culture et histoire - Page 668
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Face à l'Europe: la Turquie, des origines à Erdoğan (André Gandillon)
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Luc-Olivier d’Algange : « L’Ultime Occident de Dominique de Roux »
« Si légère est l’urgence, si calmes les sombres pétales de fer, nous qui avons franchi le Léthé » (Ezra Pound)
Messager ultime d’une certaine conscience occidentale de l’être, Dominique de Roux s’adresse à nous dans un style testimonial. N’écrivait-il pas que seules importent les œuvres qui témoignent d’une vérité agonisante ? Cependant, tout dans l’œuvre de Dominique de Roux n’est pas désespérance. Même si le monde dont elle capte les clartés dernières est perdu, irrémédiablement semble-t-il pour les vivants, la littérature, elle, est sauvée, et peut être salvatrice pour les héros, les morts, et ceux qui viendront et garderont mémoire des ombres qui cheminent à leurs côtés. Le silence qui nous entoure est un faux silence, comme l’on parlerait d’un faux-jour, la nuit n’est pas la Nuit mais une pénombre où se précisent les lames ardentes de nos prophéties.Pour Dominique de Roux, la littérature n’est pas une distraction, ni une science mais, au sens christique, une passion. Il ne tient pas son lecteur pour un imbécile qu’il faut épater par un jargon scientiste, ni pour un crétin qu’il faut distraire en enfilant des anecdotes, mais pour un égal, faisant preuve ainsi d’une générosité imprudente et admirable : on ne cessa plus jamais de lui reprocher son « élitisme », – telle est la logique des censeurs modernes, de ces docteurs d’une théologie inversée qui n’accordent leur imprimatur qu’aux niaiseries, par définition inoffensives, et aux propagandes étayées du matérialisme universitaire.
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DEMAIN.. LA QUETE..., par Frédéric Winkler.

«…que homes que femmes qui abitoient es esveschiez de Gibele (Jbail) de Bostre (Batroun) et de Triple (Tripoli) ; il estoient genz mout hardies et preuz en et mainz granz secors avoient fet a noz crestiens quant il se combatoient a leur anemis » (Guillaume de Tyr, L. XXII, chp.7, sur les chrétiens du Mont Liban).
Chacun doit trouver sa voie, se connaître et se découvrir, afin de tenter de s’améliorer, comme se corriger. Ce « meilleur » est différent du culte contemporain de la méritocratie de l’arriviste, écrasant ses pairs pour faire une carrière, le libéral réussit par le développement des bas instincts de l’homme : jalousie, mensonge, veulerie et couardise. La différence est donc simple à discerner. -
L’expédition de Morée : la dernière croisade française
L’Empire ottoman a occupé la Grèce pendant près de quatre siècles. Quatre siècles de domination brutale. Elle se traduisait notamment par l’enlèvement des garçons grecs pour en faire des janissaires. Forcés de se convertir à l’islam, ils étaient les soldats-esclaves du sultan. À cela s’ajoutaient des impôts insupportables et des humiliations innombrables.
Durant cette période obscure, on a vu des Grecs combattre à chaque occasion les occupants. Dès la célèbre bataille de Lépante en 1571, des Grecs étaient présents aux côtés de la Sainte-Ligue. À cette insoumission, les Turcs répondirent par de nombreux massacres. Pour les Grecs, la reconquête demeura longtemps un rêve inaccessible tant l’Empire ottoman semblait puissant. En 1683, les Turcs mettaient même le siège devant Vienne, au cœur de l’Europe.
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Jouer, penser, aimer sous l'Ancien régime
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Les Dieux vivent dans les forêts

« Détruire des forêts ne signifie pas seulement réduire en cendres des siècles de croissance naturelle. C'est aussi un fonds de mémoire culturelle qui s'en va. »
Robert Harrison résume bien, ainsi, l'enjeu plurimillénaire, le choix de civilisations que représente la forêt, avec ses mythes et ses réalités (1). Une forêt omniprésente dans l'imaginaire européen.
L'inconscient collectif est aujourd'hui frappé par la destruction des forêts, due à l'incendie, aux pluies acides, à une exploitation excessive. Un être normal c'est-à-dire quelqu'un qui n'est pas encore totalement conditionné par la société marchande - ressent quelque part au fond de lui-même, quelle vitale vérité exprime Jean Giono lorsqu'il écrit de l'un de ses personnages : « Il pense : il tue quand il coupe un arbre ! »
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La Petite Histoire : 1940 : la bataille des Alpes
En juin 1940, alors qu’au nord-est l’armée allemande écrase tout sur son passage, l’Italie fasciste de Mussolini déclare la guerre à la France et engage une offensive dans les Alpes. Face à cette agression, vue comme une trahison, l’armée des Alpes du général Orly va opposer une résistance exemplaire, non seulement face aux Italiens, mais aussi au XVIe Panzerkorps allemand. En nette infériorité numérique mais disposant d’une puissante artillerie et de secteurs fortifiés, les Français repousseront toutes les attaques et ne devront leur défaite qu’à la signature de l’armistice, le 24 juin 1940. Retour sur une bataille oubliée.
Deux larges portraits d’hommes politiques italiens :
Passé-Présent n°115 : Mussolini, un aspect méconnu
Zoom avec Bernard Poulet : Le destin de Volpi, sauveur de Venisehttps://www.tvlibertes.com/la-petite-histoire-1940-la-bataille-des-alpes
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Un homme de caractère Le mystère Gutenberg

