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culture et histoire - Page 713

  • Pour une défense de la civilisation gréco-chrétienne. Retour sur le 1er colloque d’Academia Christiana

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    Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître assurément pour les organisateurs du premier colloque d’Academia Christiana qui a réuni des personnalités aussi différentes que Jean-Pierre Maugendre, Alain de Benoist, l’abbé Telisson, Philippe Conrad, Guillaume Bernard, Jean-Yves Le Gallou ou Laurent Dandrieu, invités à parler enracinement, mémoire de l’Europe chrétienne, théologie du migrant ou grandes batailles des Européens qui surent, à un moment donné de notre histoire, s’unir pour préserver leur identité.

    Il y a quelques années, une telle réunion aurait relevé d’une vision chimérique ou du mariage impossible de l’eau et du feu. Aujourd’hui, c’est désormais chose possible, les animateurs de la Nouvelle Droite et certains représentants du courant catholique identitaire s’étant décidés à rebâtir ensemble les bases d’une civilisation pérenne, face à la double menace de l’islam et du tsunami migratoire organisé par les champions de l’économie mondialiste.

    Défense du christianisme

    D’entrée de jeu, les responsables de ce cénacle, notre ami Julien Langella et Victor Aubert se sont définis comme « les représentants d’une génération de déshérités, de déracinés et de blessés » qui ont découvert la foi chrétienne en « rentrant par effraction dans les églises catholiques » afin de retrouver les racines chrétiennes de l’Europe. Des racines que Guillaume Bernard a rappelées en apportant son éclairage sur l’universalisme chrétien. Les abbés Telisson et Raffray ont, pour leur part, traité du christianisme incarné et de saint Thomas d’Aquin dont la pensée s’inscrit dans la tradition de la sagesse aristotélicienne et qui intégra la vision grecque de la nature dans la conception chrétienne du monde.

    Religion du progrès et migrantocentrisme

    Alain de Benoist fit le procès du progrès, « processus accumulant des étapes dont la plus récente est jugée meilleure que la précédente », et rappela que, pour Georges Sorel, le progrès était une « doctrine bourgeoise ». Constatant que notre monde moderne place la richesse et la marchandisation au-dessus de tout, Guillaume Travers montra combien tout cela est en rupture totale avec la conception traditionnelle de l’économie médiévale. Un des morceaux de bravoure de ce symposium est incontestablement l’intervention de Laurent Dandrieu, auteur en 2017 d’un remarquable livre, Église et immigration : le grand malaise, qui a rappelé que, depuis des décennies, le Vatican s’est livré à une véritable canonisation de l’immigré, de Jean XXIII à Benoit XVI en passant par Jean-Paul II. Mais la palme revient incontestablement au pape François qui, après l’inauguration récente d’une statue représentant 140 migrants, a élevé ces derniers à une figure rédemptrice et s’est livré à une véritable canonisation de l’immigré. Ce même François qui, en 2017, reprochait au Européens de défendre leur identité.

    Pour une identité commune

    Il revenait à Jean-Pierre Maugendre de défendre les racines grecques de l’Europe chrétienne et à Philippe Conrad de montrer tout ce que la chrétienté médiévale, longtemps présentée comme une période d’obscurantisme, doit également à la grécité et à la romanité. Qu’est-ce qu’un héros grec et un saint chrétien ? C’est à cette double question qu’a répondu Nicolas Degroote qui a opposé curieusement Agamemnon à Abraham, faisant ainsi référence à Kierkegaard, pour lequel « le sacrifice d’Abraham marque une séparation entre le moral et le divin qu’ignorait le héros grec ». Il restait à Jean-Yves Le Gallou le soin de brosser la fresque des grandes batailles des Européens, des guerres médiques à Lépante en passant par les Thermopyles, les guerres puniques, la bataille de Poitiers ou la Reconquista. Des batailles qui permirent à nos peuples de repousser l’envahisseur perse, arabe ou ottoman et d’affirmer leur identité européenne.

