Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

divers - Page 507

  • Le CRIF : un lobby qui occupe une place à part (première partie)

    Les groupes de pression sont inséparables de la vie publique. Ainsi le MEDEF et les grands syndicats se font entendre dans le domaine économique et social. D’autres forces pèsent plus directement sur la politique intérieure et étrangère. Tel est le cas du Conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF. L’essayiste Anne Kling y consacre une solide étude très fortement documentée : LE CRIF, un lobby au cœur de la République. Un éclairage indispensable précédé d’une préface de Jean-Yves Le Gallou (1) dont nous donnons connaissance à nos lecteurs en deux parties :

    – le CRIF, un lobby qui occupe une place à part (première partie) ; 
    – le CRIF, des positions critiquables au regard des libertés, de la souveraineté, de l’identité, de la mémoire, de la République et de la démocratie (deuxième partie).

    Première partie.

    La France une République une et indivisible ?

    « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » (article 1 de la Constitution). (…) « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Article 2 de la Constitution). (…) « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice » (Article 3 de la Constitution). (…) « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément » (Article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789). (…) « La loi est l'expression de la volonté générale » (Article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789).

    Les principes qui régissent notre ordre constitutionnel sont clairs. Bien sûr, la réalité s’en éloigne… un peu. Une multitude de groupes de pression et d’intérêts interviennent dans les processus politiques et législatifs. Beaucoup d’officines sont spécialisées : chasseurs et amis des bêtes, philatélistes ou protecteurs de l’environnement, représentants de la profession agricole ou porteurs des demandes des laboratoires pharmaceutiques. D’autres pèsent plus largement sur la vie économique et sociale : le MEDEF affirme parler au nom des entreprises (en fait surtout multinationales) ; les grands syndicats prétendent représenter les travailleurs (en réalité surtout ceux des services publics) ; reste – et c’est heureux – que chacun est libre de juger l’action des uns et des autres bienfaisante ou… nocive.

    Le CRIF : un lobby qui occupe une place à part

    Dans ce concert d’intérêts particuliers qui cherchent à se faire entendre et de « lobbies » qui s’affrontent, le CRIF – Conseil représentatif des institutions juives de France – occupe une place à part.

    D’abord parce que c’est une institution généraliste et politique. Ses centres d’intérêt et d’intervention concernent au premier chef la souveraineté : la mémoire collective mais aussi le droit et la justice, la sécurité et la défense, les affaires étrangères. Rien de ce qui est régalien ne lui échappe.

    Michèle Alliot-Marie, ancien ministre de la Défense, ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, a qualifié, en février 2010, le CRIF « d’interlocuteur essentiel de l’État », formulation reprise par le président de la République lui-même, en juin 2010, dans son message de félicitations à Richard Prasquier, lors de sa réélection comme président du CRIF.

    Le dîner annuel du CRIF est d’ailleurs la seule occasion, en dehors du conseil des ministres, où quasiment tous les ministres se retrouvent côte à côte, comme l’a souligné Samuel Ghiles-Meilhac, doctorant à l’EHESS (2) Le dîner du CRIF est aussi la seule manifestation, en dehors de la garden-party du 14 juillet (3) où se retrouvent les huit cents plus hauts dirigeants français :

    - ministres et chefs de parti, présidents des assemblées parlementaires, présidents de groupe politique et de commissions parlementaires, etc. ; 
    - plus hauts magistrats : président de la Cour de cassation, vice-président du Conseil d’État, président de la Cour d’appel de Paris et procureur général, etc. ; 
    - chefs de la police : préfet de police, directeur général de la police nationale, directeur général de la gendarmerie nationale, etc. ; 
    - principaux hauts fonctionnaires et directeurs de cabinet de ministre, etc. ; 
    - grands représentants syndicaux et patronaux, etc. ; 
    - grands dirigeants des médias, etc.

    Le dîner du CRIF est manifestement « the place to be »… et d’ailleurs ceux qui en sont exclus, comme le Parti communiste et les Verts (sans parler du Front national), se plaignent de ce qu’ils considèrent comme une injustice. Pour être complet il faut aussi noter la présence des principaux ambassadeurs étrangers accrédités à Paris.

