiales) en partenariat avec la Cnaf (Caisse nationale des associations familiales) auprès de 11 000 familles en situation d'avoir des enfants.

    La famille nombreuse séduit donc toujours les Français? Avant de devenir parents, 30 % des sondés désiraient trois enfants, 14 % en espéraient quatre et 5 % se seraient laissés tenter par plus. «Cet idéal du nombre d'enfants désirés se heurte à la réalité que les parents entrevoient mieux, par exemple après la naissance du premier», souligne l'Unaf. Ainsi, l'arrivée de l'aîné signe souvent la fin du rêve d'une famille nombreuse - c'est-à-dire composée de trois enfants ou plus selon la définition de l'Insee.

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  • La famille est le lieu où s’articulent la différence des sexes et des générations

    En conclusion du Grenelle de la famille, samedi 8 mars à la Mutualité à Paris, le philosophe Fabrice Hadjadj est venu rappeler ce qu'est une famille.

    "[...] Pourquoi manquons-nous si facilement l’essence de la famille ? Parce que le principe de la famille est trop élémentaire, trop humble, trop animal en apparence, et donc honteux (ne parle-t-on pas de « parties honteuses » ?). Vous avez compris, le principe de la famille est dans le sexe. Même quand il s’agit d’une famille adoptive, même quand il s’agit d’une famille spirituelle, où le père est un père abbé, et les frères sont des moines, les pures et hautes dénominations qu’on emploie viennent d’abord de la sexualité. Les noms du père et du fils s’énoncent à partir de ce fondement sensible qui est notre fécondité charnelle.

    C’est parce qu’un homme a connu une femme, et que de leur étreinte, par surabondance, ont jailli des enfants, qu’il y a ces noms de famille, ces noms de père, de mère, de fils, de fille, de sœurs et de frères. Le mot qui achève la devise républicaine : « fraternité » procède lui-même du sexe et de la famille naturelle. Quant aux fameuses théories du genre, qui croient pouvoir affirmer que la masculinité et la féminité ne sont que des constructions sociales, elles s’appuient elle aussi sur la différence des sexes, sans lesquels l’idée même du masculin ou du féminin ne nous viendrait pas à l’esprit.

    La famille est donc d’abord le lieu où s’articulent la différence des sexes et la différence des générations, ainsi que la différence de ces deux différences. La différence des sexes, à partir de la fécondité propre à leur union, engendre la différence des générations, et cette différence des générations n’a rien d’analogue avec la différence des sexes. L’interdit fondamental de l’inceste nous le signal, mais aussi le fait que lorsque l’homme s’unit à sa femme, il ne cherche pas d’abord à avoir un enfant, il cherche d’abord à s’unir à sa femme, et l’enfant advient, comme un surcroît.

    La famille noue ainsi cinq types de liens : conjugal (de l’homme et de la femme), filial (des parents aux enfants), fraternel (des parents entre eux), à quoi s’ajoutent deux autres que l’on oublie souvent, et qui sont pourtant décisif pour l’inscription historique et déjà politique de la famille. D’abord, le lien des grands-parents aux petits-enfants, qui permet de tempérer l’influence des parents, et d’ouvrir le temps de la famille à celui de la tradition. Il y a encore un cinquième type de lien que tend à occulter l’idéal du couple mais que ne manque pas de rappeler la belle-mère, je veux parler du lien avec la belle-famille – ce que l’on pourrait appeler la « théorie du gendre ». Avec lui, l’alliance conjugale se double d’une alliance pour ainsi dire tribale, et ouvre l’espace de la famille à celui de la société. [...]"

    Michel Janva

  • Le choix de la contestation du pouvoir ukrainien à l'aune de l'histoire de France

