Si Jacques Bainville (1879-1936) sut prévoir les conflits qui allaient ensanglanter l'Europe, c'est qu'il faisait partie de « ces quelques cerveaux par siècle » qui discernent la marche du monde. Loin de la caricature qui a été faite de lui, Christophe Dickès le restitue dans sa majestueuse hauteur de vues.
L’ouvrage de Christophe Dickès est le fruit de dix années de travail. De Bainville, il a tout lu, sources publiques et privées. Aussi étrange que cela puisse paraître, nul ne Pavait fait avant lui, alors que Bainville, dont François Mauriac disait qu’ « aucun écrivain n'a eu dans sa génération un rôle aussi défini que le sien », est mort depuis 1936. Sans doute parce qu'après sa mort survint la guerre (qu'il avait annoncée dès avant… la Grande Guerre !), et qu'après la guerre s'imposa son obligatoire disgrâce en même temps que celle de Charles Maurras, déjà injustifiée et dont tant de choses le séparaient par ailleurs.
L'immense patrimoine imaginaire de John Ronald Reuel Tolkien n'avait pas encore été totalement exploré. En février a paru l'édition française de The Children of Húrin sous le titre Les Enfants de Húrin. Dû au travail de Christopher Tolkien, le fils de l'auteur, aidé lui-même de son fils Adam Tolkien, cet ultime volume parvient à faire du neuf avec du vieux. Et, surprise, l'opération est parfaitement réussie.
Élevé aujourd'hui à un degré de perfection absolue, la conjonction du triple pouvoir politique, financier et médiatique est le résultat d'un projet qui remonte au début du siècle dernier. Un entrepreneur de génie, Charles Havas, en fondant l'agence qui porte encore son nom, s'est révélé le précurseur du vieux rêve des puissants de ce monde : le contrôle et même la manipulation de l'opinion publique.

