(Justinien présente la basilique à Notre-Dame, Constantin présente la ville)
Cet article a été publié, initialement, sur l’excellent site de Liberté politique, à lire et à soutenir.
La consécration de la seconde basilique Sainte-Sophie, le 8 octobre 415 à Constantinople, n’est pas en elle-même un événement. Il ne s’agit que de la deuxième basilique sur trois, et celle qui est offerte aux regards actuels fut consacrée en 537 par l’empereur Justinien dont nous connaissons la maxime ambiguë et orgueilleuse : « Gloire à Dieu qui m’a jugé digne d’achever un si grand ouvrage ! Ô Salomon ! Je t’ai vaincu ! » Pourtant, se souvenir de la consécration de ce second édifice n’est pas tout à fait inutile. Elle est un jalon, un témoin de l’histoire mouvementée de l’Orient chrétien, héritier direct de l’Empire.
Lorsqu’au début du IVe siècle, l’empereur Constantin décida d’établir à Byzance sa capitale, en bâtissant une seconde Rome, reproduction des institutions et de la majesté de l’Urbs, jusque dans les sept collines de l’antique cité, il prit soin d’y élever une basilique dédiée à la sainte sagesse de Dieu faite chair dans le Christ. Sainte-Sophie était l’une des plus grandes églises du monde chrétien, et la plus vaste de la nouvelle capitale. Elle faisait l’admiration des voyageurs par sa magnificence, logée au cœur d’une ville devenue joyau de l’empire, entre l’Orient et l’Occident, un œil tourné vers les Perses, l’autre vers les Barbares du septentrion.