Contemporain de la chute de Constantinople, l'entreprenant Rhénan a ouvert les portes à la diffusion du savoir. Le Strasbourgeois Guy Bechtel a enquêté sur l'homme et ses travaux. À l'inventeur naïf décrit par l'historiographie traditionnelle succède le profil d'un ingénieur faustien, indocile et aventureux.
De Gutenberg, l'inventeur de l'imprimerie à caractères mobiles, le père de la typographie, nous ne savons rien ou presque. Les légendes se contredisent. Les portraits qui le représentent nanti d'une longue barbe sont imaginaires. Des pans entiers de sa vie nous échappent. Ce patricien voyageur et curieux de tout, a comme un air de parenté avec Zenon, le héros de Marguerite Yourcenar. « Sa biographie est un château de cartes », souligne Guy Bechtel. Germaniste et latiniste, il a examiné les pièces et écarté les déductions hâtives. Procédant avec rigueur, il s'est surtout ; attaché à retrouver la « logique » d'une quête et à « replacer l'inventeur dans son temps, sans l'y noyer ».
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Aux origines de la Question sociale (1ère partie), par Jean-Philippe Chauvin.

Le Cercle Lutétia a pour vocation de faire connaître les fondements et les raisons du royalisme et de la Monarchie en France, et d’étudier ceux-ci, avec l’aide des travaux et des réflexions menés sur la société française, ses évolutions et ses institutions, selon une perspective historique mais aussi et surtout politique. Le texte ci-dessous est la première partie d’un cercle d’études sur les origines de la question sociale en France, et il doit être l’occasion de discussions, de précisions ultérieures et de critiques constructives : il n’est donc qu’une ébauche, celle qui appelle à la formulation et à la rédaction d’une étude plus vaste et mieux construite sur cette question qui préoccupe tant nos contemporains et à laquelle les royalistes sociaux du Groupe d’Action Royaliste consacrent aussi tant de temps et d’énergie, dans leurs réunions et publications comme sur le terrain, dans la rue ou sur leur lieu de travail…
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Des Normands à la conquête du soleil

Peu de peuples ont eu un destin aussi riche que les Normands. À ceux qui auraient encore besoin d'en être convaincus, je conseille de plonger dans le livre de Pierre Aube, Les empires normands d'Orient. Un livre dédié à la mémoire de Jacques Benoist-Méchin. Au courage intellectuel que révèle une telle dédicace l'auteur ajoute une belle maîtrise de conteur : il a su donner à son récit le souffle épique de ces chansons de geste qu'il a largement utilisées, comme sources documentaires, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.
A furore Normannorum libéra nos Domine (« Libère nous, Seigneur, de la fureur des Normands »)... En adressant cette supplique au ciel, les litanies des moines essayent d'exorciser la menace que font peser sur leurs têtes, au IXe siècle, les raids vikings. Ces saintes gens en rajoutent un peu dans le tableau horrifïque qu'ils nous ont laissé des incursions des « hommes du Nord » (Normands), mais il est vrai que les guerriers Scandinaves ont la main lourde.
Cependant ces pillards rêvent de se transformer en gentlemen farmers. Lorsque le Norvégien Rollon, dynamique chef de bande, eut bien fait peur au roi des Francs Charles le Simple, il lui fit transmettre par l'archevêque de Rouen ses exigences, pour prix d'un retour au calme « Donne-lui une région d'où il tire nourriture et vêtement, jusqu'à ce que la terre que tu lui donnes soit remplie de richesses et rende en ravitaillement, en hommes et en animaux les fruits correspondant aux saisons ». Le roi accorda la terre, et sa fille en prime. Ainsi naquit le duché de Normandie. En ce duché, efficacement organisé et contrôlé par l'autorité ducale, les descendants des Vikings ont parfaitement appliqué le précepte « Croissez et multipliez ». Au point que dans nombre de familles d'une prolifique petite aristocratie, les cadets se sentirent vite à l'étroit. Leur besoin d'air, exalté par un sang resté généreux, les poussa à chercher l'aventure au loin. Y compris en Orient, où le pèlerinage à Jérusalem justifiait une sainte escapade. Et pouvait offrir l'occasion de beaux coups d'épée, comme le constatèrent une quarantaine de chevaliers normands revenant, en 1016, des Lieux Saints.