    Le rituel de ces dîners est bien rodé : d’abord une visite de courtoisie du président de la République puis une longue adresse du président du CRIF présentant les préoccupations de son organisation, enfin une réponse amicale, sinon déférente, du premier ministre.

    Les dîners du CRIF : un lieu de pouvoir essentiel

    Symboliquement, le dîner annuel du CRIF apparaît donc comme un lieu de pouvoir essentiel.

    Cette symbolique se retrouve d’ailleurs dans chaque capitale régionale lors des dîners régionaux du CRIF : en tant « qu’interlocuteur essentiel de l’État », le CRIF reçoit, lors de ces dîners, le préfet de région, le recteur d’Académie, le procureur général, les chefs de police mais aussi les parlementaires et les grands élus : présidents du Conseil régional et des Conseils généraux, maires de grande ville ; sans oublier le cardinal-archevêque et les consuls généraux.

    Les contacts avec les plus hautes autorités ne se bornent pas aux dîners annuels : une délégation du CRIF est reçue, une ou plusieurs fois par an, par les principaux ministres : Défense, Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Éducation, Finances, Identité nationale et Immigration. A cet égard, la présentation que fait Anne Kling de l’éphéméride 2009/2010 des principales rencontres et prises de position du CRIF est éclairante : on y mesure l’ampleur des activités de cette institution et sa capacité à peser notamment sur la justice et sur l’élaboration de la loi ; au point d’avoir obtenu du gouvernement et des parlementaires une modification du Code pénal après le jugement en première instance de l’affaire Fofana (l’assassin d’un jeune juif, Ilan Halimi). Un cas rarissime de loi pénale ad hominem et de facto rétroactive.

    Le CRIF : un modèle pour les autres organisations communautaires

    La méthode d’exercice de l’influence par le CRIF est reconnue pour son efficacité et désormais prise pour modèle par d’autres organisations communautaires.

    Ainsi le CRAN – Conseil représentatif des organisations noires – dirigé par Patrick Lozès a pris ouvertement modèle sur le CRIF tant pour certaines de ses revendications (l’esclavage y jouant le même rôle symbolique que la « Shoah ») que pour ses méthodes : certes, le dîner du CRAN n’a pas encore le prestige de celui du CRIF mais on y trouve tout de même trois cents convives et quelques ministres. Les deux organisations sont d’ailleurs proches, tout comme SOS-Racisme est proche du CRIF : le vice-président de SOS-Racisme étant membre du comité directeur du CRIF.

    Du côté de la communauté musulmane, le CRIF sert aussi de référence. Imaginé par Charles Pasqua, créé par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le CFCM – Conseil français du culte musulman – est un organe qui mêle certaines attributions religieuses du Consistoire juif et certaines méthodes politiques du CRIF : ainsi, sur le modèle des dîners du CRIF, des autorités musulmanes invitent, sinon convoquent, préfets et élus lors de dîners de rupture du jeûne du ramadan. Les mêmes qui trouvent le carême catholique ringard trouvent le ramadan « branché », sinon « fun » ! C’est ainsi qu’en 2009 de nombreux ministres ont rompu le jeûne du ramadan dans leur ville d’élection tandis qu’à Nanterre c’est Jean Sarkozy, fils du président de la République, qui officia. Une occasion, comme pour les dîners du CRIF, d’entendre des revendications, sinon des exigences, communautaires et d’y répondre.

    On le voit ici : par son autorité et son rayonnement, le CRIF exerce une influence en profondeur sur l’évolution de la politique et de la situation françaises : la lecture du livre d’Anne Kling est riche d’enseignements sur ces deux points.

    Pourquoi existe-t-il si peu d’études sur le CRIF ?

    Dans ces conditions, on ne qu’être surpris par la rareté des études sur le CRIF, alors qu’il existe une abondante littérature sur d’autres groupes de pression ; organisations patronales et syndicales ont fait l’objet de nombreuses publications : laudatives, critiques ou de nature plus scientifique. Rien de tel pour le CRIF.