    Au terme de cet après-midi studieux, chacun a pu constater que, contrairement à ce que peuvent penser certains, la métapolitique est, tout autant que le militantisme politique ou associatif, une des armes des victoires futures. Elle est indispensable pour affronter les combats de demain et permettre à chacun de savoir pourquoi il faut construire des digues et être du bon côté de la barricade. Comme le disait le grand philosophe Gustave Thibon, « rien ne prédispose plus au conformisme que le manque de formation ».

    Françoise Monestier 01/11/2019

    Source : Présent

    https://www.polemia.com/defense-civilisation-greco-chretienne-colloque-academia-christiana/

  • Un ouvrage indispensable pour tout comprendre du populisme

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    Par Fabrice Fanet, colonel (ER) de gendarmerie ♦ A l’heure des multiples mouvements de révolte et de contestation qui parcourent le monde, de l’Algérie au Venezuela, de l’Equateur au Chili, de Hong Kong à l’Egypte, de l’Irak au Liban, au lendemain des Gilets Jaunes, il est opportun de réfléchir sur les causes de cette instabilité. La mondialisation serait-elle à l’origine de cette remise en cause des gouvernants par les gouvernés, des élites par le peuple, par le populisme ? Pour tenter de comprendre ce qui se cache derrière ce terme riche et secret de « populismes », plongée dans Le dictionnaire des populismes, publié aux éditions du Cerf, sous la direction d’Olivier Dard, Christophe Boutin et Frédéric Rouvillois.

    Un imposant état des lieux

    Le dictionnaire des populismes c’est 1 214 pages ; 264 notices rédigées par 107 auteurs français et étrangers ; un index des noms de 12 pages et un « index rerum » de 27 pages des notions abordées allant d’Abstention à Yougoslavie en passant par… Agrariens, Anarchie, Angoisse, Anti-immigrationnisme, Armée, Bien commun, Boulangisme, Bourgeois, Caste, Charisme, Communautarisme, Corruption, Décadence, Démagogie, Démophilie, Dictature, Egalitarisme, Emotion, Extrême droite, Fascisme, Fisc, Foule, Gilets Jaunes, Girondins, Guerre civile, Hongrie, Identité, Ignorants, Inconscient collectif, Insurrection, Internet, La France Insoumise, Libertés, Médias, Mondialisme, Nation, Oligarchie, Ouvrier, Peuple, Peurs, Progrès, Races, Révolutions, Sans-culottes, Surprises, Trumpulisme, Vertu et Xénophobie…

    Sans oublier les notices biographiques des 107 auteurs français et étrangers où l’on retrouvera, entre autres, Eric Anceau, Mathieu Bock-Côté, Olivier Compagnon, Stéphane Courtois, Chantal Delsol, Olivier Gohin, Jean-Louis Harouel, Lucien Jaume; et bien sûr les trois directeurs de l’ouvrage qui ont déjà conduit en 2017 Le dictionnaire du conservatisme, (éditions du Cerf): Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne université, Christophe Boutin, professeur de droit constitutionnel et d’histoire des idées politiques à l’université de Caen et Frédéric Rouvillois, professeur de droit public à l’université de Paris.

    Interroger le populisme

    Une conséquente introduction de 36 pages éclaire avec précision l’esprit dans lequel l’ouvrage a été dirigé, défriche des pistes permettant de pénétrer l’univers des populismes et de proposer des éléments de définition.

    Un dictionnaire des populismes, « populismes » au pluriel pour « rendre compte de l’extrême diversité du phénomène » ?
    Cependant ces populismes, si divers soient-ils, renvoient forcément à l’idée de populisme au singulier et à « l’ardente nécessité d’en délimiter le contenu ».
    Ainsi, « [le populisme] permet de réexaminer dans une profondeur multiséculaire […] et avec une prise en compte d’expériences conduites dans des territoires fort différents, des thématiques aussi classiques que la relation peuple/élite ou celle de nation, de représentation, de mandat, de responsabilité, de démocratie ou d’institution ».
    « [Le populisme] n’est ni un fantôme sorti du néant, ni une injure […] mais un objet politique intellectuellement identifiable (…) ».