    Le choix de la contestation du pouvoir ukrainien à l'aune de l'histoire de France
    Le fait ukrainien a séparé la mouvance en deux parties, non égales d'ailleurs.
    Si certains, majoritaires au demeurant, ont cru bon - on peut les qualifier d'identitaires et ils se recrutent bien au delà du Bloc - de soutenir les nationalistes ukrainiens agissant contre le pouvoir le pouvoir en place, d'autres ont préféré effectué le choix inverse. Leur choix fut la conséquence de leur appartenance identitaire, mais aussi de leur sympathie bien naturelle pour les croix celtiques arborées et portées par leurs camarades ukrainiens, présents sur place et d'opposition au pouvoir en place.
    Les seconds, quant à eux, se refusèrent à soutenir les porteurs de croix celtiques ukrainiennes, non au motif qu'elles leur déplaisaient, mais sûrement en raison d'un choix d'ordre géopolitique.
    Si à l'évidence les premiers se prononcent pour – la croix celtique en l'occurrence - les seconds ont effectué un choix qui presque toujours n'est pas d'approbation mais de répulsion : c'est ainsi que ceux qui ont opté pour Kiev et/ou pour Moscou, le plus souvent, n'apprécient pas particulièrement les deux capitales ou plus exactement, les deux modèles sociétaux qu'elle représentent.
    C'est parce qu'il n'a duré que fort peu – les trois quarts d'un siècle normal - que les grands historiens, de façon presque consensuelle, ont décidé d'appeler le dernier siècle précédent « le court vingtième siècle » : 1914 -1989 . Il n'est pas certain que la valeur historique de ce dernier ait été véritablement comprise puisqu'il ne faudrait pas omettre que pendant environ les huit mille ans de l'histoire qui ont précédé, les hommes très majoritairement, élevèrent et cueillirent. Si cela ne signifie pas que dans les grands pays, l'industrie n'existait pas avant 1914, il n'en reste pas moins que la quasi-totalité des contrées furent encore à l'époque campagnardes. En tant que tel, le vingtième siècle marque une évolution-révolution dans l'histoire humaine.
    De ce « court vingtième siècle », il n'est pas impossible et c'est même même probable que la seconde guerre mondiale en fut l'événement le plus marquant : les trois grandes idéologies de l'époque s'y affrontèrent avec à leur tête trois personnages historiques phares : Rossevelt pour la démocratie libérale, Staline pour le communisme, et enfin Hitler pour le fascisme, ce dernier considéré au sens générique du terme. Il faut bien évidemment prendre garde aux nuances : tous les démocrates ne se reconnurent pas dans l'action, les choix politiques de Roosevelt ; pas plus que Staline ne fit l'unanimité chez les communistes ou Hitler pour les nationalistes de toute obédience. Cependant, à la tête de puissances aussi majeures que les Etats-Unis, L'Union soviétique et l'Allemagne, ces trois hommes d'Etat furent historiquement incontournables, ce au point qu'il fallait en choisir un, malgré toutes les objections de type idéologique que l'on pouvait émettre, au sujet des uns comme des autres...
    Vivants aux 21 ème siècle depuis environ vingt-cinq ans, même si la donne a bien changé, les choix à effectuer de nos jours sont tout aussi nécessaires qu'ils le furent à l'époque. Plus exactement, à l'échelle planétaire, il n'existe plus de personnage histoirique majeur incarnant aujourd'hui le mode de pensée de Hitler ou Mussolini. Quelque part aussi, alors que nous nous avions annoncé « la fin de l'histoire », celle-ci s'est, peu de temps après la levée du rideau de fer, remise en route : nous voici à nouveau en présence de deux blocs – le troisième a disparu en 1945 – même si contrairement à naguère, ils n'ont plus la cohérence interne qui fut auparavant la leur. Si, côté libéral, les sociétés se ressemblent par tant, tel n'est plus le cas pour celles qui s'opposent au nouvel ordre mondial ; d'une part, parmi les deux cents pays qui composent le monde, elles sont anormalement peu nombreuses, d'autre part, elles sont radicalement différentes, d'un point de vue idéologique : mis à part en effet, leur opposition au nouvel ordre mondial, quoi de commun d'un point de vue idéologique entre la Chine, la Russie, la Corée du nord, l'Iran ou la Syrie ?
    Voilà pourquoi, sachant ces deux facteurs majeurs, on ne peut plus se permettre un choix confortable qui soit tout simplement conforme aux intérêts bien particuliers des uns et des autres. De surcroît, j'ai eu l'occasion de lire que l'Ukraine n'était pas la Russie. C'est omettre qu'elle en est beaucoup plus proche que la Tchéchénie.
    Et même dans le cadre de l'histoire française, il n'est pas bien difficile d'imaginer le choix de ceux qui défendent aujourd'hui l'Ukraine : qu'eurent-ils donc fait entre 1946 et 1954 en Indochine ? Ou entre 1954 et 1962 durant la guerre d'Algérie ? Quel camp eut été choisi au motif du respect des identités locales ?
    Et ce malgré tous les sacrifices des Anciens ...

    Alain Rebours

    http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFAuuVpEVVPJgMZuoy.shtml

  • [Paris] Cercle du 14 mars 2014 : Théorie du pouvoir

    Le prochain cercle étudiant de l’AFE Ile de France aura lieu le vendredi 14 mars 2014 à 18h30 dans nos locaux, 10 rue Croix des Petits Champs, avec comme thème : "Théorie du pouvoir"