    Deux explications viennent à l’esprit : la faible curiosité des milieux universitaires pour les études sur les réalités concrètes de la vie politique ; la crainte aussi de s’exposer à l’accusation terrifiante « d’antisémitisme » qui peut déboucher sur la mort civile par diabolisation d’abord, condamnation au silence ensuite.

    L’accusation d’antisémitisme n’est pas recevable

    Disons le tout net : cette crainte n’est pas justifiée et Anne Kling apporte la preuve qu’un expert indépendant peut réaliser une étude rigoureuse et sans polémique sur une institution telle que le CRIF. Ajoutons que l’accusation « d’antisémitisme » est loin d’être recevable pour au moins les raisons suivantes :

    1. Il existe aux États-Unis un organe comparable au CRIF, même s’il est davantage spécialisé sur la politique étrangère : l’AIPAC (l’American Israël Public Affairs Committee). Cette institution a pourtant pu faire l’objet d’une analyse très fouillée, effectuée par deux universitaires qui ont trouvé un grand éditeur pour la publier (4). Ainsi va la liberté d’expression en Amérique. Il y a, là bas, libre débat sur l’influence de l’AIPAC comme lobby en faveur de la politique de l’État d’Israël ; et discussion pour savoir s’il ne devrait pas y avoir davantage de découplage entre la politique étrangère américaine et la politique israélienne. Pourquoi ce qui serait possible aux États-Unis ne le serait-il pas en France ? D’autant plus que le CRIF ne se borne pas à des prises de position en politique étrangère mais intervient aussi fortement sur la politique intérieure.

    2. Exercer son devoir critique sur telle ou telle organisation (Haro sur les chasseurs ! Feu sur le patronat ! A bas les syndicats !) et s’interdire toute critique du CRIF serait une attitude discriminatoire. Au nom de quel principe s’imposer un tel devoir de réserve ? Parce que le CRIF prétend s’exprimer au nom des Juifs ? Mais au nom de l’égalité de droits, principe constitutionnel s’il en est, il faudrait alors s’interdire de toute critique vis-à-vis du CRAN et vis-à-vis du CFCM. Et bien sûr aussi se dispenser de toute critique vis-à-vis de l’épiscopat et des associations catholiques. Voilà qui donnerait bien du grain à moudre aux censeurs !

    3. Il ne faut pas confondre le CRIF organisation particulière et « les Juifs ». D’abord parce que le CRIF ne rassemble, selon les estimations les plus optimistes et à travers les organisations qu’il fédère, que 100 000 personnes sur les 600 000 que compte la communauté juive en France. Dans le même esprit observons que critiquer les grands syndicats, ce n’est pas nécessairement jeter l’anathème sur… les salariés.

    D’autant que les prises de position du CRIF sont loin de faire l’unanimité chez tous les Français juifs. Certains grands journalistes de talent comme Elizabeth Lévy et Eric Zemmour s’illustrent par des prises de position politiquement incorrectes fort éloignées de celles du CRIF. Leur vif attachement à la République et à la nation les place d’ailleurs aux antipodes des préoccupations communautaristes du CRIF. Tout comme le philosophe médiatique Alain Finfielkraut (5) « Finky », selon le surnom que lui ont donné ses élèves de l’Ecole polytechnique, n’y va d’ailleurs pas de main morte dans ses jugements sur le CRIF, n’hésitant pas à déclarer : « Le pavillon d’Ermenonville est une merveilleuse salle de Bar-mitsva. Voir cet endroit transformé annuellement en une espèce de tribunal dînatoire où les membres du gouvernement français comparaissent devant un tribunal communautaire, cela me met mal à l’aise.(6) »

    A l’opposé du spectre politique, d’autres Juifs critiquent le CRIF moins pour ses positions de politique intérieure que pour son soutien à la politique militaire israélienne : ainsi en va-t-il de l’essayiste Esther Benbassa ; cette juive sépharade, fière de ses origines, se définit ainsi sur son blogue : « Mon nom est ma vraie patrie ». Cela ne l’empêche pas, elle aussi, d’avoir la dent dure sur le CRIF : « Qu’est-ce que le CRIF sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit État indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils osent critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? (7) »

    Enfin, à la base ce qu’on appelle – y compris sur le site du CRIF – « la rue juive » (par symétrie avec l’expression « la rue arabe »), certains comprennent mal les prises de position du CRIF favorables à la poursuite de l’immigration noire et arabe ; pas plus qu’ils n’approuvent le soutien du CRIF à la construction de grandes mosquées partout en France. Il est vrai que « représenter c’est trahir » et qu’il y a en France en général un clivage entre les élites et le peuple, clivage dont il n’est pas étonnant qu’il se retrouve au sein de la communauté juive.