    Pour pénétrer dans l’univers des populismes, les auteurs se proposent d’énumérer quelques unes des questions que pose le concept.

    • Le peuple est-il la plèbe, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas titulaires du pouvoir mais qui fournissent travail et impôts ?
    • Le peuple est-ce un groupe ethnique cohérent, le peuple de France, par exemple ?
    • Enfin, le peuple est-ce le démos, cette entité qui a le droit de participer à la vie de la cité ?

    Est-ce que, comme l’a déclaré le 21 juin à Quimper le Président Macron, le populisme est « comme une lèpre, un peu partout en Europe » ?

    Philippe de Villiers lui répondait sur BFM TV le 11 octobre: « Moi, je lui dis les yeux dans les yeux, Emmanuel, moi je suis populiste. D’ailleurs, il parle de lèpre populiste, donc moi je suis lépreux, j’ai ma crécelle et je ne me soigne pas parce que le populisme, c’est le cri des peuples qui ne veulent pas mourir. »

    Le populisme est-il romantique à l’instar du polémiste et homme politique antisémite Edouard Drumont ou de Séverine du Cri du peuple de Jules Vallès ?

    Le populisme est-il présent dans ce mouvement russe des années 1860, « les Narodniki, promoteurs d’un socialisme agraire cherchant à agréger les intellectuels, le peuple et la révolution », ou dans le People party américain de la fin du XIX siècle, « un populisme rural et petit bourgeois qui voulu réincarner le peuple fondateur de la démocratie américaine » ?

    Et l’Amérique Latine du XX siècle et ses expériences récentes du Venezuela, du Brésil de Lula, de l’Equateur ou de la Bolivie, n’est-elle pas « le paradis du populisme » ?

    Le populisme est-il de droite ou de gauche ? Jean-Luc Mélenchon, dans une interview à L’Express du 16 septembre 2010 déclarait: « Je n’ai plus du tout envie de me défendre de l’accusation de populisme. C’est le dégoût des élites, méritent-elles mieux ? (…) J’en appelle à l’énergie du plus grand nombre contre la suffisance des privilégiés. Populiste, moi ? J’assume. »

    Les leaders populistes sont-ils « vraiment les seuls à céder à la tentation démagogue » ?

    Le populisme n’est-il pas le « révélateur d’une rupture entre gouvernants et gouvernés dont les causes peuvent être aussi bien politiques (nationales et identitaires) qu’économiques et sociales » ?

    Le populisme serait une pathologie, « une affaire de ploucs paranoïaques et antimodernes » ? Cette accusation polémique laisserait-elle entrevoir dangereusement qu’ils pourraient utilement bénéficier des traitements malheureusement dispensés autrefois avec largesse dans les hôpitaux psychiatriques soviétiques ?

    Ou au contraire, est-ce une idéologie, c’est-à-dire « un ensemble de représentations aboutissant à la construction d’un projet politique déterminé » ? Mais, dans ce cas, elle serait pour ses adversaires une idéologie du pauvre « empruntant immanquablement des concepts à d’autres idéologies (…) plus complexes et stables ».

    Mais ne doit-on pas reconnaître « que les idéologies les plus complexes ou les plus originales, ont été élaborées à partir de concepts, de théories et même de mots dérobés à d’autres » ?

    D’autres questions seront examinées dans le cours des notices : n’est-ce pas « une réaction populaire quasi instinctive à un phénomène de crise » ? Enfin le populisme ne représente-t-il pas une menace pour l’environnement, pour les juifs, pour la démocratie, pour les libertés et l’Etat de droit ? A la lecture de cette sombre et ultime énumération, on pourrait se demander si le populisme n’est pas un bouc-émissaire commode qui pourrait servir à longueur de débats !

    Alors, comment définir le(s) populisme(s) ?

    Les auteurs citent l’historien Richard Hofstadter plagiant Socrate : « Tout le monde parle du populisme, mais personne ne peut en donner une définition ».

    Néanmoins on peut constater que l’existence d’un phénomène aussi insaisissable et omniprésent dans l’air du temps est la preuve de son importance comme révélateur d’une situation éminemment critique.

