
« La conception fasciste de l’État rejoint étrangement la pratique stalinienne »
Par Pierre Debray
C'est une étude historique, idéologique et politique, importante et profonde, que nous publions ici en quelques jours. Elle est de Pierre Debray et date de 1960. Tout y reste parfaitement actuel, sauf les références au communisme - russe, français ou mondial - qui s'est effondré. L'assimilation de l'Action française et du maurrassisme au fascisme reste un fantasme fort répandu des journalistes et de la doxa. Quant au fascisme en soi-même, si l'on commet l'erreur de le décontextualiser de sa stricte identité italienne, il reste pour certains une tentation, notamment parmi les jeunes. On ne le connaît pas sérieusement. Mais il peut-être pour quelques-uns comme une sorte d'idéal rêvé. Cette étude de Pierre Debray dissipe ces rêveries. Elle s'étalera sur une dizaine de jours. Ceux qui en feront la lecture en ressortiront tout simplement politiquement plus compétents.LFAR
Pourtant, c’était Mussolini et non point Maurras qui avait affirmé : « Nous qui détestons intimement tous les christianismes, aussi bien celui de Jésus que celui de Marx, nous gardons une extraordinaire sympathie pour cette reprise, dans la vie moderne, du culte païen de la force et de l’audace. » M. Gaston Rabeau n’ignorait certes pas cette déclaration de principe, puisqu’elle date du 1er décembre 1919. Pas davantage, il ne lui était possible d’ignorer que Mussolini, alors qu’il affichait des velléités littéraires, avait composé un roman pornographique, tout rempli d’injures pour la religion. Il est vrai que la démocratie-chrétienne devait éprouver plus de mansuétude pour le fascisme que pour l’Action française, pour cette bonne raison que l’Action française se voulait contre-révolutionnaire, tandis que le fascisme s’inscrivait dans le grand mouvement de l’action subversive.

La présence sous-jacente du monde celtique antique ne s'est jamais limitée à la Gaule, mais concerne une bonne vingtaine de pays actuels. Pour apprécier les faits antérieurs à la conquête romaine, il faut donc remonter très haut pour découvrir l'origine des peuples gaulois, dont les auteurs anciens (Hérodote, Plutarque, Appien, etc.) indiquent qu'ils ne formaient pas moins de 300 à 400 « nations ». C'est à ce travail de fourmi que se sont attelés Fabien Régnier et Jean-Pierre Drouin, avec un résultat vraiment impressionnant, car ce ne sont pas seulement les peuples les plus connus (Sénons, Eduens, Arvernes, Rèmes, Cénomans, Allobroges, Bituriges, Vénètes, Sequanes, Lingons, Volques, etc.), mais des centaines de tribus d'origine celtique qui sont ici recensées, présentées et minutieusement étudiées. En dehors des spécialistes, qui connaissait jusqu'à présent les Viducasses, les Abrincates, les Calètes, les Diablintes, les Lexoviens, les Vellaves, les Tarusques, les Nitiobrogés, les Elusates, les Médules, pour ne citer que ceux-là, dont la mémoire a surtout été conservée par la toponymie ? Grâce à cet ouvrage monumental, on en apprend beaucoup sur eux. D'autant qu'au dictionnaire proprement dit s'ajoute tout un appareil de références, de cartes et d’index propre à satisfaire les plus exigeants. « Le XIXe siècle, écrivent Fabien Régnier et Jean-Pierre Drouin, avait tenté de nous convaincre que l'essentiel de notre héritage était dû aux bienfaits de l'intégration de la Gaule dans l'orbite de Rome ». La Gaule étant déjà fortement celtisée à la fin de l’Âge du Bronze, il faut désormais regarder plus loin vers une civilisation celtique apparue au IIe millénaire av. notre ère, dont les peuples fondateurs des terroirs de la France furent les héritiers.