    4. Un autre point mérite d’être souligné : selon la définition commune, « l’antisémitisme » prospère sur des rumeurs, des fantasmes ; il s’alimente aux théories du complot. Rien de tel dans l’étude objective d’Anne Kling. Tout ce que l’auteur affirme – faits ou déclarations – est « sourcé », et à la meilleure source possible : le site internet du CRIF. Ainsi quiconque douterait du bien-fondé des analyses d’Anne Kling peut les vérifier jour après jour en s’abonnant (gratuitement) à la remarquable lettre électronique, quasi quotidienne, du CRIF. Tout ou plus, peut-on observer qu’Anne Kling ponctue, de ci de là, ses constats d’une touche d’insolence ou d’une pointe d’ironie. Mais qui oserait lui reprocher ces qualités réputées si françaises ?

    5. Enfin c’est la définition même du CRIF qui autorise à le critiquer. Pour son président, Richard Prasquier, le CRIF est « l’organe politique de la communauté juive ». A ce titre cette organisation s’inscrit dans le débat politique. En démocratie cela ne peut se faire que dans un cadre pluraliste : toute prise de position est licite… mais sa critique ne l’est pas moins. En clair, et pour un fonctionnement démocratique, il est normal que le CRIF prenne librement des positions politiques, à condition, bien sûr, qu’il soit possible de les contester tout aussi librement. D’autant que les positions du CRIF sont critiquables au regard des libertés, de la souveraineté, de l’identité, de la mémoire, de la République et de la démocratie.

    Jean-Yves Le Gallou , Octobre 2010

    Notes :

    • (1) Ancien député français au Parlement européen, président de Polémia.
    • (2) Au Centre de recherche français de Jérusalem en février 2009.http://www.akadem.org/sommaire/themes/liturgie/11/3/module_5674.php
    • (3)) Sauf en 2010 où la garden-party a été annulée.
    • (4) John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, « Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine », publié en France par La Découverte, 500 p., 20 euros.
    • (5) Alain Finkielkraut fut membre de la Commission de la nationalité en 1987/1988. A ce titre, et avec Dominique Schnapper, fille de Raymond Aron, il contribua à théoriser une conception abstraite de la nationalité, indépendante des origines et se résumant à une adhésion plus ou moins vague à des valeurs communes. Alain Finkielkraut a singulièrement évolué depuis. 
    • 6) Entretien à l’Arche, mars 2005, cité par Anne Kling.
    • (7) Tribune libre dans Libération du 17 février 2010: « le CRIF, vrai lobby et faux pouvoir »

    Anne Kling, Le CRIF, un lobby au cœur de la République, Editions Mithra, 294 pages, 18€, à commander. Cliquer ici.

    http://archives.polemia.com/article.php?id=3249

  • Hommage à Emmanuel Ratier, nouvelles du Front, fiscalité, crise agricole…

  • Accueillir des réfugiés, oui. Mais accueillir les vraies victimes : les chrétiens d’Orient

    Presque rien n’est fait pour faciliter l’immigration des chrétiens d'Orient qui, eux, ne seront pas accueillis dans les pays musulmans, qui ont tout perdu, qui ont vu leurs fils être crucifiés ou exécutés sommairement comme à Maaloula et à Mossoul, qui ont vu leurs filles kidnappées pour être vendues et violées, qui ont vu leurs maisons réquisitionnées et saccagées.

    C’est moins en ma qualité de contributeur de Boulevard Voltaire qu’en celle de président d’Entraide aux chrétiens d’Orient que je m’exprime.

