
Entretien avec Alain de Benoist
À quelles conditions, selon vous, le discours écologique peut-il être aujourd'hui un discours en prise sur le réel ou un simple discours de bonne conscience ?
Il s'agit, comme toujours, de consentir à voir ce que l'on voit. Notre rapport à la nature s'est dégradé, nous ne savons plus que faire de nos déchets, certaines zones de la planète se transforment en poubelles et le réchauffement climatique, quelles qu’en soient les causes, anthropiques ou « naturelles », est une réalité dont nous commençons à percevoir les effets. Face à cela, le discours écologique n’est jamais sorti de l'équivoque. L'écologie est née au XIXe siècle, avec Haeckel notamment, en tant que discipline scientifique : c'était la science des écosystèmes, c’est-à-dire des milieux naturels de vie. Après la Deuxième Guerre mondiale, l'écologisme est devenu l'affaire des « partis verts », qui l'ont conduit dans une impasse. Aujourd'hui, il devient le hobby des bobos, qui le tirent du côté de la niaiserie - ou celui des véganes, qui voudraient nous transformer en herbivores.
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