    Pour autant, le populisme est-il apte à fournir des solutions ?

    Ne doit-il pas s’allier avec les Conservateurs ou les Gauches afin de s’inscrire dans un jeu politique opérationnel ?

    C’est au lecteur de cet ouvrage, impressionnant par la variété des notices, la compétences des auteurs et l’honnêteté de la méthode, de donner sa réponse.

    Colonel (er) Fabrice Fanet 01/11/2019

    https://www.polemia.com/ouvrage-indispensable-comprendre-populisme/

  • DE NAPOLÉON À LOUIS XVIII

    En 1814, Talleyrand gagne le tsar au retour des Bourbons.

         Le 31 mars 1814, il y a deux cents ans, Alexandre Ier, tsar de toutes les Russies, entrait dans Paris en vainqueur. La veille encore, on s’était battu à Pantin et à Montmartre. C’était la fin de la campagne de France. Deux mois durant, Autrichiens, Prussiens, Russes, Britanniques et Suédois avaient affronté un Napoléon qui avait retrouvé l’énergie et le génie stratégique de sa jeunesse, comme le rappellent les témoignages réunis par l’historien Jean-Joël Brégeon (1). Vaincus à Montmirail, à Champaubert, à Montereau et à Reims, les coalisés l’avaient quand même emporté, leurs troupes ayant pour elles le nombre et l’expérience, et la volonté d’en finir, tandis que l’Empereur s’était battu avec les débris de la Grande Armée et des conscrits inexpérimentés, et que la lassitude pointait dans un pays qui, à l’issue de vingt années de guerre, aspirait à la paix.
         La suite n’était pas écrite d’avance : les souverains alliés n’étaient pas d’accord entre eux sur le sort à réserver à la puissance occupée. Talleyrand, ancien ministre des Relations extérieures, désormais brouillé avec Napoléon, estime que le rétablissement des Bourbons serait accepté par les vainqueurs comme par les Français, une fois leurs réticences dissipées. Le diplomate commence par en convaincre le tsar qui loge chez lui, rue Saint-Florentin, tout en lui exposant que cette nouvelle orientation politique ne doit pas émaner de l’étranger. Le 3 avril, le Sénat vote donc la déchéance de Napoléon et, deux jours plus tard, fait appel au comte de Provence (Louis XVIII), qui est invité à devenir « roi des Français (…) par le voeu de la nation ».
         Talleyrand a imposé une solution française, mais Alexandre Ier s’y est rallié, et amènera les autres souverains à cette solution, parce que le tsar, homme des Lumières, a reçu l’assurance que la Restauration ne serait pas la restauration de l’Ancien Régime. Cet épisode est connu, mais Marie-Pierrre Rey, une spécialiste de la Russie, l’éclaire d’un jour nouveau (2). C’est un paradoxe : l’institution d’une monarchie libérale, en France, en 1814, a été rendue possible par la rencontre du Diable boiteux, qui avait servi tous les régimes, et du tsar, qui était un autocrate.

    Jean Sévillia

    (1) Histoire de la campagne de France. La chute de Napoléon, de Jean-Joël Brégeon, Perrin, 400 p., 21 €.

    (2) 1814. Un tsar à Paris, de Marie-Pierre Rey, Flammarion, 332 p., 22 €.

    https://www.jeansevillia.com/2015/04/11/de-napoleon-a-louis-xviii/

  • La campagne de promotion du livre "Ordre nouveau raconté par ses militants" bat son plein

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    Après Angers la semaine dernière où Jacques Mayadoux, accompagné de Jean-François Santacroce, de Franck Timmermans et de Véronique Péan, étaient reçus par l'Alvarium animé par Jean-Eude Gannat (plus de 80 participants), ce sera Strasbourg qui marquera à sa façon le cinquantième anniversaire d'Ordre nouveau le 9 novembre prochain. Une réunion sera animée par Jacques Mayadoux, André Chanclu et par Robert Spieler, ancien député et ancien vice-président de l'Alsace, chroniqueur à Rivarol et fondateur, à l'époque, de la section locale d'Ordre nouveau.

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