    Voilà plus d’un an que nous œuvrons pour accueillir, en France, des familles chrétiennes d’Irak et de Syrie contraintes de quitter leur pays. Nous venons d’accueillir sous les caméras de France 3, TF1, BFM TV et i>Télé une famille qui a tout perdu. L’arrivée de cette famille est le fruit d’un processus administratif de 10 mois !

    Dix mois pour instruire et répondre favorablement à cette demande d’asile (parmi d’autres toujours en attente de décision) alors que nous apportions solutions et garanties pour permettre une bonne intégration française de ces réfugiés. Que sont les promesses de Fabius qui accueillait il y a un an une quarantaine de réfugiés irakiens au pied d’un avion devant tous les médias réunis en promettant de favoriser l’accueil des chrétiens d’Irak ?

    Lire la suite 

  • La crise de l’agriculture européenne se poursuit

    EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation) Hier, les agriculteurs européens ont manifesté à Bruxelles

    Des agriculteurs venus de toute l’Europe, de Bulgarie en passant par l’Irlande, se sont rappelés au souvenir du Conseil exceptionnel sur l’agriculture des 28 ministres européens. Ce conseil, réuni à la demande de la France, devait trouver des réponses à la crise de l’élevage et de la production laitière en Europe qui seraient liés à la surproduction. Les manifestants entendent aussi pointer l’hypocrisie d’un système qui pousse à l’investissement par les nouvelles normes tout en laissant les prix dégringolés, ce qui a un effet négatif sur la confiance des banques.

    Quelles résolutions ont été prises ?

    La Commission européenne, responsable de la politique agricole commune, a débloqué entre 300 et 400 millions d’euros qu’il faudra répartir entre les 28 pays de l’UE. Ces fonds proviennent des pénalités payées, en 2014 2015 pour dépassement des quotas de production. Or ce sont 860 millions d’euros qui avaient été récoltés. Le ministre belge de l’Agriculture estime que cette somme doit revenir intégralement aux agriculteurs.

    La Commission rappelle d’ailleurs que 220 millions d’euros avaient été débloqués après l’embargo russe en réplique aux sanctions européennes. Plus important, le prix de rachat par les états aux exploitants agricoles en difficulté du lait ne devrait pas être relevé alors qu’il est à un prix bien inférieur au marché. L’UE entend aussi conclure des accords commerciaux permettant de trouver des débouchés aux produits agricoles.

    Quels sont les intérêts en présence dans cette crise ?

    L’on dénombre deux séries de considérations. D’une part, l’UE par la voix du commissaire à l’agriculture ne souhaite pas envoyer un signal négatif à la filière agricole en augmentant les prix de rachat étatiques puisque cela aurait pour conséquence de maintenir le niveau de production de lait. D’autre part, après les sanctions européennes, la Russie a répliqué par deux embargos, l’un sur les produits laitiers et l’autre sur les abats de porc, il s’agit pour l’UE de rester ferme et unie face à Vladimir Poutine.

    http://fr.novopress.info/

  • [Communiqué] Crise de l’agriculture : pour un indispensable changement de modèle.

    La crise que traverse l’agriculture est extrêmement préoccupante : avec des salaires de misère, des rythmes de travail épuisants et un taux de suicide record, la profession est sinistrée et fait craindre pour l’avenir de notre pays. Les manifestations récemment organisées à Paris n’ont pas laissé l’Action française indifférente, car elles traduisent un désespoir et un désarroi bien compréhensibles.

    Il n’empêche. La FNSEA, syndicat majoritaire et maître d’œuvre de ces manifestations, ferait mieux de balayer devant sa porte. En continuant de prôner, après avoir contribué à sa mise en place, un modèle agricole productiviste, le syndicat porte une grave responsabilité dans la situation actuelle de l’agriculture. Nous déplorons donc le satisfecit de Xavier Beulin au sujet des annonces de Manuel Valls, qui ne font que retarder l’échéance et transférer le problème au prochain gouvernement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce dernier, qui dirige par ailleurs un groupe agro-industriel (Avril-Sofiproteol), a été abondamment hué par les manifestants, de plus en plus nombreux à percevoir l’impasse dans laquelle pouvoirs publics, FNSEA et certains agriculteurs les ont conduits.

    Le problème de l’agriculture ne se réglera en effet pas à coups de subventions, mais en rompant avec la logique industrielle ; tant que l’Etat et l’ensemble du monde agricole refuseront de l’admettre, rien ne pourra être réglé. Heureusement, de plus en plus de paysans optent pour une culture et un élevage biologiques, une production raisonnée et une distribution locale. C’est de ces pratiques, méprisées par le gouvernement et par l’Europe, que pourra venir le salut ; l’Action française sera derrière toutes les initiatives en leur faveur.

    Action française

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Communique-Crise-de-l-agriculture

  • Jusqu’à quand ? Jusqu’où ?

    Hier, lors de sa conférence de presse, François Hollande a annoncé, dans une France dont les centres sociaux sont débordés, qui connait une grave crise du logement, compte six millions de chômeurs, huit millions de pauvres et peut être autant d‘immigrés, que notre pays allait accueillir 24 000 immigrés clandestins-migrants-réfugiés supplémentaires. Soit l’effort consenti pour obéir aux injonctions d’Angela Merkel et de l’Onu, que nous évoquions sur ce blogue la semaine dernière, le «machin » pressant l’UE d’accueillir 200 000 individus supplémentaires. Un formidable appel d’air et un catastrophique encouragement pour les dizaines de millions de candidats au départ des pays du sud vers l’Europe. Rappelons qu’en juin, après avoir finalement ouvert officiellement la porte et les cordons de la bourse pour installer d’ores et déjà  chez nous 9 000 clandestins, le président de la république et le Premier ministre Manuel Valls avaient annoncé  leur refus de toute politique des quotas visant à répartir les immigrés. Mais ce n’était que pour mieux accepter aujourd’hui des « quotas contraignants» dans le cadre d’un « mécanisme obligatoire et permanent» de répartition des immigrés illégaux, baptisés « réfugiés » en novlangue. A l’occasion de la sortie de son «roman noir des demandeurs d’asile », préfacé par de Jean-Yves Le Gallou, Philippe Randa expliquait dans Présent que derrière les drames de « l’immigration-colonisation » se cache aussi un juteux business. « Les associations pro-immigration jouent la pitié, non seulement pour culpabiliser  l’homme blanc, mais aussi pour récolter des fonds : l’un n’empêche pas l’autre, mais surtout, l’un est très profitable à l’autre ».

    Des maffias qui « sont régulièrement dénoncées, mais très difficilement mises en périls (…). Les multiples associations politisées à outrance – dont beaucoup sont financées sur fonds publics – n’hésitent jamais à monter aux créneaux, sous tous les prétextes possibles, pour entraver l’action des forces de l’ordre ; quant à la Justice où les membres du Syndicat de la Magistrature sont si nombreux, tout lui est bon pour laisser le temps aux pseudo-réfugiés de s’échapper dans la nature, de récupérer par des filières parfaitement au point de  faux-papiers  (…) puis de lancer la procédure de naturalisation, aidés par les mercenaires de la cause imigrationniste : militants associatifs, avocat (…) ». Et Philippe Randa de rappeler encore qu’«entre 2008 et 2012, les frais de dépenses liées aux contentieux des étrangers pour les préfectures ont doublé : de 8,5 millions d’euros, ils sont passés de 16,6 millions d’euros. Les  cochons de contribuables  apprécieront ! Chaque dossier rapporte entre 600 et 3 000 euros et certains avocats traitent jusqu’à 1000 dossiers par an. Des chiffres explicites, non ? »

    Dans ce contexte, les appels de maires LRPS en faveur de l’accueil dans leur ville de « réfugiés » se sont multipliés, de la même tonalité que le courrier adressé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve « aux maires de France »,  les invitant dimanche « formuler des propositions d’accueil » d’immigrés clandestins.

    Alors que le pape François a demandé aux 12  000 paroisses françaises, et plus largement à toutes les communautés catholiques d’Europe, d’accueillir chacune une famille de réfugiés, le député-maire de Roanne, Yves Nicolin (Les Républicains) s’est signalé en affirmant ne vouloir prendre que « des réfugiés chrétiens ». Un parti-pris que ne partage pas son collègue sarkozyste, Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, qui s’est dit prêt à accueillir tout le monde sans distinction.

    Même son de cloche  de Martine Aubry à Lille, de Roland Ries à Strasbourg, « capitale de l’Europe citoyenne » (sic), Ivon Robert à Rouen, Johana Rolland à Nantes, tandis que plusieurs présidents socialistes de conseils régionaux, notamment ceux d’Auvergne, de « Haute » et de « Basse » Normandie, ont débloqué plusieurs dizaines de milliers  d’euros pour constituer un fonds d’aide aux immigrés.

    Bien sûr, le lobby immigrationniste a donné également de la voix, via le petit monde culturel, avec l’appel lancé  à l’initiative du comédien Alex Lutz, par 66 artistes dans le Journal du Dimanche,  intitulé « Une main tendue ». Pour sa part, le ministre de la « culture », l’inénarrable Fleur Pellerin, a souhaité  vendredi à Perpignan qu’un  grand rassemblement «populaire» ait lieu le  11 septembre au musée de l’Histoire de l’immigration à Paris, date de commémoration des attentats de 2001 symbolisant un «moment de fraternité», pour manifester la solidarité des Français avec les «  migrants » d’Afrique et du Moyen-Orient.

    Mme Pellerin était  certes plus dans son rôle quand elle a dénoncé, comme l’a fait François Hollande ou encore Catherine Pégard, la présidente de l’établissement public du château de Versailles, les tags (qualifiés d’antisémites) infligés durant la nuit de samedi à dimanche à la la sculpture hideuse de l’artiste  Anish Kapoor, installée dans le parc du château, baptisée « coin sale » (dirty corner)  ou « vagin de la reine » selon les versions. Un énième épisode médiatique qui ne manquera pas de faire grimper la cote des œuvres de M. Kapoor, il n’y a pas de petits bénéfices… Mme Pellerin s’est dite «choquée» par cette «atteinte à la liberté de création et d’expression» pour laquelle la France s’est battue durant «plusieurs siècles». « Cet acte nauséabond constitue un pas de plus vers l’obscurantisme ».

    L‘obscurantisme constate Bruno Gollnisch, c’est surtout un qualificatif qui sied parfaitement à la politique tout à la fois criminellement laxiste et régressive, en ce quelle est destructrice de notre identité, de ce gouvernement soumis à l’euromondialisme. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, plutôt représentatif des opinions publiques et des exécutifs des pays de l’ancien bloc de l’Est qui sont les plus hostiles à l’accueil des immigrés non européens, l’a déclaré tout de go.« Aujourd’hui a-t-il dit, nous parlons (d’accueillir) de centaines de milliers (d’immigrés) , l’an prochain, nous discuterons de millions et, d’un seul coup, nous nous retrouverons en minorité sur notre propre continent dans une Europe chrétienne. »

    Ce qui invite à poser la question qui trotte dans la tête de nombreux européens et qui est aussi un objet de débat dans la presse américaine -voir dernièrement le Washington Post. Pourquoi les immigrés-réfugiés-clandestins-migrants  ne gagnent-ils pas des pays musulmans, notamment les plus prospères?

    Ce devoir d’hospitalité que le Coran encourage vis-à-vis des musulmans, qui doit profiter aux  membres de l’Oumma,  a été honoré par des pays comme la Jordanie, la Turquie ou le Liban, non sans conséquences parfois funestes sur la stabilité de ces pays, nous pensons notamment au Pays des cèdres.

    Mais pour quelles raisons les pétromonarchies du Golfe  sont-elles rétives à cet accueil? Le Bulletin d‘André Noël cite l’avis de Roland Lombardi, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman d’Aix-Marseille Université : « Alors que les pays du Golfe sont bien plus proches de la Syrie que ne l’est l’Europe, des milliers de Syriens font le choix de l’UE. Face à l’Eldorado européen accueillant, l’Arabie saoudite et ses voisins présentent un visage violent et hostile à tout migrant, susceptible d’introduire avec lui des idées subversives et indésirables pour la stabilité de ces régimes. »

    Il ajoute : « Il est plus facile et surtout plus attirant de rejoindre l’Europe que les pétromonarchies du Golfe. L’Europe est toujours considérée comme un Eldorado, un pays de Cocagne. Un havre de prospérité, de sécurité et de paix, grâce aux politiques migratoires laxistes de l’Union européenne depuis des années, les différentes aides sociales et médicales accordées aux réfugiés».  Jusqu’à quand ? Jusqu’où ? Cette Europe bruxelloise mondialiste,  à laquelle notre classe politicienne a décidé de faire allégeance,  évoque plus que jamais la description de l’éthologue américain Robert Ardrey : « un train de munitions qui fonce, tous feux éteints, dans le brouillard nocturne. »

    http://gollnisch.com/2015/09/08/jusqua-quand-jusquou/

  • Aide aux « migrants » : compassion ou collaboration ?

     Par Pierre-Emile Blairon*

    bateau-immigres-300x224.jpgUn combat se gagne aussi avec des mots : un « migrant » n’est rien d’autre qu’un clandestin.

    Un combat se gagne aussi avec des mots : un « migrant » n’est rien d’autre qu’un clandestin. L’une de ces officines venant en aide aux « migrants » édite un « annuaire des acteurs associatifs et institutionnels » de plusieurs centaines d’entrées regroupant cette nébuleuse d’organisations (dont la plupart des dirigeants sont issus de l’extrême gauche) mis à la disposition des clandestins.

    On connaît l’efficacité de ce réseau, d’autant plus qu’il est parrainé et subventionné par nos structures étatiques « républicaines ». On peut être surpris d’y trouver les mentions d’institutions vénérables comme la Croix-Rouge française (fondée par le maréchal Pétain le 4 août 1940 sous son appellation actuelle) ou le Secours catholique (fondé par l’abbé Rodhain, ouvertement pétainiste, décoré de l’ordre de la Francisque), dont la vocation initiale était de venir en aide aux Français en difficulté. Ces associations traditionnelles n’avaient d’autre but que compassionnel. Étrange pied de nez de l’Histoire : infiltrées par la gauche, elles se retrouvent à la pointe de la lutte antifrançaise, de la préférence étrangère, donnant tous les moyens légaux et surtout illégaux à ceux qui vont remplacer nos peuples européens, avec la bénédiction de nos gouvernants. On appelait ces gens, sous l’Occupation, des « collabos ».

     Ces militants illuminés n’ont plus de repères, de sol auquel se rattacher, ni de sang auquel appartenir, et se croient investis d’une mission universaliste ; ils vont affronter la saleté, les insultes, les violences (il y a quelques jours, en Italie, trois clandestins égyptiens ont frappé le responsable d’un centre d’accueil et violé son employée), en abandonnant délibérément nos pauvres qui souffrent. En effet, selon une enquête de 2012 effectuée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 40 % des SDF « francophones » ne reçoivent aucune aide, alors que la quasi-totalité des « migrants » sont pris en charge par l’armada des associations d’accueil des étrangers.

     C’est que nos bons samaritains sont persuadés d’être en charge de toute la misère du monde. Le prix de passage clandestin à bord d’un bateau s’élève en moyenne à 3.000 euros. Ou bien ces gens ne sont pas dans la misère, ou bien leur trajet est payé par des organismes privés ou étatiques ; lesquels ? Quel Français pourrait s’offrir un tel voyage ? Il faut aussi savoir que nombre de djihadistes pourraient être présents parmi les gentils demandeurs d’asile, selon Gilles de Kerchove, le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme.

    Si le Grand Remplacement n’est pas une lubie, le Grand Suicide – l’ethnomasochisme – de nos populations européennes ne l’est pas non plus. Lorsque ces bénévoles inconscients auront parmi leurs proches une personne égorgée ou victime d’un attentat, ils ne pourront pas invoquer la clause de l’ignorance. Ils seront donc alors complices.

    (*) Pierre-Emile Blairon est journaliste et écrivain

    http://lejournalduchaos.hautetfort.com/archive/2015/08/17/aide-aux-migrants-compassion-ou-collaboration-5671500.html